DU TERRITOIRE DE L^ ANCIENNE BASILIQUE DE S. MARTIN 20I
tament de 1227 cy-dessus cité, il est spécifié sous le nom de VOstellerie Ste Opportune, Son origine est peu connue. Il existoit au XII siècle. Il y avoit des Religieux comme à l'Hôtel-Dieu pour le conduire avec des Sœurs. Les premiers ont été renvoyés il y a plus de deux cens ans. Les comptes de recepte et de dépense de cette maison étoient déposés autrefois aux archives de l'Evêque de Paris, où il en reste un grand nombre.
La figure de retendue de cette Paroisse est un quarré long, qui s'étend du midi au septentrion avec deux pointes.
La base de ce quarré est la rue de la Pelleterie dans son côté méridional en partie, et presqu'en entier dans son côté septentrional, c'est-à-dire le plus proche de la rivière. Au sortir de cette rue, par le bout oriental, Saint Jacques a tout le côté gauche du Pont Notre-Dame, et la Paroisse s'étend jusqu'à la rue Aubry-le- Boucher, dont elle a la moitié du côté gauche, c'est-à-dire jusqu'à trois ou quatre maisons plus loin que la rue des Cinq-diamants. Avant que d'en venir à la ligne parallelle du quarré long, il faut observer que la Paroisse de Saint Jacques a encore dans la rue Saint Martin à gauche, plus loin que la rue Aubry-le-Boucher, quelques maisons qui sont placées après celles qui appartiennent à la Paroisse de Saint Josse, et que, de même dans la rue de Quinquempoix, elle a quelques maisons situées à main droite au bout de celles qui sont de la même Paroisse de Saint Josse.
Etant au bout occidental de la rue Aubry-le-Boucher, ^ le territoire de Saint Jacques commence dans la rue S. Denis à main gauche à la cinquième maison après le coin; delà il s'étend jusqu'au Grand-Châtelet, il enferme la rue de la Jouaillerie, les deux côtés du Pont-au-change jusqu'au milieu de ce Pont, le reste étant de Saint Barthelemi. Le territoire reprend ensuite à la maison d'après celle du Change, et continue dans la rue de la Pelleterie. Il contient donc tout l'angle formé par la jonction de la descente du Pont et de cette rue de la Pelleterie; et de plus dans la même rue, outre qu'il a tout le côté de la rivière hors quatre maisons, il comprend encore depuis le milieu ou environ du côté droit, toutes les maisons qui continuent de ce côté-là jusqu'à la dernière exclusivement qui fait face à Saint Denis de la Charte.
^ Peu de personnes, si on en excepte les Paroissiens de Saint Jacques et de Saint Barthelemi, sçavent que la rue de la Pelleterie est sur le territoire de Saint Jacques de la Boucherie. Je croi en avoir découvert la raison. Saint Barthelemi avoit tout ce qui étoit compfis de ce côté-là dans les murs de la Cité, qui étoient suivant Tallignement qu'en a laissé le chemin, jusqu'au milieu de la rue, et qui ensuite détournoient un peu à droite. Les boutiques et
ouvroirs des Pelletiers, comme lieux qui pouvoîent infecter la Cité, étoîent entre ces murs et la rivière, de même que les Bouchers et les Boucheries étoient voisines de Peau à l'autre bord. Ainsi, quoique ces deux professions fussent séparées par la rivière, les Pelletiers furent réputés comme les Bouchers, Gens du dehors de la Cité, et attribués à la Paroisse extérieure, parce que leur demeure étoit hors les murs. Il faut ajouter à cela, qu'à la Porte du Grand-Pont, où aboutissoient ces murs qui séparoient la Pelleterie d'avec la Cité, avoit été construite la première Chapelle de S. Martin que l'on vit à Paris ; et comme par la suite elle avoit paru trop petite et trop peu solide pour conserver la mémoire du miracle opéré en ce lieu par le Saint sur un lépreux, on avoit bâti une grande Eglise au premier Bourg situé au sortir de ce pont. Cette Eglise Abbatiale a du être, ainsi que je l'ai insinué au commencement de ce présent Chapitre IV, à l'endroit où est Saint Jacques, qui apparemment fut le titre Paroissial, différent de celui de la Basilique. Ainsi il étoit convenable que le lieu où l'Oratoire primitif de Saint Martin avoit subsisté, qui étoit la place située au-dessous du Change, que ce lieu, dis-je, fût annexé à la principale Eglise de ce Saint ; de même qu'il est naturel que le territoire de celte première Basilique Abbatiale ait été attaché, autant qu'il a été possible, à la seconde Abbaye qui fut bâtie au XI siècle, sous le même titre de Saint Martin pour représenter cette ancienne.
