DIT DEPUIS DE SAINT ELOY
Des Eglises qui en ont dépendu dans la Cité, sçavoir: Ste Croix, S. Pierre DES Arcis, s. Pierre aux Bœufs; et hors la Cité, sçavoir: Ste Colombe dite S. Bond, et S. Paul.
Le texte de la vie de S. Eloy, écrite par S. Oûen, Evêque de Rouen, son contemporain, donne à entendre que S. Eloy ne fit que réparer et renouveler une Eglise du titre de S. Martial,
OU PRIEURÉ DE SAINT ELOY 3o7
Evêque de Limoges, d'où Ton conclut qu'elle a existé avant lui, et qu'elle étoit déjà ancienne de son temps ; mais on ignore par qui elle pouvoit avoir été construite. S. Eloy qui étoit né auprès de Limoges, et qui avoit eu du Roy Dagobert une belle maison voisine de cette Eglise, conçut le dessein d'en faire un Monastère de Filles. Il est clair que c'étoit sur le terrain du Fisc, d'autant plus que lorsqu'il fut nécessaire d'augmenter les bâtimens du même Monastère, S. Eloy eut besoin d'une nouvelle concession de terrain de la part du Roy. Au reste il falloit que la maison de S. Eloy fût grande, puisque ce Monastère contenoit trois cens Religieuses. Aussi le quarré qu'elle occupoit dans la Cité, et qu'on a appelle depuis la Ceinture de Saint Eioy, s'étendoit-il du midi au Septentrion depuis la rue de la Calendre jusqu'à la rue de la vieille Draperie, et d'occident en orient depuis la rue de la Barillerie jusqu'à la rue aux Fèves ou au Fevre. Si je me sers de ces noms de rues qui n'existoient pas encore, c'est pour me faire entendre. On peut juger en passant combien peu la Cité de Paris étoit peuplée alors, si l'Orfèvre du Roy avoit à lui tant de terrain. Je croy aussi que ce logement d'Eloy n'avoit pu avoir la forme d'un quarré que depuis l'incendie presque général de la Cité arrivé en l'an 586, après lequel temps on put commencer à donner aux rues un nouvel allignement.
Quoique Jonas de Bobio assure que c'étoit la Régie de Saint Colomban qui fut donnée à ce Monastère, d'autres pensent que ce fut plutôt celle de Saint Césaire d'Arles écrite expressément pour des Filles, et pratiquée alors à Sainte-Croix de Poitiers et ailleurs. Mais ne peut-on point dire que les Religieux qui desservoient le Monastère de Saint Martial de Paris, observèrent la Régie de S. Colomban, et les Religieuses celle de S. Césaire ?
On trouve qu'au IX siècle il avoit changé de nom, et qu'on l'appelloit l'Abbaye de S. Eloy. Cela se voit dans un diplôme du Roy Charles le Chauve de l'an 871, par lequel, à la prière d'Engelvin, Evêque de Paris, ce Prince transporte à l'Eglise de Paris tout droit de jurisdiction sur cette Abbaye, ce que Louis le Bègue confirma en l'an 878. Quelquefois aussi on l'appella de Saint-Eloy et de Sainte-Aure, à cause du corps de cette Sainte, première Abbesse du lieu, qui y avoit été rapporté du cimetière de Saint Paul quelques années après sa mort, arrivée en 666.
