‹ Histoire de la ville et de tout le diocèse de ParisChapitre 90 sur 210 · ANCIENNEMENT DE LA DEPENDANCE DE S. GERMAIN DES PREZ · texte numérisé non relu

ANCIENNEMENT DE LA DEPENDANCE DE S. GERMAIN DES PREZ

Il n'est pas facile de découvrir pour quelle raison la seconde Eglise que TAbbé de S. Germain bâtit vers l'an 12 10, sur la partie de son ancien territoire comprise depuis peu dans l'enceinte de Paris, fut bénite sous l'invocation de S. Corne et de S. Damien. On peut seulement conjecturer que comme il y avoit eu dès l'an II 63, un des autels du rondpoint de Saint Germain béni sous le nom de ces Martyrs et sous celui d'autres Saints, le peu de reliques qui en fut retiré fut renfermé dans celui de la nouvelle Eglise. On doit aussi observer que cette Eglise, aussi bien que celle de Saint André, furent bâties à des carrefours limitrophes de la Paroisse de Saint Severin : cette situation n'a pas été sans dessein; mais elle a empêché de faire un édifice régulier en construisant l'Eglise dç Saint Côme : car il est visible que le fond est de biais, et non en allignement direct. La structure qu'on voit aujourd'hui, est la même qui fut commencée vers l'an 1210, à peu de chose près. On n'en fit la Dédicace que long-temps après qu'elle eut été achevée. Ces délais n'étoient pas rares autrefois. On y lit en entrant, à main droite, sur une pierre gravée en lettres de petit gothique, que cette Dédicace fut faite par le secours de personnes charitables, le Dimanche d'après la S. Luc, l'an 1426.

Il y a dans cette Eglise un assez grand reliquaire de bois doré, et qui ne paroît pas ancien, dans lequel on apperçoit qu'est renfermée une mâchoire inférieure, qui est dite être de Saint Côme, avec quelques fragmens d'ossemens : mais le Propre de cette Paroisse, où est marquée une translation de Saint Côme, vers la fin du mois de Mai, ne marque ni quand ni comment, ni d'où est venue cette relique.

On reconnoît par quelques tombes qui se voyent dans cette Eglise, qu'on y a fait des inhumations dès le XIII siècle. Celles que j'y ai remarquées n'ont rien de notable. Du tems de Du Breul, qui qualifie cette Eglise du titre de Collégiale, on y voyait proche le grand autel, le tombeau d'un Abbé Régulier de S. Bavon de Gand, décédé à Paris, en 1460.

De notre tems, François Bouthillier de Chavigny, ancien Evêque de Troyes, mort en 1781, y a été inhumé.

On a aussi vu long-tems dans cette Eglise des Epitaphes de la composition du fameux hérétique Théodore de Beze : il les avoit composées en mémoire de Nicolas de Beze, son oncle. Conseiller au Parlement de Paris, Archidiacre d'Etampes, en

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l'Eglise de Sens, qui avoit été enterré dans la nef de Saint Côme, en i543.

Parmi les sçavants qui y ont eu leur sépulture, il faut compter Claude Despence, grand Théologien, décédé en iSji, et, du dernier siècle, il faut compter Messieurs Du Puy; parmi les grands Magistrats, Messieurs Talon, sçavoir, Omer Talon, et Jacques son fils et leurs descendans. La Chapelle où ils reposent a servi depuis de sépulture à Jacques Bazin, Marquis de Bezons, Maréchal de France, et à sa postérité.

Depuis quelques années, le cœur de feu M. de la Peyronnie, premier Chirurgien du Roi, ayant été déposé à Saint Côme, le , corps des Chirurgiens a fait élever à l'un des premiers piliers de la nef un monument sur le marbre en mémoire de sa personne.

Quoique cette Eglise soit très-resserrée de tous côtés, on n'a pas laissé que d'y ménager un cimetière et des charniers, et un lieu où plusieurs Chirurgiens visitent tous les premiers lundis des mois les pauvres malades de tout âge qui se présentent, et leur assignent les remèdes convenables, ce qu'on assure avoir commencé dès le tems de S. Louis en ce même lieu, où étoit leur Confrérie ; en quoi ils paroissent avoir succédé à l'Office charitable qu'exerçoient autrefois à Tentrée de l'Eglise Cathédrale de Paris, les Chanoines Médecins, ou Mires, comme on disoit alors. Le petit bâtiment pour le pansement des pauvres fut fait durant l'hiver i56i, à la diligence de Claude Versoris, Curé. On voit sous Reg. pari. les mêmes Charniers un Mémorial en lettres gothiques au sujet de No»emb. la rente de 5o livres que Nicolas Langlois, l'un des Prévôts des Chirurgiens, avoit laissé en i555, pour la continuation de ces charitables Offices aussi-bien qu'une autre grande inscription sur le marbre, pour perpétuer le souvenir de l'Accord passé en 1 7 1 6, au sujet des bâtimens appartenant à cette Eglise et aux Chirurgiens.

Jusqu'à l'an i345, l'Abbé de Saint Germain des Prez a nommé à la Cure de Saint Côme. Il céda alors cette nomination au Corps de l'Université. L'un des Curés illustres de cette Eglise, a été Roland Hébert, fait Archevêque de Bourges en 1622 ; Michel Godeau, autre Curé, décédé en 1736. Il est connu par plusieurs poésies latines imprimées.

Il n'est point venu à ma connoissance qu'aucune Chapelle ait été fondée en cette Eglise.

LES CORDELIERS ont été établis sur cette Paroisse peu de tems après qu'elle eut été érigée, c'est-à-dire vers l'an i23o.

