‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 48 sur 210 · ET CELLES DE SON TERRITOIRE · texte numérisé non relu

ET CELLES DE SON TERRITOIRE

aller d'une sienne maison en l'autre en la même rue neuve S. Merry,

une ruelle eiitre deux. L'autre personne de remarque est une

nommée Guillemette. Elle demeura d'abord à la Rochelle; ce qui

lui fit donner le surnom de Guillemette de la Rochelle. Charles V Vic de

étant informé de la sainteté de sa vie et des révélations qu'elle ^!î"'." Y P"

avoît d'en haut, la fit venir à Paris, voulut la voir et lui parler; et dan» le» Dissen.

après s'être recommandé à ses 'prières, il la confia à Gilles Mallet, surTHist.

l'un de ses officiers, pour en avoir soin. Ce Prince lui fit faire un J^^J^^^' *^'^^"

' '^ ^ T. III, p. 259.

bel Oratoire de bois à S. Merry, sa Paroisse, où elle restoit longtems en contemplation et ravissement, jusques-là même qu'on la voyait quelquefois soulevée en l'air plus de deux pieds. Christine de Pisan tenoit encore de ceux qui Tavoîent connue, plusieurs autres faits, qui marquent la confiance que les premiers de la Cour avoient en ses prières. Il est probable que cette sainte fille fut inhumée à Saint Merry, puisqu'elle étoit sur la Paroisse.

Après ces deux personnes, les plus remarquables qui ont été inhumées en cette Eglise sont le Chancelier de Ganay, mort à Reg.Pari.4jun. Blois, l'an i5i2; Simon Marion, grand Orateur, mort Avocat Général en i6o5; Jean Chapelain, de l'Académie Françoise, l'un des beaux esprits de son tems, décédé en 1674; M. le Marquis de Pompone, Ministre d'Etat, mort en 1699, et Jean Auberi, Marquis de Vastan, décédé en 171 1.

Sauvai a cru devoir transmettre à la postérité un vestige de pénitence publique pratiquée à Saint Merry. Il dit que deux Sauvai, personnes firent amende, le 18 Juillet i535, devant la porte de'^- '^'» p- ^*'cette Eglise, pour avoir mangé de la viande le Vendredi.

J'ai lu un autre fait dans les Registres du Parlement de l'an i53o. Comme il s'étoit commis des excès sur une Image de la Sainte Vierge, peinte sur le mur d'une maison proche cette Eglise, le Parlement ordonna le 25 Mai a que le Clergé de la Sainte Chapelle « se rendroit processionnellement à cette Image, qui seroit repeinte, « et qu'on y chanteroit les louanges de la Mère de Dieu. »

Le bâtiment qui se voit aujourd'hui est plus grand que ceux qui l'ont précédé. On l'avoit commencé vers l'an i52o ou i53o, etil n'a été achevé qu'en 161 2. Il est dans le goût gothique. Les peintures des vitrages l'ont rendu fort obscur, jusqu'à ce que depuis quelques années on en a ôté une partie. Celles qui étoient au haut du Chœur, dans le côté droit, représentoient la vie de S. Pierre. J'y ai apperçu les armes de MM. Baillet, autrefois distingués dans le Parlement. Au côté gauche étoit l'Histoire de Joseph. Aux vitrages de la nef étoient, d'un côté, la vie de S. Jean-Baptiste, de l'autre, celle de S. François d'Assise. Dans l'aîle du chœur, du côté du midi, est un très-beau vitrage en grisaille, représentant la vie de Sainte Geneviève. La nouvelle Chapelle de Communion

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donne beaucoup de lustre à cette Eglise, et le nouveau Grand autel, auquel on travaille actuellement (ijSS) ne sçauroit manquer d'en augmenter la décoration.

J'oubliois de dire que, comme la tombe de cuivre mise vers i53o sur la sépulture d'Odo Falconarius étoit fort usée, on a mis en place un marbre qui en tient lieu.

