‹ Histoire de la ville et du port de BrestChapitre 9 sur 59 · I.— I/ancienne coutume de faire élection et création · texte numérisé non relu

I.— I/ancienne coutume de faire élection et création

d'un nouveau maire en la dite ville de Brest, de trois

*ns en trois ans , sera continuée et inviolablement

ê'^rdée et observée à l'avenir pour le maintien et

Conservation des honneurs et privilèges des dits habi-

'^nts.

II.— Et pour y parvenir, au bout de trois ans, scavoir : î^^ premier dimanche du mois de décembre, tous les Viourgeois et habitants des dites villes de Brest et de ïlccouvrance se trouveront à la grand'messe paroissiale qui sera dite et célébrée le dit jour en l'église des Sept- Saints, au nom du Saint-Esprit, afin que l'élection puisse être assistée de ses saintes aspirations , et , à l'endroit du prosne , députeront deux des principaux d'entre eux vers monseigneur le gouverneur, pour le supplier de leur permettre de faire élection d'un nouveau maire , suivant les privilèges qu'il a plu à Sa Majesté et aux Roys ses prédécesseurs leur octroyer, et de vouloir honorer la compagnie de sa présence , ou députer tel qu'il lui plaira pour assister à la dite élection , sous l'autorité du Roy et la sienne.

m. — Le dit sieur gouverneur ou son délégué arrivé en l'église avec les dits députés , l'on commencera à procéder à la dite élection, et seront les voix et suffrages d'un chacun des habitants recueillis par l'un d'entre eux qui sera nommé à cette fin ; lequel hautement et publiquement les recevra et écrira en présence du dit sieur ou de son délégué , et celui qui aura le plus de voix sera tenu pour élu , toutefois sous le bon plaisir

du (lit sieur gouverneur , lequel présent , lui se:^"^ demandé s'il a la dite élection pour agréable, et s^-i* n'y a que son délégué , à l'issue de la messe , le vieim- ^ maire , avec quatre des principaux habitants , iront a * château trouver le dit sieur gouverneur à cette fin.

IV. — La dite élection aprouvée du dit sieur gou -^ vcrneur, ne sera licite à celui qui aura été élu dc^ s'excuser ni faire refus de la dite charge, quand mêmc^ il auroit eu l'honneur de la posséder autrefois ; et nomplus n'en sera le maire , lors en charge exempt , si le^ service du Roy et le bien public requièrent sa continuation , et qu'il en ait eu la voix de l'assemblée.

V.— Après cette aprobation, le gouverneur prendra la charge, au nom du Roy et de toute la communauté, d'avertir le nouveau maire de l'élection que l'on a faite en sa personne de la mairerie, et pour ce sujet envoyera vers lui un des chefs de la place, accompagné de deux dos principaux habitants de la ville , lequel lui dira aussy que le dit seigneur a fort agréable la dite élection et s'en réjouit, espérant qu'il servira bien et dignement le Roy et le public en cette charge , et le conviera de se préparer honorablement pour sa réception.

VI. — Le premier jour de l'an arrivé, la grand'messe se dira solemnellement en l'église des Sept-Saints, et comme toutes choses seront préparées pour ce sujet, le vieux maire ayant rassemblé tous les habitante, en prendra douze des principaux , lesquels , avec lui , partiront de l'église , le dit vieux maire devant et tout seul , et les autres deux à deux après lui , et iront trouver le nouveau maire en son logis , où , après les salutations, le vieux maire lui dira en ces termes : tt Monsieur, comme ayant été choisi et élu par la voix « générale des habitants et communauté de Brest et

« Recouvrance, pour entrer en l'honneur et qualité de « leur maire , sous l'autorité du Roy et monseigneur « le gouverneur et capitaine de cette place, nous som- « mes venus vous trouver pour vous conduire à la • messe qui vous attend et se doit dire à votre récep- « tion. »

