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MAISONS ECCLESIASTIQUES ET COMMUNAUTEZ

Les Pères de la DOCTRINE CHRETIENNE, établis en i633, sur les ruines de l'Hôtel d'Albret, dans l'un des quartiers de Reg. Ep. Paris dont la vue est la plus belle. Leur réception est marquée en 1612, 20 Août et i5 Octobre, et on lit qu'alors on les qualifioit quelquefois de Prêtres séculiers Reformés tendans à la perfection.

Le Séminaire des TRENTE-TROIS Ecoliers fut institué d'abord en i633, pour un nombre bien plus petit, sçavoir de cinq, puis de douze. Ils ne sont placés à la Montagne de Sainte Geneviève que depuis l'an 1657. Leur maison a été rebâtie à neuf dans le siècle présent.

Le Séminaire des ANGLOIS, dont rétablissement dans la rue des Postes fut consommé l'an 1687.

Il y a encore dans la même rue deux autres Communautés d'hommes, sur lesquelles les plus modernes des Historiens de Paris en langue vulgaire n'ont rien écrit.

256 EGLISE DE SAINT mÉdaRD

La Communauté de SAINTE AURE, rue neuve Sainte Geneviève, fut établie sur la fin du dernier siècle pour de jeunes filles, par M. l'Abbé le Fevre, l'un des Sous-précepteurs des Enfans de France. Catherine Pescher qui en étoit Supérieure, obtint par la suite des Lettres-patentes, qui ont été enregistrées en Parlement, le lo Avril 1724. Il est parlé ci-après dans les Articles des Eglises de Saint Martial et de Saint Paul, de la Sainte patrone de cette Communauté.

DE l'ancien territoire DE l'ABBAYE DE SAINTE GENEVIEVE

Il est assez ordinaire, lorsqu'il y a un pont sur une rivière, qu'il se forme un village à chacun des deux bouts de ce pont. C'est ce qui est arrivé sur les bords de la rivière de Bievre, que l'on passe en approchant de Paris lorsqu'on vient du Gatinois, un peu avant qu'elle se jette dans la Seine. Les deux villages qui s'y sont formés, sont ce qu'on a appelle depuis le bourg Saint Marcel et le bourg Saint Medard. Ce dernier est au rivage gauche de la Bievre et du côté de Paris ; son territoire, depuis la fondation de l'Eglise de Saint Pierre et Saint Paul, par Clovis, a été réputé compris dans la donation de ce Prince, faite à cette Eglise. Pons S, Medardi est marqué dans un état des biens de l'Abbaye BuUaAiex. III, de Sainte Geneviève, rédigé, il y a six cens ans, comme étant de an, II 03. ^Q côté-là les limites de sa Justice, laquelle, du côté opposé s'étendoit jusqu'à l'Eglise de Saint Etienne, dite depuis des Grès, située sur le grand chemin d'Orléans. En-deça de ce pont par rapport à Paris, étoit Villa S. Medardi et Ecclesia, dont la prqpriété fut confirmée à la même Abbaye par le Pape Alexandre III en ii63. Quatre ans après, le même Pape, lui confirmant toutes les Eglises qu'elle possédoit en divers Diocèses, rappelle encore Ecclesiam S. Medardi, qui est nommée immédiatement après la Chapelle du Mont, dite Capella de Monte, Cette ditfèrence d'expression fait voir qu'en 11 68 il n'y avoit encore à Ste Geneviève qu'une simple Chapelle, qui servoit de Paroisse aux Habitans de la Montagne, d'où Ton doit inférer qu'ils ètoient en petit nombre, et que le village de S. Medard étoit dès-lors assez peuple pour avoir besoin d'une Eglise.

Je suis persuadé que cette Eglise avoit commencé comme bien d'autres par une simple Chapelle, qui parut nécessaire après les guerres des Normans, lorsque le lieu fut un peu plus habite qu'il

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n'avoit été auparavant, et, si elle porta le nom de Saint Medard, ce fut à cause de quelques reliques que les anciens Clianoines de l'Eglise de Sainte Geneviève en avoient apporté du Soissonnois ; car la crainte des Normans les avoit obligé de s'y retirer avec le corps de leur Sainte patrone.

Je ne m'appuyerai point, pour prouver l'antiquité du Bourg et Eglise de Saint Medard, sur les diplômes du Roi Robert, de Sauvai. Henri I et Philippe I, où Sauvai assure qu'il en est fait mention. T. i, p. 433. Ils ont été publiés dans le nouveau Gallia Ciiristiana ; et l'on n'y r. vii,instrum. en trouve pas un seul mot. Les Bulles ci-dessus sont les premiers col, 22/. monumens qui en parlent, mais elles supposent que cette Eglise étoit déjà ancienne.

