‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 26 sur 210 · EGLISE OU* BASILIQUE DE SAINT JULIEN · texte numérisé non relu

EGLISE OU* BASILIQUE DE SAINT JULIEN

nom proche cette Ville long-tems auparavant. Il est certain que S. Germain, Evêque d'Auxerre, qui siégeoit en 420 et 480, fut Pun des propagateurs du culte du Saint Martyr de Brioude, qui porta le nom de. Julien; que ce fut après les prières qu'il fit à son tom- Gr. Tur. de beau, qu'il eut révélation du jour que ce Saint avoit souffert le Gior. Mar. martyre. S. Germain d'ailleurs portoit toujours sur lui une boëte itb.ii,cap.xTji. ^^ jj renfermoit des précieux restes des Martyrs de divers pays, que je serois trop long à détailler; et il donna le nom de Saint Julien à un petit monastère qu'il bâtît au-dedans de sa Ville, et qui y subsista durant deux siècles. Ce même Evêque est venu et a resté plusieurs fois à Paris, où sa sainteté étoit reconnue dès son vivant. C'est pour toutes ces raisons que je pense qu'il aura fait part à l'Evêque de cette Ville, ou à quelqu'un du Clergé, de quelques fragmens de reliques de Saint Julien de Brioude; ce qui aura donné occasion à la construction d'une Chapelle en l'honneur de ce Sainte Quoiqu'il en soit, cet oratoire étoit devenu cent cinquante ans après Saint Germain assez vaste pour être qualifié de Basilique; et je suis dans l'opinion, qu'à mesure qu'il se forma à Paris un petit fauxbourg au bout du pont méridional, cette Basilique fut du nombre de celles où l'Evêque envoya quelques Clercs pour la commodité des habitans de ce canton, lorsqu'ils ne pouvoient pas se rendre à l'Eglise matrice, et qu'il en fut de cette Basilique de Saint Julien, comme de celle de Saint Gervais située au côté opposé de la Cité, lesquelles eurent chacune leur Oratoire de S. Jean- Baptiste, lorsqu'on commença à cesser de porter tous les enfans pour être bâtisés à la Cathédrale. Cet oratoire de S. Jean ne pouvant pas être loin de la cellule de Saint Severin, à laquelle a succédé l'Eglise de son nom, a donné occasion par la suite au Clergé de Saint Severin qui a succédé à l'ancien Clergé de Saint Julien, de regarder S. Jean comme l'un des patrons de la Paroisse.

La Basilique de Saint Julien au bout du petit pont de Paris, n'étoit point une maison de Moines. Grégoire de Tours a employé (j^ji^^n ///,/. indifféremment le nom de Basilique pour les Eglises cléricales lit. IX, c. VI. comme pour les monastiques. En parlant de celle-ci, où il logea dans un voyage qu'il fit à Paris l'an 587, et rapportant ce qui étoit arrivé en cette Eglise durant une certaine nuit, il fait mention d'abord d'un Clerc, puis de quatre autres Clercs, et enfin du Prêtre. Au même endroit il parle de l'Office nocturne, qu'il psalmodia avec eux au milieu de la nuit.

I. Je sçais que Pabbé Chastelain a crû dans son Bimestre, p. 208, que cette Eglise avoit été titrée primitivement de Saint Julien THospitalier, à cause qu^il étoit Tun des S. Julien qu'on honoroit dans la France au VIII siècle : mais il se fonde sur un Lectionaire de ce tems-là, dont on n^a que les Fêtes d^hiver, où il auroit trouvé S. Julien de Brioude si le livre fût parvenu à nous en son entier.

AVEC CELLE DE SAINT JEAN ET DE SAINT SEVERIN gj

Il reste un Diplôme du Roi Henri I, donné vers Fan io5o, par lequel il paroît que l'Eglise de Saint Julien de Paris avoit été du nombre de celles qui furent brûlées par les Normans. En parlant de quatre Eglises qui se trouvoient dans un cas semblable, sçavoir, celle de Saint Etienne, de Saint Julien, de Saint Severin solitaire, et celle de S. Bâche de laquelle je parlerai dans la suite, il dit que quelques-unes avoient eu autrefois le titre d'Abbaye, et en cette qualité avoient servi de stations à la Cathédrale. Il est bien aisé de Hitt. Univ. voir que la particularité de la station n'a du tomber que sur celles ^- ^' ^' '^^^• de Saint Etienne et de S. Bâche. Le Roi Henri ne paroît pas avoir donné celles d& Saint Julien et de Saint Severin au Chapitre de la Cathédrale, par la raison que la Cathédrale, chargée de rétablir l'ancienne station, et même une Collégiale dans celles qui lui furent cédées, ne se trouve l'avoir fait que dans celles de Saint Etienne et de S. Bâche. D'ailleurs, si les Chanoines de la Cathé- Diss. sur rHist. drale avoient joui de l'Eglise de Saint Julien après le milieu du ^* ^"' '74«- XI siècle, on ne trouveroit pas que dans le siècle suivant c'étoient deux Laïques qui la possédoient chacun par moitié. Nous ne sçavons point d'où Duboulay a tiré qu'elle a été appelée Filia Basilicœ Parisiensis. Il n'est pas certain qu'elle ait été Abbaye. On ne trouve aucune preuve que jamais l'Eglise de Paris y soit venue en station. Il n'y a que la qualité de Prêtre-Cardinal donnée au Prieur, ainsi que je dirai ci-après, qui puisse appuyer la pensée de Duboulay.

Cette Eglise de S. Julien avoit à Paris un territoire qui est mentionné dans un censier de l'Abbaye de S. Pierre des Fossez écrit au X siècle, comme contigu à l'une des places que cette l'Abbaye y possédoit.

Etienne de Vitry, Chevalier, fils de Renaud du Plessis, et Hugues de Munteler, Laïques, qui possédoient cette Eglise, la' transportèrent avant le milieu du douzième siècle aux Religieux de Longpont, proche Montlhery. Peut-être étoit-ce leurs ancêtres qui l'avoient fait rebâtir : au moins le choix qu'Etienne fit de ces Religieux, paroît être venu de ce qu'il étoit Seigneur du Plessis proche Longpont.

Thibaud, Evêquede Paris, confirma en ii5o cette donation et celle de Yatrium. Le Pape Eugène III dans sa Bulle de confir- chart.Longîp., mation de l'an ii 5 1 , explique le mot atrium par celui de sepultura, f^^- '* et ne qualifie cette Eglise que de Chapelle : Capellam. Probablement elle avoit été long-tems en pauvre état, ou n'avoit été refaite que pauvrement ; ce qui l'auroit fait appeller par quelquesuns Saint Julien le pauvre. On lit parmi les Prêtres-Cardinaux de Paris qui assistoient l'Evêque célébrant aux grandes Fêtes, vers l'an I200, Prior S. Juliani pauperis Parisiensis. Il y avoit été mis comme représentant le premier de l'ancien Clergé de cette Eglise,

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