Cette Communauté étoit dans un grand relâchement au commencement du XII siècle. Il n'y avoit que 66 ans, en 1084, qu'il étoit arrive à Paris un incendie horrible, qui est sans doute cause que nous ne sçavons presque rien sur les Abbesses de ce lieu, et que nous n'en connoissons que deux depuis Ste Aure, sçavoir : Asceline hûl Ecct.Par, dont l'obit est marqué au 9 Février dans le Necrologe de cette ^- ^' ^- ^*^-
3o8 EGLISE ET MONASTERE DE SAINT MARTIAL
GaiiiaChr. Maison écrit au XIII siècle, et Hadvise qui est dite vivante r,vii,coi.28i. gji 1,02. A regard des Religieux ou Prêtres desservans, on sçait
que depuis que TAbbaye fut sous la dépendance de la Cathédrale, ibid.in instrum, ils étoient tenus d'assister aux Processions de cette Eglise, aux col, 43. Rogations et à l'Ascension et de même aux inhumations des Chanoines. De son côté, le Chapitre de Notre-Dame étoit tenu de venir à S. Eloy en Procession le jour de la Fête, et à TEglise Saint Paul pareillement'; c'est à ce sujet qu'il y avoit une Past ou distribution qui se faisoit aux Chanoines d'une certaine quantité de chair de porciou de mouton, de vin et de bled, spécifiée dans une charte de l'an 1107. Ce que je viens de dire des Religieux ou Prêtres desservans et qui est exprimé en latin par Conventus Monasterii, Glosa, cangii pourroit absolument être entendu des Religieuses de chœur du V. moniaiia. Monastcre : il n'étoit pas extraordinaire dans les siècles du moyen âge, de voir les Moniales sortir de leur Cloître, et venir processionnellement dans la Cathédrale de la Ville où elles étoient.
Quoiqu'il en soit, lorsque les Religieuses furent dispersées, et la Maison donnée aux Moines de l'Abbaye des Fossés dite autrement de Saint Maur, pour y demeurer, Galon, Evêque de Paris, les engagea aux mêmes devoirs envers sa Cathédrale, dont les Dames de S. Eloy s'étoient acquittées. Les chartes concernant ce changement sont de l'an 11 07 : ensorte que le Chapitre de Paris fut depuis ce temps-là avec les Religieux de Saint Eloy le jour de Fête de ce Saint, comme on le voit encore de nos jours avec ceux Procets. Parif. de Saint Martin des Champs le jour de là "S; Martin d'été. Les A/ss. mêmes Religieux de Saint Eloy étoient aussi tenus de venir faire iiiTent.Spir.de à la Cathédrale leur semaine de Grand'Messe, et le Chapitre les rEvéché, f. 187. poursuivît encore en i53i pour s'acquitter de ce devoir.
Quelques écrivains assurent que, dès le commencement du X siècle, l'Eglise de l'Abbaye de Saint Eloy avoit souffert un démembrement, qu'une partie qui en fut détachée, porta le nom de S. Martial, nom primitif du Monastère, et qu'entre cette Eglise et celle de Saint Eloy où les Dames faisoient l'Office, il se forma un passage public. Ce fut delà que put provenir l'origine du dérangement de cette Communauté, aussi bien que des guerres des Normans qui finirent vers ce tems-là. On peut aussi croire que ce fut peu de tems après l'introduction des Moines de S. Maur à S. Eloy, que la portion de l'Eglise qualifiée du nom de S. Martial devint Paroisse ; il est vrai qu'en 1 195, l'Evêque Maurice de Sully ne la qualifie que de Chapelle ; mais il est également vrai qu'alors quelquefois Capella signifioit la même chose que Parochia, et qu'un Curé étoit quelquefois appelle Capellanus; souvent aussi il étoit qualifié simplement Presbyter ou Sacerdos. Ainsi en est-il de S. Martial suivant des lettres de Philippe-Auguste de l'an 1 191,
ou PRIEURE DE SAINT ELOY 309
OÙ le Curé et le Vicaire de la même Eglise paroissent désignés Tab. s. EUgU en ces termes : Ivo S, Mari ta lis SacerdoSy et Ivo Capellanus ejus. ^°"*»"» "• '-
Ge que Ton peut dire de certain touchant cette Eglise de Saint Martial, est qu^elle eut la primauté sur toutes les Eglises dont le Monastère de Saint Eloy occasionna la construction dans la Cité, et qui furent érigées en Paroisses lorsque la Cathédrale cessa d'en servir à toute la Cité, ce qui paroît avoir commencé sous le règne de Louis le Gros. La mauvaise gestion des deniers quL arriva quand on voulut la rebâtir en conséquence de la Lotterieque le Roy avoit accordé vers Tan 171 5, a été cause qu'on Ta abbattue et que les Paroissiens ont été attribués à TEglise de Saint Pierre des Arcis.