Vn.— A la sortie de son logis, ils marcheront tous deux côté à côté , le nouveau maire tenant la main ^oite, suivis des douze habitants au même ordre qu'ils ^Uront observé en allant, et arrivés à la porte de l'église ^<i le prieur avec tous les prêtres revêtus, l'attendront, ^^ nouveau maire mettant un genouil en terre sur un ^«reau qui lui sera présenté par l'une des fabriques , On lui donnera de l'eau bénite, et à même temps se dira Xe Te Deum laudamus, à la fin duquel la grand'messe solemnelle commencera, et le dit maire sera conduit et mis dans le dit banc de la maircrie, et à ses côtés, de part et d'autre, les douze habitants qui l'auront accompagné, lequel banc sera couvei-t d'un tapis et garni d'uncareau pour agenouiller le dit nouveau maire.

vni. — A l'issue de la grand'messe , et la bénédiction donnée, le vieux maire et les douze habitants conduiront le nouveau maire sur la pierre de la maireric , vis-à-vis de la porte de l'église , où le vieux maire , prenant la parole , lui dira : « Monsieur, nous sommes t tous ici assemblés pour vous protester l'obéissance, « respect et obéissance que nous devons à votre charge € et qualité et ne manquerons de nous acquitter au « mieux qu'il nous sera possible. »

IX. — Le nouveau maire répliquera : « Messieurs, « vous me faites beaucoup d'honneur ; je m'efforcerai « de tout mon pouvoir de bien servir le Roy en cette « charge , et tous vous autres , messieurs , en général * et en particulier, i»

X. — Sur ce, le vieux maire s'avancera et le nouveau rembrassera, et semblablement tous les habitants, puis à rinsiant toute la compagnie ensemble ira à la chasse du Bérichot ou Roy Brethaud , lequel par eux pris, à force et à course suivant les anciennes coutumes le porteront prisonnier dans une cage portée sur deux piques, par quatre des principaux habitants de la ville, au devant de la première porte du château, où ils feront les harangues et soumissions accoutumées déduites ci-après.

XI. — A l'ouverture de la dite porte, le dit sieur gouverneur ou son lieutenant se présentant , le nouveau maire, à la tète de tous les habitants, après une humble révérence, lui dira : « Monseigneur, comme très hum- « blés et très fidèles sujets du Roy, nous sommes ici « venus, suivant les anciens devoirs, jurer à Sa Majesté, ce entre vos mains, la continuation de notre obéissance, « et à vous , monseigneur , qui commandez en son tt absence, vous suppliant nous faire l'honneur de nous « maintenir et conserver en nos anciens droits et pri- « vilégos , et recevoir en hommage ce prisonnier qui, « comme nous, attend la liberté telle qu'il vous plaira « nous donner. »

XII. — A cela , le gouverneur répondra , ou son lieutenant en son absence : « Messieui's, le Roy nostre a souverain seigneur, reçoit vos devoirs , honneurs et a soumissions, et vous promets, comme son lieutenant « en cette place , vous maintenir et conserver de tout « mon pouvoir, en vos anciens droits, libertés, immunia tés et privilèges, continuans en la fidélité, honneur, « respect et obéissance que , comme bons et loyaux a subjects, vous debvez à Sa Majesté. »

Ce disant ouvrira la cage et donnera la liberté à l'oiseau et en même temi)s sera tiré de la place un coup (le canon en signe d'applaudissement.

M. — Puis, tous les principaux habitants, suivant le rôle qui en aura été dressé, iront accompagner le maire et dîner avec lui, et donneront chacun un quart d'écu, valant seize sous tournois pour le festin et si quelques-uns des nommés au dit rôle manquent et no 3*y veulent trouver seront néanmoins contraints au payement de la dite somme par exécution et vente de ieur bien ; et à ce que personne ne prétende cause d'ignorance de la nomination , quelques jours avant ^'élection du nouveau maire, le vieux maire présentera ^ rôle de tous les habitants au seigneur gouverneur, ^Gquel sur icelui en fera dresser un signé de sa main , Contenant les noms et surnoms de ceux qui devront ^^ister au dit festin , duquel rôle sera fait lecture et Publication et prône des grand'messes qui seront dites ^t célébrées le dernier dimanche du mois de décembre, tant en l'église des Sept-Saints, à Brest, qu'en celle de Notre-Dame, à Recouvrance.