Voici les noms des Collèges situés sur son territoire :

LE COLLEGE DES PREMONTREZ, commencé en 1252. L'Evêque de Paris permit le 22 Février 1619, de rebâtir l'Eglise sous le titre de S. Jean-Baptiste et de Ste Anne.

LE COLLEGE DE BOURGOGNE, fondé en i33i dans la rue des Cordeliers.

LE COLLEGE MIGNON, fondé vers 1843, dit de Grammont, depuis que le Roi Henri III en 1384 le donna aux Religieux de l'Ordre de Grammont, en place du Prieuré que ces Religieux avoient au bois de Vincennes. La Chapelle a été rebâtie en 1749 Aim. Spir. beaucoup plus grande que la précédente et l'auteL placé à l'occident. S. Gilles en est titulaire.

LE COLLEGE'DE JUSTICE, fondé en i358, en la rue de la Harpe, par les exécuteurs testamentaires de Jean de Justice, Chantre et Chanoine de Bayeux.

L'un des bornages de cette Paroisse a été fait le 17 Oct. 1616, Réf. Ep. par l'Evêque de Paris. C'est celui qui la limite avec celle de S. Benoît. Dans la même année, comme Ton commença à bâtir des maisons sur le rejet des fossez des deux côtés de la porte S. Michel, le sieur Hébert, Curé de S. Côme, pour mieux s'assurer le droit de Curé de ces lieux, obtint un décret de M. de Gondi, Evêque de Paris, qui les lui accorda depuis le lieu dit anciennement Le Parloir aux Bourgeois^ jusques vis-à-vis la rue de Vaugirard. En 1617, les sieurs Dumont et Soret vinrent habiter ces deux maisons et, comme ils étoient auparavant de la Paroisse de Saint Sulpice où ils avoient leurs bancs, ils refusèrent de présenter le pain-béni à Saint Côme, mais ils y furent condamnés le 27 Avril 161 7. Les Abbés et Couvent de Saint Germain appellerent du Décret et de la Sentence, disant que leurs titres, et surtout un de l'an 12 10, déclaroit que leur justice s'étendoit jusqu'au chemin qui conduit de Paris à Issy, entendant par ce chemin la rue d'Enfer. Le Procès subsistoit encore en 1648. Les productions de ceux de S. Côme contenoient que la Paroisse s'étendoit autrefois dans les rues de Vaugirard et d'Enfer ; que la Reine Marie de Medicis, femme d'Henri IV, logée au Luxembourg, rendoit le paiij-béni à Saint Côme; que M. le Duc d'Orléans, frère de Louis XIII, y venoit comme à sa Paroisse, et que plusieurs de ses Officiers y sont enterrés ; qu'à l'égard de la rue d'Enfer en entrant à droite, les Registres de Saint Côme de i56o fournissoient les noms d'Olivier Haultier, Procureur en Parlement et de ses descendans que lui, Haultier, y fut enterré en 1587; qu'en 1584, M. de Villequier, Gouverneur de Paris, avoit permis l'ouverture du guichet de la porte de Saint Michel, en faveur des habitans qui vouloient aller à Saint Côme, leur Paroisse. Le Curé de Saint Côme pouvoit produire plusieurs preuves qui restraignoient la censive de l'Abbaye de Saint Germain de ces côtés-là, mais par transaction il céda au Curé de Saint Sulpice le Luxembourg et des maisons de la rue Vaugirard,

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plus un Hôtel dont on a faît la rue de Touraine, et cela pour avoir huit maisons, rue des Fossez de iCl. le Prince. De sorte que la Paroisse est comprise aujourd'hui dans les rues suivantes :

A commencer à l'Eglise dans la rue de la Harpe, elle en a le côté droit en montant, excepté le Collège de Harcourt lequel est de Saint Hilaire, depuis qu'il a passé d'un côté de la rue à l'autre, .étant auparavant de la Paroisse de Saint Severin. Pour suivre le territoire de Saint Côme après le bout de cette rue, il faut venir à gauche à l'endroit de la fontaine S. Michel : cette Paroisse a la moitié de l'Hôtel S. Michel qui est du côté d'en haut, ce qui suit avec la rue S. Hyacinthe du côté gauche jusques et inclusivement l'angle qui est vis-à-vis le passage du Charron, et du côté droit jusqu'au même passage inclusivement. Après ce passage, en tournant à droite, elle a les deux côtés de la rue S. Thomas et, depuis le coin d'en bas, elle a à gauche dans la rue d'Enfer ji^squ'au coin de la rue S. Dominique, et le côté de la rue Ste Catherine qui y est adossé, et à droite jusqu'à l'entrée de la rue d'Enfer, où est une maison faisant le coin, marquée S. D. A la Place S. Michel elle a les maisons qui touchent aux dernières de la rue de la Harpe et qui joignent celles de la rue des Fossez de M. le Prince. De cette dernière rue elle a le côté droit jusqu'à la rue de l'Observance qu'elle renferme en entier avec tout le Couvent des Cordeliers. Puis après avoir tourné à gauche elle a dans la rue des Cordeliers le même côté gauche jusqu'à la maison d'après l'égout inclusivement au-delà de la rue de Touraine, et du côté droit jusqu'à celle qui est proche la fontaine, et qui fait le coin de la rue du Paon.

De là cette Paroisse passe à la dite rue du Paon qu'elle a tout entière avec son cul-de-sac. Elle a ensuite la rue du Jardinet en finissant à la porte cochere la plus voisine du cul-de-sac de la Cour de Rouen. De la rue du Jardinet, elle passe à la rue Mignon dont elle a les deux côtés. A l'égard de la rue du Battoir qui suit, Saint Côme en a tout le côté droit en entrant par la rue de l'Eperon, et le côté gauche depuis la même entrée jusqu'au premier coin de la rue des Poitevins.

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