‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 35 sur 210 · DÉPENDANTE DE SAINT MARCEL · texte numérisé non relu

DÉPENDANTE DE SAINT MARCEL

Le peu de distance qu'il y a de PEglise de Saint Hilaire à celle de Sainte Geneviève, pourroit faire pertser que Clovis ayant bâti celle-ci, auroit aussi construit dans le voisinage un Oratoire en l'honneur de Saint Hilaire, aux prières duquel il se croyoit redevable de sa victoire sur Alaric, roi des Goths, et que l'on seroit Greg, Tur. redevable à Frotbald, Abbé de la même Eglise de Sainte Gène- '• ^^» ^- "«v"viève au VII ou VIII siècle, d'avoir réédifié cet Oratoire, et d'y avoir placé des reliques du même Saint Hilaire, que nous sommes assurés d'ailleurs avoir été en sa possession. Mais si ces faits étoient véritables, il faudroit dire qu'il y a bien des siècles que l'Abbaye de Sainte Geneviève auroit cédé cet Oratoire avec son petit territoire à l'Eglise de Saint Marcel, par quelque traité qui aura été perdu. On croit au contraire, avec plus de fondement, que le terrain qui reste au Chapitre de Saint Marcel, a appartenu à la personne même de Saint Marcel, qui étoit natif de Paris.

En effet, il est certain que quelques monumens font mention du bien du Chapitre de Saint Marcel sis au clos Bruneau, qui est contigu à Saint Hilaire; et il est vraisemblable que c'est en conséquence de cela, qu'il auroit fait bâtir sur son fond l'édifice de l'Eglise dont il subsiste encore des restes; ce qui auroit été accompagné du droit de nomination à la Cure. Il est constant qu'il y a présenté au moins dés l'an 1200, puisque dans le Fouillé de Paris écrit vers ce tems-là, cette Eglise est au rang de celles auxquelles ce Chapitre de Saint Marcel nomme un Curé.

Ce fut vers le même tems que l'on fit à travers les vignes de ce grand clos Bruneau des routes qui devinrent des rues, dont on peut juger de la nouveauté, parce qu'elles ne serpentent point, comme font la rue Garlande et la rue de la Montagne Sainte Geneviève ; je veux parler de la rue des Carmes, de celle de Saint Jean de Beauvais et de la rue d'Ecosse. La véritable ancienne rue de ce quartier de la Montagne étoit étroite, comme on peut en juger par le cul-de-sac Bouvart qui en reste rue Saint Hilaire; et elle pénétroit le terrain où l'oiva bâti depuis les Collèges de Tab.cur.s.Hi!. Beauvais et de Prêles, se rendant à la rue des Noyers : on l'appelloit la rue Jusseline.

A l'égard de l'Eglise, il n'y a gueres que le petit portail situé sous le clocher, qui puisse approcher du XIII siècle; l'aile méridionale paroît être du XIV ou du XV. Le reste est postérieur, et a tellement été retouché, que ce qu'il y pouvoit rester d'ancien

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est entièrement couvert. Vers l'an iSjS, un nommé Hamon Lagadon, Bedeau de FUniversîté, fonda dans cette Eglise une Chapelle du titre de S. Denis, et voulut qu'elle fût à la présentation de la faculté de Décret, ce que l'Evêque Aimery de Magnac Tab. Ep. Par, accorda à la prière de Robert de Sarcelles, Archidiacre dans in spir. l'Eglise de Chartres, et de Pierre Prévôt, Doyen de Noyon et Professeur, que la Faculté lui avoit députés. Les Chanoines de Saint Marcel, comme Curés primitifs, essayèrent d'y nommer, mais sans succès.

Du tems que M. Jollain en étoit Curé, cette Eglise fut enrichie d'une Relique de Saint Hilaire, qui y fut solemnellement transportée l'an 1705, de L'Eglise de Saint Sulpice où elle avoit été déposée.

Une sépulture à remarquer dans l'Eglise de Saint Hilaire pour quelques singularités, est celle d'un jeune Pensionnaire du Collège d'Harcourt, appelle Louis-Hercule-Raymond Pelet, fils de François -Raymond -Joseph de Narbonne Pelet, Vicomte, et de Marie Rosset de Fleury, Vicomtesse. Sur sa tombe de marbre blanc, placée dans l'aîle septentrionale du chœur, est son épitaphe latine qui spécifie sa mort à l'an 1747, sans dire le jour ni même le mois. Il y est seulement dit qu'il avoit à peine atteint la dixième année de son âge. Cette inscription est terminée par ces mots remarquables : Sancte puer orapro nobis. Amen.