On ne voit presque point d'anciennes Abbayes dans la première race de nos Rois, qui n'eussent, outre la principale Eglise, des Oratoires détachés, et dispersés en différens lieux de l'enclos. Ainsi il est très-vraisemblable que les Eglises de SAINTE CROIX DE LA CITÉ et de SAINT PIERRE DES ARCIS, doivent leur commencement à la dévotion de S. Eloy, ou de quelque Abbesse du Monastère de son nom.
Lorsqu'après l'incendie de Paris de Tan io34, on travailla à •
réparer les bâtimens et à former de nouvelles rues et de nouveaux allignemens, ces deux Oratoires furent rebâtis dans le voisinage de l'ancienne clôture. Les Religieuses qui avoient cessé d'avoir un enclos aussi étendu qu'il avoit été auparavant, permirent qu'on bâtit sur leur fond des maisons dont les habitans furent attribués aux trois Paroisses nouvellement créées. Il est probable que cette érection avoit été faite vers le tems auquel les Religieuses furent chassées du Monastère, circonstance qui donnoit plus de liberté d'agir. Aussi ces trois Eglises sont-elles nommées dans une Bulle du Pape Innocent II, de l'an 1 136, comme appartenantes au Monastère de Saint Èloy. Je parlerai ci-après plus au long des deux dernières.
Les Religieux de l'Abbaye de Saint Maur ayant été introduits dans le Monastère de S. Eloy réduit en Prieuré, y portèrent leurs usages et leur Calendrier, où ils insérèrent les Saints particuliers de l'ancienne Abbaye et ses dépendances. Les ..anciens livres de la maison font foi qu'ils y célébroient la Dédicace de l'Eglise de S. Eloy, le i3 Juillet. Ils y sont restés jusques vers l'an i53o, que ce Prieuré fut réuni à TEvêché de Paris, avec l'Abbaye dont il dépendoit. Depuis ce tems-là l'Office fut célébré par cinq ou six Qaitunce Prêtres séculiers qui étoient payés par l'Evêque de Paris, jusqu'à de 1548. ce qu'en 1629, sou« l'épiscopat de M. Jean-François de Gondi, cette Eglise qui tomboit en ruine fut accordée aux Barnabites qui s'engagèrent de la rebâtir. Ils y travaillèrent vers l'an 1640, et renvoyèrent alors la confrérie des Maréchaux, qui reconnoissoit S. Eloy pour son patron.
3lO EGLISE ET MONASTERE DE SAINT MARTIAL
invent.F. t86. Il y avoit eu dans l'ancienne Eglise une Chapelle fondée
en i339, par Guillaume de Vanves et Sanceline, sa femme, en rhonneur de S. Jacques et de S. Maur, et à laquelle Guillaume Tab. s. Eiig. Ccrveau, Elu des Aides, fit du bien en 1417. Par la suite, le Prieur Martin Fumée y fit construire trois autres autels, dont Etienne, Evêque de Seez, fit la bénédiction, le 24 Juin 1489, en y /nyfff/. F. 7^7. plaçant des reliques tirées des châsses du Couvent. En 1409,
Hugues MoHn, Doyen de la Collégiale de Linas, avoit fait une Tab. S. Eiig. fondation à Tautel de Ste Aure, placé derrière le grand autel, auquel lieu il avoit demandé d'être inhumé.
