DE SAINT GERMAIN L'AUXERROIS
Eglise séculière et la pins ancienne da premier accroissement de Paris vers l'occident AVEC SES DÉMEMBREMENTS ET DÉPENDANCES
Saint-Germain l'Auxerrois est la première Eglise Canoniale et Paroissiale de Paris qui doive son origine à la Cathédrale. On est revenu, de nos jours, de l'opinion où l'on avoit été depuis quelques siècles, que cette Eglise avoit porté primitivement le nom de S. Vincent, Martyr de Saragosse. Monsieur Piganiol qui Tavoit cru comme du Breul et ses copistes, dans son premier tome de la Description de Paris, change de sentiment dans le second, après avoir lu les preuves de Sauvai contre ce sentiment. Enfin ceux qui ont rédigé le Propre de cette Paroisse en 1745, convaincus par les raisons alléguées en faveur de S. Germain comme seul ancien Titulaire de leur Eglise, n'ont pas balancé à quitter les préjugés modernes, pour revenir à la pure antiquité.
Il paroît en effet que cette Eglise, qui est sur l'ancienne route de la Cité de Paris à Nanterre, a dû commencer par une Chapelle érigée dans un lieu où ce Saint s'arrêta et où il opéra quelque miracle, ou fit quelque chose d'extraordinaire en présence des vita s. Genov, Parisiens qui le reconduisirent allant dans le lieu de Nanterre, de la même manière qu'ils avoient été au devant de lui lorsqu'il venoit d'Auxerre. Cette Chapelle fut augmentée par la suite et mise en état de servir de Baptistère aux habitans des campagnes voisines séparés de la Cité de Paris par la rivière. C'est ce qui a dû se faire au plûtard sous l'Episcopat de S. Germain, Evêque de Paris, qu'on sçait d'ailleurs avoir été fort dévot envers le Saint Evêque d'Auxerre dont il portoit le nom : ensorte que suivant les apparences elle fut dotée par quelqu'un de nos Rois de la première race, qui lui annexa un territoire fort étendu, où les Evêques de qui cette Eglise dépendoit entièrement, eurent une étendue considérable de terres et de grandes prairies, ce qui faisoit le principal de leur revenu : territoire dont les démembremens ont formé
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plusieurs Paroisses qui constituent les quartiers les plus peuplés de Paris, depuis qu'il n'est plus renfermé dans la Cité.
Je ne puis faire valoir que sur la foi d'autrui, le témoignage
d'un ancien manuscrit où on lit que dés l'an 58 1, l'Eglise de Saint
Germain l'Auxerrois étoit l'une des quatre Abbayes qui environ-
Gaii. Chr, noicut Paris. Je ne me sers point de la preuve qu'on pourroit
T.vn,coL252. ^jj.gj. jg jj^ sépulture de S.Landry, Evêquede Paris, décédé en 656.
Son tombeau qui étoit dans cette Eglise au XII. siècle prouve
seulement que dès le milieu du VII. siècle, il y avoit en ce lieu
une Eglise, dans laquelle il fut inhumé ; mais S. Ouen dans la
Vita 5. Eiig, Vie de S. Eloy, marque clairement qu'avant que ce Saint fût fait
/. /, c. XXVI. Evêque de Noyon, c'est-à-dire avant l'an 640, il y avoit à Paris
une Basilique, dite tout simplement de S. Germain. L'idée que
je donne de cette Eglise se trouve confirmée à l'égard de l'anti-
Dipiomat, quité et du rang, par le testament de Vandemire de la fin du
p,472' VII. siècle : Elle y est nommée la troisième, sous le titre de
Basilique; Basilica, c'est-à-dire qu'il n'y en a qu'une qui est
insérée entre la Cathédrale de Paris et elle. Cette Basilique étoit
alors gouvernée par un nommé Landebert, qui est qualifié Abbé,
dans le sens que ce terme signifie Supérieur ou Premier. Ce
testament qui est de l'an 690, n'est point un acte où il fût besoin
de nommer ceux qui composoient le Clergé de Saint Germain ;
Recueil des mais il existe un autre titre de la même année, ou seulement
Hi8t. de France ^^^^ ^^^ ^^ deux auparavant, dans lequel le même Landebert fit
dora Bouquet, signer ceux dont il étoit Supérieur. C'est une échange faite avec
T.iv,p.665. un autre Abbé, appelé Magnoald, voisin du Diocèse de Paris. Le
seing de l'Abbé Landebert est suivi de celui de Valgoald ^Prêtre,
Bertin, Fladebert Prêtre, Rémi Prêtre, Berthefren Diacre,
bert Diacre, Ingobert Lecteur, et de Leudebert rédacteur de l'acte. Rien de tout cela ne désigne une Eglise Monastique. Ce petit Clergé de l'Eglise de Saint Germain, représentoit celui qui pouvoit y avoir existé dès le temps de S. Germain, Evêque de Paris, et de Ragnemode son successeur. Ce Clergé étoit chargé d'une partie de l'Ecole de l'Eglise de Paris; c'est de là qu'est resté au canton voisin le nom de l'Ecole, dont on ne se sert plus qu'en parlant du Quai qui en est voisin.
