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DE LA SAINTE TRINITÉ

Sous le Patronage de saint Bâche ; et de celles qui ont été bâties sur son territoire, sçavoir Saint Etienne-des-Grez, Notre-Daine-des-Champs, Saint Jean de Latran, et autres, tant Chapelles que Couvents et Collèges, avec le démembrement fait de la Paroisse par l'érection de celle de Saint Jacques du Haut-Pas.

Il étoit pardonnable au XIV siècle de croire, comme a fait Raoul de Prêlles en son Commentaire sur S. Augustin de la Cité de Dieu, que S. Denis ayant bâti en ce lieu une Eglise, y mit des Moines. Comme Ton méprise avec raison ces traits fabuleux, je ne m'arrêterai qu'à ce qui m'a paru digne de croyance.

L'Eglise présente de Saint Benoît ayant succédé à celle qui étoit dédiée à la Ste Trinité sous l'invocation de S. Bâche, il faut commencer par rapporter ce que l'on sçait de cette première Eglise. Elle existoit avant le tems des courses des Normans au IX siècle. S. Bâche et S. Serge sont des martyrs de Syrie, dont le culte est ancien dans les Gaules. Grégoire de Tours parle de leurs De gioria reliques. Eusebe le Syrien, quoique placé sur l'Evêché de Paris aryr, c. 97, ^^^ ^^^ ^^.^ illicite, put en avoir eu facilement par lui-même, Hist. Fr., ou par ses Ecclésiastiques principaux qui étoient tous de la Syrie. i.x c.xlvi. ^^ siégea vers l'an Sgo. L'Eglise du Fauxbourg de Paris qui avoit pris le nom de S. Bâche devint une Abbaye, parce qu'alors on appelloit quelquefois ainsi les Eglises séculières, dont le Chef portoit le titre d'Abbé ; titre si commun que le Supérieur des Frères Prêcheurs le prit dans les commencemens de cet Ordre. Le Diplôme du Roi Henri I d'environ l'an io5o, parle de quelques Abbayes situées au faubourg de Paris, dans l'Eglise desquelles les Chanoines de la Cathédrale étoient venus quelquefois en station avant la désolation causée par les Normans. Ces mêmes Abbayes furent données à l'Evêque Imbert et à ses Chanoines, à condition qu'ils y rétabliroient leurs anciennes stations, et qu'il y auroit des Chanoines tenus d'y célébrer l'Office, et de prier pour le Roi, en reconnoissance de ce qu'il avoit remis ces Eglises, dont il avoit joui jusqu'alors après ses prédécesseurs. L'établissement d'un Chapitre dans l'Eglise de Saint Benoît, qui représente celle de S. Bâche, se trouvant fait au moins dès le XII siècle, c'est

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la preuve que S. Bâche étoit l'une des quatre Eglises dont le Roi

Henri a voulu parler, comme d'Eglises qui avoient été Abbatiales,

et lieux de stations de la Cathédrale avant les guerres des Danois.

Une preuve accessoire est que les Reliques de S. Bâche qui avoient

donné le nom à l'ancienne Abbaye ne se trouvent que dans l'Eglise

Collégiale, dite aujourd'hui Saint Benoît, où il est reconnu pour Breviar. Par.

l'un des anciens Titulaires par plusieurs marques. Ainsi elle est 7 Ocu

bâtie à la place où étoit celle de S. Bâche, qui devoit être dans ces

anciens tems une petite Eglise. Mais, comme ce petit édifice avoit

été élevé sur un Oratoire souterrain, que l'on disoit de la Trinité,

parce que Saint Denis avoit commencé secrètement à l'invoquer

en ce lieu, ainsi qu'on le tenoit par tradition, lorsque la nécessité

de rebâtir l'Eglise au XI siècle eut obligé de détruire cette petite

Crypte, alors, pour en conserver la mémoire dans la nouvelle

Eglise, on la bénit sous le titre de la Ste Trinité, et sous l'invoca*

tion de S. Bâche : et parce que dans le langage vulgaire. Dieu le

Père et la Ste Trinité étoient appelles Saint Dies^^ Sire Die:{j saint

Benedity ou Bénédicte Saint Benoiast, ou bien Benoist Sire Diex,

conformément aux expressions latines, si souvent usitées dans

l'Office de la Trinité de ces tems-là, Benedictus Deus. Benedicta

sit Sancta Trinitas. Benedictus es Domine ; de-là vint la coutume

de dire la Benoiste Trinité, et de même Vautel de Saint Benoist^

VOffice de Saint Benoist^ et que les Chanoines et l'Hôpital voisin

prirent aussi le nom de Saint Benoist; et encore dans les vieux Art de verif. le»

