ET DE SAINT SYHPHORIEN 2O
depuis une Eglise sous son nom, et que c'est pour cette raison que les titres l'appellent S. Dionysius de carcere. Mais il est plus vraisemblable que les prisons de Lutece étoient alors ailleurs. Avant d'en venir à la preuve, j'observerai que la Chapelle de S. Symphorien, qui a été autrefois construite proche le même endroit, est pareillement appellée dans les titres primordiaux S. Symphorianus de carcere. Conviendroit-il d'en conclure que ce saint enfant. Martyr d'Autun, a été enfermé dans cette prison de Paris ? Ce terme de carcere n'a donc pas plus de rapport avec la personne de Saint Denis, que l'expression S. Jacobi de carnificeria en a avec la personne de Saint Jacques. Je dis plus : Grégoire de Tours rapportant l'histoire d'un incendie arrivé à Paris Greg, Tur. de son tems, marque dans la description qu'il en fait, que les ^"^- '*^- ^'^^' prisons étoient au bout méridional de la Cité par où l'incendie commença proche la Porte ; ensorte que les prisonniers se sauvant, passèrent le Petit-pont et, gagnant la campagne pour leur sûreté, coururent à l'Eglise de S. Vincent, qui est aujourd'hui S. Germain des Prez. Si c'est à Paris que S. Denis fut emprisonné, il y a plus d'apparence que de son tems la prison étoit au lieu où on la voyoit en 586 à cette porte méridionale de la ville, suivant l'usage de placer ainsi les prisons, que non pas dans un lieu tel que celui où est l'Eglise dont je parle, et qui alors n'étoit pas un lieu passager, puisqu'il n'y avoit point de pont à l'endroit où est celui de Notre-Dame. Il paroît plus conforme à la vérité de dire que la prison de Paris fut changée et ôtée de l'endroit où elle étoit en 586, peut être parce qu'elle fut brûlée avec la Cité en cette année-là, et qu'on la transfera au quartier septentrional de la Cité qui n'avoit pas été endommagé, ou qui ne l'avoit pas été si fort. Il semble en effet par la vie de S. Eloy, écrite au VII siècle, Ub. i,cap.xym qu'il y avoit dans ce même siècle une prison dans la Cité de Paris, à un endroit un peu écarté de la rue, ce qui convient assez à la situation de S. Denis de la Chartre. Elle y resta jusqu'à ce qu'on la mît au bout du Grand-pont, vers l'endroit où est le grand Châtelet.
Au IX siècle, Hilduin, Abbé de Saint Denis écrivit, que Saint j^reopagiUca. Denis avoit été enfermé dans la prison de Glaucin, appellée dans quelques exemplaires des Gestes de Dagobert, Arx Glaucini: ces Gestes sont d'un Moine contemporain à cet Abbé, s'ils ne sont 5cri>/ pas de lui. L'auteur, quel qu'il soit, rapporte l'extrait d'une J^^J'- ^^^^^' charte, par laquelle Dagobert avoit donné au Monastère de Saint Denis des places tant dedans que dehors la Cité de Paris proche cette forteresse, et près d'une porte gardée par un nommé Salomon. C'étoit-là une occasion de parler de la détention que les payens y auroient faite de S. Denis ; cependant Dagobert n'y en fait aucune mention.
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