Cette Eglise continua sous Charlemagne d'être desservie par un Clergé qui a le premier rang après l'Abbaye de Saint Denis dans l'ènumèration faite en l'an 81 1 des Eglises qui dévoient députer à l'Anniversaire d'Etienne, Comte de Paris, le jour qu'il étoit Hist. Ecci. Par, célébré à la Cathédrale : Missi expartibusS. Dionisii, S, Germanum T. /, p, 3o4' Y^i g^ Genovefam et S. Marcellum vel Sanctum Germanum novum seu ad Sanctum Clodoaldum, et ad Cala vel Fossatis pergant. Les députés de Sainte Geneviève, de Saint Marcel, de Saint
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Germain le neuf, c'est-à-dire Saint Germain des Prés, ceux de Saint Cloud, de Chelle et des Fossés, ne sont nommés qu'après ceux de Saint Denis et de Saint Germain. De ces huit Eglises il y en avoit quatre qui étoient de Prêtres séculiers, et les quatre autres étoient des Monastères. Un troisième titre touchant S. Germain, qui en rappelle de plus anciens que nous n'avons plus, est le diplôme de Louis le Débonnaire de Tan '820 où sont cités ceux de Pépin et Charlemagne : par ce titre on voit qu'encore alors le territoire de cette Eglise que les Rois exempioient de Droits Royaux pour laisser le tout à la disposition de l'Evêque, s'étendoit du levant au couchant depuis Saint Merri jusqu'à la Tudelle qui étoit un Champ situé aux environs de ce qu'on a appelle depuis la Ville-l'Evêque, et la Grange Bataillière dans lequel se faisoient quelques exercices militaires d'où il tiroit son nom de Tudelle : en sorte que la principale rue de S. Germain, et toutes les petites qui conduisent à son Eglise, comprises dans cet espace, ne dévoient reconnoître que l'Envoyé de l'Evêque, Afw5i/m Episcopi. Ceci est de même dans une Bulle de Benoît VII d'environ l'an 980 ; et l'Eglise du Saint y est nommée S. Germain le Rond, de même que le Poëte Abbon l'avoit appellée cent ans auparavant dans sa description du Siège de Paris par les Normans de l'an 886.
C'est donc l'un des surnoms qui ont été donnés à cette Eglise pour la distinguer de Saint Germain des Prez lorsque ce dernier nom l'eut emporté à l'égard de cette dernière sur celui de S. Vincent, et on le nomma S, Germanus Teres ; soit à cause de la forme dont TEglise étoit construite relativement aux Baptistères qui étoient presque toujours ronds, soit à cause que le Cloître de cette Eglise étoit entouré de murailles en forme ronde, comme quelques anciens châteaux. Les Normans ayant achevé de détruire les édifices de ce lieu, le Roi Robert les fit rebâtir. Helgaud qui marquoit ce fait en la vie de ce Prince, l'appelle Monasterium : ce qui a persuadé à quelques modernes qu'il y avoit eu alors des Moines. Mais cet Ecrivain employé aussi le même terme lorsqu'il parle de l'Eglise de Saint Agnan d'Orléans ; c'est une idée sans fondement, de croire que ce Roi mit des Moines à Saint Germain ; il est évident par une charte de Galon, Evêque de Paris, rapportant hîsl EccL Par. celle d'Imbert son prédécesseur de l'an io3o, qu'elle étoit desser- ^' ^'P- '^''^ vie par des Chanoines sous le Roi Robert.
