EGLISE OU BASILIQUE DE' SAINT JULIEN
auquel il avoit succédé. L'usage avoit fait continuer de lui donner
le surnom de Pauvre, quoiqu'avant la fin du XII siècle cette Eglise
eût été rebâtie d^une assez grande étendue, avec un collatéral de
chaque côté, ainsi qu'on les voit encore aujourd'hui.
Au reste, ce surnom de pauvre n'étoit pas alors généralement
Gaii. Chr. usité. On lit dans un titre de Tan 1202, en parlant de la rue Gar-
T. VII. inst. lande^ que c'étoit au grès de Saint Julien, sans autre addition, que
se terminoit le bourg de Sainte Geneviève : ad gressum Sancti
Juliani qui est meta burgi Sanctœ Genovefœ.
Cette Eglise, à cause de sa situation entre la Cité, où est la Hitt, Univ. Cathédrale et l'Université, fut choisie peu de tems après qu'elle T. /, /r* part, gm ^^^ achevée, pour tenir les assemblées générales de l'Université. EtT.iii,p.486. Duboulay en rapporte une de Tan 1288, le vendredi avant l'Ascension. Ces Assemblées continuoient en 1468 et 1488. On y a fait Sauvai, aussi l'élection du Recteur et celle des Intrans pour l'élire. Les T. m, p. 612. Registres du Parlement font mention à l'an 1524 des dégâts qui Reg. Pari, y furent faits lors de l'élection des Intrans. 7Mart. Je remarquerai en finissant, que M. Piganiol s'^st trompé, en
écrivant que cette Eglise a été rebâtie, il y a environ quatre-vingt ans. Cela peut être vrai pour le portail ; car l'Eglise avançoit autrefois plus près de la rue de cinq ou six toises : mais ce qui est resté de l'Eglise qui consiste dans les trois quarts de l'ancienne, a plus AuçJanv.p. 16. de cinq cent cinquante ans d'antiquité. L'Auteur du Calendrier
Historique s'est appuyé sur deux mots de S. Grégoire de Tours, pour dire que la prison de l'Evêché de Paris étoit, au VI siècle, proche Saint Julien. On ne sçait pourquoi il dit de l'Evêché de Paris, c'étoient les prisons de la ville même de Paris au bout du Petit-pont.
Ce Prieuré a été réuni en i655 à l'Hôtel-Dieu de Paris. Les Bulles sont de i658, et les Lettres patentes de 1697,
On y a honoré dans les moyens siècles, outre Saint Julien martyr de Brioude en Auvergne, S. Julien premier Evêque du Mans. Il s'y est établi dans ces derniers tems une Confrérie sous le titre de N. D. des Vertus, dont la fête se célèbre le même jour qu'à Aubervilliers, sçavoir, le second mardi du mois de Mai.
Je ne dois point séparer de cette Eglise la Chapelle de
S. Biaise et de S. Louis. Le Livre des arts et métiers de Paris,
écrit sous S. Louis, et conservé en Sorbonne, parle d'un lieu
Cod. Rich.» dit, che:{ S, Blaisve, ce qui ne peut convenir qu'à cette Chapelle,
p, i3S, vu qu'alors en latin on disoit souvent Blavius pour Blasius, Je la
Reg. Ep. Par. trouve qualifiée d'annexé du Prieuré de Saint Julien dans des pro-
j 5 Sept. visions qui en furent données l'an i522 à frère Jean Aubert ; et
dans un Necrologe de la Paroisse de Saint Severin du même tems,
la Chapelle Saint Biaise des Maçons est dite faire partie et être
en l'Eglise de Saint Julien. Mais dans les Lettres de rétablissement de la Confrérie des Maçons et Charpentiers, qui y fut faite en 1476, elle est dite seulement située juxta Sanctum Julianum veterem, et in Parochia Sancti SeverinL Comme cette Chapelle de Saint Biaise menaçoit ruine les années dernières, le service qui s'y faisoit a été transféré à la Chapelle de Saint Yves, rue S. Jacques, et elle est presqu'entîerement détruite.
PROVENUE DE l'eGLISE
Comme il n'y a aucune preuve solide qu'il ait existé primitivement dans le lieu où est aujourd'hui l'Eglise de Saint Severin, un Oratoire de S. Clément, et qu'on doit voir ci-après que le culte distingué dont on y honore ce saint Pape est nouveau, je suis plutôt porté à croire que l'Oratoire qui fut bâti sur la sépulture de Saint Severin, solitaire, en ce lieu au sixième siècle, a été une simple dépendance de la Basilique de Saint Julien Martyr, laquelle dès le même siècle étoit ancienne et grande, au rapport de S. Grégoire de Tours, témoin oculaire; et que cet Oratoire cre^. Tur. porta le nom de ce saint Solitaire dès le siècle suivant, à cause '• ^^. <^- vi. des miracles qui furent opérés à son tombeau. Rien môme n'empêche de penser que S. Cloud qui avoit été son disciple, et qui lui survéquit de treize ans, n'eût pris le soin de la construction de cet Oratoire, vu les facultés que sa naissance Royale lui avoit procuréees. Ainsi je suis bien éloigné de croire avec l'Abbé Chastelain, que Saint Severin de Paris avoit mis son Martyr. UnîT. Oratoire sous la protection de S. Severin, Abbé d'Agaune. p- 856.
Les élévations des corps des Saints de leur Tombeau ne commencèrent à être communes que dans le IX siècle. Les unes furent faites avec grande solemnitè, comme lorsqu'il s'agissoit de placer les corps dans un lieu éminent ou dans une châsse : d'autres, avec moins de cérémonie, lorsqu'on tira les reliques des saints de leur sépulcre, de crainte que les Normans ne les profanassent, et qu'on les porta dans les lieux de refuge pour les mettre à couvert. C'est de cette dernière manière qu'il me paroît que les ossemens du corps de Saint Severin, solitaire au fauxbourg de Paris, ont été transférés dans l'Eglise Cathédrale de la même Ville, où ils sont toujours restés depuis. L'Oratoire d'où ils
lOO EGLISE DE SAINT JEAN BAPTISTE LEZ SAINT JULIEN
furent tirés étoit bâti depuis trois cens ans, ou environ, à moins Dipiom,p.52g. qu'on n'en eût réédifié un autre plus grand. Il est fait mention dans un titre de Tan 847 d'un bien qui appartenoit à cette Eglise de Saint Severin du côté de Montïhery au territoire de Paris, lequel confinoit à une Terre de l'Abbaye de S. Denis. Les Normans étant venus à Paris plusieurs fois depuis, durant le reste du siècle, cette Eglise fut comprise dans le nombre de celles qu'ils brûlèrent; de sorte qu'elle fut ensevelie sous ses ruines jusque vers l'an io5o, auquel tems Imbert, Evêque de Paris, Fobtint du Roi Henri, comme ayant appartenu autrefois aux Rois, ses prédécesseurs ; et il faut observer que, dans le Diplôme de ce Roi, elle est appellée Ecclesia Sancti Severini solitarii.
Ainsi ce fut vers la fin du XI siècle que cette Eglise fut rebâtie. Le nombre des maisons de ce quartier là ayant aussi été augmenté, on la destina pour servir de Paroisse aux habitans, dont les prédécesseurs avoient primitivement été de la Paroisse de la Cathédrale, puis avoient été desservis par le Clergé de la Basilique de Saint Julien. Quelque tems après elle fut érigée en Eglise Archipresbyterale. Elle avoit été presque l'unique Paroisse de tout le canton méridional hors de Paris, s'étendant bien avant dans la campagne du côté du midi, et assez du côté de l'Occident, puisque les Paroisses de Saint André, Saint Côme, Saint Etienne, Saint Sulpice et Saint Jacques n'existoient pas, et sont d'une érection postérieure.