XIV. — Sur les deux à trois heures après le dîner, tous les nouveaux mariés comme pareillement ceux qui sont nouvellement venus résider en ville, ayant famille, ou ceux qui auront fait bâtir navire ou un nouveau pignon de maison, le tout depuis les trois ans derniers, rendront le devoir accoutumé sur le havre qui est de sauter ou faire sauter dans la mer pour jouir des franchises , immunités et privilèges de la ville.

XV. — Seront les maires obligés de se mettre en habit condigne à leur charge et qualité , qui est d'un accoutrement noir avec un court manteau à manche et grand colet à rabats et une toque ou bonnet de velours noir à la mode des maîtres des comptes , et se mettront seulement en cet état, le premier jour de leur mairerie, aux quatre fêtes annuelles et aux cérémonies publiques.

XVI. — Nul , (jucl qu'il soit des habitants ni auti*e, ne sera si hardi de lui dire ni faire chose qui le puisse. ofTensor sur peine de rigoureuses et exemplaires punitions , ni de lui désobéir aux commandements qu'il fera pour le service du Roy, de monseigneur le gouverneur, et pour les affaires publiques et de la police.

xvn. — Se mettra au banc de la mairerie, en l'église, lors des messes paroissiales et autres services solcmnels, afin que Ton ne soit contraint de l'aller chercher ailleurs pour lui rendre les honneurs dus à sa qualité, et fera peindre ses armes au devant du dit banc, pour mémoire de la dignité qu'il aura possédée.

XYin. — Lui sera porté le pain bénit le premier ; ira lo premier à l'offrande et à la procession devant les habitants, comme aussi en toutes autres cérémonies tiendra le premier rang sur eux.

XIX. — Et iinalement , pour marque d'honneur et de lU'ivilége particulier de sa dite qualité de maire, durant le temps de sa charge ne sera sujet aux taxes, emprunts et levées de deniers quels qu'ils soient et puissent être.

Fait et arrêté comme dessus , en l'église des Sept- Saints , où les dits habitants ont accoutumé de faire leui-s assemblées, manque de maison de ville, sous le seing du dit seigneur de Sourdéac, les seings des plus notables bourgeois et habitants des dites villes de Brest et de Re(îOuvrance, et celui de maître Jacques Théaud, notaire royal, par devant lequel est demeurée la minute du présent acte ,'pour en délivrer des copies à qui il appartiendra, le jour de Saint-Étienne , vingt-sixième décembre mil six cent dix-huit. Ainsi signé : René de RiEUx; R. Bihan Tayard , maire ; Cuausseg, maire; CuAussEC, maire de Brest, 16?2, 1623 et lC2i; et Jean Le Boi'ËDEC. {Appcn(Uci\. g 13.)

L'installalion du maire de Brest avait assez de retentissement en France pour qu'à soixante ans de là , à une époque où la circulation des nouvelles locales était Décessairement très restreinte , la gazette du temps, le Mercure galant (décembre 1678, Paris, au Palais, in-12, p. 177-187), crût devoir publier le compte-rendu suivant, lequel , malgré l'inexactitude ou l'exagération de certains détails , dépose , par son ensemble , de ^'importance que nos pères attachaient avec raison à ''intronisation de leur premier magistrat :

« On a fait à Brest l'élection d'un nouveau maire

* depuis quelques mois. Vous savez que Brest est un

^ port aussi considérable qu'il y en ait en toute l'Europe,

^ et où Sa Majesté a les plus beaux vaisseaux, et en plus

^ grand nombre. Cette élection se fait tous les trois ans,

^ le premier jour d'octobre , avec grande cérémonie.