Je ne rappelle point ici la charte de Charles le Chauve de l'an 870, concernant un pont de Paris, dans laquelle, en parlant de l'Eglise et Bourg de S. Germain, il y a quod à prisais temporibus Autissio- CapUui. Baiu\, dorensis dicitur\ je soupçonne que cette interprétation n'est pas de ^' "* l'original, et qu'elle a pu être insérée dans quelques copies. Il n'est *^ ' '"^ point certain que ce surnom Autissiodorensis en parlant de cette
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un Ecclésiastique, qui, quoiqu'ayant les deux bouts de Tétole pendant pardevant comme les Prêtres, n'est orné que d'une dalmatique. On verra cy-après les raisons de le prendre pour le saint Diacre Vulfran, qui avoit son tombeau dans cette Eglise. Suivent les statues d'un Roi et d'une Reine, lesquels, s'il falloit s'en rapporter à un tableau écrit en petit gothique il y a deux ou trois-cens ans, et placé entre les deux statues, seroient Childebert I, et Ultrogothe, sa femme. Ce tableau ajouté après coup s'y voit encore.
Le Chœur, à en considérer la structure et ce qu'on y a conservé d'anciens vitrages, paroît être du XIV. siècle, à l'exclusion des ailes et des Chapelles qui sont plus nouvellement bâties, aussi bien que la croisée avec son double portail, et de la nef : Tous ces derniers ouvrages semblent n'être que du XV. et XVI. siècle. Mais le clocler placé au côté méridional de l'entrée du Chœur, est d'une bâtisse que je croi être du XII, sa situation singulière me porte à penser qu'il y en auroit eu une autre semblable du côté septentrional, pour faire la symmetrie de même qu'à saint Germain des Prez, à S. Benoît sur Loire, à la Cathédrale de Chaalons sur Marne et ailleurs.
Cette Eglise a été autrefois enrichie d'un ossement considérable de S. Germain, Evêque d'Auxerre, qui s'est trouvé enchâssé dans un bras d'argent et de cuivre que donna un Doyen du Chapitre nommé Jean Chuffard, décédé en 145 1. On célébroit la réception de cette relique le 4 Mai avant la réunion des Chanoines à la Métropolitaine. Je ne sçai pourquoi on n'a pas jugé à propos de la continuer dans le nouveau Propre de la Paroisse. Les reliques de S. Landry sont un objet plus considérable. Les ossemens furent tirés du tombeau en 1171 par l'Evêque de Paris, Maurice de Sully, et mis dans une châsse à laquelle on fit succéder une autre Tan 1408. Je ne m'étends pas davantage sur ce Saint Evêque, vu la Dissert, sur dissertation que j'ai donnée au public en 1741 sur ce qui le regarde. iHist. de Paris, i\ ne f^LUt point séparer de cette châsse celle d'un S. Vulfran.
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Elle étoit sur le point de tomber en oubli avec toutes les reliques qu'elle contenoit; ce qui vient de ce que pour dégager le Sanctuaire de cette Eglise on avoit ôté du fond de la dernière arcade les trois châsses qui y étoient élevées. Ces trois châsses avoient été portées dans la Sacristie : Et comme depuis que la Paroisse en a fait faire une nouvelle, il a été besoin de remuer ces trois châsses qui tomboient en pièces, on en a ôté ce qu'elles contenoient pour le conserver plus respectueusement dans des caisses ou boôtes neuves, en attendant de les pouvoir transporter dans des châsses faites exprès. Ayant été averti qu'il y avoit dans ces boiltes des morceaux de parchemin qui indiquoient de quel Saint étoient ces reliques, j'ai reconnu par l'ouverture qui en a été
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faite, que la première châsse contenoit la moitié des ossemens du corps de Saint Vulfran, Diacre, ainsi que le prouve Pécrituredeces différens parchemins, qui est du X, XI, XIII, XIV et XV. siècles : Cette tradition de tant de siècles fait voir que Ton s'est trompé dans les deux derniers siècles, lorsqu'on a cru que cette châsse contenoit les reliques de S. Vulfran, Evêque de Sens. Les plus anciens de ces billets, mettent Sancti Vulfranni Levitœ^ et le répètent dix ou douze fois. Une bande de huit pouces de longueur écrite vers l'an i35o. porte cette inscription: In prœsenti cassa deposita sunt ossa corporis Beatissimi Vulfranni Levitœ et Con/essoris. Sur une autre bande plus petite est en caractères du XV. siècle : Ossa corporis Beatissimi Vulfranni Levitœ, Dans la boête cottée 2 où l'on a renfermé les cendres des chairs de S. Landri et de ce S. Vulfran avec la poussière trouvée dans leurs tombeaux, se lit sur une très grande bande de parchemin en écriture du X. siècle: Pulvera Sancti Con/essoris Landerici et Vulfranni Levitœ, et sanctœ Benedictœ, Sur un autre parchemin est en caractère du XI. siècle : De pulvere ossium et sepulchrorum et sudariorum sanctorum Confessorum Landerici Parisiensis Episcopij et sancti Vulfranni Levitœ, et sanctœ Benedicitœ.