On y conserve beaucoup de reliques, dont les principales sont celles de Ste Aure, avec quelques-unes de S. Eloy. M. Piganiol s'est trompé, quand il a écrit qu'on y montroit dans la sacristie le Pseautier de Ste Aure. Le volume à qui l'on donne ce nom est un livre des quatre Evangiles, écrit environ le règne de Charles le Simple, avec une liste des stations des Eglises de Rome. Ce qui y reste de plus ancien dans la Bibliothèque, sont plusieurs livres d'Office à l'usage des Moines du lieu, écrits au XIII et XIV siècle. Quant aux bâtimens, il n'en est resté d'ancien qu'une tour qui sert de clocher^ laquelle est fort basse, ayant été bâtie vers l'an 1 200, lorsque les maisons des environs n'étoient qu'à un ou deux étages au plus. On voyoit encore en 1447, proche ce Monastère, en la rue de la Savaterie, une masure qu'on disoit être des restes du four de Madame Ste Aure, et dont il est parlé dans sa vie.
Le voisinage du Palais engagea dans ce siécle-ci les Avocats à choisir cette Eglise pour y entendre la Messe après la fin des Plai- Reg. Archiep, doiries. M.' le Cardinal de Noailles permit, le 23 Avril 1721, qu'on y célébrât en leur faveur une Messe basse à midi.
Ce monastère de S. Eloy ayant été autrefois célèbre, il m'a paru qu'un Catalogue des Prieurs qui l'ont gouverné n'étoit point ici de trop, d'autant plus que celui qui est dans le Gallia Christiana, n'est pour ainsi dire qu'ébauché.
Rainaud paroît avoir été le premier Prieur. Etant Joint à
Thibaud, Abbé des Fossez, il obtint du Roi Louis VI, en l'an
Tab. s. Eiig, 1 1 14, un privilège pour les maisons bâties sur le terrain qui avoit
in Tab. Ep. Par. formé l'ancien enclos du Monastère. On conserve à la Bibliothèque
du Roi un volume de Commentaires sur le Pentateuque, Josué et les Juges, qui est de caractère du XII siècle, et dont le titre écrit de la même main porte ces mots : Incipit Prologus Rainaldi Prioris S, Eligii Parisiensis in quinque libros Moysi factus ad carum suum Johannem Notarium, Gaii.chr. Samson fut le second Prieur. Il Tétoit en 1140. Après sa mort T. vu, col. 28. le Prieur Isembard fit prier pour lui. NecroL S. Eiig. h AYMON étoit Prieur en 1 1 70.
ou PRIEURÉ DE SAINT JÉLOI 3 1 I
IsEMBARD en 1 187, et ensuite il devint Abbé des Fossez. H. en 1210. Il obtint alors pour l'Abbaye de S. Maur des Reg. du Tr. Fossez une grange située proche S. Paul. dc8Chart.n.3i.
Ansel fut Prieur entre 1210 et 12 14, du vivant de Radulf, Abbé de S. Maur.
Gaucher a été Prieur vers ces tems-là. Il peut être le même qui Necroi. s, EUg, siégeoit en 1227, dont le Gallia Christiana ne met que la lettre "• ^^^' initiale du nom G, à moins que ce ne soit le suivant.
Geoffroy, Prieur, amortit en 1243 et 1244 une rente à l'Abbaye de Val profonde, sur une maison rue de Veteri-moneta.
J. étoit Prieur en 1259. Il est peut être le même que Jean chartui. de Bray, Prieur en 1273 et en 1276. Ce qui prouve cependant 1"^^^^' qu'ils sont différens, est que dans un acte de 1269, l'Abbé de S. Maur dit qu'en cette année il n'y avoit pas de Prieur.
Hervé, mort le 27 Novembre. Necr,s,Eiig.
Adam, décédé vers la fin du XIII siècle,, le 25 Juin. ibid.
Adam de Fontaines, auparavant Sacriste de S. Maur. On a de lui des baux de i3o7 et i3i8. Il mourut le 7 Juillet; on ignore md. l'année.
