‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 38 sur 210 · EGLISE SAINT ETIENNE DES GREZ · texte numérisé non relu

EGLISE SAINT ETIENNE DES GREZ

Abbayes, et que les Chanoines de Paris y étoient autrefois venus faire station, le don fait à i'Evêque Imbert ne peut tomber que sur celle de Saint Etienne et celle de Saint Bâche, dite depuis Saint Benoît, parce que la suite du tems a vu effectuer la condition qu'avoit mise le Roi Henri ; sçavoir, qu'on y rétabliroit l'Office divin qui seroit fait par des Chanoines après le décès du possesseur de ces Eglises autrefois Abbatiales. Mais il reste à trouver qui pouvoit avoir fondé ces Eglises. A l'égard de celle de Saint Etienne, il y a preuve qu'elle avoit été bâtie au moins cent cinquante ans avant les guerres des Normans. Je suis bien éloigné d'en remonter l'origine au siècle de S. Denis, puisque ceux qui l'ont cru n'ont été fondés que sur l'usage de la surnommer des Grès, qu'ils s'imaginoient venir du latin de Grœcis et en quoi ils trouvoient un rapport évident avec S. Denis l'Aréopagite. On verra ci-âprès que cette étymologie est nouvelle.

Je me contente de dire que cette Eglise existoit dès le VII siècle, parce qu'une riche Dame de Paris, ou des environs, nommée Hermentrude, en fait mention dans son testament, et la distingue de l'Eglise de Saint Etienne qui formoit une partie de la Cathédrale, en faisant un article particulier de cette Cathédrale, qu'elle appelle par distinction Sacrosancta Ecclesia Civitatis Parisiorum, et à laquelle elle lègue plus qu'aux autres Eglises. Pour ce qui est de celle de Saint Etienne, à qui elle donne rang après celle de Saint Pierre dite depuis de Sainte Geneviève, et après celle de la Ste Vierge, qui étoit N.-D. des Champs située sur la même montagne, l'article qui la regarde est ainsi conçu : Basilicœ Domni Stefani anolo aureo nigellato valente sol. quatuor dari volo. Comme il s'y établit un petit Clergé, cette Eglise jouit du titre d'Abbaye, et les Chanoines de la Cathédrale venoient y faire quelques stations. Cependant elle n'est point l'Eglise de Saint Etienne où se tint le Concile de Paris de l'an 829, quoique M. Baluze l'ait cru, mais celle qui faisoit partie de la Cathédrale. Jean de Saint-Victor, Ecrivain du XIV siècle, a cru pareillement que c'éioit à Saint Etienne des Grez qu'on avoit trouvé des reliques en 12 18, pendant que c'est à Saint Etienne de la Cité.

Elle subît le sort des petites Eglises d'autour de Paris ; elle fut pillée et brûlée par les Normans avant la fin du IX siècle : mais dans le siècle suivant, elle possèdoit encore une partie des biens qui lui avoient appartenu par-delà Chartres ; car on lit que l'autel Saint Etienne de Paris, non loin de la Ville et proche l'Eglise de Sainte Geneviève, altare S. Stephani Parisiacensis haud longé ab urbejuxta Ecclesiam S. Genovefœ, possèdoit en l'an 995 des biens GaiL chr. au pays Blesois, dans les lieux dits Gilliacus, Maniacus et LeviuSy T. vu, col, 34- dont les Religieux de Marmoutier demandèrent à jouir à bail ; ce

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