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EGLISES, CHAPELLES ET COLLEGES

ChronoL des publique tout nouvellement une charte importante concernant cette Curés de Maison, qu'il a tirée du grand Pastoral de l'Eglise de Paris, et qui

s. Benoît 17^2, y.,w -^ in ¥

p. 98. û réveillé mon attention. Cet acte est de lan 1171. La manière dont Guillaume, Archevêque de Sens, s'y exprime, désigne qu'il y avoit déjà long-tems que les Hospitaliers de S. Jean de Jérusalem demeuroient en ce lieu-là, qui y est dit être de la censive de Saint Benoît, et qu'ils avoient payé déjà pendant plusieurs années, pour cet effet, outre la somme d'onze sols, la quantité de deux muids de vin, dont enfin ils avoient eu remise par le Chapitre, le Chefcier et le Chapelain. En effet, comme l'origine de ces Hospitaliers est plus ancienne de quelques années que celles des Templiers, ils pouvaient aussi avoir été établis à Paris avant eux. Le

Gaiiia Christ, Catalogue des Grands-Prieurs de l'Ordre en France, fourni aux r. vu, Auteurs du Gallia Christiana par M. Jacquemin leur Archiviste, commence par Jean le Turc en l'an 1 1 3o, et continue par Geoffroi- Breton. On y dit qu'il l'étoit en 1 174: mais il paroît l'avoir été dès l'année 1171, puisqu'il est nommé à la fin de l'acte dont il s'agit. Ces lettres m'ont rappelle le souvenir des poursuites et instances

Diss. sur THist. qui avoient été faites un peu auparavant auprès du Saint Siège par de Par. 1741. Leonius, Chanoine de Notre-Dame de Paris. Ce Leonius, qui , p. 270, ^^^j^ gj^ ^g^jg qualité une espèce d'intendance sur le temporel de l'Eglise de Saint Benoît, avoit présenté sa Requête aux Papes Adrien IV et Alexandre III, en faveur de cette Eglise dépendante de Notre-Dame: Pauperis Ecclesiœ pro cujus jure laborOj memor esse velis. Outre que l'entretien d'une Aumônerie, d'un Baptistère et d'un Cloître avec celui de l'Eglise pouvoit lui être fort à charge, on voit par les termes ci-dessus que quelqu'un lui contestoit ses droits. C'est ce qui convient à la situation où elle se trouvoit alors par rapport aux Hospitaliers, ses voisins. Les choses en vinrent au point, que le Pape Alexandre III délégua l'Archevêque de Sens pour arrêter ces entreprises. La Transaction fait voir que ces Religieux s'attribuoient des droits d'offrandes et de sépulture au préjudice de l'Eglise de Saint Benoît, laquelle ne les leur abandonna aucunement, quoique pour une vigne et pour une maison avec sa rente, les Chapitre de Notre-Dame et de Saint Benoît se relâchèrent de la précédente redevance d'argent et de vin, et leur permirent d'avoir une Chapelle et un Cimetière, seulement pour eux et pour leurs domestiques, sans pouvoir y avoir de cloches que de la permission du Chapitre de Notre-Dame. Lorsque

maison. De la grandeur dont elle est avec les différens étages, dont il y en a de voûtés en pierre, elle auroit pu contenir tous les titres quUl 7 avoit dans Paris, et dans d^autres Villes au commencement du XHI siècle, auquel elle paroît avoir été bâtie. Disons plutôt que les quatre vastes salles qu^elle renfermoit Tune sur l'autre, étoient pour contenir les lits des Pèlerins de Jérusalem, et ceux des malades qui demandoient Thospitalité.

SUR LE TERRITOIRE DE SAINT BENOIT 14g

cette Chapelle eût été bâtie sous le titre de S. Jean-Baptiste, il y a apparence que l'on commença à négliger, l'ancien Oratoire de même nom, qui dans ce quartier là étoit le Baptistère de Saint Benoît, de même qu'il y en avoit proche les autres anciennes Eglises. La grande Chapelle de cet Hôpital, telle qu'on la voit aujourd'hui, n'a pas été bâtie par les soins de Nicolas Lesbahi, Commandeur, mort en i5o5, ainsi que l'assure M. Piganiol qui Piganioi. ne se connoissait gueres en anciens bâtimens d'Eglise. Le chœur t. v, p. 3i. et la nef sont constamment d'environ l'an 1200^ aussi bien que les restes de gallerie qui sont à côté en forme de Cloître. L'époque donnée par M. Piganiol ne convient qu'au sanctuaire ou chevet de cette Chapelle.

Il est à propos de remarquer qu'on ne voit pas que ce soit depuis des tems bien reculés, que le nom de Latran ait été usité pour désigner ce lieu. Le vrai surnom de l'Hôpital étoit Jérusalem, et non Latran qui n'y a aucun rapport, et qui est un lieu de Rome. En 1290, 1346 et 1400, la rue yoisine s'appelloit la rue de l'Ospital, en 1423, la rue S. Jean de Jérusalem. Sauvai, T. L p. 144, dit que c'est depuis i585, ou environ, qu'on se sen du nom de Saint Jean de Latran; il est apparemment venu des Chevaliers de Malte.