Il restoit encore en 1892 des vestiges de la clôture primitive de
la Cité dans la rue de la Pelleterie. Une maison qui y étoit assise
sur une vieille tour, portoit alors le nom de la Tour-Rolland, et
Tab. S. EUgii, l'on disoit que très-anciennement cette Tout avoit été appellée
La Tour-Marquefas. Cambden et Wachter auroient reconnu du celtique dans ce dernier nom.
Avant que de quitter le Grand-Pont, dont je n'aurai plus occasion de parler, en ayant fait mention lorsque j'ai traité des Paroisses Saint Germain l'Auxerrois, de Saint Barthelemi et de Saint Jacques, il me semble devoir faire connoître par une preuve nouvelle, que c'étoit encore, du tems de S. Louis, celui des deux ponts le plus fréquenté et le plus passager. Il étoit en effet nécessaire d'y passer pour aller chercher les besoins qui ne se trouvoient point si abondamment au-delà du Petit-Pont, provisions de viandes, de poisson, de légumes, de fruits, de vin ou autres boissons, sans compter les étoffes, etc. Une suite de ce grand passage fut que les Hôtels-Dieu, Hôpitaux et Léproseries choisirent ce pont, et y placèrent ceux qui quêtoient pour eux, lesquels cependant ne pouvoient y être que les lundis. Cette circonstance qui ne paroît être qu'une minutie, fait voir que la
EGLISE SAINT NICOLAS DES CHAMPS 2o3 '
Police ne permettoit pas que ce fût tous les jours de la semaine que les Quêteurs parussent en public. Jean de Monmouth, Chanoine de Chelles, rédigeant son Testament en 1261, met les deux articles suivans parmi les legs qu'il fait à diverses Eglises et Couvens de Paris : Pauperibus Leprosiis quœrentibus die lunœ super Magnum-pontem cuilibet ij solidos, Pauperibus Domibus-Dei quœrentibus die lunœ super Magnum pontem cuilibet ij solidos. Tab. Ep. Par.
Bâtie comme la première Basilique du même nom de S. Martin
au nord de la Cité de Paris.
On a été long-tems dans Terreur au sujet de cette Eglise. On a cru jusques dans le siècle dernier que c'étoit le Roi Robert qui Tavoit fait bâtir dans son Palais. On grava ce fait sur le portail construit en iSjS, et même Dom Martin Marrier, Historien de S. Martin des Champs, paroît être de ce sentiment dans son livre publié l'an 1637. Mais depuis que les sçavans ont pris la peine de rechercher où étoient situés les anciens Palais de nos Rois, il ne s'est trouvé aucune preuve qu'ils en ayent eu à l'endroit où sont les Eglises de Saint Martin et de Saint Nicolas des Champs : en sorte que tous conviennent que l'Eglise que le Roi Robert fit élever en l'honneur de Saint Nicolas, étoit à Paris dans ce que nous appelions encore aujourd'hui le Palais et il y en. a des preuves convaincantes qu'il est inutile d'apporter ici.