Dans les commencemens de cette Eglise Paroissiale, on y
rétablit l'Oratoire de S. Jean Baptiste qui avoit servi au Clergé de
la Basilique de Saint Julien pour l'administration du Baptême
aux enfans du quartier, depuis qu'on eut cessé de les porter à la
Cathédrale : et c'est ce qui a fait passer ce Saint Précurseur de
J. C. pour l'un des Patrons de TEglise de Saint Severin.
Antiq. de Par. On peut voir dans Sauvai et ailleurs les bornes qui furent
T- ï. convenues pour l'étendue de cette Paroisse l'an 12 10, par trois
arbitres, du côté qui confinoit au bourg Saint Germain des Prez,
et que Guillaume, Archiprêtrc de Saint Severin, agréa. On y
trouve aussi le règlement qui fut fait au même siècle à la requête
Actes de 1260. de Jacques, Guillaume de Montmorency et Pierre de Nonancourt,
successivement Archiprêtres de Saint Severin, entre eux et les Chartreux nouvellement établis à Paris, pour le dédommagement du terrain qu'ils occupoient sur la Paroisse, et pour d'autres droits. Ce dernier acte marque que cet Archiprêtre avoit aussi des dîmes de blé et de vin à Lorcines, fauxbourg S. Marceau, ou aux environs, et d'autres dîmes à Issy, qu'il céda aux mêmes Chartreux, moyennant une redevance pécuniaire. Le titre désigne Lorcines par ces mots apud Lorcinos : mais
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DEVENUE PAROISSE DE SAINT SEVERIN lOI
dans un manuscrit de Sainte Geneviève d'environ Tan 1245, TAr- cod. censu chiprétre de Saint Severin est marqué comme redevable de douze deniers par an à cette Abbaye, j7ro terra de Loco cinerum; ce qui est une autre dénomination de ce lieu qui est le même que celui de Lorcines, fondée sur ce que dans ce quartier là on avoit découvert ou transporté des terres sablonneuses propres à faire de la Poterie; ce qui se prouve en ce que la rue solitaire qui a son entrée dans la rue dite des Postes par altération, étoit autrefois appellée Vicus S. Severinif et a depuis été nommée rue Poterie S. Severin.
Nous ne connoîssons qu^un seul fait remarquable concernant //,>/. ocdd. Tancienne Eglise de S. Severin : et nous le tenons de Jacques de c.viir,/o/. 3*/. Vitry, écrivain du XIII siècle. Il dit que Pierre, Chantre de Paris, voulant faire connoltre les talens extraordinaires de Foulques son disciple, le fit prêcher en sa présence et devant plusieurs habiles gens dans TEglise de Saint Severin : et que Dieu donna une telle bénédiction à ses sermons, quoiqu'ils fussent d'un style fort simple, que même tous les sçavans de Paris s'excitoient les uns les autres à venir entendre le Prêtre Foulques, qui prêchoit, voy. l'An, de disoient-ils, comme un second S. Paul. Ces faits sont d'environ Neuiiiy. Fan 1180. Foulques décéda en 1201 étant Curé de Neuilly sur ^^*"f °^^^y"^^- Marne.
Ce qu'il y a de plus ancien dans le bâtiment de l'Eglise de . Saint Severin, tel qu'il est aujourd'hui, est la tour, la nef et le chœur jusqu'au Sanctuaire exclusivement : et tout cela n'est que du XIV siècle; c'est un gothique assez délicat et assez bien entendu, proportionné et symmétrîsé, et où le double rang de vitrage l'un sur l'autre fait un bon effet. Ces vitrages supérieurs du chœur et du Sanctuaire peuvent passer pour les plus anciens de Paris, où l'on apperçoive des armoiries de famille.
Dès l'an 1347, le Pap^ Clément VI étant à Avignon avoit accordé des Indulgences pour cette Eglise. Elles furent vérifiées en 1458, pour l'aggrandissement de l'édifice. Ce n'a été que sous le règne d'Henri IV qu'on fit représenter au dessus des arcades des piliers du chœur et de la nef, les figures des Prophètes, des Sybilles et des Apôtres. Je ne parle point des décorations de marbre faites au grand Autel en 1684, en partie d'une somme de six mille livres, donnée par un Ecclésiastique de la Paroisse nommé Fournier. Je rappellerai ici touchant l'accroissement de cette Eglise, ce qu'en a dit Sauvai ; que le fond où est la seconde aîle et les Chapelles derrière le Sanctuaire, a été construit sur la place où étoit l'Hôtel, de l'Abbé des Echallis, Diocèse de Sens, que les Marguilliers avoient acheté dès l'an 1445 ou 1448. Voici encore ce que j'ai trouvé dans les anciens papiers du trésor de cette Eglise :
Le lundi IV jour de May, î48g^ on commença à faire les
vuidanges pour faire les fondemens de V accroissement fait à V Eglise : et le XII jour d*icelui fust assise la première pierre dudit fondement.
Le 14 Juillet de Van i4giy fut assise la première pierre de la Chapelle de S, Sebastien.
L'an i4g5y le pénultième Mars devant Pasquesfut béni V accrois^ sèment de cette Eglise avec le grand Autel, V Autel de derrière où est N. D. de Pitié, F Autel de la Chapelle M. Poignant, fondée de S. Pierre et de S. Pol; l'Autel de S. Marner et de S. Sebastien, l'Autel de N. D. et de SteBrigide, par Rev. Père en Dieu Jean Simon, Evesque de Paris.
L'an i4g8y le 12. Février on commenta la besogne de mettre les Chapelles dehors du costé du Cimetière par Micheaul le Gros. Tab. S. Magi. Adam des Champs, Clerc des Comptes, avoit donné Taccroissenic s. Martin, ment de l'allée du cimetière en la rue de la Parcheminerie. Il "™' * vivoit en 1440, et demeuroit rue de la Parcheminerie.
On lit au second pilier du premier bas côté ou aîle méridionale de la nef, sur une petite plaque de cuivre rouge, en caractères de petit gothique, ces mots : Les exécuteurs de feux Antoine de Compaigne, enlumineur de pincel, et de Oudete sa femme, ont fait faire ce pilier du résidu des biens desdits défunts Van M. CCCC. XII II. .Prie^ Dieu pour Vdme deulx. Amen. Cette date peut servir à connoître le temps de la structure des piliers qui sont ressemblans dans la même ligne de ce collatéral.
Du Breul a écrit que la Dédicace de cette Eglise a été faite le 6 Juillet, sans en spécifier Tannée. Il faut que c'ait été au XIV siècle, parce que parmi les charges des Fossoyeurs qui sont gravées en capitales gothiques, sur le pied de la Tour du côté de l'entrée, on y lit qu'ils dévoient nettoyer les voûtes et toute l'Eglise à la Saint Martin d'été, qui étoit la surveille. Présentement on en célèbre l'anniversaire le premier Dimanche d'après la S. Martin ' d'été.
Reg. Pari. Le Trésor et la Sacristie qui sont sur la rue, n'ont été rebâtis qu'après l'an 1540. Les Marguilliers en obtinrent le 26 Août la permission du Parlement, en promettant de faire suivre l'allignement de la rue. L'édifice des Chapelles du même côté, au moins de quelques-unes, doit être plus ancien, parce qu'en une de ces Chapelles on voit la tombe d'un Jean de Portis, Secrétaire du Roy, Vicomte d'Ambrieres, et de Jeanne de Mallyeres, sa femme, qui sont de 1481 et 1493. La femme avoit fait des fondations. Lorsqu'on abbattit le jubé au siècle dernier, on y transporta le Crucifix qui lui donna son nom. Il a depuis été placé dans le Cimetière.