Jean de Boolay est nommé Prieur dans un Bail de l'an i323, et en d'autres titres des trois années suivantes. Il fonda un sacristain en son Monastère l'an i334, fit écrire en i335, i336 et 1342 plusieurs livres d'Eglise, que l'on conserve encore. Il mourut le premier Février : le Necrologe ne dit point en quelle année.
Pierre Greele est connu par un concordat qu'il fit en i353 Chartui.s.Eiig. avec le Sacriste de S. Maur. Dans un Bail du 17 Avril i354, /• -^7il prend le titre de Chapelain du Saint Siège de Rome.
Pierre Berseure, ou Bresseure, ou Bersuyre (car les titres varient sur ce nom), natif du Poitou, paroît avoir été d'abord Religieux à Coulombs, Diocèse de Chartres, où il eut quelques mauvaises affaires, au sujet desquelles le Chambrier, nommé Pierre Gresle, le poursuivoit en Parlement en 1354: mais ils se Uaste mirent en arbitrage le 14 Mars. On le trouve qualifié Prieur ^* Concordais de S. Eloy en des actes de la même année et des suivantes. Il acheta en i36i de Hugues de la Vergne, Ecuyer, de la Paroisse de Puy de Serre, au Diocèse de Maillezais, une maison à Paris, rue des Murs, près la porte Saint Victor, dans la censive du Chapitre de Paris, touchant par derrière aux murs de la ville ; on voit qu'il y avoit autrefois fait sa demeure, et depuis lui Jean Mamenart, Curé de Saint Paul, qui y étoit décédé. Il fut l'un des célèbres écrivains sous le règne du Roi Jean. Ce Prince l'employa à plusieurs traductions. Il est aussi auteur d'un Reductorium morale^ ouvrage immense, qui a été imprimé, et à l'occasion duquel son nom a été rendu en latin par Petrus Berchorius.
3l^ EGLISE ET MONASTERE DE SAINT MARTIAL
Il mourut en i362, et fut inhumé dans l'Eglise du Prieuré. Il Sauvai. T. I, resteroit à trouver sur quoi sont fondées les imputations qu'on
p. 3q9 et 5 10. iji jgj^g Sauvai, que ce sçavant homme avoit été enfermé à
Saint Victor dans une tour où l'on mettoit ceux qui méritoient la correction. Cette tradition auroit pu venir de ce qu'on auroit mal pris sa retraite en sa maison rue des Murs, près la porte Saint Victor. Il étoit oncle du Prieur suivant. Sauvai dit au même endroit, que plusieurs personnes ont écrit la vie de ce Prieur : cependant on ne la trouve nulle part.
Pierre Philippeau, issu de Guillaume Philippeau et de Lorence Bersure, succéda au précédent. Il étoit Prieur dès le 20 Sep-
cod. \fs. Eiig. tembre i362. En iSji, il présenta à la Cure de Saint Pierre des
Ex Apographo Arsis. En 1 391, il fit écrire de nouveau leCartulaire de la maison. f«/o. Il étoit en différend l'an 1400 avec Gui de Chastillon, Abbé de S. Maur, touchant la jurisdiction. De son tems le Couvent refusa Re^, Pari. la visite de l'Evêque de Paris, et depuis il transigea l'an 1394, 6 Apr. i388, promettant de payer quarante sols pour ce droit. En 1402, le 23 Janvier, ce Prieur fit un testament avec la permission du Pape Clément VII. Par cet acte il fonda des Messes pour ses parens et entr'autres pour Pierre Bersure, son oncle et son prédécesseur. Guillaume de Corbxgny. On trouve dès l'an 1406 des actes qui lui donnent le titre de Prieur de Saint Eloy. Le plus mémorable est celui par lequel il accepta le 12 Janvier les fondations que Pierre Bidaut, Grand Prieur de