S &. — LA PLANTATION DU MAI
Cette cérémonie était ainsi appelée , parce qu'elle se célébrait au mois de mai de chaque année. Le jour fixé pour la cérémonie^ on plantait à l'entrée du château^ près du glacis, un mftt nommé Mal, Le maire , en costume officiel , et précédé d'un valet de ville , faisait placer au bout d'une perche une couronne de fleurs avec laquelle on touchait trois fois récusson de France, — il n'était ni rai-parlie ni accolé de Bretagne, — sculpté au-dessus de la porte du ravelin, après quoi l'on mettait au bout du màt une couronne d'où pendaient des oranges oflertes en prix à ceux qui se les disputaient.
Un procès- verbal de la communauté du mois de mai ^56 nous donne, sur celte cérémonie et sur la revue militaire dont' elle fut précédée , les détails suivants :
Le 46 mai^ à quatre heures de Taprès-midi , la milice bourgeoise prit les armes avec rautorisatioD de M. le due d'Aiguillon , alors à Brest ^ pour qu'elle fût passée en revue par M. le comte de Gonidec, commandant de la ville et du château, et qu'elle prêtât entre ses mains ^ conformément à Tusage immémorial , le serment de fidélité au Roi. Le maire, en sa qualité de colonel , envoya deux compagnies à Thôlelde-ville d*où elles revinrent escortant un héraut qui portait une couronne de fleurs sur une hallebarde. A l'arrivée du héraut sur le glacis , le maire ^ en hausse col , et armé d'un esponton, prit la tête du détachement. Entré dans le ch&teaa, tambours battants et enseignes déployées, il pria le due d'Aiguillon de recevoir de lui, au nom de tous les habitant», le serment de fidélité au Roi et de soumission à ses ordres. Du haut d'une des tours , le duc vit la revue de la milice qui déûla devant M. le comte de Gonidec, après que les six oranges suspendues à la couronne eurent été emportées de belle giccrre.
Ce fui la dernière fois qu'eut lieu la plantation du mai , le duc de Penthièvre ayant adhéré à sa suppression , demandée le 17 décembre 4756 et le 30 avril 4757 par la communauté , afin d'empêcher de se reproduire les accidents qui arrivaient trop fréquemment quand les jeunes gens montaient au mût. La communauté aurait voulu qu'on eût substitué à cet usage celui du papegaut qu'avait institué Charles IX {Appendice, g 7), et dont il avait, disait-elle, pris la place sans qu'aucun titre justifiât ce changement, ce qui impliquait dans sa pensée que la plantation du mai n'aurait eu ni l'origine ni la cause que lui attribuait Frézier. Des deux parties de la cérémonie, une seple toutefois fut supprimée , la plantation du mai ; le duc de Penthièvre maintint la revue, où l'on continua de rendre hommage au Roi.