Au mois d'Octobre ijSS, en creusant pour faire un caveau dans la Chapelle contigue à l'escalier du .Trésor, on y a trouvé à quatre
DEVENUE PAROISSE DE SAINT SEVERIN Io3
OU cinq pieds en terre des cercueils de pierre dont les pieds s'étendoient vers l'orient de Péquinoxe. On peut en conclure qu'une partie de la rue adjacente couvre de pareilles sépultures faites il y a 800 ou 900 ans au moins, avant la formation ou disposition fixe des rues.
La liaison qu'il y a entre les Chapelles et les Confréries m'engage à parler en même temps des unes et des autres, mais seulemient de celles qui ont été les plus célèbres à Saint Severin.
Dès le règne de S. Louis, il y avoit en cette Eglise une Confrérie, laquelle étoit peut-être sous le nom même de Saint Severin. Elle jouissoit alors d'une maison dans la rue de Laas (dite depuis de S. André) dont elle devoit un petit droit de cens à Sainte Geneviève, suivant ces deux lignes d'un manuscrit de cette Abbaye d'environ Pan 1245: In vico de Laas Confratria S. Severini tria den. pro Ub.ceiu. domo contigua. Ce pouvoit être aussi la Confrérie de la Trinité ^- ^'<^«<'^dont il est fait mention dans un testament de l'an i36i. Tab. s. Magtor.
La Chapelle qui étoit à côté de l'entrée du chœur vers le septentrion avant l'élargissement de l'Eglise, portoit le nom de la Vierge, et elle y étoit honorée sous le titre de la Conception depuis l'an 1 3 1 1 , selon quelques-uns, ou 1395 selon d'autres. Il est plus constant que ce fut en i3i i, d'autant qu'il existe un testament fait l'an i36i lab. s. Magior. par un bourgeois de Paris, qui légua cinq sols à cette Confrérie. Comme on fut obligé d'abbattre cette Chapelle vers l'an 1490, lorsqu'on voulut aggrandir les ailes, on la rebâtit au fond du nouvel accroissement, et c'est où l'on en solemnise la Fête. On a dressé seulement en 1724, contre le pilier où étoit l'ancienne Chapelle, un mémorial qui représente la Stc Vierge dans une chaire de Prédicateur, accompagné d'une inscription qui marque les années susdites.
On lit dans le Pouillé Parisien du XIII sié^:lc, deux additions faites vers l'an i3oo, à l'article de Saint Severin, ainsi conçu: In Archipresbyteratu S. Severini de Donatione Episcopi Ecclesia S, Severini. Addition. Item Capelld seu Vicaria quant fundavit in eadem Ecclesia Susanna de Gallandia. Item Vicaria quam fundavit dictus Friso et ejus uxor in eadem Ecclesia. Le manuscrit ne marque point le nom des Saints Titulaires de ces deux Vicairios : mais on apprend par un titre du même temps que la dernière étoit sous l'invocation de S. Jean l'Evangeliste à l'autel de S. Nicolas. Cet acte appelle la fondatrice Petronelle la Frisone, veuve de Thierri Frison : elle la dota entre autres d'une rente de 17 sols sur une maison qui avoit appartenu à Maître Henri de Vezelay, Chapelain du Roi S. Louis, située dans la rue Serpente, et qui vers i3oo étoit à l'Abbé de Fécan.
S. Martin, sous l'invocation duquel il y a une Chapelle dans
Taîle méridionale de cette Eglise, y est regardé comme l'un des Patrons, pour y avoir peut-être eu anciennement quelque autre Oratoire de son nom plus considérable, qu'il aura été besoin de détruire lorsqu'on rebâtit l'Eglise au XIV siècle. Le culte de ce Saint Evêque de Tours commença à y être célèbre dans le même temps à l'occasion d'un morceau du manteau de ce Saint, qui lui vint du Chapitre de Saint Martin de Champeaux en Brie, lequel l'avoit obtenu d'une autre Eglise dans le siècle précèdent, ainsi que je le rapporte à l'article de Champeaux. Ce transport de la relique à l'Eglise de Saint Severin de Paris est marqué sous le Tabui.Campeii. nom d'engagement dans l'Inventaire des titres de cette Collégiale. J'estime que ce fut la dévotion envers S. Martin, établie dans l'Eglise de Saint Severin, qui occasionna la coutume d'attacher à la porte de cette Eglise, tant de fers de chevaux qu'on y voit, soit neufs, soit un peu usez, de la même manière qu'il y en a à la porte de l'Eglise Collégiale de Saint Martin de Chablies, et à celle de Saint Martin d'Erblai près Conflans-Sainte-Honorine ; car autrefois on ne representoit point S. Martin autrement qu'à cheval et divisant son manteau. Ce Saint étoit reclamé par les \firac. s.Mart. gens voyageans à cheval. On lit aussi dans Grégoire de Tours que /.///,c<i/>. XXXIII. lorsque les chevaux avoient des maladies, on faisoit des vœux à
ce même Saint, et que l'usage s'étoit établi pour préserver d'accidens ces animaux, de les marquer avec la clef de la Chapelle de Saint Martin.
S. Mamert ou Mammés a eu une Chapelle et une célèbre Confrérie à Saint Severin. Il paroît que l'origine de cette dévotion vînt d'un Joachim de Chanteprime, Chanoine d'Auxerre, décédé Archiprêtre de Saint Severin en 141 3, lequel aura pu obtenir de sa Cathédrale quelque relique de S. Mamert Abbé, dont on y conservoit le corps, et cela par dévotion pour un Saint sur la Paroisse duquel il étoit né à Auxerre, mais qu'il confondoit avec S. Mammés, qu'on honoroit auissi en la même Paroisse d'Auxerre. Un roUe rédigé entre 1423 et 1427, fait mention d'une maison sise à Arch. s. Sever. Paris rue vieille Platriere, chargée envers la Confrérie Monsieur
S. Mamer en l'Eglise Saint Severin à Paris, de 60 sols parisis de rente. La Chapelle fut rebâtie en 1491, et l'Autel béni en 1495, sous le nom de S. Sebastien l'ancien Titulaire, et de S. Mamer. Elle étoit située à l'endroit où est l'entrée de la Chapelle de Com- Sauvai. munion depuis l'an 1673. On commença en 1497 à y célébrer T. in, p. 3i6. chaque jour pour les âmes de feu noble Sire Jacques de Hacque-
ville et Dame Gilles de Hanequin, sa femme. Deux Etudians de Sorbonne, Prêtres, dévoient en être les Chapelains. Par la suite des temps en écrivant on changea lé nom Mamer en celui de Mammès, Martyr de Cappadoce : et c'étoit lui qu'on honoroit vers
Tan 145a, ainsi qu'il paroît par le Missel manuscrit de cette Confrérie conservé à S. Victor. Ce fut aussi sous cette qualité que le Père Senault en fit le Panégyrique en cette Eglise l'an i656. Sermons du Lorsque le nouveau Reliquaire d'argent pour renfermer la Relique £^u^j""J*65 de S. Marner eut été fourni l'an i665 par J^ean Rict et autres Marguilliers en charge de cette Confrérie, on y renferma pour tout certificat un écriteau en petit gothique d'environ deux cent ans, qui portoit ces mots : Os de S. Mame\. L'ossement qui n'est qu'un esquille de couleur brune, est encore conservé dans le même Reliquaire fait en forme de volute: et quoique la Confrérie ait cessé en 1676, après qu'on eut bâti la Chapelle du Saint Sacrement (ce qui emporta avec soy la démolition de la Chapelle de S. Mamer) on vit encore durant plusieurs années des Pèlerins venir de loin pour vénérer cette Relique.
