‹ Histoire de la zoologieChapitre 106 sur 132 · Xovæ spccies quadmpedum e glirium ordinc · texte numérisé non relu

Xovæ spccies quadmpedum e glirium ordinc

2. Vmjage en Sibérie, contenant la description du Kamtschatka (Paris, 1768).

Passant des régions polaires aux régions tropicales, nous rencontrons sur notre chemin l’infatigable Adanson. qui appartient moins à l’histoire de la zoologie qu’à celle de la botanique. Les quatre ans (de 1749 à 1753) pendant lesquels il séjourna au Sénégal ont été très-profitables à la science. Son Histoire naturelle du Sénégal (Paris, 1757, in-4°) ne comprend qu'une très-petite partie des matériaux qu’il avait recueillis. On y trouve une nouvelle classification des testacés ou animaux à coquillages. Les enveloppes brillantes avaient seules jusqu’alors fixé l’attention des naturalistes, qui les regardaient plutôt comme une décoration de cabinet que comme un sujet d’études. Adanson fit connaître pour la première fois les animaux qui les formaient, et les classa suivant sa méthode universelle , en se bornant à leuf s formes extérieures , les seules qu’il eût étudiées. Il fit en même temps 1 essai ’ d’une nouvelle nomenclature, qui consistait à désigner chaque être, regardé comme espèce, par un nom primitif ne tenant à aucune langue et exclusivement affecté à cette désignation.

Pendant sa résidence dans les parages des bouches du Niger et de la Gambie, Adanson eut l’occasion de faire plusieurs observations d’histoire naturelle fort intéressantes. Par exemple, en parlant du poisson tremblcur , ainsi nommé « à cause de la propriété qu’il a de déterminer non un engourdissement comme la torpille, mais un tremblement très-douloureux dans les membres de ceuxqui le touchent, » il compara le premier cet effet « à la commotion électrique de l’expérience de Leyde ». Il constata qu’on obtient la même commotion en touchant le poisson avec une verge de fer. « J’ai fait, ajoute-t-il, plusieurs fois cette expérience, et celle de manger de la chair de ce poisson qui, quoique d’un assez bon goût, n était pas d’un usage également sain pour tout le monde. »

Ce poisson était le silurus clectricus , L., qui se trouve dans les eaux du Nil et du Sénégal. — D’autres observa-

TEMPS MODERNES

tions, tout aussi intéressantes, portent sur les termites sur le boa constrictor , sur la phosphorescence de la mer.

La colonie hollandaise de l’Afrique australe, le Gap de Bonne-Espérance, fut pour la première fois explorée, sous le rapport zoologique, par Pierre Kolbe (né à Dorflas’ près de Wunsiedel, en 1675, mort en 1726). La relation de son séjour au Gap, de 1705 à 1712, parut, en allemand à Nuremberg (1719 in-fol.) ; la traduction française (Description du Cap de Bonne-Espérance , Amsterdam, 3 vol. in-12, 1741, avec fig. et cartes) est fort recherchée.’ Kolbe a le premier bien fait connaître le rhinocéros bicorne d’Afrique, le zèbre ou âne rayé, un grand nombre d’oiseaux et de poissons du Gap. Les figures qui accompagnent le texte ont été assez médiocrement gravées sur cuivre.

Le Suédois André Sparrman (né en 1747, mort en 1820) qui fit partie de la seconde expédition de Cook donne sur les animaux du Gap, où il résida de 1775 à 1776 des détails plus précis que Kolbe. Il a décrit. ont™

avec cartes et planches en taille-douce.'

les zoologistes, tenant à leurs classifications. Tels sont : l°le kangurou, dont le train de derrière, gros et lourd, est en disproportion avec le train de devant, grêle et léger, et organisé pour le saut (les pattes antérieures étant au moins cinq fois plus courtes que les pattes postérieures), en même temps qu’il peut marcher debout en se servant de sa forte queue comme d’une troisième patte de derrière. Animal intermédiaire entre les carnassiers et les rongeurs, il appartient à la famille des marsupiaux, ainsi nommés à cause d’une poche ( marsupium ), espèce de matrice externe où les petits achèvent leur développement; 2° l’échidné épineux ( echidna hystrix , Cuv.), décrit pour la première fois en 1 792, par Shaw, dans son Naturalïsl’s miscellany , sous le nom de myrmecophaga acukata , tient à la fois du hérisson et du fourmilier, bien que son défaut de mamelles l’ait fait retrancher de la classe des mammifères ; 3° l’ornithorhynque, décrit par Blumenbach sous le nom de ornilhorhynchus paradoxus, a les poils et la queue d’un mammifère, pond des œufs et les couve comme un oiseau, plonge comme un canard dont il a le bec, et a les dents et la marche rampante u’un reptile ; enfin le mâle est armé d’un ergot comme le coq, sécrétant une espèce de venin qui ne paraît pas avoir une grande action sur l’homme. Il habite les contrées marécageuses de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle-Galles. — .L’ornithorhynque et l’échidné épineux appartiennent au petit groupe d’animaux que Geoffroy Saint-Hilaire a désignés sous le nom de monotrèmes (à un seul orifice!, parce qu’ils ont un orifice commun pour les organes génitaux, les excréments et les urines.

L’étude de ces espèces par Geoffroy Saint-Hilaire, Cuvier, Everard Home, Meckel, Illiger, Blainvihe, espèces auxquelles on pourrait ajouter le casoar sans casque ca suarius Novæ Hollandiæ) , a dû faire rejeter 1 idée d une échelle zoologique continue et faire admettre des centres de création différents.

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