‹ Histoire de la zoologieChapitre 108 sur 132 · Mém. de l' Acad, des sciences, aunée · texte numérisé non relu

Mém. de l' Acad, des sciences, aunée

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œufs du type des batraciens. Oliger Jacobæus suivit, dans son traité De ranis observationes (Paris, 1676, in-18), les traces de Swammerdam.

On a lieu de s’étonner que les anciens aient négligé d’observer un phénomène aussi curieux que celui du changement du têtard en grenouille. Aristote n’en parle point. Pline ne dit que quelques mots des têtards qu’il nomme gyrins , et il se trompe en affirmant que les pieds postérieurs se forment par la bifurcation de la queue.

C’est à Joseph-Nicolas Laurenti que l’herpétologie doit ses premiers progrès. Dans sa thèse pour le doctorat en médecine, il donna, en 1768, un Tableau où la classe des reptiles est divisée entrois ordres, sous les noms de sauteurs ( salientia ), de marcheurs ( gradientia ) et dè rampants (, serpentia ). Le premier ordre comprend les grenouilles, les crapauds, etc.; le deuxième, les tritons, les salamandres, les crocodiles, etc.; le troisième, les serpents proprement dits. Lacépède, dans sa Suite à Buffon, a substitué à cette classification celle des reptiles : 1° en quadrupèdes ovipares, ayant une queue ; 2° en ceux qui n’ont pas de queue ; 3° en reptiles bipèdes ; 4° en serpents. Cette classification exclut les tortues de la classe des reptiles.

Alexandre Brongniart présenta, en 1 799, à l’Académie des sciences une classification, d’après laquelle les reptiles forment quatre ordres, qui sont : l°les chéloniens ou tortues ; 2° les sauriens, qui ont pour type le lézard ; 3U les ophidiens ou serpents ; 4° les batraciens, dont le type est la grenouille. Cette classification a été adoptée par Duméril et Bibron dans leur Histoire naturelle complète clés reptiles (Paris 1834).

Il ne sera pas hors de propos de mentionner ici quelques espèces, fort curieuses, dont nous devons la connaissance aux herpétologistes du dix-huitième siècle.

A Surinam et à Cayenne, dans les endroits retirés, sombres, des habitations, on rencontre une espèce de crapaud, le pipa [rana pipa , L.), fort remarquable par la manière

dont il propage son espèce. Le mâle place les œufs fécondés sur le dos de la femelle ; la peau de celle-ci s’enflamme, se gonfle et forme des alvéoles arrondis, dans lesquels se logent les œufs pour y éclore ; les petits ne quittent pas leur cellule avant la chute de leur queue membraneuse. C’est Mlle de Merian qui a la première décrit le pipa, en 1719. Il a été depuis lors observé par Fermin en 1775, par Bonnet en 1779, et plus récemment par P. Camper et Spallanzani.

La sirène (sirena lacertina,L.), reptile noirâtre n’ayant que deux pattes, les pattes antérieures , semblable à la salamandre, de plus d’un mètre de long, vivant dans les marais de la Caroline, est un des êtres les plus singuliers par la combinaison simultanée d’un organe de respiration aérienne et d’un organe de respiration aquatique. Pourvue de véritables poumons, la sirène porte en même temps sur le côté du col trois houpjies branchiales, semblables à celles qu’ont les larves des salamandres et les têtards des batraciens. C’est en 1765 qu’un médecin de Charleston, Alexandre Garden. fit connaître la sirène, et en envoya une description à Linné et à Ellis. Tous les voyageurs naturalistes ont depuis confirmé les faits annoncés par Garden.