On a vu cy-dessus que Jean Simon, Evêque de Paris, bénit l'an 1495 dans l'Eglise de Saint Severin, entre autres Autels, celui de Notre Dame et de S. Brigide. Cette Eglise étoit en effet dès le siècle précédent dépositaire de quelques Reliques d'une S. Brigide que l'on qualifioit Vierge et Martyre, suivant l'exposé fait alors au Pape pour obtenir des Indulgences en faveur du bâtiment de TEglise ; dans lequel exposé on ajoûtoit que les femmes dans l'enfantement et autres malades y avoient grande dévotion. Mais comme on ne connoît aucune S. Brigide Martyre, il faut croire que c'étoit des Reliques d'une des compagnes de S. Ursule, à laquelle on avoit donné ce nom. On ne connoît plus ces Reliques à Saint Severin.
Le Pouillé Parisien, écrit vers 1450, ne fait mention que de deux Chapelles de l'Eglise de Saint Severin parmi les Bénéfices, sçavoir celle de S. Thomas de Cantorberi et celle de S. Louis, toutes les deux à la pleine collation de l'Evêque. Mais il y en avoit bien davantage. On en a déjà vu ci-dessus quelques-unes nommées comme fondées dès le XIII siècle. Il faut y ajouter celle du titre de N. D. fondée par Jeanne, veuve d'Etienne de Limoges, Bourgeois Tat. Ep. Par. de Paris, dont les biens furent amortis par Philippe le Bel en 1 28 1 ; '" ^^'^' sçavoir, douze livres de rente sur une maison du carrefour derrière Saint Severin, devant laquelle Chapelle les Marguilliers dévoient entretenir une lampe, comme en convinrent Guiard de Charny et Jean dit Marcel, citoyen.de Paris, qui l'étoient alors. Cette Chapelle étoit quelquefois appelée Notre-Dame et Ste-Groix, suivant un Bail de iSôj. En 143 1, elle passoit pour avoir été fondée par Henri Hemon et Etiennette son épouse, et la famille du nom de Fourquaut en avoit alors le patronage. Pierre Fumée, Chapelain du Roi, la posséda. La Chapelle de S. Nicolas, dite aussi quelquefois de S. Jacques, existoit dès l'an i365, suivant le Bail d'une itid.
Io6 EGLISK DE SAINT JEAN BAPTISTE LEZ SAINT JULIEN
maison au bas de la rue de la Harpe, sur laquelle elle avoit
six livres de rente. Louis du Bellai, neveu de l'Evêque de Paris, en
fut Chapelain au XVI siècle. La Chapelle de S. Louis fut dotée
viiiare par Guillaume du Bois de six livres de rente, que le Roi amortit
juxtaRestum. en i326, par lettres données à Villiers près Rets. Avant l'an 1400,
Act. 1427, Richard de la Mare avoit fondé une Chapelle à Tautel S. Michel;
'-^'^-- elle étoit à patronage lay; on l'appella quelquefois la Chapelle des
Anges ou Angelots. La Chapelle de S. Thomas de Cantorbery
étoit à l'autel de' la Trinité, et à la pleine collation de l'Evéque,
Rcg. Ep. suivant la démission qu'en fit, Tan i5i5, François de Poncher, qui
2 Mai. 7573. fut depuis Eveque de Paris.
La Chapelle des Brinons, qui est du côté de la rue, est dite par
• Sauvai fondée en 147 1 par Guillaume Brinon, et Guillaume Bri-
çonnet qui avoit épousé Jeanne Brinon : elle est à la nomination
Reg. Ep. de leurs descendans; son titre primitif est S. Pierre : on l'a aussi
appelle la Chapelle des trois Nativités; on disoit en i565, Capella
trium Nativitatum in Ecclesia Sancti Severini ad altare S. Pétri,
La Chapelle de N. D. de Lorette étoit nouvellement bâtie
Reg. Ep' en 1549. L'Evéque de Megare en fit alors la bénédiction et celle
7 sîart. i54o> d'une portion de cimetière, avec la permission de l'Evéque de
Paris.
Le surplus des Chapelles chargées de Messes dans le dernier siècle, a été rendu public en 1722 dans le petit livre des Paroisses de Paris du sieur Lamesle, Imprimeur.
Depuis la construction de la grande Chapelle du S. Sacrement en 1673, l'ancienne du même nom étant devenue inutile, on y a Reg. Arthiep. transféré les Chapellenies de S. Joseph et de Ste Geneviève, qui djui.i-jfj. auparavant étoient entre la nef et le chœur; elles donnoient le nom à une Confrérie dont les Directeurs avoient obtenu des Lettres patentes registrées. en Parlement le i Août 1667. Mais cette Confrérie ne subsiste plus.
L'Eglise de S. Severin est une des premières de Paris où l'on ait
vu des orgues : il y en eut dès le règne du Roi Jean; mais c'étoit
un petit buffet : aussi TEglise n'étoit-elle alors ni si longue ni si
Iqrge. J'ai lu dans un Extrait du Necrologe manuscrit de cette
Eglise, que « Van i358 le lundi après V Ascension, Maître Regnaud
« de Douy, Ecolier en Théologie à Paris et Gouverneur des
« Grandes Ecoles de la Parouesse 5. Severin, donna à V Eglise une
a bonnes orgues et bien ordenées, » Celles que Ton a vu subsister
jusqu'en 1747, adossées à la Tour de l'Eglise, n'avoient été faites
qu'en i5i2 : mais depuis on en a fait de nouvelles.
Sauvai avoit lu dans un Compte de Fabrique de la même
Sauvai. Eglise rendu en 14 19, que lorsque les pauvres femmes après leurs
T. n, p. 633. couches entendoient la Messe de relevée, on leur mettoit un man-
teau fouré sur les épaules afin de les tenir chaudement; qu'au jour de la Pentecôte on lâchoit dans l'Eglise par les voûtes un pigeon, comme pour figurer la descente du S. Esprit sur les Apôtres : ce qui se pratiquoit sans doute ailleurs à l'exemple de la Cathédrale. La cérémonie et prière qui y a été fondée l'an 1669 pour le lundi de Pâques, par un Marchand Drapier nommé Bachelier, est plus digne de l'Eglise que la précédente, qui a été abolie partout avec raison : c'est un Salut qui commence par la lecture solemnelle de l'Evangile du jour, que fait le Diacre revêtu de dalmatique dans la chaire à prêcher, laquelle tient lieu de tribune ou jubé ; mais qui anciennement étoit placée dans le côté méridional, de même qu'elle l'est à l'Eglise de Notre-Dame, en sorte que les Prédicateurs, comme le Diacre, regardoient le septentrion en annonçant la parole de Dieu. Dans la suite de cet Office on chante l'ancienne formule de louanges et d'acclamations, Christus vincit, Christus régnât^ Christus' imper atj qui est encore en usage dans plusieurs Cathédrales du Royaume avant l'Epitre de la Messe à certains jours. Ce chant contient des vœux pour le Pape, l'Evêque, le Clergé, le Roi, la Reine, leur armée, les Juges et le peuple. A tous les anciens Saluts, l'Evangile qui se chantoit au Jubé, est chanté dans la même chaire à S. Severin.
La même Eglise est dans l'usage d'aller célébrer au grand autel de Sainte Geneviève du Mont, la Messe Paroissiale, le mardi de Pâques, et l'on y administre la Communion Pascale. Le premier jour de Mai elle va aussi la célébrer au grand autel de Saint Germain des Prez, et l'on y publie les bans de mariage.