Elle étoit desservie par un Chanoine de Ste Geneviève qui, en 1202, fut exempté par Eudes de Sullî, Evêque de Paris, de lui payer le droit de procuration ; elle est toujours demeurée à la nomination de l'Abbé. On la trouve aussi en son rang sous l'Archiprêtré de Saint Severin dans le Pouillé de Paris écrit vers 1220. On ne voit rien dans l'édifice d'aujourd'hui qui soit de ce tems-là. Ce qu'il y a de plus vieux dans le bâtiment a tout au plus deux cent cinquante ans. La nef, qui est étroite, a deux bas côtés d'environ deux cens ans. Le chœur, qui est plus large quant à ses collatéraux, a été construit sur la fin de l'avant-dernier siècle à la place du vieux chœur. C'étoit dans cet ancien chœur que s'étoit faite en i562, une cérémonie très-solemnelle, pour réparer les ^ profanations commises dans cette Eglise par les Huguenots.

Clément de Reilhac, Avocat du Roi au Parlement, avoit construit dans l'ancienne Eglise une Chapelle, où Pierre de Reilhac son frère, Conseiller au même Parlement, avoit été inhumé au Tat. Ep. Par, commencement du XV siècle. Perrenelle de Magnac, sa veuve, y '" ^p*^fonda en 141 1 un Chapelain séculier, sous les titres de N. D., S. Nicolas, Ste Catherine et S. Thomas d'Aquin, du consentement de François, Abbé de Sainte Geneviève, et elle s'en réserva la présentation et à sa famille. On l'appelloit la Chapelle de Rilhac en Reg.Ep.iSNov. 1579, auquel an Louis de Vaudetar y nomma ; de même qu'en i588 Antoine de Brehant, Ecuyer, y présenta à cause de Catherine de ibid, 14 Dec. Rilhac, son épouse.

Depuis ces MM. de Rilhac, les sépultures les plus remarquables d'auteurs ou autres faites dans cette Eglise, sont celles d'Olivier Patru, de l'Académie Françoise, en 1 681, de Pierre Nicole en 1695, de Joseph Du Guet en 1/33.

Auprès de cette ancienne Eglise avoit été, comme en plusieurs autres de Paris, au XIV et XV siècle, un Reclusoir, c'est-à-dire une ' cellule où vivoit une femme recluse pour le reste de ses jours. Le Nècrologe de TAbbaye de Ste Geneviève écrit vers le règne de

HIST. DE PARIS. — T. I. Ij

Charles VI, marque au premier Mars Tanniversaire d'Hermensende, recluse de Saint Medard.

Ce Bourg de Saint Medard est traversé du nord au midi par une rue dite aujourd'hui la rue Moufetard, non pas que ce Bourg eût eu le nom de Moutefard, mais parce qu'elle conduit à la montagne où est bâti le Bourg Saint Marceau, dont le nom primitif en langage vulgaire étoit Mont-Cetard, ou Mont-Cetar ; de même que le nom de rue S. Martin et de rue S. Denis, est donné à ces rues bien avant qu'on soit arrivé à ces Eglises, mais parce qu'elles y conduisent.

Tab. S. Genov. J'ai aussi trouvé que l'Abbaye de Sainte Geneviève avoit dans

le XIII siècle à Saint Medard un pressoir pour ses vignes; que

l'imposition de la taille des habitans de ce bourg, pour la guerre

de Philippe le Hardi contre le Comte de Foix en 1272, alla en total

à la somme de trente sols.

Jbid, A l'égard du nom vulgaire du faubourg, on disoit vers l'an i3oo

Saint Maart, et on l'écrivoit de même.

ut. Cens. Un autre canton qui portoit dès le XIII siècle un hom très-

foi. 23 et 35, ancien, et dont la situation étoit à Saint Medard, est le canton de

Challoël ou Challo, dont il est fait mention dans les titres de Sainte

Geneviève, d'environ l'an i25o. Cette Abbaye en retiroit chaque

année un muid de vin, en payant pour cela neuf deniers à celle

de Saint Victor. L'ancien Nécrologe de Sainte Geneviève nous

y apprend que ce lieu avoit donné le nom à une porte du Bourg du

côté de Saint Marcel. On lit : II Idus Novembris obiit Ursio Cano-

nicus et Levita qui dédit arpenta vinearum^ quorum unus est apud

S. Marcellum ad Portant Chalet ^ alius in valle Paris.

C'est de M. Duchêne que nous tenons l'origine du nom de cette fameuse maison, que l'on trouve à main gauche en descendant le Histoire Mont-cetard, ou la rue du Mou-fetard, et qui est appellèe le dtsCûTd.FTMc. Patriarche. Il nous apprend que c'est parce que le Cardinal de ^' '* Chanac, Limousin, Patriarche de Jérusalem, y avoit demeuré. Il ajoute qu'il la donna au Collège de Chanac, situé à Paris rue de Bievre. Il mourut à Avignon en 1404.