Saint Nicolas des Champs a commencé par une simple Chapelle située dans la campagne sur le terrain du Monastère de Saint Martin. La première mention qu'on en trouve est dans une Bulle, par laquelle Calixte II confirme en l'an 1 1 19 à ce Prieuré tous les biens qu'il possède : on y lit ces mots : Prope Monasterium Hist. s. Mart. S. Martini Capellam S, Nicolai, qui sont répétés en mêmes termes p- '^7dans celles d'Innocent II et Eugène III des années 1142 et 1147. En d'autres titres du même siècle un peu plus nouveaux. Saint Nicolas et Saint Jacques sont joints ensemble, et qualifiés simplement de Chapelles : mais comme l'on est certain que Saint Jacques étoit une Paroisse, quoiqu'il ne soit appelle que Chapelle en 11 75 Arrêt du et 1176, il en faut dire autant de Saint Nicolas; c'étoit une Pa- Grand Conseil roisse desservie dans une Chapelle, qui suffisoit pour contenir le '^^°' ^* * petit nombre de ceux qui en étoient Paroissiens ; elle eut pour cimetière la cour du Prieuré jusqu'à l'an 1220, auquel le nombre itu.
des habitans étant augmenté, Guillaume de Seignelay, Evêque de Paris, bénit un autre cimetière dans un lieu muré, donné par les Religieux. Dans Tacte d^où ce fait est tiré. Saint Nicolas est quali- Arréi du fié Ecclesiû pour la première fois, et ensuite, en i233, dans la con- ^"^0 ^^^"g"^ cession que les mêmes Religieux firent au Prêtre d'un petit espace de terrain derrière cette Eglise attenant l'entrée du couvent, pour la construction d'une sacristie. La nomination à la Cure appartient au Prieur de S. Martin, de même que celle de S. Jacques.
Cette Eglise a bien changé depuis deux cens ans, et il n'y reste rien du tout de celle qui existoit au XIII siècle. Elle put absolument subsister jusqu'en l'an 1420, auquel tems il paroît que l'on en rebâtit une autre. Le grand portail et le bas de la tour d'aujourd'hui semblent être de ce tems-là; l'édifice qu'on fut long-tems à continuer ne comprit d'abord que sept arcades, à commencer à la grande porte. Après la septième arcade ou huitième pilier, on apperçoit un genre de bâtisse tout différent et plus nouveau. On travailloit encore à la construction des Chapelles de cette partie occidentale l'an 1480. Nous apprenons par une inscription gothique attachée à un pilier du côté de la tour et assez prés de là, que la troisième Chapelle dont ce pilier faisoit partie, avoit été bâtie des deniers de Robert de Gueuville, Conseiller au Parlement,, et qu'elle fut consacrée l'an 1490 par Etienne, Evêque de Seez, en l'honneur de Ste Catherine et de Ste Geneviève. C'étoit Etienne Gaii.ùhr. Goupillon qui continuoit à se dire Evêque de Seez, quoique '" j^'J""^' Gilles de Laval le fût véritablement. L'Eglise de Saint Nicolas fut élargie depuis ; ensorte que le lieu où avoient été les Chapelles devint la seconde atle, et les Chapelles furent rebâties à côté : c'est ce qui m'a paru suffisamment prouvé, par la permission qui fut donnée à Charles, Evêque de Megare, en i53i, de bénir à Saint Nicolas des Champs la Chapelle de Ste Catherine et de
Reg. Ep. Par. Ste Geneviève nouvellement restaurée, de novo restauratam, et de
^ ""' faire exhumer les corps qui y étoient pour les enterrer ailleurs.
On assure que c'est dans cette Chapelle de Sainte Geneviève que
Du Brcui, i.in. le sçavant Guillaume Budé fut inhumé en 1540.