Quant aux reliques que cette Eglise conserve actuellement, elles se réduisent à trois fragmens du bois de la vraie Croix renfermés dans le milieu d'une Croix de cristal de travail antique, avec d'autres reliques apportées de la Terre-sainte, dont les écriteaux en parchemin sont en caractères du XIV et du XV siècle. Quelques reliques du corps de Saint Severin solitaire, ancien patron, qu'on dit être dans le grand Autel : quelques fragmens de petits ossemens des pieds ou des mains, qui ont pour étiquette De ossibus S, Martini, etc., caractère minuscule du XV siècle. Ils sont dans un grand reliquaire d'argent doré, représentant S. Martin qui divise son manteau. Plus au pied d'un reliquaire d'argent doré, en forme de bras, se voit gravé en lettres gothiques minuscules d'environ la fin du XV siècle, que c'est Le bras de Monseigneur Saint Severin, et que Jehan Goupils a donné pour faire ce reliquaire cent livres parisis. On dit que la relique est de S. Severin de Cologne, quoique Tècriteau ne le dise point. Mais il y a tout lieu de penser que comme on s'est trompé en donnant le nom de bras à l'ossement qui est certainement le peronée droit, c'est-à-dire le
petit focile de la jambe droite, on s'est aussi mépris au sujet du
S. Severin du corps duquel il a été détaché. Il est long de plus de
neuf pouces; et il n'y manque qu'un peu du bout supérieur. Je le
croirai être un os de Saint Severin le solitaire, véritable patron de
la Paroisse, jusqu'à ce qu'on prouve le contraire. Le titre de Mon-
seigneur dont il est qualifié sert à le désigner. Dans un Compte
Sauvai. de Tan i5o8 est nommé un Jehan Goupil, bourgeois de Paris,
' ^' ^^' nouvellement mort. Il faut ajouter ici le petit fragment du corps
de S. Mamer dont j'ai parlé ci-dessus, plus, une partie de l'un des
Propre de bras de S. Severin, Abbé d'Agaune en Valais, qui fut obtenue
cver.^17 . y^^ 1674 de l'Abbé et Chanoines Réguliers de Château-Landon,
par François le Tellier, Curé et par ses Paroissiens; laquelle ayant
été mise en dépôt à l'Abbaye de Sainte Geneviève, en fut apportée
avec grande solemnité par le même Curé jusqu'en son Eglise,
le 3 Juin de la même année, qui étoit le troisième Dimanche après
la Pentecôte, jour auquel on célèbre tous les ans l'anniversaire de
cette translation.
Si j'ai qualifié plus haut ce Saint Severin solitaire, d'ancien patron de la Paroisse de Saint Severin de Paris, c'est qu'il est constant qu'il étoit reconnu en io5o pour patron ou titulaire de l'Eglise, que le Roi Henri accorda à la Cathédrale de Paris, à la demande de l'Evêque Imbert, laquelle Eglise de Saint Severin étoit Hist.EccL Par. à la même place où est celle d'aujourd'hui. Le Père Du Bois qui ' ''• '^' avoit hésité sur cet article au commencement de son Histoire, frappé par les raisons qui ont déterminé M. de Valois à combattre l'opinion de ceux qui ont cru que S. Severin, Abbé d'Agaune, mort à Château-Landon, étoit ce patron, et surtout par l'autorité du Diplôme jointe au martyrologe d'Usuard, qui marque à Paris Jbid.p.64^. la mort de ce Saint solitaire au 23 Novembre, dit ingénuement : Certè prope est ut dicam labentibus temporibusinconsulto alterum pro altero habitum in honore. Sa pensée n'est que trop véritable ; par la suite des tems on est venu à prendre un S. Severin pour un autre: celui de Château-Landon pour celui de Paris. Mais en quel tems, comment et pourquoi ? C'est ce qu'il n'a pas pris la peine de développer. A l'égard du culte de S. Severin de Château- Landon, il est certain par tous les Calendriers de l'Eglise et du Diocèse de Paris, qu'il n'a commencé à y être admis qu'au XVII siècle. Avant cela la Cathédrale et le Diocèse ne reconnoissoient que Saint Severin, simple Moine et solitaire, décédé à Paris; et sa fête s'y faisoit à neuf leçons de tems immémorial le 24 Novembre, par remise du 23, à cause de S. Clément, Pape, qui tomboit à ce jour. Il n'est pas moins certain que les Curés de Saint Severin regardoient encore à la fin du XIII siècle S. Severin solitaire, comme leur patron. Ce ne peut être que par cette raison
que Guillaume de Montmorency, Curé, Archiprâtre de Saint Severin, et Soûchantre de TEglise de Paris, voulant que le Chœur de N. D. fût plus fréquenté le 24 Novembre, jour de S. Severin Moine, à Matines et à la MessQ, y fonda une rétribution pour ces deux Offices, à prendre sur sa maison rue Saint Severin, chargée de six sols de redevance envers le Curé. Voluit autem Guillelmus Necroi. Eccî.
quod in Matutinis S. Severini Monachi duo denarii et duo in P^^.ad 2SJum.
Missa distribuantur. S'il avoit connu S. Severin, Abbé d'Agaune, il en auroit certainement fondé l'Office au XI Février, et il n'auroit pas pensé à augmenter les Distributions de la Fête du Saint solitaire. Il me paroît que le changement de patron n'étoit pas encore fait sous le règne de Charles VI. Les vitrages du sanctuaire de l'Eglise n'ont pu être faits au plus tôt que de son temps, ce qui se prouve par l'écu de France réduit à trois fleurs de lys qu'on y voit supporté par S. Louis. Or, dans la partie de ce vitrage qui regarde l'orient d'été est peint un Saint Moine supporté par une figure de S. Jean-Baptiste et ce Religieux est sans crosse : donc ce n'est point l'Abbé d'Agaune qu'on auroit eu en vue en peignant; ce qui peut confirmer ce que j'ai dit plus haut, que l'Eglise de Saint Severin étoit bâtie sur le fond de l'Oratoire de S. Jean : mais que c'est le saint solitaire Severin décédé à Paris qu'il faut entendre par ce nom. On voit seulement par le dehors à l'angle extérieur de la première Chapelle proche la tour, la statue d'un saint Abbé qui représente peut-être S. Severin d'Agaune : mais elle ne peut gueres avoir que 200 ans ; d'ailleurs, la niche dans laquelle elle est placée n'a pu être faite qu'avec les derniers accroissemens de l'Eglise qui sont du XV siècle. Je ne vois que le Cod. ms. Missel de la Confrérie de S. Mammës, érigée autrefois en cette ^" ^'*^'^'''*^'"'** Eglise, écrit vers l'an hSo, qui puisse servir à fixer l'époque que je cherche, en ce que dans le Calendrier, S. Severin Abbé y est au 1 1 Février en lettres rouges : mais une marque de la nouveauté du changement, est que les oraisons propres assignées pour ce Saint n'y sont qu'au Supplément écrit par une main postérieure. C'est là le premier indice du changement de Saint Severin, Moine, en Saint Severin, Abbé : car la sculpture d'au-dessus de la rose du frontispice de l'Eglise où l'on voit une crosse au milieu d'une double S paroît n'avoir que 200 ans et avoir été faite après coup. Ce changement put être admis d'autant plus facilement que la vie du Saint Abbé étant plus connue que celle du Saint Moine, fournissoit de quoi faire neuf leçons à Matines, et une plus ample matière aux Prédicateurs : mais pour ne pas supprimer totalement la solemnité du 23 Novembre qui avoit été consacrée primitivement au Saint Solitaire, on mit en sa place le nom de S. Clément Pape, qui est mort le même jour, ce qui Ta fait regarder comme
Tun des patrons de cette Eglise, quoique son Office ait été remis depuis au Dimanche. Au reste la Solemnité du 23 Novembre pour S. Severin le solitaire, vient d'être rétablie en 1/53, et placée aussi à un Dimanche voisin de ce jnême jour.