Say, Halan, Green, Mitchill, ont publié des notes intéressantes sur un animal qui embarrassait tant les classificateurs ; plusieurs spécimens de sirène de toutes tailles furent envoyés en Europe, et ces spécimens avaient toujours des branchies sans apparence de pieds de derrière. Cependant, dans ses Amours des Salamandres, Ruscori , médecin de Milan, a l’un des premiers élevé des doutes sur la valeur de ces témoignages, dans la conviction que la sirène subit des métamorphoses, parce qu’un voyageur allemand lui avait écrit avoir vu, au Muséum des chirurgiens de Londres, « une sirène avec ses quatre pieds et ne portant pas de branchies. » Mais cette prétendue sirène adulte n’avait point échappé à l’es-

prit observateur de Garden qui l’avait, dès 1771, envoyée à Linné sous la dénomination de amphiuma means. Cette espèce a été décrite par Halan dans les Annales du Lycée d’Histoire naturelle de New-York (numéro de juin, 1825). Elle fut reconnue par Cuvier comme entièrement distincte de la sirène proprement dite.

Un autre reptile analogue, qui, outre des poumons intérieurs, a, comme la sirène, trois branchies de chaque côté de la tête, le protée , qu’il ne faut pas confondre avec le protée de Roesel (qui est un infusoire)-, a été trouvé dans les eaux du lac de Sittich en Carniole, qui sortent de cavernes très-profondes. Le protée qu’on pêche dans ces eaux a la forme d’une salamandre très- allongée. Gomme il vit dans les ténèbres, il paraît presque dépourvu des organes de la vision : ses yeux, extrêmement petits, sont cachés par des téguments. Un habitant de Laybach, M. de Zoïs, lit connaître ces animaux à Laurenti, qui en a donné la première description. La lumière du jour les tourmente tellement, qu’ils périraient si l’on n’avait pas la précaution de les conserver dans l’obscurité.

A cause des houppes rouges et plumeuses dont ils sont garnis de chaque côté de la tête, ils ont été pris par plusieurs naturalistes, entre autres par Schneider et Hermann, pour des salamandres à l’état de larve. Mais il n’y a dans le pays aucune salamandre qu’on puisse supposer en provenir.

Le nom d hydre, emprunte a la mythologie, fut, vers la même époque, appliqué à deux classes d’animaux bien dillérentes, à des animaux microscopiques et à d’énormes serpents d’eau. Nous ne parlerons ici que des derniers.

J. G. Schneider1 créa, sous le nom d ’liydrus, un genre

J] T ScJ,ne,dcr (né en 1750 à Collmen en Saxe, mort

SL1®2.2 Professe,llr a Breslau) s’occupa beaucoup, dans sa jeunesse, , u1, 6 "aturelle> particulièrement des reptiles et des poissons. On U1 * t6*oire ^es tortMSf Leipzig, 1783, in-8; lclukyologiæ vete-

de reptiles ophidiens, qui fut adopté par Daudin et par Cuvier.

Le premier1 divisa les hydres de Schneider en deux groupes, les hydropliides et les pélamides. Cuvier y a ajouté le groupe des chershydres.

Ces reptiles, dont l’étude est encore fort incomplète, vivent principalement dans les mers de l’Australie et les archipels de l’Asie tropicale. C’est là qu’ils ont été pour la première fois bien observés, au commencement de notre siècle, par F. Péron, attaché comme naturaliste au Voyage de découvertes aux Terres australes (Paris, 1807, t. I, p. 105 et suiv.).

Les hydres ou serpents marins se distinguent des serpents terrestres par leur queue aplatie en forme de petite rame, par leur corps comprimé comme celui d’une anguille et presque anguleux inférieurement. Ils ont les mâchoires organisées à peu près comme les couleuvres, mais avec un moindre nombre de dents à la rangée extérieure, c’est-à-dire à l’os maxillaire, où la première de ces dents, plus grande que les autres, est percée d un orifice destiné à insinuer le venin, qu’on dit être fort dangereux, au fond des blessures faites par ces terribles animaux. Ils revêtent des couleurs très-variées et quelquefois très-brillantes. Les uns ont le corps d’une teinte uniforme, grise, jaune, verte ou bleuâtre; les autres l’ont annulé de bleu, de blanc, de rouge, de vert, de

rum specimina, 1787; Hisloria amphibiorum naturalis et litteraria , lena, 1798-1801. Schneider fut en même temps un helléniste de premier ordre, comme l'attestent son Diclionriaire grec-allemand, ses éditions d’Aristote et d’Élien ( Histoire des animoux), de Théophraste, de Xénophon, d’Oppien, etc.