Il m'a paru résulter de toutes ces inscriptions que le corps de S. Vulfran, Diacre, a été autrefois levé d'un tombeau qui étoit dans l'ancienne Eglise de Saint Germain, comme celui de S. Landry: Et je suis porté à croire qu'il a pu y avoir été inhumé dans le même siècle que S. Landry. Il me paroît assez probable qu'il avoit servi de Diacre à ce saint Evêque, et par conséquent de distributeur de ses aumônes dans le temps de cette famine qui eut cours sous son Episcopat; ce qui l'auroit fait regarder par les peuples comme un second S. Laurent ou un autre S. Vincent, La qualification de Lévite qui est de l'usage primitif, induit à penser ainsi; de sorte que je ne sçai si ce ne seroit point ce S. Vulfran, Diacre ou Archidiacre de Paris qui auroit été métamorphosé par le Clergé et le peuple de S. Germain dans les siècles d'ignorance, en S. Vincent, Diacre de Saragosse. Les ossemens de ce S. Vulfran présumé Diacre de Paris que l'on conserve à Saint Germain l'Auxerrois, sont tous les vertèbres du dos et du col, toutes les côtes ; les rotules, l'os sacrum, le sternum, les deux os des iles et quantité d'ossements rompus en morceaux, les phalanges en grande partie, quelques dents, etc. A l'égard de la tête et des ossements des bras et des jambes, ils ne s'y trouvent point.
On honoroit aussi en cette Eglise avant la translation du Chapitre, une Sainte Benoîte, le 8 Octobre, jour de Sainte Benoîte du Pays Laonnois, mais dont les reliques qu'on y conservoit
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Tab. S. Eiig. Chapelle, en donnant des rentes sur des maisons de la Censive du Roi et de S. Eloy qui furent amorties. Plusieurs Chapellenies se trouvoient déjà établies en 1497 ^ Tautel des Cinq-Saints situé Reg.Ep.2rSept. dans la Nef. Le Doyen, Pierre de Cerisay a fondé au côté droit du Gaiiia Christ. Chœur Une Chapelle où il fut inhumé en 007. L'Autel de S. Jeancol. 267. Baptiste fut doté pour la célébration de quelques Messes en i557 Reg. Ep. par Claude de Hacqueville, Maître des Comptes. La Chapelle de 17. Mali. l'Annonciation venoit d'être achevée en 1573, lorsque Henri le R^g. Ep. Meignien, Evêque de Digne, en fit la Bénédiction, au mois de Septembre. J'ai vu aussi les Provisions d'une Chapelle des SS. Etienne et Laurent du 5 Août i583. Un des Doyens nommé Guillaume Hector ne se contenta pas de faire mettre au Portail Septentrional de cette Eglise, sous François I, une statue de S. Guillaume d'Aquitaine, son Patron, avec celle d'un autre semblable Pénitent, U en tit aussi placer une dans une Chapelle; et depuis ce tems-là, Guillaume Margotier, Chapelain du Chœur, par dévotion envers le Tab. s. Germ. même Saint, fonda la grande Messe pour le jour de la Fête, par contrat passé en 1634, tems auquel on le confondoit avec le saint Hermite de Maleval du même nom de Guillaume.
