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DE L'EGLISE SAINTE CROIX DE LA CITÉ

Je mets cette Eglise la première après celle de Saint Martial ou de S. Eloy, à cause de la noblesse du titre, que je croi venir de quelque fragment du bois de la vraie Croix, que S. Eloy qui a travaillé à tant de tombeaux des Saints, aura obtenu, et dont il

aura enrichi l'un des Oratoires renfermés dans Tenclos ou ceinture de son Monastère.

Si Malingre est le premier qui a écrit que cette Eglise a succédé à une Chapelle du titre de S. Hildevert, Evêque de Meaux, il est sûr qu'il a jette dans l'erreur tous ceux qui l'ont suivi, parce que l'Eglise de Sainte-Croix étoit déjà bâtie l'an ii36 et que le culte du saint Evêque de Meaux n'a pu commencer à Paris que sur la fin du même siècle, lorsque ses reliques passèrent par cette ville. On peut croire qu'alors elles furent déposées dans cette Eglise, qui commença à cette occasion à le regarder comme son second patron. Maurice de Sully, Evêque de Paris, confirmant à l'Abbé des Fossez ses nominations l'an i igS, ne la qualifie que du titre de Chapelle de Sainte-Croix. Dans le Pouillé de Paris rédigé au XIII siècle, elle est dite Ecclesia S. Crucis de donatione Prioris S. Eligii. Dans celui du XV Curatus S. Crucis xiij libras, avec une Chapelle de S. Jean-Baptiste fondée à l'autel Notre Dame, à la présentation de Jean le Barois, et qui doit être différente de celle qui en iSqi étoit à la nomination du Prieur de Saint Eloy, suivant l'Inventaire de ce Prieuré. On ne voit plus dans cette Eglise aucuns vestiges du bâtiment qui a subsisté durant le XII, XIII et XIV siècles. En 1450, on commença à bâtir le chœur et une partie de la nef. «Le tout fut fini en 1529. Dès l'an i5ii, l'Evêque de Megare en fit le Dédicace le premier Dimanche de Septembre, et y consacra trois autels, dont le principal étoit sous le titre de la Croix, de Notre-Dame de Pitié et de Saint Hildevert. C'est le premier monument qui fait mention de ce Saint par rapport à cette Eglise. Mais la liaison qu'il y a de la fête de la Croix avec d'autres fêtes établies dans le Tab. Ep. siècle précédent, y a voit fait ériger dès Tan 1498 une Confrérie

26 Jan. i4g8. g^ l'honneur des Cinq plaies et de Notre-Dame de pitié : on croit

que c'est la première Eglise de Paris où cette dévotion fut admise. Les deux Fêtes qui portent ces noms dans le Bréviaire du Diocèse n'ont été admises dans la Cathédrale que par le moyen de deux fondations qui sont du XVI siècle, la première en i539 et la seconde en 1579.

Les anciens titres ont qualifié cette Eglise simplement du nom de Sainte-Croix. Il n'étoit pas besoin, en effet, d'y ajouter un distinctif, avant qu'il y eût dans Paris une seconde Eglise appellée Sainte-Croix, qui est celle de la Bretonnerie. Un Jean Boileau, issu d'une très-ancienne famille de Paris, en étoit Curé en 1455. François Landri qui l'étoit en i543, ayant donné des marques publiques de son penchant pour les opinions des Novateurs

Tab. Ep. Par, d'alors, les désavoua par une déclaration qu'il donna le 29 Avril in Spirit, jg j^ même année dans l'Eglise Notre-Dame. Dans le dernier

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siècle, Pierre Danet, auteur de deux Dictionnaires fort connus, a été long-tems Curé de Sainte-Croix.

Le territoire de cette Paroisse comprend tout le quarré ou continent où l'Eglise est bâtie, duquel continent les quatre faces sont la rue Ste Croix, la rue de la Vieille-Draperie, la rue de la Lanterne et la rue Gervais-Laurent. Outre cela elle renferme le côté de la même rue Gervais-Laurent adossé à la rue de la Pelleterie, et le reste de la même rue Gervais-Laurent avec la ruelle située au chevet de Saint Pierre jusqu'à l'angle du tournant ; puis, dans la rue de la Vieille-Draperie les maisons qui répondent à ce tournant jusqu'au coin de la rue Ste Croix qui en est tout entière. Cette Paroisse a de plus les deux coins de la rue aux Fèves avec trois ou quatre maisons jointes à celles de ces deux coins et situées dans la rue de la Vieille-Draperie et de ladite rue aux Fèves.

