ANDILLY
Ce village est un de ceux de la Vallée de Montmorency, dont sa situation sur la côte qui regarde le midi fait un aspect trèsagréable du côté de Paris, qui n'en est qu'à quatre lieues.
L'origine de son nom lui doit être commune avec les Andelis et plusieurs autres lieux de France appelles Andel, Andelat, Andelau, Andelot, Andelu, Andillé. Il y a aussi en Champagne et au pays d'Àunis un Andilly ; mais on n'est point instruit de ce qu'a pu signifier Andel chez les anciens Gaulois : la syllabe And qui se trouve dans Andematunum, Andegavum, noms celtiques, a dû aussi signifier quelque chose, et étoit la racine de ces mots.
Le premier titre où j'ai trouvé mention d' Andilly est de l'an 1 125. Je le produirai ci-après.
La Cure est nommée dans le Pouillé de Paris du XIII siècle comme étant à la pleine nomination de l'Evêque, ce qui a été suivi par les autres.
S. Medard, Evêque de.Noyon, est patron du lieu. L'ancienne Eglise avoit été dédiée le mardi 21 Août 1547, P^^ l'Evêque de Megare, qui y fit aussi la bénédiction de quatre autels. L'édifice actuellement existant n'a aucune marque d'antiquité, la nef étant absolument abbatue et le clocher étant sans aucune sculpture. Le chœur est vaste et accompagné de deux belles Chapelles, le
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tout de construction récente. Dans l'un des côtés est la sépulture de M. Du Lier, qui étoit Seigneur de ce lieu dans le siècle dernier, ornée d'un mausolée nouvellement élevé. Ce Seigneur voyant le chœur prêt à tomber, offrit de le faire rebâtir à ses frais, du consentement des Religieux Grammontins du Menel au Diocèse de Beauvais, codécimateurs avec le Curé. L'Archevêque permît le i6 Juin ijiQde démolir le grand autel et de faire l'Office dans la nef.
Les roulleaux du Parlement font mention de l'ancienne Eglise d'Andilly à l'an 1448 à cette occasion. Au mois de Juin de cette année les Blancs-Manteaux de Notre-Dame de Mont-rouge y étant venus avec leur châsse pour faire une quête, ainsi qu'ils alloient en divers Diocèses, et y ayant ouvert et déployé les reliques qui y étoient contenues, il s'en trouva une de S.' Antoine qu'ils appel-* loient ïa mentonnière. Un Officier des Religieux de S. Antoine de Paris en étant averti, fit saisir la châsse. L'affaire fut portée en Parlement, et le tout fut restitué, à condition que les Blancs-Manteaux de Mont-rouge ne diroient point en public qu'ils avoient Communiqué ^^^ reliques de S. Antoine, n'appartenant qu'aux Religieux de son
par M. Mesié, nom d'en publier les vertus.
AYocat. Outre le Curé d'Andilly, il y a un Chapelain fondé et qui y
demeure.
Andilly et Margency ne composoient autrefois qu'une seule et même Cure. En 1 523, les provisions msirquent Parochialis Ecclesia de Andeliaco et Margentiaco. Dans celles de i535 et 1542, il y a de Andeliaco cum ejus annexa B-, Mariœ de Margentiaco. Mais sur la fin du dernier siècle Margency a été détaché d'Andilly pour être érigé en Paroisse, comme on le verra ci-après.
Encore actuellement ces deux lieux ne font qu'un seul article
Tab. Ep. Paris, dans le rolle de l'Election. En 1470 ce village en toute son étendue ne contenoit que dix habitans. Le dénombrement des Elections met 106 feux dans Andilly et Margency ensemble, et le Dictionnaire Universel de la France y compte 426 habitans. Une grande partie du territoire est en vignes et en arbres fruitiers.
Le plus ancien Seigneur que l'on connoisse de ce lieu, est un nommé Baudouin, dont Matthieu Le Bel, Seigneur de Villers-le- Bel, disoit en l'an 11 25, dans une de ses chartes: Balduinus de
Chart. s. Dion. AndcH mcus est de feodo quod tenet apud Garges, Puis Ruric,
Bibi. Reg. 21 3. qui souscrivit en 1 148 à une charte de Suger, Abbé de Saint Denis.