Enfin, vers l'an iSjS, on travailla à continuer cette Eglise du côté de l'orient à l'endroit où étoit l'entrée du Prieuré de Saint
Arrêt de 1720, Martin et les Religieux cédèrent un terrain considérable. C'est
''■ "' ce qui forme aujourd'hui la suite de la nef, le passage d'une porte
à l'autre, le chœur et le sanctuaire avec leurs collatéraux et leurs
chapelles ^ Les connoisseurs admirent les sculptures du portail
I. L^Auteur du Calendrier Historique de Paris, publié en 1747» assure au 6 Décembre que ce furent les Moines de Saint Martin des Champs qui firent bâtir à leurs frais et dépens TEglise Paroissiale de Saint Nicolas des Champs, telle qu^on la voit aujourd'hui; mais à son ordinaire il ne cite point de garant.
méridional qui fut fait alors. On a marqué dans Tinscription qui est au-dessus, que cette Eglise est sous le titre de S. Nicolas et de S. Jean PEvangéliste ; le saint Apôtre est en effet représenté à ce portail avec Saint Nicolas. L'auteur de l'inscription s'est trompé, non-seulement en y marquant que la partie antérieure de cette Eglise est du tems du Roi Robert, parce qu'il croydit faussement que le Palais de nos Rois avoit été là, et que c'est de cette Eglise dont il est fait mention dans la vie de ce Prince, mais il a erré encore dans le rang qu'il donne à ce Roi, ne le qualifiant que de vingt-sixième Roi. Ceux qui ont fait imprimer cette inscription, n'ont osé la donner au public avec une telle faute, et ont mis Roberto Rege XXXVII. Une autre inscription posée sur la porte des charniers marque plusieurs embellissemens faits à cette Eglise en l'an 1668, entr'autres l'exhaussement de la Tour.
On conserve en cette Eglise une relique que l'on appelle le chef de Ste Cécile, ce qui fait qu'on y célèbre avec distinction la fête de la fameuse Martyre de Rome qui porte ce nom. Cette tête avoit Du Breui été donnée par les Religieux du Prieuré de Saint Martin, et en *"'' ?'*°^ ^•*^* conséquence elle étoit apportée chaque année processionnellement à Saint Martin. On a soin d'avertir chaque année le public dans l'Almanach Spirituel de Paris, que ce chef est celui d'une sainte Au 32 Nov. Cécile apporté de Cologne, c'est-à-dire d'une des Vierges compagnes de Ste Ursule.
L'une des sépultures les plus remarquables faites dans cette Eglise, outre celle de Guillaume Budé, dont j'ai parlé ci-dessus, est celle de Pierre Gassendi, grand Philosophe, décédé en i655. MM. Henri de Valois et Hadrien, son frère, sçavans fort connus, décédés en 1676 et 1692, y ont été inhumés dans le collatéral le plus voisin du chœur du côté septentrional. Magdelene de Scuderi, l'une des filles du dernier siècle, célèbres par leurs écrits, y a été enterrée en 1701.
La dévotioQ à Saint Nicolas avoit introduit autrefois des usages assez bizarres. On apprend par les Registres du Parlement que les Enfans de Chœur de Notre-Dame, sous le règne de François I, se donnoient en spectacle dans les rues, venant de chez eux à Reg.ParL Saint Nicolas des Champs le jour de la Fête, et qu'ils disoient ^'^- '^^^' des facéties par le chemin. Sauvai marque que les excès commis par ceux qui se mêlèrent avec eux l'an i525, attirèrent les Sauvai, plaintes de la Cour; mais que le chapitre y mit bon ordre, et 'T- ''» P- ^'^• qu'on s'en tint par la suite à un Salut qu'ils y alloîent chanter avec les Chapelains et les Chantres.
L'usage de ces Enfans n'avoit été sans doute d'abord qu'une imitation en partie de celui où étoient les Ecoliers de l'Université sous le règne de Charles V. Les Registres ci-dessus marquent à
l'an 1367, que les petits Ecoliers habilloient un d'entr'eux en Evêque le même jour de Saint Nicolas, et le promenoient par les rues, ce que le Parlement avoit autorisé. On a vu faire de nos jours la même chose à Reims et vers la Lorraine.
