BRANCHES SPÉCIALES DE LA ZOOLOGIE
Animaux supérieurs.
Dans le langage commun, on divise souvent les animaux en supérieurs et en inférieurs. Nous suivrons cette division en comprenant par animaux supérieurs tous les vertébrés, et par animaux inférieurs tous les non vertébrés, en mettant à part les zoophytes.
L étude des mammifères, la mammologie , ne fut au commencement du dix-huitième siècle, l’objet d’aucun travail remarquable. Ce n’est que vers la fin de ce siècle et au commencement du nôtre qu’apparurent, après Linné et Lu lon, des zoologistes qui, tels que Pennant, Brisson, bchreber, Illiger, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, firent laire de grands pas à la mammologie.
Les Cétacés, définitivement classés parmi les marnmileres, avaient ete traités d’une manière fort incomplète pai Buffon. La destruction d’une erreur enracinée vaut une grande decouverte. Cette remarque s’applique surtout â histoire de ces cétacés que la fiction représentait sous
le nom de sirènes comme moitié femme et moitié poisson, et dont parle Horace :
Desinit in piscem mulier formosa superne.
Pendant le dix-septième et le dix-huitième siècle, on cherchait encore, comme Kircher, de Maillet, Lachenayedes-Bois, à démontrér la réalité des sirènes. Et hien qu'il fût mis hors de doute que les lamentins ou dugongs avaient pu, par leur tête arrondie et leurs grosses mamelles qui se développent sur la poitrine à l’époque de 1 allaitement, faire illusion à des hommes prévenus, on se refusa néanmoins encore quelque temps à reconnaître la véritable nature de ces animaux, dont Camper et Daubenton avaient donné d’importants détails anatomiques. Lacépède sentit, 1 un des premiers, la nécessité de s’appuyer sur la structure intime dans les classifications zoologiques. Voyant que le morse, le dugong et le lamentin présentent chacun le type d’un genre, il réunit ces genres à celui des phoques dans une sous-division de ses mammifères marins. Mais par cela seul qu’il fondait une division uniquement sur la transformation des membres antérieurs en nageoires, et qu’il rapprochait intimement les phoques des lamentins, il montra une connaissance encore trèsimparfaite de l’organisation de ces animaux, et ce n’est en quelque sorte qu’accidentellement que le dugong et le lamentin se trouvent rapprochés des animaux marins à évents, les seuls auxquels il donne le nom de Cétacés. C’est dans la première édition (Paris, 1817) de son Bègue animal que G. Cuvier a le premier séparé les phoques et le morse du lamenlin et du dugong, pour faire des premiers le groupe des Amphibies , rangés à la suite des Carnassiers, et des seconds celui des Cctaccs herbivores.
L’étude des oiseaux, V ornithologie, fixa davantage
1. Le nom de sirènes a été proposé par Halan et adopté par quelques xoologistes pour désigner les Célacés herbivores.
TEMPS MODERNES
l’attention des observateurs, parmi lesquels nous citerons particulièrement Frisch, Albin, Gatesby, Edwards, Moehring, Brisson.
Léonard Frisch, natif de Sulzbach, dessina et décrivit en' 2 vol. in-fol. (Berlin, 1734-1 763), les oiseaux de l’Europe centrale, principalement de l’Allemagne. Le nombre des espèces et des variétés décrites est de trois cent sept. Les figures, finement gravées^sur 276 planches, sont assez exactes. Elles sont moins médiocres que celles d’Eléazar Albin, peintre à Londres, dont l 'Histoire naturelle parut de 1731 à 1738, en 3 vol. in-4°.
Le naturaliste et peintre Gatesby (né en 1680, mort en 1750), qui résida longtemps aux Etats-Unis, a donné, dans le premier volume de son Histoire naturelle cle la Caroline, de la Floride et des îles de Bahama, paru en 1731, cent et une figures d oiseaux d Amérique, dessinés et assez bien peints d’après nature.
Ces figures sont moins parfaites que celles que Georges Edwards (mort en 17 73 à l’âge de quatre-vingts ans) donna dans un ouvrage d ornithologie composé de 7 volumes, publiés en 1743 et années suivantes.
Ln médecin de Westphalie, Moehring, divisa, dans son Avium généra, paru en 1752, tous les oiseaux en quatre classes. La première classe comprend les oiseaux dont les pieds sont recouverts d’une membrane mince, comme ceux du moineau, du pinson ; ce sont les hyménopodes. La deuxième classe est celle des dermatopodes , c’est-à-dire celle des oiseaux dont les pieds ont une peau plus épaisse; ils sont subdivises en oiseaux de proie et en gallinacés. La troisième classe contient les brachyptères , ou les oiseaux qui
, eS ?,lle* C°urtf? ,et ,cIui ne ^lent point, comme l’autruche 1 outarde. Enfin la quatrième classe est celle des hydrophiles, oiseaux qui aiment l’eau, comme les palmipèdes, les échassiers. 1
Jacques Brisson (né à en 1806) est l’auteur de
Fon tenay-1 e-Gom te en 1723, mort 1 ouvrage le plus complet qui ait
paru avant la publication de l'Histoire clés oiseaux de Buffon; cet ouvrage a pour titre : Ornithologie ou Méthode contenant la division des oiseaux en ordres, sections , genres, espèces et leurs variétés; Paris, 1760, 6 vol. in-4”. Le texte est en latin et en français, sur deux colonnes; il donne la description de 1500 espèces; les planches, au nombre de 220, représentent 500 oiseaux, gravés pjar Martinet.
L ouvrage de Latham, A general synopsis of llie birds (Lond., 1783), n’est guère qu’un résumé des travaux ornithologiques antérieurs.
Parmi les ornithologistes plus récents, nous ne ferons que citer Naumann, Levaillant, Temminck, Schinz, Isidore Geoffroy &aint-Hilaire, Charles Bonaparte, etc.
L étude des reptiles, Y H erpétologie, fut l’objet des travaux de Dufay, Roesel, Laurenti, Lacépède, etc. Nous allons les passer rapidement en revue.
Dufay, nommé en I 732 intendant du Jardin des Plantes, recommanda, sept ans après, sur son lit de mort, Buffon comme son successeur. Son mémoire Sur les salamandres1 est plein de faits curieux, relatifs aux métamorphoses (pie subissent les salamandres, ainsi qu’à la propriété qu'elles ont de vivre, non pas dans le feu. mais dans la glace, où elles peuvent rester enveloppées sans périr.
Roesel, peintre et. naturaliste allemand, représenta, dans son Histoire naturelle des grenouilles (Nuremb., 1758), les métamorphoses de chaque espèce, depuis l’œuf et le têtard jusqu’au développement complet de l’animal. Les figures sont coloriées avec soin.
Avant Roesel, Swammcrdam avait le premier donné une description complète de la grenouille et de sa métamorphose. Il lui a consacré un long chapitre de sa Bible de la Nature, avec les dessins exacts du développement des