titres trouve-t-on ce Dimanche appelle Dominica Benedicta. **■***» p* *^-

Ce langage n'étoit pas plus regardé comme singulier dans ces tems-là à Paris, que celui de Constantinople, où il y avoit autrefois six ou sept Eglises du titre de Ste Irène, Sancta Irenes; car, quoiqu'il y ait eu plusieurs saintes Irenes Martyres, le titre de ces Eglises de Constantinople étoit Jesus-Christ en tant que pacificateur : De même Ste Dyname n'étoit pas une sainte femme qui donnoit le nom à une autre Eglise de la même Ville, mais c'étoit la Vertu ou Puissance de Dieu. Et qui est-ce qui ignore que Ste Sophie de Constantinople est une Eglise du titre de la Sagesse incarnée, et non pas de celui d'une sainte femme ou d'une sainte vierge. Le nom de Saint Sauveur que portent quelques Eglises, est encore un exemple frappant. J'en puis dire autant de celui de Notre-Dame, qui ne nous donneroit pas de lui-même l'idée de la Ste Vierge Marie, si ce n'étoit que certaines formules de prières des derniers siècles en fournissent l'intelligence.

Par la suite, je veux dire au treizième siècle, -où le nombre des Dialecticiens fut fort augmenté, sans que la critique en devînt plus épurée, quelques-uns observèrent que l'Eglise de Saint Benoît passant pour avoir été anciennement une Abbaye, et portant le nom

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d'un saint Abbé très-célébre par sa Règle, elle devoit avoir été dédiée sous son invocation, et par conséquent qu'il étoit bizare qu'en y reconnoissant la Ste Trinité pour première Titulaire et S. Bâche pour second, on n'y fît aucune mention de ce saint Abbé, et que l'Office n'y en fût pas célébré avec distinction. Ainsi, sans faire attention qu'aucun acte, aucune inscription, ni autre monument, n'avoit désigné cette Eglise ni ses dépendances sous le nom de 5. Benedicti Abbatis^ ou S, Benedicti Confessoris, et que même (ce qui est plus remarquable), qu'aucune relique n'y avoit jamais paru de ce Saint, ni le moindre vestige de relation avec aucune Maison de Bénédictins, on y introduisit alors l'Office propre et plenier de Saint Benoît, Abbé du Mont-Cassin, que l'on emprunta de quelque Monastère, en le réduisant à la forme du rit des Ecclésiastiques séculiers. C'est pour cela que depuis le règne de Philippe le Hardi, on le trouve en quelques Antiphoniers de Paris au XI Juillet, et j'en possède un de ce tems-là qui le contient. Il est probable que Robert de Sorbon, fondateur dii Collège de Sorbonne, avoit le plus influé dans cette innovation. Son Collège étoit situé sur la Paroisse. D'un autre côté, ce Théologien avoit succé avec le lait la dévotion envers saint Benoît, Abbé, l'Eglise de son village de Sorbon, au Diocèse de Reims, étant alors sous le nom de Saint Benoît, Abbé, comme elle y est encore, parce que pour la présentation elle dépend de l'Abbaye de Saint Benoît sur Loire, où est le corps du Saint Abbé.

Le premier Catalogue des Prêtres de la ville de Paris et des environs, qui étoient tenus d'accompagner l'Evêque à l'autel aux grandes solemnités, avoit marqué celui de Saint Benoît; on lit Presbyter S. Benedicti Parisiensis, dans la copie qui en fut faite quelques siècles après cet établissement.