Saint Denis, Docteur en Décret, avoit faites à Saint Eloy, avant que d'embrasser l'état monastique. Le fondateur, mû de dévotion envers S. Germain, Evêque d'Auxerre, S. Agnan, Evêque d'Orléans, et S. Ninien, Evêque de Voiten en Ecosse, dont les images étoient placées en l'Eglise de ce Prieuré, et qu'il qualifie tous trois Evêques-Moines, laissa des vignes à Vitry, et depuis des rentes, pour augmenter le degré de la Fête de ces Saints, et établir une Station devant leurs images les 3i Juillet, 17 Novembre et 17 Septembre. Guillaume détacha en 1420 une rente de sa mense, et l'attribua au Couvent pour engager les Religieux à dire le De profundis après les Grâces du souper, pour avoir de quoi les chauffer durant le Carême, et pour augmenter leur Pitance le jour de S. Germain de Paris, à cause qu'il avoit été nourri dans le faubourg du nom de ce Saint. Ce fut aussi lui qui fit faire la châsse d'argent, dans laquelle fut
viedeS. Aure. transféré, le 3 Avril 142 1, le corps de Ste Aure, qui étoit aupa^
ravant dans une châsse de bois. Il fit la. même chose à l'égard des autres reliques de l'Eglise. En 1428, l'Evêque d'Albane, Pénitencier du Pape Martin V, lui envoya un Mandat pour veiller sur les mœurs des Religieux de Saint Germain des Prez. Le dernier acte où je le trouve est de l'an 1431.
EGLISE ET PAROISSE SAINTE CROIX 3l3
Michel de la Houssiere porte le titre de Prieur, en des actes depuis 1441 jusqu'en 1448.
Jean le Munier, qui d'abbé de Saint Maur étoit devenu Evêque de Meaux en 1447, fut fait peu de temps après Administrateur perpétuel du Prieuré de Saint Eloy, et Jean Larchier fut Prieur claustral. Cet Evêque mourut en 1458.
Le chemin étant ouvert aux Administrateurs perpétuels, ou Prieurs Commendataires, on vit plusieurs Prélats le devenir consécutivement de ce Prieuré, tels que:
Jean le Denoys, Evêque du Mans, mort en 1462.
Jean Balue, Evêque d'Evreux, Tétoit en 1466.
Jacques de Caulers, Archevêque d'Embrun, l'étoit en 1480. * Durant l'administration temporelle de ces trois Evêques jusqu'en 1481, Thomas Berthe et Henri Benne administrèrent le Spirituel: leur mort est dans le Nécrologe du lieu au 6 Décembre et 16 Mai.
MARTIN Fumée, Religieux, leur succéda. Il gouvernoit le tout lui seul en 1488.
Jean de Fontenay, Religieux, Professeur en Théologie, frère de vie de s. Aure, Philippe, Evêque de Nevers. Il mourut en i5o5 le 21 Juin, et fut p«rQnetif. inhumé proche le grand autel. Il avoit obtenu de Rome des * ^ '***** Lettres d'excommunication pour obliger de déclarer les acquisi- jvecro/. s. EUg. tions faites sur la censive. Le Parlement le força de s'en désister. Reg. Pari.
Imbert de la Platiere, de la maison des Bordes près Nevers, '^ ^p^- '^00, succéda à Dom de Fontenay, son oncle, et fut Prieur Commendataire, puis Evêque de Nevers. Un acte dii 10 Juillet i5o8, le qualifie élu Evêque.
François de Cleves eut ce Prieuré par résignation du précédent en i5i4. Il continuoit d'être Prieur en i525. Il mourut en i545, mais il n'étoitplus Prieur, puisque Ton trouve Martin Hennequin, Prieur Commendataire en 1529, i53o, jusqu'en iSSj. Hennequin étoit Conseiller au Parlement de Rouen.
Depuis ce tems-là les Evêques et Archevêques de Paris ont joui de ce Prieuré.