« M' le gouverneur. M' l'intendant; tous les officiers de

« terre et de la marine , les bourgeois et une partie du

« reste des habitans s'assemblent. On propose trois de

« ceux qui ont passé par l'échevinage et par les autres

« chargés de la ville, et celui qui a le plus de voix est

« préféré. On peut dire qu'il n'y en a eu qu'une cette

• année, et qu'elle a esté générale pour M' de Saint-

• Léger Sigurel. Il est d'Agen , proche de Bordeaux , « homme d'honneur, magnifique en tout ce qu'il fait, « et qui n'a pas moins d'esprit que de conduite. Le jour « de l'an est celuy où la réception du nouveau maire se « fait. On ne doute point que celle de Saint-Léger ne « se fasse avec tout l'éclat que demande le poste où son «i mérite l'a fait entrer. La cérémonie en est assez par- « ticuliére. Tous les habitans sont sous les armes. On « va prendre le maire qui a fait son temps et ensuite « celuy qu'on a nommé pour luy succéder. Ils ont l'un « et l'autre une soutane de soye , une robe de velours

a^vec des manches pendantes, une toque aussi de a vcloui*s , un cordoa d'or enrichy de pierreries , et , a dans cet éiiuipage , ils marchent suivis des éqhevins « et des compagnies de milices , au son des tambours, a des trompettes et des violons. Après une messe qu'on a célèbre solennellement , on s'arrcste dans une place a qui est devant le portail de la principale église. On « y trouve une grande pierre plate et ronde, au milieu « de laquelle il y a un trou. Le nouveau maire y met « le talon , et en mesme temps celuy qui sort d'exera cice luy fait un discours pour luy faire connoistre la « consc(iuencc de sa charge. Pendant qu'il luy parle , a l'autre a toujours le talon dans ce trou, et le bout du. « pied levé , et ne l'en retire qu'après qu'il a preste la a serment de fidélité pour le service du Roy et pour le « maintien des privilèges. Cela fait , ils vont tous à la a citadelle , où le nouveau maire assure M' le gouvera neur de ses respects. On le ramène ensuite chez luy a avec pompe , et il donne un magnifique repas. Les « personnes les plus qualifiées et la plus grande partie a de la noblesse s'y trouvent. Le dîner finy, on va à « la mer jouir du divertissement des sauteurs. Tous a ceux qui sont mariez depuis trois ans , ou qui ont a non-seulement fait bastirune maison, mais élever un « pignon , ou dresser quelque muraille , sont obligez « de sauter trois fois à la mer. Il n'y a personne qui en « soit exempt. Les plus considérables d'entre les bour- « geois, payent des gens qui sautent pour eux. Il a « beau geler, comme il gèle ordinairement ce jour lu, « les sauteurs ne laissent pas d'estre en calleçon et en « chemise , avec des escarpins blancs et des bas de « toile. Celuy qui saute i)our le Roy a une couronne « sur la teste. Le nouveau maire , suivy des échevins a et de plusieurs autres officiers , se promène tout le

t jour par les rues avec des trompettes et des violons;

•L'ieure de sauter estant venue, M' le gouverneur entre

t dans un des plus beaux navires du port. Les deux

t maires et le corps de ville l'accompagnent. Il y trouve

«les sauteurs qui s'y sont rendus auparavant. Le nou-

« veau maire a un rôle , et dans le mesme temps qu'il

«nomme ceux qui doivent sauter, on les voit qui

«s'élancent du navire. Il y a toujours quinze ou vingt

«chaloupes prestes pour les secourir, si quelqu'un

« d'eux estoit en péril de se noyer. Ces sauteurs sont

« quelquefois au nombre de cinquante ou de soixante,

« et ce divertissement attire les curieux de toutes parts.

« Après qu'ils ont tous sauté trois fois , ils se mettent

« dans des chaloupes. Elles sont armées de dix ou

* douze hommes, et vont viste comme un esclair. Il y

« a un rond au bout d'une perche qui sort par un sabor

« du navire. Cette perche est de 12 ou 15 pieds, et c'est

« entre eux à qui pourra emporter ce rond. Les cha-

« loupes vont si viste que la plupart tombent dans la

« mer. Celuy qui a ou plus d'adresse , ou plus de

t bonheur que les autres dans cette espèce de course,

« est récompensé d'un prix. Le rond emporté en décide.

« On va ensuite se mettre à table, et c'est toujours par

« la santé du Roy qu'on cdmmence. Le festin de la

« mairie dure trois jours avec une égale magnificence.