La Paroisse de Saint Nicolas est formée d'un corps principal de terrain, et de quelques écarts. Pour faire le circuit de la partie principale, en partant de l'Eglise par le côté gauche de la rue Saint Martin, il faut venir jusqu'à la rue Garnier-Saint-Lazare ; là tourner à gauche ; la Paroisse en a les deux côtés : entrer tout de suite dans la rue MicheMe-Comte, elle en a aussi les deux côt^s ; delà passer à droite dans la rue Sainte Avoye ; elle en a les deux côtés jusqu'à l'Hôtel de Beauvilliers inclusivement, et jusqu'à celui de Même exclusivement ; venir ensuite dans la rue de Braque, dont elle a les deux côtés ; au bout de cette rue tourner à gauche, et suivre dans ce même côté la rue du Chaume, puis le côté gauche de la rue du Grand-Chantier ; à la rue d'Anjou tourner à droite, et suivre le côté gauche de cette rue; puis entrer dans la rue de Poitou qui est entièrement de la Paroisse ; delà passer dans la rue de Limoges qui en est également ; couper la rue de Boucherat qui en est aussi, pour passer au côté gauche de la rue des Filles du Calvaire, au bout de laquelle il faut tourner à gauche, suivre le boulevert jusqu'à la Porte S. Martin ; et rentrant dans la ville, suivre le côté gauche de la rue S. Martin jusqu'à l'Eglise de Saint Nicolas.
Le premier et le plus considérable écart séparé du gros de la Paroisse par le territoire de Saint Merry, comprend trois continens de maisons, autrement trois Isles oblongues aboutissantes d'un bout à la rue Saint Martin, d'autre bout à la rue Beaubourg; sçavoir l'isle qui a dans Tune de ses longueurs la rue des Ménétriers^ et dans l'autre longueur la rue des Etuves ; l'isle qui a d'un long la même rue des Etuves, et d'autre long la rue de la Courroyerie; l'isle qui a d'un long la même rue de la Courroyerie, et d'autre long la rue Maubué : mais de cette dernière isle le bout situé dans la rue Beaubourg est de Saint Merry.
Plus, dans la même rue Beaubourg, est le cul-de-sac Bertaud formé en équerre, dont le côté droit est de Saint Nicolas.
Plus, dans la rue Saint-Martin, en venant de Saint Nicolas, depuis la première porte cochere en-deça de celle qui fait face à la rue Montnfiorenci, la Paroisse Saint Nicolas a toutes les maisons jusqu'au coin de la rue aux Oûes, et après avoir tourné ce coin, elle a à droite sept ou huit maisons de la même rue aux OQes.
Plus, dans la rue Quinquempoix, après les trois maisons des extrémités septentrionales qui sont de Saint Leu, la Paroisse de
Saint Nicolas a de chaque côté quelques maisons jusqu'à ce qu'elle rejoigne ce que celle de Saint Merry y a.
Enfin, dans la rue Saint Denis du côté droit, après trois ou quatre maisons qui sont après l'Hôpital de la Trinité, cette Paroisse a toutes celles qui donnent sur cette rue de ce même côté jusqu'auprès de Saint Chaumond.
Les établissemens faits sur le territoire de Saint Nicolas des Champs sont au nombre de huit.
Le plus ancien est LE TEMPLE, qui a eu son origine un peu après celle de la Paroisse, c'est-à-dire dans le XII siècle. Il est traité par d'autres assez au long de cette célèbre Maison, quant aux derniers tems seulement ; car Sauvai est obligé d'avouer, T. II, p. 270, qu'il ne sçait quand on a fondé ni quand on a bâti le Temple, et Piganiol se plaint, T. IV, p. 211, que l'on n'en connoît point les titres. Je me contente d'observer que sur la fin du treizième, non seulement c'étoit en ce lieu qu'étoient déposés les trésors de nos Rois, mais comme il y avoit beaucoup de batimens, le Roi Philippe le Bel jugea à propos d'y prendre quelquefois son logement, avant que les Templiers en fussent sortis. C'est ce qui se voit par les tablettes de cire conservées à l'Abbaye de Saint Victor. On y lit entr'autres, qu'après un voyage fait dans le Gatinois et dans la Brie durant Thiver de l'année i3oi, ce Prince y vint résider depuis le 16 Janvier jusqu'au 25 Février, hors un petit voyage qu'il fit à Saint Denis et quelques autres à Vincennes.
