‹ Histoire de la zoologieChapitre 102 sur 132 · Voy. nos Saisons, l,r série, p · texte numérisé non relu

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vants, qu’il était arrivé depuis peu à cette découverte à l’aide du microscope de Huygens. Il raconte, il est %Tai, la chose autrement dans l’ Extrait critique des lettres de M. Leuwenhock (p. 44-45), et soutient que le passage de sa lettre au Journal des Savants avait été altéré par Huygens, qui résidait alors à Paris. Quant à Leuwenhoek, il assurait avoir vu ces animalcules également dès 1674, mais qu’il les avait pris d’abord pour des globules de liquide spermatique. Ce ne fut qu’en 1677 qu’un jeune médecin du Dantzig, Louis de Hamman, alors étudian. à Levde, appela sérieusement sur ce sujet l’attention du célèbre observateur. Leuwenhoek a décrit les spermatozoaires comme semblables à des têtards, et leur attribue les deux sexes Cent de ces animalcules n’égalent pas encore, ditil, l’épaisseur d’un cheveu ; cinquante mille pourraient trouver place dans un grain de sable creux ; et dans le sperme seulement d’un cloporte il y en aurait plus que d’hommes sur la terre.

Parmi les autres découvertes microscopiques de Leuwenhoek, nous mentionnerons encore celle du rolifere. C’est un animalcule très-curieux qui se rencontre surtout dans la mousse des toits. Son ventre est renflé, et sa transparence permet de voir, dans son intérieur, un petit organe qui offre les battements d’un cœur; la partie antérieure de l’animalcule est façonnée en cornet et garnie de deux tronçons, dont le sommet présente une imitation de deux roues, qui se meuvent avec plus ou moins de vitesse ; la partie postérieure est armée d’un petit trident. Pour voir le jeu du petit cœur et des deux roues, il faut humecter le rotifère d’un peu d’eau : tout mouvement cesse dès que l’eau est évaporée; 1 animalcule se contracte alors, se ride, se déforme et n’a plus que 1 apparence d’une imperceptible écaille d'épiderme. Dans cet état on le croirait mort; pourtant il conserve les principes de la vie. Leuwenhoek en avait conservé deux ans entiers dans cet état de mort apparente, et leur avait vu reprendre

tous leurs mouvements dès qu’il les avait humectés. Cette curieuse expérience, espèce de résurrection, a été depuis confirmée par Spallanzani et d’autres observateurs plus récents.

Leuwenhoek s’était servi, pour ses belles recherches, de meilleurs microscopes que ceux qu’il légua à la Société royale de Londres : ces derniers ne grossissent pas au delà de cent soixante fois. Du reste, toutes ses lentilles étaient faites avec le verre le plus pur, et donnaient les images des objets avec une netteté extrême. Il se servit aussi le premier de petits miroirs concaves pour éclairer les objets opaques. Quant à la mesure des objets, il employait un moyen bien peu sûr : c’étaient des grains de sable, dont un nombre déterminé représentaitla longueur d un pouce. Enfin, dans ses observations, il n’était pas toujours à l’abri de son imagination. A part ce défaut, partagé du reste par beaucoup de micrographes, Lemvenhoek était le plus sagace naturaliste de son temps pour tout ce qui concerne les êtres microscopiques.

Les observations de Leuwenhoek parurent d’abord en hollandais, par fascicules, adressés sous forme de lettres à la Société royale de Londres. Elles furent ensuite traduites en latin, et ont été publiées depuis d’une manière incomplète, sous le titre de Analomia cl Contemplatio nonnullorum naluræ invisibüium secretorum epistolis quibusilam scriptis ad illustre Soc. Reg. Lond. collegium , Leyde, 1685, in-4° ; une nouvelle édition parut sous le titre de Arcana naluræ, Delft, 1695, suivi de Continuatio Arcana naluræ , ibid. , I6Q7, in-4°, et de Arcana naluræ ope et beneficio exquisilissimorum microscopiorun detecla , etc.; Leyde, 1696, in-4°.

Les savants qui passaient, à la fin du dix-septième siècle, pour les plus habiles, apres Leuwenhoek, Grew et Malpighi1, à se servir du microscope, étaient Swammcr-

1. Pour Grew et Malpighi, voy. notre Bist. de la Botanique, p. 183.

dam, dont nous avons déjà parlé, les physiciens Hartsoeker et Huygens, le mécanicien astronome Robert Hooke. et le naturaliste Bonanni, dont nous allons dire un mot.

Bonanni.

Philippe Bonanni, de l’ordre des jésuites (né à Rome en 1638, mort en 1725), demeura, malgré les expériences concluantes deRedi, attaché à la doctrine péripatéticienne de la génération spontanée. Dans son livre sur les mollusques ( Rccrealio mentis et oculiin observalione animalium tcstaceorum; Rome, 1684, in-4°) il avait avancé que « ces animaux naissent spontanément dans le limon ou dans une terre sablonneuse. » Cette assertion ayant été relevée comme fausse par un partisan de la doctrine contraire, Bonanni y répondit par ses Observatiônes circa viventia, quæ in rebus non viventibus reperiuntur; Rome, 1691. in-4°. Dans cet ouvrage, il essaya de montrer que les animalcules provenant de fleurs, de fruits, de chairs putréfiées, etc., ne doivent leur naissance à aucun germe ni œuf, préalablement déposé. On y trouve, en appendice, une intéressante histoire du microscope et des origines de la micrographie.

BIcrinn.

En terminant le dix-septième siècle, nous ne devons pas oublier de mentionner une femme, qui s’est particulièrement distinguée à la fois comme peintre et comme entomologiste, Marie-Sybillc Merian . née à Francfort en 1647, morte en 1717 à Amsterdam. Habile a peindre les fleurs et les insectes, elle poussa si loin 1 amour de la science que, non contente 'd'avoir examiné les collée-

TEMPS MODERNES. ^Uî>

lions des principaux cabinets d’histoire naturelle de l’Europe, elle alla visiter le Nouveau-Monde. Pendant un séjour de deux ans à Surinam (de 1698 à 1700), elle dessina tout ce qu’elle y vit d’insectes, ainsi que les plantes sur lesquelles ils se tiennent. Ses observations parurent en allemand à Nuremberg (en 1 679) et à Francfort (en 1683); elles furent plus tard complétées d’après les papiers laissés par l’intrépide naturaliste, et publiées en français par Buclioz sous le titre de : Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l Europe', Paris, 1771, 3 part. gr. in-folio , avec figures.

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