Quelques titres et monumens du XII siècle font mention de cette Eglise sous le nom de Sancti Benedicti, sans addition. Dès le commencement de ce siècle (c'est-à-dire, cinquante ou soixante ans après que le Roi Henri I l'eut accordée aux Chanoines de Notre- Dame), elle avoit une Aumônerie ou Hôpital, qu'on appelloit en II 38 tout de même, Eleemosyna S, Benedicti, et qui étoit situé peu loin de l'Eglise du même nom, puisque la Charte de Louis VII DuBreui lib.ii ^^ ^^^^^ année-là le dit placé au faubourg de Paris proche le lieu trt. Mâtur. nommé Les Thermes. Vers l'an ii55. Maître Leonius, Chanoine de Notre-Dame de Paris, présenta au Pape Hadrien IV une re- Diss. sur rHist. quête en vers latins en faveur du bon droit de cette Eglise qu'il de Par. T. u, qualifie de pauvre, de la défense duquel il étoit apparemment 1741, p. 370. ^j^gj,g^^ L'intitulé de la pièce est : Pro Ecclesia S. Benedicti Parisiensis. On peut présumer que Leonius avoit la surintendance sur l'Hôpital beati Benedicti; et comme ce fut le premier bien que

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les Religieux dévoués à la rédemption des Captifs eurent à Paris sur la fin du même siècle, ou au commencement du suivant, il ne faut peut-être pas chercher tant de mystère qu'en ont trouvé les anciens Ecrivains de TOrdre des Trinitaires, dans la cause de ce nom de la Ste Trinité : ils auront pris, comme je Tai dit plus haut, celui du principal titre de la Chapelle de TAumônerie, laquelle, comme l'Eglise des Chanoines dont elle étoit voisine, reconnoissoit la Trinité pour premier Titulaire.

Le Chapitre de Notre-Dame dont Leonius avoit été l'organe, ayant ainsi favorisé l'établissement de ces Religieux, si utiles aux Chrétiens captifs, obtint en i225 du Roi S. Louis une permission qui fait voir combien les choses ont changé depuis le XIII siècle. Chart.Phn, Le Cloître de Saint Benoît étoit alors assez évasé pour qu'on y ^^^' '" Addit, tint un marché durant les moissons et les vendanges. Il fut permis aux Chanoines de Notre-Dame d'y lever un droit sur le pain et sur le vin.

Etienne, Abbé de Sainte Geneviève, conformément à l'usage de son tems, appelle cette Eglise de Chanoines du nom ordinaire : 5. Benedicti. Ecrivant au Pape Luce III vers l'an 1 183, sur ce que les Chanoines de Saint Benoît vouloient obliger Simon Chapelain (nom que dans ce siècle on donnoit quelquefois au Curé) à ne plus célébrer à leur autel, mais à un autre qui seroit érigé à quelque coin de l'Eglise, où les fonctions paroissiales seroient faites, il lui marque que la forme de cette Eglise étoit différente des autres, en ce que la partie du sanctuaire étoit placée dans le côté occidental, et l'entrée du côté de l'orient. C'est ce qui fit que dans le siècle suivant, on lui donnoit le nom de Saint Benoît le Bestourneety c'est-à-dire, le mal-tourné; car Borel fournit la preuve que bestourné signifioit autrefois renversé. Il y a au Cartulaire de Sorbonne un titre de vente faite en i263 à Robert de Sorbonio, Chanoine de Paris, par les Chanoines de l'Eglise de chartuL Sort. Reims, d'une maison située in magno vico prope Ecclesiam S. Be- Z^'- 4o. nedicti le bestourneet inter Crucem sitam ante dictant Ecclesiam et domum Rogeri Broc. On verra dans la suite que depuis il a été appelle le bien tourné.

