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PREMIER DEMEMBREMENT DE LA PAROISSE DE S. LAURENT

Après que le Roi Philippe-Auguste eut fait enfermer dans les nouveaux murs de Paris l'extrémité méridionale du territoire de la Paroisse de Saint Laurent, le besoin où Ton fut de faciliter aux habitans de ce quartier les moyens de s'acquitter des devoirs de PaBoissien, fit penser à former une espèce de succursale audedans de%ces murs, et pour cela, on jetta la vue sur un lieu qui avoit déjà été honoré de la demeure de quelques Saints, et où plusieurs Pèlerins, soit de Rome, soit d'ailleurs, s'étoient autrefois retirés. S. Fiacre, selon quelques-uns, y avoit logé à son arrivée d'Irlande au VII siècle, ainsi que Saint Josse, fils d'un Roi de la petite Bretagne, dans l'une des occasions qu'il eut de passer par Paris vers le même tems. Telle est la tradition fondée Vtta s. judocL en partie sur les actes de ce Saint, qui parlent de ses passages en cette ville. Comme ce lieu se trouvoît être sur la justice et *

censive du Prieuré de Saint Martin des Champs, il y a grande apparence que c'est le même où subsistoit «ncore en l'an 1070 l'Hôpital de Saint Martin, dans lequel demeuroit un Reclus, nommé Jean, occupé à retirer les pauvres, et les pèlerins ç[\i\ Hitt. s, Martini alloient au tombeau de Saint Martin à Tours, le plus fameux àCamp.p.j8. des pèlerinages de la France en ces tems-là. Ce même Hôpital venoit d'être doté de quelques biens par les Chanoines de Saint Martin des Champs de Paris, qui étoient sous la conduite de l'Abbé Engelard, et il le fut encore par le Roi Philippe I.

Environ cent quatre-vingt ans après, c'est-à-dire vers le milieu du XIII siècle, on bâtit à Paris une Chapelle du titre de Saint Josse, dans le lieu de l'Hôpital ci-dessus où Ton croyoit que ce Saint prêtre avoit logé, et cette Chapelle fut une espèce de succursale pour Saint Laurent. Mais dès l'an 1260, on érigea en ibid.,p.4^3. Paroisse cette Succursale en faveur des Paroissiens les plus éloignés de S. Laurent et le Curé de Saint Laurent consentit que cet établissement eût lieu après son décès. Le Prieur de Saint Martin agréa pareillement cette érection, à condition qu'il nommeroit le Curé, de même qu'il nommoit celui de Saint Laurent, et moyennant certaines redevances de la part du nouveau Curé de Saint Josse, tant envers % Curé de Saint Laurent qu'envers le Prieur de Saint Martin.

Cette Cure n'est point marquée dans le Pouillé Parisien du XIII siècle, parce qu'il étoit écrit avant son érection, mais seulement dans celui qui fut rédigé vers Tan 1450. On trouve qu'il y

3o4 EGLISE ET PAROISSE SAINT JOSSE

avoît aussi dans cette Eglise une Chapelle du titre de Saint Reg.Ep.3ApriL Eutrope avec un revenu de seize livres. Dans un Registre de l'an Tab.Ep.inSpir. 1499, Cette Chapelle porte le nom de S. Eutrope et de S. Didier, Propr.de la Par. et de même dans le Fouillé de l'an 1648. Mais ces listes sont peu ^ ■'°**36*/^' exactes, car c'est S. Didier qui est le principal titre. Elle avoit été fondée sous son invocation dès Tan i3o3 par Geoffroy de Fleury, qui donna pour dot une maison sise rue des Prêcheurs. Néanmoins, dans des lettres d'amortissement, qu'on trouve lui avoir été accordées par le Roi Philippe de Valois, étant le 23 Février i338 en l'Abbaye Notre-Dame es Pontoise, il est dit que la fondation est de 25 livres. En 1646 on exposoit à la piété d«s Fidèles dans cette Eglise Paroissiale une partie d'un petit ossement de Saint Josse, qui avoit été tirée dès l'an i2o3 par Thibaud, Evêque d'Amiens, de sa châsse conservée en l'Abbaye de son nom en Picardie, et en 1704 on remit à la même Paroisse la moitié d'un vertèbre du même Saint, qui lui avoit été léguée par Etienne Moreau, Abbé et Comte de S, Josse, décédé Evêque d'Arras l'an 1670, lequel avoit aussi laissé à la même Eglise la somme de mille livres pour aider aux frais d'une châsse.

Du Breul marque qu'on voyoit de son temps, au coin de la rue où est l'Eglise de Saint Josse, une image de S. Fiacre, apparemment par la raison que ce Saint est regardé de tems immémorial Semence comme l'un des patrons de cette Eglise. Dès Tan 1415, le Roi du i9mar8i635 Charles VI avoit permis qu'on y établît une Confrérie sous le nom

de ce Saint, ce que Gérard de Montaigu, Evêque de Paris, avoit

aussi accordé en 141 7. La dévotion avoit augmenté à un tel point

dans le siècle suivant, que dans la permission que TEvêque de

Paris donna en 1 571, de célébrer en cette Eglise les Dimanches et

Fêtes, la première Messe à l'autel de S. Fiacre, il est qualifié

Re§r. Ep. Par, primus ilHus Ecclesiœ patronus, ce qui suppose que les Parois-

.y/ Jui. siens s'étoient servis de cette expression dans leur requête. En 1 67 1 ,

Propr. de Cette Eglise fut enrichie d'un os de l'épine du dos du même Saint,

s. Josse, p. 2H8. donné par Marie, Duchesse d'Aiguillon, laquelle relique lui étoit

venue du Cardinal de Richelieu, son oncle, à qui le Chapitre de Meaux en avoit fait présent en 1627.

L'édifice de l'Eglise de Saint Josse, tel qu'on le voit, est trèsnouveau et fort petit, et mal orienté ; c'est une espèce de Chapelle de forme quarrée.

Les maisons de la rue Aubri-le-Boucheret de la rue Quinquempoit qui touchent à cette Eglise, ne sont pointée la Paroisse : son territoire comprend un quarré formé par Tautre côté de ces deux rues et par la rue S. Martin, plus, trois maisons de la rue Saint Martin, à commencer par celle qui fait l'angle gauche de la rue des Ménétriers, et enfin douze ou treize des maisons qui sont à la

EGLISE DE NOTRE-DAME DE BONNE NOUVELLE 3o5

gauche dans la même rue des Ménétriers, en y entrant par la rue S. Martin et qui forme en tout vingt neuf maisons. Il n'y a aucune Communauté sur ce territoire.

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