‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 34 sur 210 · EGLISES DE SAINT MARTIN ET DE SAINT HIPPOLYTE · texte numérisé non relu

EGLISES DE SAINT MARTIN ET DE SAINT HIPPOLYTE

Lorsque le village de Saint Marcel fut augmenté au point qu'il mérita le nom de Bourg, séparé de celui de Saint Médard par la rivière de Bievre, il fut besoin d'y ériger une Paroisse. Elle existoit au moins dès le milieu du XII siècle, ainsi que le témoigne la Bulle de l'an 1 158. Mais pourquoi portoit-elle le nom de Saint Hippolyte ?

Comme ce fut sous la fin du règne du pieux Roi Robert, que l'on commença à rebâtir l'Eglise de Saint Marcef, il est probable qu'en même tems on construisit dans le Bourg une petite Eglise Dom Doublet, pour le peuple, et que ce prince qui honoroit Saint Hippolyte d'une dévotion particulière, et qui alloit chanter chaque année l'Office propre de ce saint Martyr dans l'Abbaye de Saint Denis, où son corps étoit dès l'an 713, on obtint quelque relique qu'il fit mettre dans la nouvelle Eglise pour lui en faire porter le nom. Cette cure est déclarée être à la présentation du Chapitre de Saint Marcel dans le Fouillé de Paris d'environ 1220 et dans les suivans.

L'édifice de l'Eglise de Saint Hippolyte n'est que du XVI siècle : le sanctuaire est même plus nouveau, et bâti très-peu régulièrement. La tour ou clocher, placé du côté méridional où est le collatéral le plus large, ne paroît pas avoir cent ans. On voit entre le chœur et le sanctuaire des tombes taillées à la manière du XII et du XIII siècle. Cette Eglise ayant perdu les reliques de Son Patron, qu'on peut présumer y avoir été mises dans le XI siècle, il en fut obtenu d'autres du même Saint de l'Abbaye de Saint Denis, le Reg. Archiep. 6 Décembre 1662, Jean Havel étant Prieur, et M. l'Archevêque de Paris donna le 21 juin 1664 la permission de les exposer.

L'étendue actuelle de cette Paroisse, à commencer par la grande rue du Fauxbourg, est depuis le coin supérieur de la rue des Troîs-Couronnes, le côté droit de cette grande rue en montant : elle se porte ensuite jusques dans la campagne, et revient renfermer les Gobelins, et les Filles Angloises établies au champ de l'alouette en 1620; puis elle s'étend jusques dans le chemin de Gentilli : elle alloit même autrefois jusques dans le Bourg de Notre-Dame des Champs, dont plusieurs maisons furent détachées pour former, sous le règne de Louis XIII, la Paroisse de Saint Jacques du Haut-pas : car on lit qu'avant ce tems, la Procession de S. Hippolyte à la Fête-Dieu passoit devant l'Hôpital du même S. Jacques. Le Cure fut dédommagé du démembrement.

Page 1