Le nom de Curé ne commença gueres à être en usage qu'à ce XIII siècle : l'un des premiers exemples que j'en aye trouvé, est aussi dans ce Cartulaire de Sorbonne, où à l'art. 1254 il est fait jbid.^/oi.js. mention de Robertus Curatus S. Benedicti. Cette autorité, jointe à celle de la Lettre d'Etienne de Sainte Geneviève, fait voir que pour prouver l'antiquité de la Cure de Saint Benoît, il est inutile de citer, comme a fait M. Piganiol, un acte de l'an 1843. On peut Descript.dePar. aussi ajoutera cela le Concordat par lequel il fut convenu l'an 1220, ^" ^» p* ^** entre le Chapitre de Saint Benoît et les Frères Prêcheurs, que ces

l36 EGLISE DE SAINT BENOIT

derniers seroient tenus de dire ou faire dire en chaire dans leur

La Caille, Chapelle de S. Jacques aux cinq fêtes Annuelles, que personne

art. de s. Benoit, j^q JqJ^ quitter sa Paroisse en ces Jours, et de payer au Chapelain

de Saint Bçnoît quinze sols annuels.

Du Breul s'est fort étendu à rapporter les différens qui s'élevèrent entre le Chapitre de la Cathédrale de Paris et celui de Saint Benoît, sous les règnes de Charles V et de Charles VI, à roccasion de la station du XI Juillet, et marquant le précis des titres d'où il a puisé ces faits, il donne à entendre qu'en 1364 on disoit déjà Saint Benoist le bien tourné. J'ai vu aussi un acte de 1875 où le bien tourné est écrit très distinctement et en entier. Ainsi il faut que ce soit avant le règne de Charles V, que le grand autel ait été remis dans la partie orientale de l'Eglise qui su^sistoit avant Reg. Ep. Par. Celle d'aujourd'hui. C'est non seulement dans des provisions de la 29 Jun. Cure de Tan 1499, qu'il y a Ecclesia S. Benedicti beneversi : mais ibid, 24Aug, même dès l'an 1476 cette expression se trouve dans la collation de 147^' la Chapelle S. Nicolas qui y est située. De plus, Pierre de Longueil, Evêque d'Auxerre, qui y avoit été baptisé en 1397, P^rlc ainsi Hist. d'Aux. dans son testament du 17 Août 1473 : Item fabricœ Ecclesiœ beati T. II, Preuves Benedicti beneversi Paris, in qua sacramentum baptismi suscepi, ^' " '' do et lego centum sol. turon. Et encore avant ce tems-là, dans le Pouillé Parisien écrit vers l'an 1450, on lit une observation conçue en ces termes : Nota quod in Ecclesia S. Benedicti bene versi est una Capellafundata ad altare Mortuorum. On pourroit apporter pour preuve que l'autel de l'Eglise étoit retourné encore auparavant, deux d'entre les trois épitaphes gravées en 1427 et 1433 sur les pierres même qui forment un des piliers du chœur du côté septentrional, parce que l'ouvrier les a gravées du côté qui fait face à ceux qui viennent de la partie occidentale où est la porte. Quant au mot de Bistourné, quoique Sauvai et d'autres après lui assurent qu'il a eu cours, j'en doute, et je suis persuadé que c'est le terme de Bestourné mal lu. Il est donc visible par les expressions latines Bene versi, que le transport de l'autel à l'orient est antérieur à François I, et qu'on n'avoit pas entendu la construction du portail tel qu'il est aujourd'hui, si elle est de son tems, pour tirer l'autel de la place dans laquelle il étoit. L'architecture de ce portail et tout ce qu'il y a de plus ancien à Saint Benoît, paroît assez être du règne de François I, excepté les piliers du chœur au côté septentrional, et cela se trouve confirmé par l'acte de la bénédiction de six autels, que Guillaume, Evêque de Bellune, y fit Reg. Ep. en i53o; sçavoir le Grand autel, ceux des Saintes Marie Jacobi 3i Dec. t53o, et Salome, de S. Pierre et S. Paul, S. Louis, S. Agnan et Sainte

Geneviève.

Cette Eglise a le même défaut que l'on remarque dans celle de

ET DES AUTRES BATIES SUR SON TERRITOIRE lij

Saint Jacques de la Boucherie : deux ailes fort larges avec dés Chapelles, du côté méridional ; et du côté septentrional, une aîle seule fort resserrée et presque sans Chapelle. Le terrain où sont cbron. hist. des les Chapelles vers le midi avoit été autrefois une rue ou un cul- ^""^g^^^t^""* de-sac dont on a trouvé le pavé.