Ce qu'il y a de plus singulier dans la construction de l'Eglise, qui est fort grande, est la rotonde qui se trouve à l'entrée, c'est-àdire six colonnes disposées en cercle qui supportent la voûte. Peut-être que cette voûte a été primitivement surmontée d'un Dôme. Cet ouvrage paroît être d'environ l'an 1200; Les vitrages du fond de l'Eglise paroissent être du même tems. Il y reste des galeries du cloître du XIII siècle au côté septentrional de la nef, et un vestibule considérable fort délicat, du goût du XIV siècle.
Le titre paroissial est, selon quelques-uns, sous le vocable de Dict. Univ. S. Simon et S. Jude ; mais le jour de ces Saints est plutôt celui ^' "• p- 97 de la Dédicace de l'Eglise qui est sous le titre de la Ste Vierge et Aim. Spir. de S. Jean-Baptiste.
Un autre établissement ancien est la Chapelle qui fut fondée en 1348 par Arnoul Braque, proche la porte du Chaume, l'une de celles de la Clôture de Paris faite sous Philippe-Auguste, dont l'administration appartint à Nicolas son fils, Chevalier, suivant un acte de i365, depuis à ses descendans. Personne que je sçache ibu. n'a marqué jusqu'ici sous l'invocation de quel Saint elle étoit bénite, et je n'ai pu le trouver. Dans l'acte de cession qui en fut
2o8 EGLISE SAINT DENIS DE LÀ CHÀRTRE
Reg.Ep. Par. fait en i6i3 aux Religieux de la Mercy, elle est dite située proche
4 Nov, i6t3, ig Palais de Guise, Comme elle étoit desservie par plusieurs
Chapelains, il fut arrêté que les trois qui Tétoient alors, jouiroient
ibid. de leur revenu pendant leur vie. Ces Religieux traitèrent aussi
21 Jui, 1616, XTOis ans après avec M. Du Pont, Curé de Saint Nicolas. La
Chapelle étoit orientée régulièrement ; mais en la rebâtissant on
a placé le portail à l'endroit où étoit Tautel.
En 1539, l'Eglise de Saint Nicolas avoit un Hôpital, dont le
Reg. Pari. Parlement disposa pour y placer ceux de Paris qui étoient atteints i3 Feb. j^j jjjg^j jg Naples.
HOPITAL DES ENFANS ROUGES, établi en i536 au bout
de la rue du Grand-Chantier, au coin de la rue Portefoin. La
Reg, Ep. Par. Chapelle étoit bâtie dès l'an i545, et il fut permis le 7 Avril à
l'Evêque de Megare d'en faire la bénédiction ; mais on lit ailleurs que dès l'an i55i, elle avoit été dédiée par l'Evêque de Saint Malo. L'Evêque de Paris permit le 5 Septembre d'y conserver le Saint Sacrement.
LES CARMELITES de la rue Chapon, établies en 1619.
LES FILLES de la Magdelene, autrement dites MAGDELO- NETTES, ont commencé à être dans la rue des Fontaines en 1620.
LES PENITENS de Nazareth, Ordre de S. François, établis rue du Temple vers l'an i63o.
LES FILLES DE SAINTE ELISABETH, Ordre de Saint François, établies dans la même rue et vers le même tems.
LES FILLES DU SAUVEUR, espèce de Pénitentes, établies vers l'an 1701, rue de Vendôme.