EGLISE SAINT DENIS DE LA CHARTRE
Il est certain que sous le Roy Robert, vers Tan looo, ce qu'on appelloit en latin Carcer Parisiacus étoit situé à l'endroit dont il s'agit dans cet article, et qu'il y existoit alors une Eglise du titre de S. Denis, laquelle, à cause du voisinage de cette prison, étoit Hi*t. s^Mart, nommée Ecclesia S. Dionysii de Parisiaco carcere, et étoit alors p. 3i3. desservie par des Chanoines. On ne peut nier ce fait qui est appuyé sur des chartes du même Roy, lesquelles confirment à ces Chanoines le don qu'un Chevalier appelle Ansold, et Reitrude, sa femme, leur firent de leurs Domaines situés à Limoges et à Fourches, Villages du Diocèse de Paris. L'une des deux est de l'an ioi3. Ces chartes semblent supposer que ces Chanoines subsistoient avant ces donations à eux faites, et ne qualifient point Ansold et ibid., p. 3i2, Reitrude de fondateurs. C'est seulement Girbert, Evêque de Paris, qui dans ses Lettres de l'an 1 122, pour confirmation d'autres dons faits par les mêmes, dit qu'ils ont fondé l'Eglise de leurs biens et qu'ils y ont placé des Clercs qu'un peu après il qualifie de Chanoines. Les chartes du Roy Robert antérieures de plus d'un siècle, laissent la liberté de croire qu'ils n'en furent que restaurateurs, et qu'ils la dotèrent seulement. Comme donc, selon la vie de Ste Geneviève, il paroît qu'outre l'Eglise que cette Sainte engagea les Parisiens de bâtir sur le sépulcre de S. Denis à deux lieues de Paris, il y en devoit avoir dans la Cité de Paris une autre où elle se rendoit pour les vigiles toutes les nuits du Samedi au Dimanche, avec d'autres Vierges qui demeuroient avec elle dans la même Cité, il semble que cette Eglise pouvoit être celle dont je parle ici.
On a hésité quelque temps à croire que ce fussent des Chanoines séculiers qui y eussent habité avant les Moines de Cluni : mais les auteurs du Gallia Christiana prouvent clairement que c'étoit une Collégiale séculière d'abord administrée par un Doyen dont il y en a deux de connus, sçavoir Milon en 1067, et Robert en 1122. Dès le temps de ce dernier, cette Eglise étoit tombée en main laïque, c'est-à-dire que quelque Chevalier en administroit les biens et nommoit aux Prébendes, et peut-être étoit-ce quelque Officier du Roy. Au moins elle fut du nombre de celles dont la première dignité fut conférée à un Prince du Sang : Henri de France, frère du Roy Louis VII, la posséda sous la qualité d'Abbé en ii33. ,Mais comme alors la Reine Adélaïde, femme de Louis VII, eut besoin du Prieuré de Montmartre où étoient des Religieux de Cluny, pour y placer des Religieuses, on donna à ces Religieux TEglise de Saint Denis dite de la Chartre ; ce fut ainsi que commença ce Prieuré, membre de celui de Saint Martin des Champs ; on en connoît vingt-quatre Prieurs jusqu'à la réunion de la Mense Priorale faite à la maison de Saint François de Sales établie pour