Le sanctuaire n'a été rebâti qu'après le milieu du dernier siècle. On y chante la Grande Messe Paroissiale avant telle des Chanoines. Il faut voir le nouveau Livre de M. Brute, Curé, sur plusieurs autres circonstances.

Le Catalogue des Partitions entre les Chanoines de Notre- Dame pour la nomination aux Bénéfices, met sept Prébendes de Saint Benoît à la disposition de sept Chailoines, dont l'une, dit-on, n'est que demie. Le Pouillé écrit vers 1450 ne parle que de quatre Canonicats à Saint Benoît, qui étoient inégaux dans le revenu.

Il y a un assez grand nombre de Chapellenies. L'une des plus anciennes est celle qui fut fondée en i25i par Amorrand, Cha- chartui. Sort. noine d'Arras, et Etienne de Mez, Chanoine de Saint Benoît. Mais •^°'- ^^•^' la plus digne de considération est celle de S. Denis située presque au dessous du clocher, rebâtie il y a deux cent ans, en conséquence de l'ancienne tradition que j'ai rapportée ci-dessus. Il fut R^g. Archiep, permis en i638 au Curé et Marguilliers, vu leur dévotion envers ^ ^^P^- S. Denis, d'y ériger une Confrérie. La Chapelle des Morts, dont il a été parlé ci-dessus, doit son origine à un nommé Jean Voisin et sa femme, qui en i36o convinrent de fonder une Chapelle de Tab.Ep.inSpir. ce nom dans l'Eglise où le premier des deux seroit enterré, la dotant de 3o livres. Il y a aussi la Chapelle de S. Louis qui existoit dés l'an 1428.

On est informé par les Registres du Parlement, de quelques contestations qu'ont eues les Chanoines de S^int Benoît avec lés Cordeliers, et qui furent décidées à leur avantage l'an i535. Cinq f^fg- P^ri. ans après, Louis Lasseré, Curé, joint au Chapitre, plaidoit contre ^*^ ^^^''' les mêmes Religieux, pour avoir son droit dans les legs qu'on leur faisoit, et on lui en adjugea le quart l'an 1540. Ce Curé fut Jbid.5Aug. aussi en différend l'an i545, avec les Gouverneurs de la Chapelle i*>ià. 17 Jui, de S. Yves.

Je crois avoir suffisamment prouvé ailleurs que le Poète latin Dissert, sur Leonius n'a pas été chanoine de Saint Benoît; mais il est certain ï"**^^^*^^''»"*que Jean-Baptiste de Rocoles, auteur de quelques ouvrages, l'a été dans le siècle dernier. On doit lui joindre Jean Grancolas, qui a beaucoup écrit en différens genres, et qui n'est décédé qu'en 1732.

Parmi les Curés, le plus illustre est Pierre d'Hardivillier, qui y a établi la Communauté des Prêtres, et qui fut fait Archevêque de Bourges en 1639. Avant lui, sous le règne de François I, Louis

l38 EGLISE DE SAINT BENOIT

Lasseré ci-dessus nommé, avoit été un des fameux personnages de son temps. Jean Boucher se distingua du temps de la Ligue.

Les plus célèbres d'entre les Ecrivains qui ont été inhumés en cette Eglise depuis près de deux siècles, sont : Jean Dorât, le Pindare François décédé en i588; René Chopin l'un des plus sçavants Jurisconsultes, enterré dans la Chapelle de S. Denis en 1606; Jeail-Baptiste Cotelier, Professeur en langue Grecque, dont on a divers ouvrages : il mourut en 1606; MM. Perrault, Claude et Charles, qui sont très-connus : sont décédés en 1688 et 1703; et M. Vaillant de l'Académie des Belles Lettres, Médecin, très-habile Antiquaire, qui est mort en 1706. Un auteur moins connu est M. François Fyot, Baron de Montpont, décédé en 17 16. Son épitaphe marque qu'il a écrit en François des livres de Piété et de Belles- Lettres. On voit aussi depuis quelques années en cette Eglise la tombe de M. René Pucelle, Abbé de Corbigny, Conseiller-Clerc au Parlement. Quant au reste des sépultures de notables, et surtout d'anciens Libraires ou Imprimeurs distingués, on peut consulter le nouveau livre que M. Brute, Curé, vient de publier en 1752 avant l'édition duquel j'avois rédigé la présente Histoire de l'Eglise de Saint Benoît.

