ET CELLES DE SON TERRITOIRE
pareille écriture, en faisoit foi. Mais cette châsse avoit apparemment essuyé quelques malheurs, car quoique le billet marque Corpus Sancti Frodulfiy plusieurs ossemens n'étoient pas dans leur entier ; cependant ils paroissoient former ensemble un corps humain. De plus dans deux linges ont été trouvés des ossemens de tête et autres à demi brûlés. Aussi n'a-t-il paru dans le buste d'argent du même Saint qu'un morceau de crâne. L'étiquette portoit ces mots en caractères du XIV siècle : « C'est le chief de Monsieur «t Saint Froul Confessor. Et fut osté de la châsse où le corps est « par Nous Adam Boucel et Gencien Tristan Mareiglier lais de a Saint Merry l'an mil trois cens trente-neuf le vingt jour de Mai, « présents les Cheveciers pour le temps et Renaut le Paonnier. » Ce que j'ai vu et tenu des reliques de ce Saint dans la visite, m'a convaincu que Dom Mabillon a été mal informé, assurant qu'il sœc ///. n'y a à S. Merry que le crâne de S. Frou, deux vertèbres et une ^^^'<^' «« ^^^^ côte, et que le reste se trouve dans une bourgade de Bourgogne, proche laquelle est une Chapelle où ce Saint a été inhumé. Je Martyroi. pense au contraire que si l'on a à Barjon proche Grancey au ^°*^- Chastci. Diocèse de Langres le corps d'un S. Frodulfe ou Frou, qui, dit-on, ^^^^ ungon. y mourut, il doit être d'un autre Frodulfe que de celui-ci. nov.adiôSept.
Plusieurs choses portoient à croire qu'on possédoit à S. Merry des reliques considérables de Saint Léonard, du pays Limosin : ï* Une grande châsse dite de son nom. 2® L'antiquité de la coutume de célébrer sa fête avec distinction, et celle d'y faire des offrandes en mémoire de ce Saint, dont il est parlé dans une charte d'Etienne, Doyen de Paris, du commencement du XIII siècle. Hist.Ecci. Par. 3* La position de Timage de ce Saint sur le pied de l'Ostensoire ^- ^^P- -''7'd'argent fabriqué en 141 6, où il fait le troisième personnage du support après S. Pierre et S. Merry : en sorte que dans l'Almanach Aîmanach Spir. Spirituel il est qualifié troisième patron de cette Eglise. Cependant ^ ^ov. il ne s'est rien trouvé de lui dans la châsse de son nom, et la seule relique qui en soit à Saint Merry, consiste en une dent molaire qui est attachée à une image d'argent de ce Saint.
Du Breul met parmi les grandes châsses de la même Eglise qui furent dépouillées de leur argenterie pour subvenir k la dépense du bâtiment sous François I, une châsse qui contenoit le corps de S. Léger. Mais tout ce qu'on y a trouvé consiste en un ou deux petits fragmens, avec l'écriteau ancien S. Leodegarii, et plusieurs autres étiquettes sur divers fragmens et esquilles d'ossemens en differens paquets, telle que celle ci S. Symphoriani. Il est vraisemblable que S. Merry étant venu d'Autun, avoit apporté avec lui de cette ville-là des reliques qui étoient autres que des ossemens. S. Merry, à l'imitation des anciens, portoit sur lui un reliquaire. Il y a apparence que c'est à lui ou à S. Frodulfe qu'a appartenu celui
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OÙ il y avoit de la crosse de S. Samson, Evêque, et dont le billet en parchemin commence ainsi : Hic sunt p ignora Sancti Samsone, de cambotta sua. L'écriture m'a paru, et à tous les Antiquaires de Paris à qui je l'ai montrée, être du VII siècle. Toutes ces reliques des vieilles châsses de bois de PEglise de Saint Merry avoient été visitées le Dimanche Judica 20 Mars de l'an 1420, par Jean Hugonis, Chanoine de Paris, député du Chapitre, selon les notes qu'il en a laissées dans les châsses mêmes.
Il y a aussi parmi ces reliquaires celui qu'on dit venir de Cham-
peaux, et avoir été donné par le Chapitre de la Collégiale en place
Vie de de la tête de Saint Merry. M. Baillet a écrit qu'il vient de Munich
Ste Agathe, ^^ Bavière. Il est d'argent, en forme ronde ; et dessus est écrit en
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capitales gothiques de trois ou quatre cens ans : HOC EST MAMILLA BEATE AGATHE VIRGINIS ET MARTIRIS. Il y pend deux écussons, dont l'un contient trois fleurs de lys, et l'autre où sont les armes de France à fleurs de lys sans nombre, et celles de Bavière.
Enfin, on y voit un buste qui est en partie d'argent sur un soubassement de cuivre doré, où l'on tient par tradition qu'est la tête de Ste Syre ou Syrie du Diocèse de Troyes. Cette tête s'est trouvée ne manquer que de la mâchoire inférieure. Louis Raguier, Evêque de Troyes, de l'autorité duquel avoit été faite la translation du corps de cette Sainte du tombeau dans une châsse, l'an 1471, fit apparemment présent de ce chef au Chapitre de Saint Merry, pour quelques reliques du saint Abbé que les Chanoines lui auront données, lorsqu'il tira son corps de la vieille châsse, et qu'il l'enferma dans la nouvelle en 1476. On reconnoît dans le Martyrologe
Martyroi. Par. de Paris de l'an 1727, composé pour être lu dans les Eglises Colad s. Junii. j^giales et autres du Diocèse, après l'Office de Prime, que le chef de Ste Syre de Troyes est conservé à Paris dans l'Eglise de Saint Merry,
Cette Paroisse a été illustrée, sous le règne de Charles V, par la
demeure de deux personnes célèbres, qui ont été inhumées dans
l'ancienne Eglise. La première est Raoul de Prêles, Maître des
Requêtes, l'un des plus sçavans hommes de son tems, comme il
Cette observa- paroît par ses ouvrages et par l'estime que le Prince faisoit de lui.
tion se trouve en ^ la fin d'un de ses volumes conservé à la Bibliothèque du Roî, il
Mém. de*rAcad. ®^^ ^^^^^ ^'^^ Caractère du tems de Charles VI, et en termes latins, desinkriptions. qu'il mourut en i382, la veille de la S. Martin d'hiver, ainsi qu'il T. Xîii, p. 6a2, ^^q\^ marqué sur sa tombe à Saint Merry, dans la Chapelle de la ^mii^tatù prope Paroisse. L'écrivain ajoute que la maison de Raoul étoit dans Conventum, au la rue neuve S. Merry, assez près du coin vers le carrefour du lieu qu'il y a dans Temple. J'ai lu dans un Mémorial de la chambre des Comptes,
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prope conum. qu^ le Roi lui avoit accordé la permission de faire une saillie pour