ANCIEN TERRITOIRE DE SAINT BENOIT I4I
que Renaud, Eveque de Paris, leur accorda, du consentement de
Buchard, Comte de Vendôme, dont elles relevoient, moyennant cinq
sols de rente annuelle. Un sçavant du premier ordre a paru croire
qu'il s'agissoit de l'Eglise Paroissiale de S. Etienne du Mont dans ^4x11. Bened.
la charte ci dessus. Mais ce titre Paroissial n'existoit point encore. ^- '^' ''• *7.
La petite Abbaye de Saint Etienne étoit possédée sous le Roi Htst. Ecci. par, Henri I par un Clerc appelle Girald, qui paroissoit la tenir du "^Ap.. <î45. Roi: mais ce Prince accorda à Imbert, Evêque de Paris, qu'après le décès de ce Clerc, les Chanoines de Paris pussent y établir des Chanoines qui y priassent Dieu pour lui, et que ceux de la Cathé> drale pussent y faire leurs stations, comme avoient fait leurs prédécesseurs. Le même Roi ajouta le don de trois arpens de vignes Necr.Ecci.Par. contigus à cette Eglise, pour fournir à la dépense de la station du ^^ '*"*'• second jour d'Août, dans la dispensation de laquelle, du tems de S. Louis, les Chanoines de cette Collégiale avoient en eux tous ibid. ensemble une portion égale à celle d'un Chanoine de Notre-Dame. Nos rois avoient alors en ce canton-là qui étoit planté en vignes, un grand clos : Tacte de donation que le Roi Henri fit à l'Abbaye Htst, EccL Par, de Saint Magloire de dix arpens de vignes en l'an io33, marque t, 11, p. 75, qu'ils étoient situez entre Saint Etienne, Ste Geneviève et N. D. des Champs: la même Abbaye en jouissoit encore au XIV siècle, invent. s. Magi,
Tous les titres rapportés jusqu'ici appellent l'Eglise dont je ^" '•^^*parle, simplement Saint Etienne ; ce qui même étoit encore d'usage au XII siècle; puisque dans une Bulle d'Alexandre III de l'an 1 163, où il est dit un mot sur les limites du Bourg de Sainte Geneviève, il y a usque ad stratam Regiam juxta Ecclesiam Gaii. chr, S. Stephani, sans addition. Pareillement dans le don que Philippe- ^- vii,instrum, Auguste fit de quelques vignes à Roger, batteur d'or, l'an 11 85, " ^'*''' elles sont simplement dites situées apud S. Stephanum. Chart.s.Genov
Ce n'est que dans le XIII siècle que Ton commence à voir des p- *-^actes qui distinguent cette Eglise par un surnom. Le premier que j'ai trouvé est la copie qui fut faite alors du catalogue des Prêtres, tenus d'accompagner l'Evêque de Paris à la célébration des saints Mystères aux Grandes Fêtes, dans laquelle on lit Presbyter 5. 5^^phani de Gressibus Parisiensis, Dans un acte de Tan 1 2 1 9, à l'occasion d'une maison où Amicie, Abbesse de Saint Antoine, avoit vingt sols à prendre, et qu'elle cède au Chapitre d'Auxerre, on lit ainsi, supra domum quant Magister Bernardus habebat versus Chart. CapituU S, Stephanum des Grès. Ce nom. lui étoit venu de la rue qui At^^ttss.foi.sst, cette Eglise conduisoit à Ste Geneviève (laquelle Sauvai assure avoir été appellée aussi, la même année 12 19, la rue des Grès). J'ai Antiq. de Paris, trouvé pareillement qu'en i23i, Jean de Chetainville vendit à T. i, p. i3i. l'Evêque de Paris vineas clausi S. Stephani de Gressibus; qu'en Ub, cens, 1239, un Gilbert, Chanoine, devoit à l'Abbaye de Ste Geneviève, ^* Genov.