« Il y a bal tous les soirs. Quantité de dames de qualité

« y sont priées, et on employé la plus grande partie de

c la nuit à danser, v

Certes , ce compte-rendu pourrait être envié de plu$ d'un journaliste de notre temps, et leur prouver qu'en matière de fêtes publiques , leurs amplifications , quoi qu'ils fassent , ne dépassent pas celles de leurs devanciers. Toutefois , nous nous serions abstenu de reproduire in estenso, et ce récit, et peut-être même le I 10

règlement de 1GI8, si ces deux documents n'avaient renfermé , indépendamment de certains' détails catat/Ctéristiques des mœurs du temps , la preuve que notre premier magistrat était alors investi d'une autorité morale qui semble aujourd'hui, dans la forme cl»i moins, lui faire défaut. En effet, la simplicité de TinStallation du maire contraste singulièrement de nc^s jours avec la pompe déployée par nos aïeux , et à çe:^^ égard, sans être partisan exclusif du bon vieux temp^^> n'est-on pas fondé à regretter qu'à l'inauguration publ-î " que et solennelle ait succédé une modeste réception ^ huis-clos, autour d'un tapis vert ? Sans rétablir des usa.^ges surannés dont le symbolisme provoquerait le rire S^ notre époque de positivisme , ne pourrait-on pas, lor^de l'entrée en fonctions de celui qui est la personnifia cation de la ville , ajouter à la sanction légale de son autorité, la consécration morale d'une reconnaissance publique , d'une manière au moins équivalente à la proclamation d'un sous-lieutenant devant sa compagnie ?

Ces raisons, du reste, ne sont pas les seules qui nous ont conduit à insérer les deux documents que nous venons de transcrire. Nous y avons été déterminé par cette considération que l*fin et l'autre, surtout le règlement, souscrit tout à la fois au nom des habitants de Brest et de ceux de Recouvrance , démontrent que les deux côtés de la ville ne formaient à cette époque qu'une seule et même communauté. Nous en dirons autant du second acte accompli sous l'administration de Sourdéac et la mairie de M. Chaussée , c'est-à-dire de l'arrêt du conseil d'état du 13 juillet 1623, rendu à la requête des maire , bourgeois et habitants de la ville de Brest, conformément à leur délibération du 21 novembre 1621. Les termes de cotte délibération et

ceux de l'arrêt lui-même impliquent que les deux côtés de la \ille étaient régis par une même communauté, car il est dit expressément dans l'arrêt que « les maire, t bourgeois et habitants de la ville de Brest et de Recout vranœ , sur le vu de leur acte de consentement du «21 novembre 1621, sont autorisés à lever, durant dix «ans, six deniers par pinte de vin qui sera vendue en - « détail es dite ville de Brest et de Rccouvrancey pour cstre « ks deniers qui en proviendront employez aux répara- « tiùns des deuœ castes du havre de la dite ville, pavé des « advenues d'icelle , et à la construction d'une maison « de la santé, des halles et autres dépenses à faire aux «dits lieux. » Cet arrêt, enregistré à la chambre des comptes de Nantes, le 29 janvier 1624, portait en outre que le bail de la perception de cet impôt serait fait par les généraux de la charge , ou , en leur absence, par les juges royaux des lieux commis à cet effet, « en « présence de huit bourgeois notables de la dite ville « de Brest et de Recouvrance. »

Toutefois, soit que l'union des deux côtés de la ville

n'existât qu'implicitement, soit plutôt qu'elle eût cessé

postérieurement à l'arrêt de 1623, par suite de ces

dissentiments et compétitions que nous verrons se

produire entre les deux fractions de la ville , même

après leur réunion expresse en 1681 , des tentatives

furent faites en 1645 pour la cimenter ou la rétablir.

C'est ce qui résulte d'un acte notarié du 22 avril de

cette année , passé devant Saint-Georges et J. Cordier,

« nottaires jurez et receuz en courtz royalle de Brest,

« Sainct-Renan,et des Regaires daLéon qui s'exercent

« au bourg de Sainct-Gouesnou. » La contcxture de cet

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