On a été embarrassé de trouver la raison pour laquelle on voit deux lions de pierre placés à chaque coin du portail de cette Eglise au-dessous de la tour ou clocher. On a pensé qu'ils avoient été mis là à cause du passage qui conduit au Cimetière, pour marquer un lieu privilégié, ainsi qu'on en voit à d'autres Cimetières placés proche l'Eglise, comme à S. Pierre de Vienne en Daufiné. Mais il ne me paroissent pas être assez anciens pour avoir été placés là comme des symboles de l'asyle du lieu saint. Outre que Técu qui pend à leur col est chargé des armes de France réduites à trois fleurs de lys entremêlées de celles du Daufin, l'écriture qui avoit été gravée à leur collier n'est pas encore si effacée qu'on n'apperçoive qu'elle est en caractères romains, et par conséquent de deux cens ou deux cens cinquante ans seulement, ou un peu plus. Ces lions assez modernes me paroissent avoir été conservés ici très soigneusement pour tenir lieu d'autres lions plus anciens qui y avoient été et qui avoient servi à supporter le siège du Juge Ecclésiastique, soit Officiai soit Archiprêtre, dans les siècles où leurs Jugemens se prononçoient aux portes des Eglises, ainsi Tabui. EccL qu'ou en trouve encore qui finissent par ces mots : Datum inter Aniciens. ^^^^ leones. On verra dans les Mémoires de l'Académie des Belles-Lettres qui paroîtront par la suite, ce que j'ai écrit là-dessus dans le Mémoire intitulé : Sur la Reine Pedauque.
J'aurois rapporté ici quelques-unes des plus curieuses épitaphes • de cette Eglise, de l'âge de quatre et cinq cens ans, lesquelles ont été gravées en lettres capitales gothiques sur des tombes ; mais les inscriptions n'en sont plus lisibles, depuis qu'on a employé ces tombes au-dessus des basses voûtes pour former un bord qui pût servir à faire le tour de l'Eglise par dehors auprès des grands vitrages de la nef et du chœur. On y auroit vu entre autres celle d'une Dame de grande qualité appellée Marguerite de Challon. On peut consulter ce que j'en ai dit dans le Journal de Verdun, Octobre 1753 p. 272, par où l'on apprendra les Usages de Paris aux Funérailles, sous le règne de Charles V.
Les tombes remarquables dans le Chœur sont celles des derniers Archiprêtres-Curés : celle de Jacques de Billi, Abbé de S. Michel-en-l'erm, illustre par ses écrits, et décédé en i58i ; celle de Michel Cotignon, Chanoine de Nevers, Vicaire général de deux Evêques de la même ville, mort en 1617; je pense que c'est le même Michel Cotignon dont on a un Catalogue imprimé des Evêques de Nevers; et enfin la tombe de M. Nicolas d'Anglure,
Marquis de Bourlemont, Comte de Buzanci, Général des Armées du Rai, décédé en 1706. Cette Eglise est Tune de celles de Paris où a été inhumé un plus grand nombre d'Ecrivains et Auteurs célèbres. Outre Jacques de Billi nommé ci-dessus, on Compte Etienne Pasquier, mort en 161 5 ; Scevole et Louis de Sainte- Marthe, frères jumeaux, décédés en i65o et i656, et deux autres du même nom morts en 1662 et 1690; Gilles Personne, plus connu sous le nom de Roberval, décédé en 1675; Louis Moreri, mort en 1680; Eustache le Noble, décédé en 171 1 ; Louis Ellies Dupin, mort en 1719. On a perdu le souvenir de l'endroit où a été inhumé en cette Eglise Pierre Grassin, Conseiller au Parlement, fonda- Testam.de 1569. tcur du Collège des Grassins. A l'égard du Cimetière, je ne répéterai ici le nom du jeune Prince Alleman, Ennon de Emda, qui mourut à Paris en faisant ses études Tan iS^Sy et qui est représenté sous un mausolée couvert, que pour avertir les étrangers que c'est à l'occasion de ce mausolée que le peuple a inventé qu'on l'avoit trouvé dans le tombeau, ayant le bras mangé.
On y voit aussi la tombe du Marquis de Segur, Gouverneur du pays de Foix, Lieutenant Général de Champagne et de Brie, Icque) a voulu y être inhumé. Il est mort le 10 Juin 1737.
On verra par la suite de cet ouvrage qu'auprès de plusieurs des principales Eglises de Paris, ily avoit autrefois une petite chambre, dans laquelle une femme dévote se tenoit enfermée pour le reste de ses jours. L'ancien Nécrologe de l'Abbaye de Saint Victor nous fournit le nom d'une de ces Recluses de Saint Severin. On lit dans ce livre rédigé sous le règne de Charles V, au onze Avril, l'obit de Dame Flore, avec cette qualité : Obitus Dominœ Floriœ Reclusœ de Sancto Severino.
On n'a fait remonter le Catalogue des Curés-Archiprêtres de Saint Severin, imprimé avec le Martyrologe de cette Eglise en 1678, que jusqu'à Denis de Sabrevoie, qui l'étoit en 1452. On en auroit pu nommer d'autres qui ont vécu avant lui : sçavoir, Guillaume en 1210, suivant un acte rapporté dans Du Breul ; Guil- Antiq. de Paris, laumè de Montmorency, qui fut proviseur de Sorbonne en 1274, ï»|>. n» Chanoine et Souchantre de Paris en 1278, et qui vivoit encore des Prez. en 1284; Pierre de Nonancourt, qui traita avec les Chartreux Chàrtui. sort. en 1289; Jean Bourgeois, mentionné dans un accord fait en "^^l'^^^^^f' i3i5 avec les Confrères du Sépulcre touchant les sépultures; t. m, p. 236. Miles de Saichenoar, qui, avec sa qualité de Curé et Archiprêtre ^^croi. Cartus. de Saint Severin, porte aussi celle de Chanoine de Notre-Dame ^^^ *^ de Paris sur sa tombe, située dans la partie méridionale de la i» s. Meder, croisée de Ste Catherine de la Couture. Sa mort y est marquée à l'an 1 399. Joachim de Chanteprime, fils de Jean General sur le fait des Finances des Aides sous le Roi Charles V, lequel Archi-
invent um.
Tombe en prêtre Tcpose aussi à Ste Catherine, et avoit été Chanoine de Sens, la Chapelle de la J?^^xer^e et de Peronne. Il mourut le 14 Juin 141 3. Entre les
Vicrcc»
anciens Archiprêtres de Saint Severin, je ne connois pour Auteur que Guillaume Houpelande, qui a écrit sur Fimmortalité de Pâme. Il fut Curé depuis 1490 jusqu'en 1496.
L'Archiprêtre de Saint Severin assiste, ou en personne, ou par un Ecclésiastique qui le représente, à la bénédiction des saintes Huiles le jeudi-saint dans l'Eglise Métropolitaine. Son district pour l'envoi des Mandemens de M. l'Archevêque, consiste dans tout le quartier de Paris appelle l'Université, les fauxbourgs et la Banlieue du même côté ; il a eu aussi autrefois dan^ son département une partie de la Cité : l'Eglise de Sainte Geneviève la petite, dite depuis des Ardens, en étoit, suivant le Pouillé du XIII siècle, peut-être parce que son territoire touchoit au petit Châtelet. Reg. Thés. En 1260, suivant un acte de ce tems-là, étoit, proche la rue ^^'t^[^^!.l^^' Sacalie, une autre rue appellée la rue de l'Archiprêtre de Saint Severin.