Cette Eglise est l'une de' celles qui sont émanées du Prieuré de Saint Eloy, et sur l'origine desquelles Tabbé Chastelain a pensé le plus juste. Il a cru que le mot de Arctsits usité dans les bas siècles est un abrégé dé celui de ArcisteriiSy et non pas qu'elle ait été une Eglise pour les Marchands de Syrie établis à Paris, comme le croyoit M. de Launoy, qui pour appuyer son sentiment disoit que du mot Syriis on avoit fait Assyriis, et d'Assyriis le mot françois Arsis. D'autres ont pensé que ce mot d'Arsis pouvoit avoir allusion à quelque incendie, d'autant plus que dans une Bulle d'Innocent II, de l'an 1 1 36, il y a S. Pétri de Arsionibus. Il est beaucoup plus probable que cette Eglise ou Chapelle ayant été une dépendance de l'Abbaye de Saint Eloy (sur le terrain de laquelle elle fut construite), on lui donna pour la distinguer des autres Eglises de Saint Pierre, le surnom des Arcis, par allusion à l'usage auquel elle avoit servi, soit à l'égard des malades ou des domestiques de l'Abbaye de Saint Eloy et peut-être même aussi par la suite à l'égard de ceux de l'Abbaye de S. Barthelemi. Arcisterium, Archisterium, Asceterium, Monasterium, ont été autrefois des termes synonymes : comme cette Eglise étoit voisine de deux Monastères, elle aura pris son nom de là ; mais il ne faut pas croire avec M. de Valois que le nom d'Arcis soit employé pour Dict. de Ménage celui d'Ardens ou brûlés. »« «"o^ d^ArcU,

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Cette Eglise n'est qualifiée que du titre de Chapelle dans les lettres de Maurice, Evêque de Paris, qui en confirment la jouissance à TAbbaye de Saint Maur, Tan iigS. Le Fouillé de Paris, écrit vers Tan 1220, l'appelle Ecclesia S, Pétri de Arsiss,, et la met à la nomination du Prieur de Saint Eloy, ce qui est suivi par celui du XV siècle, où Ton voit que l'ancien revenu étoit de quinze livres. Ce dernier manuscrit la surnomme de ArcesiiSy et ajoute qu'il y a une Chapellenie de vingt livres de rente en la Chapelle de Saint Jean-Baptiste fondée par les exécuteurs du testament de Raoul de Pacy, laquelle est à la collation de l'Evêque de plein Sauvai, T. iii, droît. Un Raoul de Pacy vivoit en 121 2. Il y avoit aussi en i4o3, P' ^^ dans la même Eglise, une Chapelle de S. Sauveur à laquelle Tab. Spir. Ep, nomma Jeanne Lescripvaine, veuve de Pierre des Voisins. Cette Gaii. chr. Eglise ayant été rebâtie vers ce temps, fut dédiée le 4 Mai 1424, T. VII, col. 145. pg^ jgg^i^ jg Nant, Evêque de Paris. Il ne paroît y rester de l'Eglise précédente que quelques piliers et arcades de la Chapelle du fond de l'aîle méridionale.

En i522, l'Abbaye de S. Magloire vendit une petite portion du Tab. s. Magi. terrain de son Prieuré de Saint Barthelemi pour la construction Draper, n. 24- d'une Chapelle ou Sacristie qu'on vouloit faire à Saint Pierre. Ce

pourroit être la même Chapelle qui passoit en 1574 pour nouvellement construite en l'honneur de la Sainte Vierge et de Sainte R'e^' Ep. Catherine, et qui fut bénie cette année-là par Aymar Hennequin, Evêque de Rennes, suivant la permission du i3 Août. En 1437, le Hist.Vniv,Par. Curé de cette Paroisse étoit un célèbre Théologien nommé Guillaume Evrard. Jacques Menard, Professeur en Théologie, l'étoit en 1573.

Le portique que Ton voit à cette Eglise n'est que du commencement de ce siècle. Vers l'an 1720, les Paroissiens de S. Martial ont été, comme je l'ai déjà dit, réunis à cette Paroisse.

Voici l'étendue et la situation des maisons de cette Paroisse, comprises celles qui lui viennent de Saint Martial. Elle a depuis l'Eglise, en allant au Palais, celles de la rue de la vieille Draperie, tant à droite qu'à gauche, excepté celle qui fait le coin de cette rue et de la rue de S. Barthelemi. De l'autre côté, en allant à la Magdelene, elle a environ la moitié des maisons situées entre le coin proche l'Eglise et le coin de la rue Ste Croix, et autant dans l'autre côté de la rue de la Draperie, jusqu'aux maisons appartenantes à Sainte Croix et décrites ci-dessus, à l'article de Sainte Croix.

Elle a, de plus, le coin qui fait l'entrée de la Cour de S. Eloy, et elle s'attribue les habitans qui ont l'entrée de leurs maisons par cette Cour, quoique leurs boutiques soient dans la rue de la Barillerie. Outre cela Saint Pierre a toutes les cinq branches de la rue

EGLISE DE SAINT PIERRE AUX BŒUFS Si/

de la Savaterie, dite à présent de Saint Eloy, avec le cul-de-sac de

S. Martial, ensorte qu^il ne faut en excepter que quelques maisons à

droite et à gauche, en y entrant par la rue de la Calendre, lesquelles

sont de S. Germain. Son terrain pénétrant par derrière Pancienne

Eglise de Saint Martial, renferme encore quelques maisons situées

environ dans le milieu de la rue aux Fèves, tant à droite qu*à

gauche, et, perçant les mêmes maisons bâties dans le côté de la rue

de la Juiverie, il s^étend jusques dans cette rue où il a cinq ou six

maisons placées entre celles de S. Germain le Vieux et celle de la

Magdelene, du nombre desquelles sont celles où Ton voyoit, il n'y

a pas encore long-tems, un passage qui, dans quelques plans de oans Piganioi.

Paris assez nouveaux, est appelle la rue du Four Basset,

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