SOISY
sous MONTMORENCY
Cette Paroisse est située immédiatement au-'dessous de Mont^ morency du côté de l'occident : c'est ce qui lui a fait donner son surnom pour la distinguer de Soisy sous Ethioles situé proche Corbeil. Sa distance de Paris est de trois lieues et demie. Dans l'ancien Pouillé rédigé un peu avant le règne de S. Louis, elle est écrite Soisi comme dans tous les titres de Montmorency. Je n'ai vu qu'une seule charte qui lui donne en langage vulgaire le nom de Sosoi : elle est de Matthieu, Seigneur de Montmorency, et Hist. de de l'an 1293. Mais non-seulement les titres n'ont point varié sur Mootmor.p.iis. le nom de Soisy, les inscriptions même qui sont sur la pierre, portent uniformément ce nom. Ainsi voit-on à Notre-Dame de Paris une épitaphe de l'an i553, dans laquelle se lit le nom de Nicolas de Nevres, Soûchantre de Paris, Curé de Soisi sous Montmorenci. M. de Valois parlant des différens lieux qui portent ce nom, croit qu'il vient de quelque famille des Sosius du tems Nota, Caii, que les Gaules étoient habitées par les Romains. Et c'est pour f- ^^'' cela que Sosiacum est le vrai nom latin ; car par Soiseium qu'il cite du Cartulaire de Paris, il faut entendre Soisei ou Soiseil proche Chevreuse, que l'on prononce aujourd'hui Choisel. Du Breul dans son Pouillé a changé Sosiacum en Choisiacum : ce qu'ont fait aussi mal à propos ceux qui du tems de M. le Cardinal de Noailles firent imprimer les noms latins des Cures.
L'Eglise est sous l'invocation de S. Germain, Evêque de Paris.
Il est marqué dans la permission accordée aux Marguilliers le
29 Août i536, d'y faire bénir cinq autels par Guillaume, Evêque
Reg. Ep. Paris. AlexiensiSy qu'elle étoit nouvellement bâtie. Le Grand autel devoit
l'être en l'honneur de S. Germain et de S. Michel, un autre de la Trinité, le troisième de la Sainte Vierge, le quatrième des Saintes Magdelene et Catherine, et le dernier de S. Claude. S. Michel est regardé à Soisy comme second patron. Avant que deux siècles fussent écoulés depuis la construction de cette Eglise, on s'étoit apperçu qu'elle avoit déjà manqué du côté du chœur. On a été obligé de l'abbattre ces années dernières. Lorsque le chœur subsistoit, on y voyoit aux voûtes et des deux côtés les armes de Montmorency.
La Cure est à la pleine collation de M. l'Archevêque. Le Curé paye une redevance en grain aux Pères de l'Oratoire de Montmorency, comme représentans le Chapitre de Chanoines qui y étoit. Fremainvilk. Ces Peres par le contrat de leur établissement à Montmorency, Pratique ^^^^ ^^ droit de venir chanter les premières et secondes Vêpres T. il°p* ,*,a. et la Grand-Messe dans l'Eglise de Soisy, le 28 Mai, jour de
S. Germain, fête patronale.
Tab. Ep. Paris. En l'an 1470, ce lieu n'avoit que vingt feux. Lors du dénombrement de l'Election de Paris de l'an 1709, il en avoit yy. Le Dictionnaire Universel dit que ce village renferme un peu plus de 3oo habitans. Le dernier dénombrement y marque 66 feux. Le pays est varié pour la culture.
Chart.s. Dion, On trouve dans un Cartulaire de l'Abbaye de Saint Denis, que Btbi. Reg. Matthieu le Bel reconnut par le dénombrement qu'il donna à ce ^' ' ' Monastère l'an ii25, qu'il possédoit en propre sa Terre de Soisy, et qu'Adam de Soisy tenoit de lui un fief dans le même lieu. Ces Le Bel, desquels vient le village de Villiers au-dessus de Sarcelles, étoient de puissans Seigneurs : mais les Montmorency furent toujours les Seigneurs suzerains de la Terre de Soisy située au- Hist.de dessous de leur château. Burchard de Montmorency voulant faire Montmor. j^ ^j^jj a^J. Moines du Prieuré de Dueil, leur donna un four preuves, p. . gj^^^ ^ Soisy, vers l'an 1116. Environ cent ans après, la femme
d'Henri, Seigneur de Montfermeil, au Diocèse de Paris, nommée
Philippe, donna aussi aux Chanoines Réguliers de Montfermeil
ExCartui.Abb. OU du Val-Adam du revenu à percevoir sur le territoire de Soisy
Livriac, jous Montmorency, à sçavoir un muid de bled sur la dixme de ce
t n Val- Adam «eu .. • r ^ / ... n ^^ ^ n*
Heremitarum "^"' ^^ V^^ ^^^ approuvé par SOU mari, amsi que l'attesta Pierre, fol. 7. Evêque de Paris.
Soisy a été maintenu en possession de n'avoir point d'autres Officiers de Justice que ceux de Montmorency. Le Duc de Montmorency, Seigneur Haut-Justicier de l'un et l'autre lieu, ayant donné à Claude Le Bret, l'un de ses vassaux, le droit de Justice
moyenne et basse dans ce village, et fait registrer le titre de cette concession dans les Registres de la Justice de Montmorency, les habitans et quelques vassaux de Soisy qui avoient coutume de plaider à Montmorency, se plaignirent du démembrement qui avoit été fait de la Justice de Montmorency et de rétablissement de la nouvelle Justice. A cette occasion il intervint un Tiré du arrêt sur les conclusions de l'Avocat Général Talon, qui jugea Mémoire impr. que le Duc de Montmorency n'avoit pu démembrer sa Jurisdiction deS.Remi proche pour établir un nouveau degré à Soisy. Chevreusc
Depuis long-tems il y a eu des Seigneurs qui ont des Justices ^* '*" *^^^* inférieures. Jean de Soisy qui vendit au Roi Louis XIII la Terre de Versailles, étoit aussi Seigneur de Soisy. Il avoit pour épouse Antoinette Postel.
' Messieurs Viole, ancienne famille de robe, Font aussi été depuis. En 1699, Madame Viole se disoit Dame de ce lieu.
Aujourd'hui M. de Verduc, Secrétaire du Roi et Greffier en chef du Grand-Conseil, est Seigneur censier de cette Paroisse.