Le district de cette paroisse est fort petit, étant serré de fort près par celui de Saint Etienne du Mont et par celui de Saint Benoît, comme on le verra ci-dessous ; mais il a une enclave dans le derrière de la rue de la Harpe, sçavoir le Collège de Harcourt: ce que l'on dit venir de ce qu'il est situé sur la censive de Saint Marcel ; c'est-à-dire, qu'avant que ce Collège y fût, et dans le tems que la montagne étoit remplie de jardins, en ce lieu-là demeuroient des Hôtes de l'Eglise de S. Marcel. Ce Collège avoit commencé en 1280 de l'autre côté de la rue où il y a une inscription de l'an 1574.

Il n'y a d'autres Collèges après celui de Harcourt qui soit de la Paroisse, que celui des Lombards, qui a été fondé en 1348 au Mont Saint Hilaire pour des Italiens. Il fut, selon quelquesuns, originairement appelle le Collège de la Charité-Notre-Dame. Mais j'ai vu un acte de TOfficialité de Paris de l'an 1887 qui s'exprime ainsi Collegium deJ'ornaco alias Lombardorum, Tab. Ep, Par. H y avoit en 1393 un autre petit Collège proche Saint Hilaire, Spir. dit en latin Collegium de Tulleio, et en François, suivant un acte de 1423, le Collège de Tou. J'ai quelque preuve qu'il étoit pour Sauvai. T. III, ^^^ bas-Bretons, d'autant qu'un Docteur Breton le joignit vers p. 296et3i6. ce tems-là aux Collèges de Treguier et de Cornouaiile dans la distribution de ses aumônes.

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Uancien Collège du Mans qui avoit son entrée par la rue de Reims, et qui est aujourd'hui incorporé à celui des Jésuites, étoit aussi sur la Paroisse de Saint Hilaire.

Le territoire de la Paroisse comprend tout le carré où TEglise est bâtie, par ses quatre faces, le reste de la rue d'Ecosse adossé à la rue Chartiere, la rue Saint Hilaire du même côté jusqu'à cette rue Chartiere, laquelle y est comprise dans ses deux côtés, à commencer à la maison qui fait le coin, et qui a pour enseigne le Roi Henri ; plus, la rue Saint Hilaire en venant du Puits-certain à gauche, à commencer à la cinquième maison. Dans le peu de maisons de ce côté-là qui est exclus de cette Paroisse, sont des maisons appartenantes foncièrement à la Cure de Saint Hilaire, ce qui peut surprendre quelques Lecteurs. Tout le haut de la rue des Carmes est de Saint Hilaire des deux côtés, et même au-dessous de la rue Judas quatre ou cinq maisons de chacun des côtés.

La maison dont je viens de parler, qui a pour enseigne Le Roi Henri IV ^ est mémorable dans ce quartier-là. La tradition est que Dcscr. de Pans. Gabrielle d'Estrées, Duchesse de Beaufort, y a logé, et y a reçu t. ii, p. au. quelquefois Henri IV. M. Piganiol assure qu'il a vu dans le Contrat de mariage de César de Vendôme, son fils, passé à Angers le 5 Avril iSgS, qu'elle fait élection de domicile à Paris en son Hôtel, rue Fromenteau : mais sans faire attention qu'on écrivoit autrefois Fromentel pour prononcer Fromenteau, ou Froid-mantel pour prononcer Froid-manteau, de même qu'on rendoit oisel par oiseau, il a cru que cet Hôtel a du être dans la rue Fromenteau proche le Louvre, et il a tâché envain de l'y trouver. Il paroît certain qu'il s'agit de la maison ci-dessus, qui fait le coin des rues Fromentel et Chartiere. Je n'ai pu sçavoir à qui elle appartint après la mort de cette Duchesse, arrivée en iSgg. On voit seulement par une des inscriptions qui sont au frontispice, tourné aujourd'hui vers la rue Chartiere, qu'elle a été rebâtie ep 1606, et mise alors sous la protection du Daufin Louis. On y lit Lodo- VICE DOHUM PROTEGE. Il y a à la même façade plusieurs inscriptions en lettres capitales grecques, et à une cheminée du bas d'autres sentences grecques et latines sur le marbre. Au coin de la maison entre les deux rues, à la hauteur du premier étage, est dans une niche la statue d'Henri IV en manteau Royal. Il y a apparence que c'est quelque Professeur qui l'a fait rebâtir.

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