Hist. de Montra. ^^''^^"^ de AndilU est dans une autre de Tan ii5î, qui regarde prcuv. p. 49. Saint Martin des Champs. Le nom de Baudoin a été très-commun
Hist. s. Mart. paj-^ij ces Seigneurs : Balduinus de Andiliaco est témoin dans un Preuves dou que fit l'an 11 74 Burchard de Montmorency à l'Abbaye de
de Montra, p. 55. Saint Victor. A l'an 1177 il est nommé Baldoinus d*Andeli et
Cod. Putean
dans une charte dfe Maurice de Sully, Evêque de Paris, de l'an i igS, Mtst.Ecci, Par. concernant la fondation de PAbbaye d'Herivaux, Balduinus de '^•^^>P'^^^- Andeliaco, La même année, Hugues, Abbé de Saint Denis, donna chartui, acte comme ce même Baudouin avoit transigé sur ses droits avec *^^' ^' ^^' ses vassaux de Garges.
Paritii les manuscrits de M. Dupuy est un catalogue du XIII siècle, qui renferme les noms et Seigneuries de ceux de la Chatellenie qui relevoîent du Roi, avec ce titre : Isti sunt de Castellania Parisiensi tenentes à Domino Rege, Dans ce nombre est marqué Radulphus de Andeli, Mais environ dans le même tems, un Thibaud de Bruyères, Chevalier, avoit une Seigneurie à Andilly, puisque ce fut lui qui amortit en 1244 le bien qu'y eurent les Moines du Val.
Un des successeurs de ces Seigneurs s'étant trouvé dérangé dans ses affaires, sa Terre fut adjugée en 1426, par décret, à Jean Fromont, Seigneur de Boissi, Clerc du Roi en la Chambre des Comptes. Il avoit épousé Isabeau, fille de François de Blandeque, Sergent d'armes du Roi; ils sont inhumés tous les deux à Saint Germain l'Auxerrois, en la Chapelle de S. Michel. Guillaume Fromont, fils de Jean, lui succéda dans ses Seigneuries. Il eut une fille nommée Jeanne, qui les porta en mariage, l'an 1497, à Jean le Prévost, Procureur en la Chambre des Comptes. Leurs fils Claude et Guillaume partagèrent depuis la terre d'Andilly. Claude eut Andilly le haut, duquel son fils Claude hérita, puis le petit-fils du même nom; ensuite le fils de ce dernier, nommé Charles, étant mort sans enfans mâles, au retour de l'armée, sa part dans la Seigneurie d'Andilly échut aux filles du même Charles. Guillaume le Prévost marié à Antoinette Braque, et qui avoit eu dans son lot Andilly le bas, eut entr'autres enfans Robert le Prévost, lequel vendit cette portion à Antoine Arnaud, Avocat en la Cour. J'ai tiré ce détail des Seigneurs d'Andilly, d'un livre du sieur Le Laboureur qui avoit étudié spécialement cette matière, à cause des <*«?«"<>"««* Braques desquels il étoit allié, et à cause du voisinage de Montmorency dont il étoit Bailli. Je ne vois pas au reste comment Blanchard, dans l'Histoire des Présidens à mortier (page 467), a pu avancer que Jeanne Fromond avoit épousé Geoffroy de Longueil, qui devint par là Seigneur d'Andilly,
Le Laboureur n'a pas continué la suite des Seigneurs d'Andilly, ni fait voir le tems de la réunion du haut et du bas Andilly dans la personne d'un même Seigneur. Il est certain qu'Antoine Arnaud ne possédoit pas les deux Seigneuries en 16 12. Dans l'homologation faite cette année par l'Evêque de Paris, d'un échange entre Margarin Luthon, Curé d'Andilly et de Margency, Reg. Ep. Paris, d'un arpent de terre^ il y a simplement Antoine Arnaud, Avocat
Tombeau