Le Cimetière de Saint Benoît étoit autrefois derrière l'Eglise au lieu qu'on appelle la Place de Cambray : ce n'est qu'en 161 5 qu'on l'a transféré où il est derrière, le Collège Royal.

On est assez informé que la Paroisse de Saint Jacques du Haut- Pas est une distraction faite en grande partie de celle de Saint Benoît dans l'avant dernier siècle. Je n'en parlerai qu'après les autres principales Eglises situées sur l'étendue de Saint Benoît, en traitant l'article de l'Hôpital du Haut-Pas qui y est situé, et qui y a donné occasion. *

Les Eglises situées dans l'étendue de la Paroisse de Saint Benoît, sont Saint Etienne des Grez, qui est entouré de tous côtés de maisons de la même Paroisse de Saint Benoît ; Notre-Dame des Champs ; Saint Jean de Latran.

L'étendue de la Paroisse de Saint Benoît forme une figure assez îrreguliere. Ce qu'elle a à l'orient et vers le nord consiste dans le côté gauche de la place de Cambray en entrant par la fontaine, jusqu'aux trois dernières maisons de la rue S. Jean de Latran, qui sont de S. Etienne, et au côté droit de cette place, les maisons jusqu'à l'édifice ancien du Collège de Cambray exclusivement. Elle a quelques maisons en descendant la rue de S. Jean de Beauvais, à main gauche depuis la petite porte S. Jean de Latran jusques vis-à-vis l'Ecole de Droit ; puis le côté gauche de la rue des Noyers en venant à la rue S. Jacques, à commencer vis-à-vis la rué des Anglois ; ensuite toutes celles qui suivent à gauche en

EGLISE DE SAINT ETIENNE DES GREZ I Bq

remontant ladite rue S. Jacques, et depuis la fontaine S. Benoît en remontant à gauche jusqu'à un angle au-dessous de la ruelle qui touche au Collège du Plessis. Elle reprend à la porte du Collège des Jésuites et continue à gauche jusques dans la rue Saint Etienne des Grez où elle finit avant la Chapelle des Cholets : puis elle reprend au Collège de Lisieux, et revient en la rue S. Jacques, qu'elle continue des deux côtés jusqu'à l'Estrapade, où du côté gauche elle va jusqu'au milieu de la place, et du côté droit jusqu'à la porte du jardin des Filles de la Visitation qui est au haut de la rue des Postes ; revenant à la rue S. Hyacinthe, elle en a tout le haut des deux côtés, et de la rue S. Thomas aussi tout le haut des deux côtés jusqu'au passage de la maison du Charron ; elle enferme ensuite le clos des Jacobins, la rue de Cluni ; le Collège et ce qui y touche ; la rue des Cordiers, celle des Poirées ; la rue de Sorbonne hors trois maisons à gauche en descendant ; la Sorbonne ; ce qui est depuis le coin de la rue des Maçons exclusivement jusqu'au coin de la rue S. Jacques, qu'elle remonte à droite jusqu'à la rue des Cordiers.

Ce que cette Paroisse a vers le couchant d'été consiste dans le Collège de Dainville et les maisons qui en dépendent, lesquelles forment le commencement de la rue des Cordeliers à main droite ; ensuite en descendant la rue de la Harpe, elle a tout ce qui est à main gauche jusqu'au premier coin de la rue Serpente exclusivement ; dans lequel espace sont comprises la rue Pierre Sarrazin jusqu'à celui des coins devers les Prémontrez qui est à droite exclusivement, et les deux tiers ou environ, de la rue des deux Portes en y entrant par la rue de la Harpe. La même Paroisse a un écart situé dans la rue des Carmes : il consiste dans quatre ou cinq maisons qui sont vers le milieu de cette rue tant d'un côté que de l'autre.

SUR L^ANCIEN TERRITOIRE DE l'ÉGLISE DE LA TRINITÉ

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