t^2 EEGLISE SAINT TIENNE DES ÛREZ
i8 deniers in vico de Grès. Une autre indication du même tems et pour le même Couvent porte, In vico de Gressis, hostisiœ xiij soi. Le nom françois étoit donc la rue de Grez, ou des Grez, qui fut latinisé de Gressis et de Gressibus; ensorte même que la grande rue qui du Petit-pont montoit à Notre-Dame des Champs, étoit quelquefois appellée alors, depuis un certain endroit, du nom de
chartui. Sort. Grande rue de Saint Etienne des Gre\, C'est ainsi que s'exprime fol. 40. un titre de l'an i258 : Duœ domus ultra parvumpontem in magno vico S. Stephani de Gressibus prope S. Benedictum, A l'égard de la raison pour laquelle le nom de Gre:[ fut donné à la rue qui passe à côté de l'Eglise de Saint Etienne, on peut dire que c'a été à cause de quelques bornes de grés qui y a voient été placées pour marquer les limites des censives ou territoires, soit du Roi, soit de Ste Geneviève, ou autres, puisque c'étoit un semblable grez qui désignoit la fin du Bourg de Ste Geneviève proche S. Julien le pauvre, qu'un titre de l'an 1202 appelle Gressum S, Juliani, le grez de S. Julien, et qu'un autre pareil grez marquoit le bout de la justice de l'Abbaye de Saint Denis en France du côté de Paris. Je
Necroi. vêtus sçais quc l'on peut dire aussi qu'il y a eu dans le XIII siècle une s. Genov, famille noble du nom de Grez, bienfactrice de l'Abbaye de Sainte Du Brcul, Geneviève ; que ces Seigneurs de Grez ont possédé au nom du
i.i, sur la Sainte Roi un vignoble que le Domaine avoit sur le bord de la rue Saint Chapelle, Etienne, avec un pressoir ; d'où l'on pourroit inférer que ce seroit la maison ou manoir de ces Messieurs de Grez qui auroit donné le nom à la rue.
On sçait en effet que beaucoup de rues de Paris ont pris le nom des Hôtels qui y étoient, et que tous les villages de France du nom de Grez ont été appelles en latin Gressus. Mais, soit que le nom de Grez donné à l'Eglise et à la rue vienne des bornes dites Grez, ou de la famille de Messieurs de Grez, il ne faut aucunement s'arrêter au sentiment de ceux qui ont cru que l'on a d'abord dit de gradibus, puisqu'ils n'ont pu le vérifier par aucun titre : encore moins à celui de Dom Millet, Bénédictin de Saint Germain des Prez, qui prètendoit qu'on avoit dit primitivement de Grœcis; non plus qu'à celui d'un moderne anonyme adopté par M. Baillet, suivant lequel il auroit fallu écrire Saint Etienne d'Egrès, comme si c'eut été dérivé des mots de egressu urbis, lesquels toutefois ne se trouvent dans aucun acte.
Ceux qui ont écrit sur cette Collégiale, disent que jusqu'en Piganioi '^^^ ^^ ^'V *voit eu que deux Prébendes à Saint Etienne des Grez: que dès l'an 1209 î^ ^^ avoit huit; que la chefcerîe fut établie en i25o, et qu'il y eut encore quatre autres Prébendes fondées. Je doute cependant que l'augmentation de ce nombre ait été faite si promptement, puisque dans le Pouillé de Paris, écrit vers l'an
1450, je ne trouve à Tarticle de cette Collégiale que le Chefcier et quatre Chanoines, avec une petite Communauté. Depuis qu'ils sont douze en tout, la nomination de six est dans le lot de la dixième partition des Chanoines de Notre-Dame, et celle des six autres appartient à la partition suivante. Du Breul et autres ont Du Breui, ]. 11 rapporté comment Simon de Bucy, nouvellement Evêque de Paris, étant venu officier à Saint Etienne des Grez le jour de S. Guillaume, à la prière des Maîtres de la Nation de France de TUniverské. Pan 1290, il s'attribua des droits qui appartenoient au Chapitre de la Cathédrale, et qu'ensuite il remit les choses dans leur premier état, jusqu'à restituer les offrandes que ses Officiers avoient prises. On peut voir dans le Dictionnaire étymologique Dict Ménage l'indication de quelques titres du XIII siècle concernant cette ^°" Etienne, Collégiale.
L'édifice de l'Eglise de Saint Etienne des Grès n'a d'ancien que le côté où est la Chapelle de N. D. de bonne délivrance, où plusieurs piliers et la tour sont d'environ l'an 1200. Le portail de devant paroît être plus nouveau de cent ans. Le reste est postérieur et construit sans ornemens. On n'y voit plus aucune ancienne tombe. S. François de Sales, étudiant à Paris, venoit souvent prier devant l'Image de N. D. qui a donné le nom à une célèbre Confrérie, outre laquelle il y a encore en cette Eglise celle de S. Prict, Evêque de Clermont, que l'on dit avoir été établie en 141 4. Aifiche.