M. de Piganiol a très-bien remarqué que Saint Severin fut l'Eglise que Mademoiselle de Montpensier eut pour Paroisse, avec l'agrément de M. de Perefixe, Archevêque de Paris, quoiqu'elle demeurât au Palais de Luxembourg. Elle ne dit point dans les Mémoires qu'elle a laissé, si la difficulté qu'elle eut avec Messieurs de Saint-Sulpice étoit relative, ou non, à la manière dont ils avoient eu ce territoire, qui avoit été de la Paroisse de Saint Côme. On m'a dit qu'en conséquence elle fit fermer la grande porte de ce Palais qui donne ^ur la rue de Tournon, ensorte qu'on n'y entroit plus que par la rue d'Enfer. M. Lizot, Vicaire de S. Severin, et qui en fut depuis Curé, étoit son Confesseur.
L'étendue de la Paroisse de Saint Severin forme un corps de forme oblongue, accompagné de quelques branches. Ce corps est composé des rues qui sont de cette Paroisse comprises dans leur entier, c'est-à-dire des deux côtés. Après le Petit-Châtelet et le cul-de-sac Gloriette qui y touche, il y a sur cette Paroisse les rues du Petit-pont, de Saint Julien le pauvre, du Plâtre, de la Parcheminerie, des Prêtres, d'Erembourg-de-Brie , altéré en Boute-Brie, du Foin, des Maçons; la Place-Sorbonne en plus grande partie ; puis la rue de Richelieu, la rue Serpente, les rues Percée, Poupée, Mâcon, de la Bouderie, de la Huchette, la rue Sac-à-lie, dite Zacharie, la rue Saint Severin, et le cul-de-sac Saillenbien ou Salenbriere.
Les branches consistent dans les rues qui ne sont de cette Paroisse qu'en partie, et qui en forment les limites : sçavoir, en partant du Petit-Châtelet, la rue de la Bucherie, de laquelle, en y
entrant par la rue du Petit pont, le côté gauche en est jusqu'à une grille basse qui descend à la rivière; et le côté droit jusqu'à une maison neuve près et en-deça de la rue du Fouare. De la rue Garlande, en y entrant par le carrefour de la Fontaine Saint Severin, le côté gauche en est jusques et comprise la onzième maison, comptant pour une maison l'emplacement de S. Biaise, et le côté droit jusqu'au coin de la rue des Anglois, de laquelle en est aussi tout le côté droit en allant à la rue des Noyers. De cette rue des Noyers, la Paroisse a depuis le coin de la rue des Anglois, jusqu'au chevet de l'Eglise de S. Yves. De la rue S. Jacques, depuis le carrefour de la fontaine Saint Severin du côté gauche jusqu'à la grande maison neuve de l'Université inclusivement, et le côté droit jusqu'à la rue des Maturins. De cette dernière rue, en y entrant par l'Eglise à main droite, le Couvent des Maturins en est; après quoi il n'y a que les trois maisons qui sont visà-vis la rue des Maçons ; et dans le côté gauche, seulement depuis les deux portes cocheres vers la rue des Maçons jusqu'à la rue de la Harpe. Dans la rue de Sorbonne, il n'y a que deux maisons, lesquelles (en y entrant par la rue des Maturins) sont à droite, et bâties vis-à-vis le petit passage de Saint Benoît. De la rue de la Harpe, en y entrant par le carrefour de la rue de la vieille Bouderie, Saint Severin a le côté gauche jusqu'à la petite rue neuve de Richelieu, et le côté droit jusqu'à la rue Serpente. De la rue d'Enfer, en y entrant par la Place S. Michel, depuis la troisième maison après le Séminaire S. Louis jusqu'aux Chartreux, seulement de ce côté-là. Autrefois la maison de l'Institution étoit de Saint Severin. De la rue Hautefeuille tout le côté de cette rue qui commence vis-à-vis et derrière le chevet de Saint André, excepté deux maisons près la rue des Cordeliers ; de la rue Pierre Sarrazin, en y entrant par la rue Hautefeuille, la seule première maison à gauche ; de la rue Saint André des Arcs, depuis la rue Hautefeuille, et du même côté seulement, jusqu'au carrefour de la rue de la vieille Bouderie.
LES RELIGIEUX DE LA SAINTE TRINITÉ, autrement LES MATURINS. Sans m'arrêter aux récits des Ecrivains Trinitaires sur l'origine de leur Ordre, qui sont remplis de visions et de fables, ainsi que l'ont déjà remarqué quelques Ecrivains, ni sur la prétendue haute naissance de Félix de Valois, l'un de leurs Instituteurs, quoique cette opinion ait passé jusques dans le Bréviaire Romain ; il me paroît que cet Ordre, comme plusieurs autres, a tiré son nom du lieu où fut fait le premier établissement considérable, tel qu'est celui de la Capitale du Royaume. Ainsi, comme l'Hôpital ou Aumônerie de l'Eglise de Saint Benoît a été le lieu qu'ils eurent à Paris lors de leur institution, et que par Saint Benoît
on entendoît quelquefois alors la Sainte Trinité, il étoit naturel qu'ils en prissent le nom de la Trinité, qui empêchoit qu'on ne les confondît avec les Bénédictins, comme il seroit arrivé s'ils eussent pris celui de Religieux de Saint Benoît. On sçait d'ailleurs que cet Hôpital dépendoit immédiatement du Chapitre de la Cathédrale de Paris, parce que la Collégiale de la Trinité, dite Saint Benoît, en est fille. Cette Aumônerie, ou petit Hôpital, avoit sa Chapelle qui portait le nom de S. Maturin invoqué dans plusieurs maladies : il étoit sous ce titre à cause de quelques reliques du saint Prêtre que le Chapitre de Paris y avoit fait déposer, les ayant tirées de la châsse du Bourg de Larchant en Gatinois, qui étoit une Terre dont il étoit Seigneur dès l'an ioo5. M. Piganiol écrit que c'est le corps entier de S. Maturin qui a reposé dans cette Chapelle : mais c'est trop avancer. Je me contente de ce peu sur l'origine des deux noms de ces Pères de la Trinité ou Mathurins, dits aussi de la Rédemption des Captifs. Leur Eglise est appellée dans le Pouillé de Paris du Chirt.s.Gencv. XIII siécle Capella S, Maturini. En 1228, l'Abbaye de Sainte p. io3. Geneviève étoit en procès super veterem domum Hospitalem, avec ceux qu'elle appelloit Fratres de Hospitali S, Maturini. Ce sont les droits de cette Abbaye sur le terrain voisin, faisant partie de THôtel de Cluni, qui sont cause que ceux qui habitent cet Hôtel sont de la Paroisse de Saint Etienne, quoiqu'enclavés dans le territoire de celle de Saint Severin.
L'Eglise des Maturins devenue assez considérable, renferme
quelques Chapelles qui font titres. Celle de S. Paul fut permutée
Reg, Ep. Par, le 24 Avril 1474. Celle de S. Cuthbert, qui est le nom d'un
Evêque de Lindisfarn en Angleterre, mort en 687, donna lieu à une permutation au mois d'Octobre 1480. Le 28 Avril i5oo, Etienne Poncher, Chancelier de Notre-Dame, la permuta pour la Cure de Creteil.
LA CHAPELLE ou Eglise du Collège de Cluny, bâtie vers la fin du XIII siécle. Elle est presque la seule de Paris où les Vêpres soient chantées à six heures du soir. Le Collège placé derrière est sur la Paroisse de Saint Benoît.
LES CHARTREUX. Du Breul a traité leur article si au long, et M. Piganiol en a tant pris de choses, qu'il ne me reste que quelques observations à faire.