On ne peut représenter le circuit et l'étendue de la Paroisse de Saint Merry, qu'à plusieurs reprises, à cause des écarts qu'elle a : mais on peut faire le tour de la portion principale de la manière suivante : en sortant de l'Eglise, aller toujours à la gauche des rues, suivre ainsi la rue des Arsis, puis celle de la Planche-Mibrai; entrer dans le haut de la rue de la Vannerie, la suivre à gauche, et de même la rue de la Coutellerie, remonter la rue de la Poterie dans son côté gauche, prendre le côté gauche de la rue de la Verrerie depuis le coin de la rue du Renard, entrer dans la rue Barredu-Bec, dont les premières maisons des deux côtés sont de S. Jean ; tout le reste, tant d'un côté que d'un autre, jusques dans la rue Ste Avoie, aux environs du Couvent de ce nom, et du côté droit encore au-delà, jusqu'à l'Hôtel de Même inclusivement, est de S. Merry, comme aussi tous les bouts des rues Sainte-Croix, du Plâtre et des Blancs-manteaux donnant dans la même rue Ste Avoye.

Après le Couvent de Ste Avoye, la Paroisse a les deux côtés de la rue Geoffroi-l'A'ngevin ; tournant à gauche au bout de cette rue, elle n'a d'abord que le même côté dai)s la rue Baubourg; mais depuis le coin de la rue de la Courroyerie elle en a les deux côtés; on entre ensuite dans la rue Maubué, dont elle a le côté gauche ; et enfin du bout de cette rue elle a dans la rue S. Martin le côté gauche jusqu'à Saint Merry. Dans ce circuit sont renfermées les rues de la Verrerie, en partie, de la Lanterne, de S. Bon de la Tacherie, de Jean-Pain-molet, de Taille-pain, Brise-miche, du Renard, la rue neuve Saint Merry, celles du Poirier, de Pierre- Aulard, et Simon-le-Franc.

Cette Paroisse a les Ecarts suivans :

i"" Du côté de Saint Julien des Ménétriers, elle a la rue des Petits-Champs, la rue de la Cour-des-Morts, jusqu'au cul-de-sac Clervaux, et au cul-de-sac des Anglois, avec quelques maisons de la rue S. Martin et de la rue Baubourg qui font le retour de la rue des Petits-Champs. De plus, elle a le côté gauche du cul-de-sac Bertaud, de la rue Baubourg, lequel cul-de-sac est en équerre.

2"* Dans la rue S. Denis, elle a depuis l'Eglise du Sépulcre les maisons du même côté, jusqu'au coin de la rue Aubry le Boucher, où elle a deux maisons.

3* Dans la rue Saint Martin, elle a depuis la 5 ou 6* maison

d'après la rue Aubry-le-Boucher, jusqu'à la 7 ou 8* d'après la rue de Venise. De plus, elle a la rue de Venise en son entier, et le cul-de-sac de même nom qui est au bout : outre cela, elle a encore dans la rue Quinquempoix plusieurs maisons qui commencent aux deux coins de la rue de Venise, et du cul-de-sac de Venise.

J'observerai à l'occasion de cette rue Quinquempoix, que quoique les maisons qui la composent soient sur le territoire de cinq Diçt. Etymoi. Paroisses, qui sont Saint Merry, Saint Leu, Saint Nicolas, Saint ^*"'*^ Q* Jacques et Saint Josse, Ménage et Sauvai ont eu raison de rejetter Sauvai, l'étymologie que quelques-uns lui donnent, la tirant de Quinque ^- '»p- *^* Parochiarum, ou Quinque campanilium. Si le terme quinque doit y être pour quelque chose, je la ferois plutôt venir de Quinque potestatum; d'autant qu'en François on l'écrivoit autrefois Quiquenpot, et Quiquempoit ou Quiquempoist. Le terme potestas Giou. Cang. signifioit domaine, censive. Ce nom peut aussi lui venir de ce qu'un Seigneur de quelque village dit Quiquempoit y auroit eu sa maison. Il y a une Paroisse de Quinquempoix en Picardie, et une autre dans le Maine. Il y a aussi proche Fontenai sous Bris au Diocèse de Paris, un hameau de ce nom.

Voici les Eglises et Communautés situées sur cette Paroisse.

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