Il est à propos d'observer ici que l'exposition publique de ces images de Saints Moines ou Hermites, quand elles seroient plus anciennes, ne prouvent nullement que l'Eglise de Saint Germain l'Auxerrois a été desservie par des Moines ; si cela étoit, les Franciscains pourroient donc aussi s'en attribuer l'ancienne desserte, puisqu'il y a pareillement l'image de S. François. L'indice du prétendu Monachisme de cette Eglise n'est pas mieux fondé dans les vitrages de la Nef, qui sont du XV. siècle. Si on y voit des Moines, ce sont ceux d'Auxerre établis par Saint Germain, que le peintre a représenté en figurant la vie de ce Saint. S'il y en a pareillement dans les vitrages qui représentent la Translation du Corps de S. Vincent, Martyr d'Espagne, c'est que l'Histoire fait mention de la part qu'y eurent les Moines de Castres. Tout cela est étranger par rapport à la Basilique de Saint Germain l'Ayxerrois de Paris. Il y auroit de quoi composer un traité pour montrer que les termes MonasteriumetAbbatia ont été employés indifféremment pour designer des Eglises séculières. Je me contente pour le présent de Chron. Camer. renvoyer à la Chronique de Cambray, où la Cathédrale d'Arras p. 240. est appellée Monasterium S. Mariœ Atrebatensis,
Les plus célèbres personnages qui ont été inhumés à Saint Germain l'Auxerrois depuis deux siècles ou environ, sont François Olivier, Chancelier de France, décédé en i56o; François Olivier, Abbé de Saint Quentin de Beauvais, grand Antiquaire, décédé en i636 ; le sçavant Claude Fauchet, premier Président de la Cour des Monnoies, mort en i6o3 ; Pompone de Belliévre, Chancelier
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de France, et plusieurs de sa famille; MM. d'Aligre, Chanceliers de France ; Monsieur Phelipeaux. Parmi les Médecins, Sylvius, dont le vrai liom étoit Jacques du Bois, mort en x55i ; Pierre Seguin, Guy Patin, Denis Dodart. Parmi les Poëtes, Abraham Rémi, François MalherbéetChandevillé son neveu ; Annibal Fabrot, grand Jurisconsulte, Guillaume Samson, célèbre Géographe. Entre les Peintres, Graveurs, Sculpteurs et 'Dessinateurs, Jacques Stella, lean Varia, Jacques Sarrazin, Jacques Bailly, Israël Silvestre, Claude Mellàn, Noèl Coypel, Antoine Coizevox, et autres que le voisinage du Louvre avoit fait résider sur cette Paroisse. Je ne* parle pas des Foux de nos Rois du XIV et du XV siècle, dont Sauvai a marqué la sépulture en cette même Eglise. Le Poëte Jodelle, mort tn i573, avoit sa maison sur cette Paroisse, rue Cbatnpfleury.
On connoit les Doyens qui ont été depuis sept, à huit siècles à la tête du Chapitre de cette Eglise. Ils étoient tenus, comme j'ai déjà dit, après leur élection, faire hommage à TEvêque de Paris. Dans une liste de reddition de ces hommages j^ai apperçu le nom d^un Doyen qui a été inconnu au Gallia Christiana. C'est Maître Michiel qui rendit le sien en i3o5 à Guillaume, Evêque de Paris. Tab, Ep. Ces Evêques Diocésains, le Doyenné venant à vacquér, jouissoient du rpvenu jusqu'à ce qu'il y eût un Doyen en place, et comp. Ep, acquîttoient les charges de cette Dignité, telles que celle du lumi- ^»- ^^'4naire, et celle de Therhe que l'on répandoit dans l'Eglise aux grandes Fêtes. Le Chapitre même étoit obligé dans ses comitiencemens à fournir à l'Evêque un cheval et de l'avoine pour l'armée du Roi ; ce qui lui fut remis dès le XII siècle. On a vu ci-dessus Gaïua Chrr.t. des chevaliers qui se renommoient de Sancto Germano Altisiodo- md, rensi. Plusieurs Doyens de Saint Germain sont devenus Evêques par la suite, entr'autres Pierre de Mornay fut élevé sur le Siège jtid. d'Orléans, puis sur celui d'Auterre, et fait