Reg. Pari, Jean Canaye est dit avoir été propriétaire de cette maison iSAugr. en i562, lors du grand vacarme des Calvinistes dans ce quartier-là. Le quartier de Lorcines, qui forme une partie de la Paroisse de Saint Medard, est construit sur le bord de la rivière de Bievre, en remontant son rivage depuis le pont jusqu'aux Cordelières inclusivement; c'est une longue rue qui, vers sa fin, en remontant à la main droite, se trouve être sur la Paroisse de S. Hippolyte. Ordi- • nairement, dans les titres depuis le XIII siècle, ce canton a été appelle en latin de Lorcinis ou de Laorcinis, nom qui paroît avoir été fabriqué sur le françois Lorcines, car j'ai vu un titre de 1245,

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peut-être le plus ancien qu'on ait sur ce lieu, où il est nommé Locus cinerum. J'en dis un mot à l'article de l'Eglise de S. Severin, à l'occasion du revenu de grain et de vin que l'Archiprêtre y avoit alors ; ce qui fut cause que le chemin ou la rue, qui au sortir du clos de Ste Geneviève conduisoit à ce quartier, fut appelle Vicus S. Severini, que Sauvai avoit vu dans des titres, et dont il n'a pu dire la raison, faute d'avoir connu un acte de 1289 où cette redevance est marquée. Au reste, Lorcines n'est pas le seul exemple qu'on puisse produire, pour prouver qu'à Paris, on a quelquefois changé Loc en Lor; il y a dans le Diocèse un village, qui dans tous les titres latins de tems immémorial, est appelle Locus Sanctorum, et dont le peuple a fait Locsaint, puis Lorsaint, ensuite Lioursaint, et enfin Lieursaint. A l'égard de la raison du nom Locus cinerum^ il vient, comme j'ai dit à l'article de l'Eglise de Saint Severin, de ce qu'on y avoit trouvé ou transporté une terre propre à faire de la poterie, terre légère et cendreuse : delà l'origine du nom de la rue Potçrie Saint Severin donné à la rue qui y conduisoit, selon le plan de Paris, laquelle n'est plus qu'un cul-de-sac en forme d'équerre, fermant la nuit, et peut-être même qu'aussi celui de rue des Postes a succédé à celui de rue des Pots, qui auroit été usité primitivement. Si je me suis un peu étendu sur l'origine du nom de Lourcine, c'est pour insinuer qu'il ne faut point l'écrire Loursine par une S, ni L'Oursine ou L'Ourcine avec une apostrophe.

On peut commencer le circuit de cette Paroisse dans le haut de la rue de Lourcine, un peu au-dessus du Couvent des Cordelières, et suivre le rivage gauche de la rivière de Bievre jusqu'au pont aux Tripes. En cet endroit la Paroisse s'étend au-delà de la rivière jusqu'à la rue Fermoulin, dont elle a le côté gauche, et tout ce qui suit à la même main, laissant à droite la rue de la Muette et la rue Poliveau qui sont de la Paroisse Saint Martin. Puis elle s'étend jusques vers les bords de la Seine, revient ensuite à gauche pour renfermer le Jardin Royal des plantes ; après quoi elle a tout le côté gauche de la rue Coppeau en remontant; puis de la rue Mouffetard elle a entièrement le côté gauche en descendant; mais à l'égard du côté droit, elle ne commence qu'à la huitième maison, à compter depuis le coin de la rue Contrescarpe. Après cela elle entre dans la rue Pot-de-fer, dont elle a les deux côtés jusqu'à la rue neuve Sainte Geneviève, où elle commence à n'avoir plus que le côté gauche. Au bout de cette rue Pot-de-fer, elle coupe la rue des Postes, et entre dans la rue des Vignes dont elle a le côté gauche, perce jusqu'aux murs du jardin du Val de Grâce, et va par la Cour Saint Benoît regagner la rue de Lourcine.

Lorsqu'on dédommagea les Curés de Saint Benoît, de Saint Hippolyte et de Saint Medard, du territoire qu'on leur avoit ôté quand on érigea Saint Jacques du Haut-pas en Eglise Paroissiale, on n'attribua à celui de Saint Medard que la huitième partie de la somme du dédommagement : ce qui fait juger que la distraction qu'on fit de sa Paroisse fut très-petite.

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