Vers l'an 1640, on découvrit derrière le chevet de cette Eglise dans les fondations d'une maison, une vingtaine de coffres construits de briques et de petites pierres où étoient des cendres, et saaTai. par-dessous on trouva une boëte pleine de médailles d'or et T. n, p d*argent de Constantin, Constant et Constance, laquelle exposée à l'air tomba en poussière, et il ne resta que les médailles.
Ancienne Eglise Cléricale, puis Monastique, sur le Territoire de S. Benoît, dont elle a été nouvellement détachée par le démembrement fait pour Pérection de la Cure de S. Jacques du Haut-Pas.
Lorsque la Foi fut déjà un peu ancienne à Paris, que le nombre des Fidèles y fut accru, et qu'il y eut entière liberté de professer la Religion Chrétienne, le haut de la montagne situé vers le midi, qui formoit une grande plaine appellée du nom de Campi, et où commençoit la route Romaine pour aller à Orléans, fut destiné
pour la sépulture des morts, eh continuation de l'usage que les Sauvai. Payens avoient commencé à en faire, et dont Sauvai a rapporté T. II, p. 336. jç fortes preuves dans les difTérens monumens qu'on y a trouvés. A la vérité, ce lieu ne fut pas le seul. Il y avoit pareillement un lieu dit Campelli à gauche de la route Romaine de Pontoise; mais la partie de ces Campelliy Champeaux ou Petits-champs, qui sert aujourd'hui aux sépultures proche l'Eglise des Innocens, eut cette destination plus tard, et seulement lorsque les marais de ce canton furent desséchés : l'autre partie un peu plus éloignée
Voyez ci-dessus, de Paris, dite les Petits-champs encore de nos jours, fut mise p. 70. gj^ culture, en enfouissant les monumens des sépultures payennes qui pou voient y être restés. Les champs de la grande plaine sur le chemin d'Orléans furent donc employez des premiers à l'usage des sépultures, dont on peut donner plusieurs preuves, i* Le nom de Tombisoire, qu'une partie de Notre-Dame des Champs a porté dans les anciens titres. 2* Le nom de Fief des Tombes
Tab. Ep. Par, qui est l'ancien, par lequel on désignoit une autre partie du même territoire. 3"* Le mémorial d'un très ancien oratoire du titre de
BoUand. 3 Jun. S. Michel qui a existé dans cette plaine. 4" La tradition populaire P- '-**• des esprits folets, ou revenans qui infestoient le bas du coteau, à l'endroit où les Chartreux ont été bâtis, et longtems avant qu'ils y demeurassent: ces deux dernières circonstances sont assez particulières aux places qui servent de cimetières. S. Michel y étoit réclamé communément par rapport au jugement dernier dont on a cru qu'il seroit le signal ; sa statue avec la balance dont il pesé les âmes, est encore actuellement à l'endroit le plus élevé de ce canton, je veux dire à la pointe du pignon de l'Eglise de Notre-Dame des Champs. Il n'est pas besoin de donner d'exemples sur les revenans des cimetières. Quant au tombisoire et au fief des Tombes, ces deux expressions tirent visiblement leur origine des sépultures ; toutes les éminences de terres, quelles qu'elles fussent, étoient appellées tombes ou tombels, et c'est ce qui a été depuis appliqué aux pierres longues et plates qui ont succédé à ces éminences. Tombisoire est un nom collectif qui signifie un assemblage de tombes. Il faut ({u'il ait été d'usage à Paris, il y a bien huit ou neuf cens ans, puisque dès le commencement du XIII siècle il avoit donné occasion à la naissance d'une fable. De plusieurs anciennes sépultures, il en étoit resté une très remarquable, en ce qu'à l'extérieur elle paroissoit avoir vingt pieds de longueur. Elle étoit, non pas, comme l'écrit Du Past. maj. Breul, proche la Chapelle de Saint Pierre, du Bourg Saint Germain
.III, chart. 43. des Prez ; mais, comme on lit dans le grand Pastoral de TEglise de Paris, et dans les titres de la Commanderie de Saint Jean de Latran, elle étoit sur le chemin d'Orléans, à un quart de lieue