LES JACOBINS. Ils sont ainsi nommés à Paris, à cause de la Chapelle de Saint Jacques qui leur fut cédée par un Doyen de S. Quentin qui en étoit titulaire, et proche laquelle ils s'établirent en 1218.

Les Historiens modernes de Paris ont donné,, en parlant de ce Couvent, un catalogue des personnages illustres qui y ont demeuré. On ne peut pas en effet s'appuyer sur celui qu'Antoine Mallet ' donna au public l'an 1634, à en juger par ce qu'il avoit écrit sur Jean Hennuyer, Evêque de Lisieux, qu'il faisoit de cet Ordre. Les réfutations qui en ont été publiées depuis sept ou huit ans, semblent demander que cet ouvrage soit refondu.

LA CHAPELLE DE SAINT YVES est aujourd'hui certainement de la Paroisse de Saint Benoît. Son édifice est à peu près le même qui fut construit l'année d'après la canonisation de ce saint Curé de Bretagne, et Officiai (c'est-à-dire en 1348), suivant la permission de Foulques de Chanac, alors Evêque de Paris, rapportée dans Du Breul. Je ne doute presque point qu'Yves Simon, Secrétaire du Roi (et apparemment Breton), n'ait été l'un de ceux de cette Province qui contribua le plus aux frais nécessaires, et c'est peut-être lui et son épouse dont on voit les statues au frontispice de cette Chapelle. Il est certainement Fondateur de la première Voy. Du Brcui. Chapellenie qui porte le nom de Saint Yves, à laquelle il assigna en i355 trente livres de rente, voulant par cet établissement que la nomination appartint aux Maîtres et Confrères de S. Yves. Un

l5o EGLISES, CHAPELLES ET COLLEGES

Nfcroi. B. Mar. Chanoine de Notre-Dame de Paris nommé Jean de Karoullay, Par.adiSApr, Professeur en Théologie, fit ensorte, en i3o3, que dès le même

siècle on honora à Notre-Dame, S. Yves d'un culte particulier. Les fondations dont je vais parler ne regardent qu'indirectement le culte de S. Yves, mais elles ont rapport à l'Histoire de sa Chapelle. Tab. Ep, in Un autre Breton appelle Hervé Costiou, Docteur en Décret, ^^"** chargea en iSgS les exécuteurs de son testament de le faire inhumer à Saint Yves, et ensuite d'y fonder une Chapellenie du titre de S. Tugdual ou Tugal, Evêque mort à Treguier, et de la doter de trente livres. Gérard de Montaigu, Evêque de Paris, approuva cet établissement en 1416. Une fondation qui pouvoitavoir été faite par un troisième Breton, est celle dont étoient autrefois ChasteUin chargés les Boursiers et Ecoliers du Collège du Plessis pour leur Martyro^ univ. fondateur, natif du Diocèse de S. Malo, et appelle Geoffroi du

Plessis. Ils dévoient à chaque Fête de Notre-Dame faire dire une

SauT.T. III, grande Messe pour lui, en cette Eglise de S. Yves. Sur la fin du

p. 29a et 3io. j.ggj^g jg Charles VI (en 1421) un Chevalier appelle Maurice

Rfg, Ep. Triguedy ou Triseguedy (nom assez tirant sur le Breton) y fonda

^T b^s '^^^E ^^^ Chapelle de S. Maurice. Il reste un acte de présentation des

Par. Gouverneurs de la Confrérie de S. Yves à la Chapellenie de N. D.

Sauvai. et de S. Denis de la même Eglise faite en i435, et un autre qu'ils T. iii,c. 545. g^^^^ ^^ j^3g ^ ^gjjg j^ g Mathieu.

Reg. Ep. Quelques provisions indiquent aussi une Chapellenie du titre

«3#a/./5a5 jg j^j j) jg 13 Goutte d'Or desservie au grand Autel de S. Yves.

Il y a, dit-on, un clos dit de la Goutte d'Or, vers Charenton ou S. Maur.

Reg. Ep, Les Messagers de la nation de France voulant marquer leur de-

i3 Maii. yotiou envers S. Charlemagne, obtinrent en 1479 la permission iHd. d'établir à Saint Yves une Confrérie sous le nom de cet Empereur. 7 Dec. i5i5, j)g 1^ yjjj^ qyg l'Autel de S. Tugal prit aussi le nom de S. Charlemagne. Le premier Président du Parlement, Pierre Lizet, obtint ibid. 4 Apr. une permissiou d'une autre espèce. On lui accorda en 1 540, à 1540. cause qu'il logeoit proche Saint Yves, que le S. Sacrement seroit conservé dans cette Chapelle, mais pendant sa vie seulement.

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