Chancelier de France vers l'an i3oo. Guillaume des Essarts fait Evêque d'Evreux en 1334. Jean de Mailly élevé en 1425 sur le Siège de Noyon. Guillaume de Cambray fut élu Archevêque de Bourges en 1492. Etienne Poncher monta en i532 sur le Siège de Bayonne, puis sur celui de Tours. Jean Hennuyer sur celui de Lisieux en iSSj. Nicolas de Thou tx Philippe Hurault son neveu sur celui de Chartres ^n 1573 et iSgg. En ces derniers temps MM. d'ArgensOn et de Cosnac, l'un mprt Archevêque de Bourges, l'autre Evêque de Die. Entre plusieurs depuis qui se sont distingués par leur science, je n'en nommerai qus deux ou trois : François le Picard décédé en i556, après avoir été le âeau des Novateurs. Pierre Gillet, qui mourut le 3i Août 1624 à la Chartreuse de Bourgr Fontaine, Diocèse de Soissons, qualifié dans son Epitaphe
qui est au Cloître de ce Couvent, Venerabilis in Christo Pater» Pierre Seguin, fameux Antiquaire mort en 1672 ; et enfin le célèbre Abbé Bignon si connu dans toute la Republique Littéraire. J'ai obmis dans cette énumeration des Illustres du Chapitre de Saint Germain, Pierre de Fitigny, qui étant Cardinal vers l'an 1400 y possedoit un Canonicat ; et JeanrPierre Camus qui en devint Doyen en 1621, après avoir été Evêque de Belley.
Le Chapitre qui a fourni à l'Eglise de France tant d'illustres personnages a eu le droit de nommer presque à tous les Bénéfices qui avoient été fondés sur son territoire, desquels je parlerai en détail ci-après : ce qui renfermoit presque tout le quartier occidental de la Ville et Fauxbourgs de Paris à commencer au Grand Châtelet inclusivement et suivant la grande chaussée de S. Denis, pour ne se terminer que vers S. Cloud, dont Chaillot seul se trouve excepté. Les Chanoines avoient même fait entre eux une Aimanach. répartition de ces nominations en i565; et ils alloient officier spirit. jgj^g beaucoup de ces Eglises aux Fêtes de Patron.
Entre plusieurs Chapitres du Royaume avec lesquels cette
célèbre Eglise étoit en confraternité, il n'est venu à ma connois-
sance que la très-ancienne Collégiale de S. Germain de la Châtre
Mémoires au Diocése de Bourges, fondée par les Princes de Deols, qui
envoyés du lieu, s'est -dite socur de Saint Germain l'Auxerrois de Paris.
Enfin cette Eglise Collégiale qui pouvoit à juste titre se dire la Fille aînée de la Cathédrale de Paris, est retournée en 1744 dans le sein de celle dont elle étoit sortie il y avoit onze à douze cens ans; et la nomination des Bénéfices ausquels elle présentoit est revenue à l'Ordinaire. Ensorte que la postérité ne pourra plus appercevoir de vestiges de sa primauté sur toutes les Eglises Paroissiales de Paris, que dans l'Histoire de cette Ville, et qu'autant que l'on maintiendra le culte de S. Germain, Evêque d'Auxerre, par tout le Diocése, dans un degré supérieur à celui du commun des autres Saints, ainsi que le Bréviaire de l'an 1745 l'a prescrit.
De tout ce que j'ai dit ci-dessus au sujet de l'antiquité du Bourg de S. Germain, et de l'étendue du territoire qui y avoit recours primitivement pour les Sacremens, on a dû conclure que l'Eglise de ce Bourg est la plus ancienne Paroisse de Paris, après Notre- Dame, laquelle originairement étoit en qualité de Cathédrale, la Paroisse de toute la Cité ; avant que le Monastère de S. Martial, l'Hôpital S. Christophe, et le Monastère de S. Barthelemi et de S. Magloire qui y ont été construits, eussent donné naissance à des Eglises Paroissiales.
Il n'avoit été permis au Curé et au Clergé de la Paroisse de ce* lébrer le Service Divin dans le Choeur de cette Eglise qu'à certains jours de l'année. Depuis que les Chanoines sont passés à Notre-