1* Sur leur Eglise. 2" Sur quelques-uns de leurs usages et sur leurs bienfaiteurs. Quoiqu'on en dise, je ne puis considérer leur Eglise comme un édifice du tems de S. Louis, sinon peut-être par les fondemens. Il semble que l'Architecte ait affecté de n'y admettre aucune délicatesse ; aussi, par le narré de Du Breul, on voit qu'on fut obligé d'aller à l'épargne. Cela n'a pas empêché que les Chartreux n'ayent mis parmi leurs grands bienfaiteurs Jean de
Cereseio, ou de CerwîO, Trésorier de Lisieux, qui la fit achever, et que son nom n'ait été écrit chez eux à la marge du Canon de la Messe, suivant l'ancien usage. Son obit est marqué dans leur Nécrologe au 20 Septembre, et il y est dit être décédé en 1327.
Une des tombes du grand Cloître, la plus voisine de l'Eglise, et des plus anciennement gravées, représente ce reste d'inscription : PHILIPPVS REYTEL THESAVRARIVS ECCLESIE B. EV- GENIE DE VARZIACO AVTISS. DIOCESIS. Cet autre Trésorier fut apparemment aussi du nombre des bienfaicteurs.
Selon l'usage de cet Ordre, les Chapelles jointes au chœur et à la nef ne sont pas apperçues par ceux qui sont dans l'Eglise, et leur entrée est cachée. Nos auteurs ci-dessus nommés, parlant des fondateurs de ces Chapelles, ont oublié Maître Jean l'Heureux, Audîencier du Roi, que le Nécrologe dit au 20 février en avoir fait bâtir deux. La plus voisine de la grande porte de l'Eglise étoit récemment bâtie, lorsque l'Evêque de Paris, François de Poncher, la bénit le i3 janvier i52o en l'honneur de N. D., S. Hugues rc^. Ep. et S. Bruno, six ans après la canonization de ce dernier.
Les Chartreux conservent un autre usage mémorable, relativement aux bienfaiteurs de leur Eglise. Ils célèbrent chaque année la Fête des saintes Reliques le jour de l'Octave de la Toussaint, comme ont fait à leur exemple plusieurs Diocèses, entr'autres celui de Paris depuis l'an ijSô, et ensuite ceux d'Evreux, Coutances, Seez, Blois, etc.
Ce jour-là, le Couvent étant assemblé dans le Chapitre, on y lit solemnellement le catalogue de toutes ces Reliques rédigé en latin, et terminé par ces mots quorum precibus et mer itis adjuvemur. Il est composé de trois ou quatre pages, et renferme les noms de ceux qui en ont fait présent, lorsqu'on le sçait, et la place où ces Reliques sont. On y apprend qu'il y en a eu de tirées du reliquaire du Cardinal de S. Georges, ad vellus aureum^ et dans ce nombre se trouve le nom de Ste Preuve, Vierge \ d'autres donnés par Catherine d'Alençon, que l'on qualifie Duchesse de Bavière, et dans celles-là il se trouve un os de S. Quentin, et quelque chose de S. Lubin ^. D'autres ont été léguées par Guillaume Pomier, Curé de S. Germain le Vieux, en 1462, parmi lesquels il y en a des Necroi. Cart. SS. Martyrs Lugle et Luglien ^, de Ste Mâthie *, de S. Savinien. '4 Mau, On y nomme celles qui furent mises dans une boëte de plomb, qui a été placée en i433, suivant l'usage de ces tems-là, dans une concavité de la flèche du clocher de l'Eglise contre les foudres et le tonnerre; et enfin celles qui furent enfermées dans le grand Autel, lorsqu'il fut béni le 24 Octobre 1698; ce sont celles qui
I. Apparemment du Pays Laonnois. — 2. Apparemment l'Evéque de Chartres. — 3. Martyrs du Pays d'Artois. — 4. Vierge de Troyes en Champagne.
m'ont paru les moins certaines, à en juger par ce qui s'y trouve de Sto Gaspare Martyre. Il y a lieu de s'étonner que ce long catalogue ne fasse aucune mention d^es reliques que leur Necrologe Necroi, Cart. marque avoir été données par Jean, Duc de Berry, lesquelles /5/tt».55 A/jiï. jjyQJgjjj ^^^ jjj.^gg jy Trésor des Papes, non plus que celles qui
étoient renfermées dans un reliquaire dont leur fit présent Gilles Galois, Chevalier, Seigneur de Lusarches, âécédé en i386.
Jean Cœur, Archevêque de Bourges, a perpétué son souvenir
parmi les Chartreux de Paris, en leur donnant une maison sise à
ibid. 25 Jun. Paris, dont le revenu devoit être employé à avoir de quoi couvrir
leur tête (Bireta) depuis les environs de la Toussaint. Ce prélat
siégea depuis 1447 jusqu'en 1483.
Mais les libéralités du roi Charles V ont surpassé toutes celles des autres Bienfaicteurs, puisqu'il leur fit présent de trois mille quatre cens francs ; en mémoire de quoi il est écrit dans le Necrologe, au 16 Septembre, jour de son décès, et au 22 Avril.
La Chapelle que Jeanne d'Evreux, Reine de France, veuve du Roi Charles le Bel, a fait bâtir dans leur enclos avec l'Infirmerie à laquelle elle touche, est assez belle, ainsi que Du Breul l'a remarqué. Elle a même été trouvée assez spacieuse, pour servir Reg. Ep. à des Sacres d'Evêque. J'ai lu qu'on y fit celui d'Henri d'Escoubleau, Evêque de Maillezais, le Dimanche 10 Mars 1623.
Un Religieux de la Maison, qui a laissé beaucoup de remarques manuscrites sur ce qui concerne ce Couvent, n'a pas voulu supprimer, comme ont fait du Breul et M. Piganiol, la qualité de celui qui a fourni à la dépense des bâtimens du Chapitre et de la Sacristie. Il est vrai que dans le Necrologe où il est placé avec grand nombre de Princes, de Prélats et Grands Seigneurs, il est designé ainsi, AVer, /p Sept. Petrus Avis Civis Parisiensis. Mais ce Religieux n'a pas caché
qu'il étoit Cordonnier. Marguerite, sa femme, fut inhumée la première dans le Chapitre en i33i, et lui Pierre Loisel en i343. On voit sur une pierre enchâssée dans le mur proche leur tombe un écusson ayant une botte en pal chargée sur le haut de la genouillère d'un petit oiseau, accompagné en chef de deux autres oiseaux ; et un autre écusson où est représentée Ste Marguerite.
Ceux qui ont parlé du tombeau de Pierre de Navarre, fils de Charles II, Roi de Navarre, que l'on voit dans un mur de cette Eglise, disent que c'est à Bourges qu'il étoit mort. Sans doute qu'il faut ajouter plus de foi aux Registres du Parlement. On y lit au 5 Août 141 2, que ce jour là le corps de ce Prince, décédé à Nevers en revenant de Bourges avec le Roi, fut transporté aux Chartreux de Paris, et y fut inhumé.
Deux fautes d'impression que les modernes ont adopté dans du Breul, en parlant des Sépultures de TEglise des Chartreux, con-
sistent, Tune en ce que Marguerite de Challon y est dite Dame de
Thîeri : il faut lire Thouci : l'autre en ce que Michel, Evêque
d'Auxerre, y est mal surnommé de Cernay : il faut lire de Crenay.
Les sept Collèges situés sur la Paroisse de Saint Severin, sont :
1. Le Collège du Trésorier fondé en 1268 par un Trésorier de l'Eglise de Rouen : il est situé devant l'Eglise de Sorbonne.
2. Le Collège de Bayeux, fondé rue de la Harpe en i3o8, S, Julien et 5. Le\in, Patrons.