LE C09IBAT DE LA CORDELIÈRE
(Voir p. 52.)
Portzmoguer, capitaine breton , était né dans le Bas-Léon. Son nom , plus ou moins mutilé par Alain Bouch2u*d et ses copistes , a été transformé par eux en Primoguer, Primauguet , Primauguay, Primaudet , Portemoguer, etc.
r/cst avec une rare sagacité que M. A. Jal, historiographe de la marine , a retracé les diverses circonstances du combat de la Cordelière dans le curieux travail qu'il a publié sous le litre de Marie la Cordelière (XVI® siècle). Étiide pour une histoire de la Marine française. Extrait des Annales maritimes et coloni<iles. Décembre <8-J4. Paris, Imp. roy. ^845 , in-S"" de 50 p. Ce travail a été complété par la lettre insérée dans les Annales maritimes de -1845, t. 90. Ces deux travaux, dont notre article Portzmoguer de \di Biographie bretonne {{, IF, p. 648-630) n'est qu'une analyse, ont restitué sa véritable physionomie au combat du 40 août 4542, défiguré jusqu'alors, en déterminant la force probable des deux armées, la date et les circonstances de Tuction, les noms des deux héros et de leurs vaisseaux, etc., etc.
Toutes les péripéties de ce combat ont fourni à Germain Brice, le sujet d'un poème latin , traduit par Pierre Choque. L'original et la traduction ont été reproduits de dos jours : le premier par M. A. Guichon de Grandpont {Nouvelles Annales delà Marine française. Mars 1855); la seconde, parM. A. Jal, dans son étude intitulée : Marie la Cordelière.
Un autre poète du moyen âge , Humbert de Montmoret, contemporain , comme Brice , des faits qu'il raconte , les a également célébrés dans un poème latin. La poésie moderne a voulu , à son tour, payer son tribut d'admiration à Hervé de Porlzmogucr. Elle a eu pour interprète M. A. Guichon de Grandpont, dans une ode latine {Gloriœ navales, p. 20-23). Enfin , la peinture a retracé Tépisode le plus saillant du combat de la Cordelière et de la Revente, M. Gilbert, de Brest, Tun de nos meilleurs peintres de marine, s'en est chargé en exécutant le tableau que possède aujourd'hui la Société d'Émulation de Brest.
S 7. --. LE PAPEGADT.
(Voir p. 39.)
Le papegauty papegauU^ papegay^ etc., de l'italien jOûf;?agaUo^ perroquet^ était un simulacre de bois ou de carton, leprésentant le plus souvent un perroquet garni d*une plaque de fer, placé à rcxlrémité d'une longue perche, et servant de €ible àceux qui s'exerçaient à tirer de l'arc ou de l'arquebuse. Gei amusement, imaginé dans le but de former de bons tireurs ^pfarc ou à l'arquebuse, conférait au vainqueur, ou Roi ffi Varquebuse , certains privilèges ou immunités.
Le papc^aut concédé par Henri II fut confirmé par lettres de Charles IX, datées de Bordeaux au mois d'avril ^565. Il y e»t dit que la quantité de vin que les vainqueurs avaient le droit de vendre , ne pouvant se débiter entièrement dans la ville de Brest, e'est-à-dire dans le château, a ils en pourroient vendre une partie ès-faulxbourgs du dit Brest et Sainte- Catherine lez-Brest aux mesmes exemptions, i»
Par de nouvelles lettres de confirmation , délivrées à Metz le 4 avril 4569 , enregistrées à la Chambre des comptes de Nantes , le \^^ juillet suivant , Charles IX prescrivit à celte chambre de vérifier et enregistrer les lettres de \ 565 que les impétrants avaient omis de soumettre à sa vérification , sans qu'ils pussent être obligés à payer aucune finance pour le temps écoulé depuis -1565.
Henri IV, par ses lettres du mois d'octobre 4601 , enregistrées à la Chambre des comptes, le 27 novembre suivant, ratifia de nouveau les privilèges et immunités attachés à rétablissement du papegaut. Cette institution, qui avait eu son utilité alors qu'en l'absence d'une armée régulière et permanente , elle servait à former des soldats , était tombée en désuétude ou même abrogée en beaucoup d'endroits sous
le règne de Louis XIV, en raison des accidents dont elle était bien souvent Toccasion , mais plus réellement peut-être en raison de l'ombrage qu'elle causait au pouvoir royal , peu jaloux d'entretenir, parmi les populations, des habitudes dont elles auraient pu se faire éventuellement un moyen d'action contre lui. Aussi, quand le rétablissement du papegautfut demandé , ce monarque se refusa-t-il à l'accorder, et ce fut inutilement que la ville revint plusieurs fois à la charge. La guerre de sept ans devint pour la communauté de Brest une occasion d'en demander de nouveau le rétablissement. Oa était au début de la guerre. La marine et la guerre prenaient, avec activité toutes les mesures propres à prévenir ou të'' repousser une attaque des Anglais. Voulant y concourir dans sa sphère d'action, la communauté exposa , lé 22 avril nsi, que le papegaut était indi.<()ensable à Brest , seule ville de la province où il n'en existait pas , ce qui était cause que la milice y était moins exercée que partout ailleurs au maniement des armes. Cette demande n'ayant pas été plus accueillie que celle d'une allocation de 600 livres pour achat de poudre et de balles que l'on aurait employées a tirer au blanc , la communauté revint à la charge , mais toujours sans plus de succès, pour que le papegaut fut substitué à la plantation da mai qui, disait-elle, avait pris sa place sans qu'aucun titre eût justifié ce changement.