1. François-Marie Daudin (né à Paris en 1774, mort en loin, privé dès son enfance de l’usage de ses jambes, s adonna à 1 etude de l'histoire naturelle; aidé de sa femme, il mit au jour un grand nombre d’ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Traité élémentaire d'ornithologie, Paris, 1799, 2 vol. in-4 ; Histoire naturelle, generale et particulière des reptiles, ibid., 1802-1804, 8 vol. in-8.

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noir, etc. ; d’autres sont marqués de grandes taches plus ou moins régulières ; d’autres enfin ne présentent que de très-petits points, distribués élégamment sur toute la surface de leur corps. L’une de ces espèces, remarquable par sa tête d’un rouge éclatant, avait été déjà décrite par Dampier, sous le nom de serpent marin à tête ronge. « Leur habitation, dit F. Péron, n’est pas bornée aux rivages des mers; nous en avons observé plusieurs à la distance de trois ou quatre cents milles de toute terie , et ce qu'il y a de plus étonnant en cela, c’est que nous n’en avons jamais pu voir aucun sur le continent ou sur les îles. En ouvrant l’estomac de plusieurs animaux de ce genre, je l’ai trouvé rempli de petits poissons et de divers crustacés pélagiens. Mais eux-mêmes, à leur tour, deviennent la proie de nombreux squales qui vivent dans ces mers. J’avais d’abord peine à concevoir comment des animaux aussi légers pouvaient devenir la proie de ces requins dont tous les mouvements sont si lourds et si stupides. Mais je ne tardai pas à en découvrir la cause dans l’habitude qu’ont les serpents de mer de s’endormir flottant à la surface des eaux. Leur sommeil est alors si profond, que notre navire, passant quelquefois tout près d’eux, ils n’étaient réveillés ni par le bruit de son sillage, ni par la force des l’emous, ni par les cris habituels des matelots. C’est dans cet état de léthargie que les lourds requins viennent les saisir Ces reptiles marins na-

gent et plongent avec une égale facilité. Souvent, à l’instant même où nous croyions pouvoir les saisir avec nos filets, ils disparaissaient à nos yeux, et, s’enfonçant à de grandes profondeurs, ils restaient une demi-heure et plus sans remonter à la surface, ou ne reparaissaient qu’à de très-grandes distances du point où nous les avions vus plonger. »

On a beaucoup parlé du hracken, nom donné par les Scandinaves à un animal marin monstrueux, que la plupart des naturalistes regardent comme fabuleux. Dcuys

de Montfort, dans son Histoire naturelle des mollusques, faisant suite au Buffon de Sonnini, a rassemblé tous les fait, sur lesquels pourrait s’appuyer l’existence du kracken. Ce serait, suivant lui, un poulpe gigantesque, capable de faire sombrer un vaisseau sans voiles, en l’enlaçant de quelques-uns de ses bras monstrueux, tandis que les autres se fixeraient à un rocher. Il a rapporté au même animal le conte de ces navigateurs qui auraient pris son dos pour une île, sur laquelle ils seraient descendus. Suivant d’autres, le kracken serait un gigantesque serpent de mer, capable de faire chavirer un navire. Mais aucun naturaliste n’a jusqu’ici ajouté foi à ces récits qui rappellent le Léviathan de la Bible.

L’étude des poissons, Yichlhyologie , était devenue une branche importante de la zoologie, pendant les seizième et dix-septième siècles , c’est-à-dire depuis les travaux de Rondelet, de Belon, de Salviani, de G. Gesner, de J. Jonston, de J. Ray et de Willugliby. Au commencement du dix-huitième siècle, elle fut approfondie par Artedi, mort avant d’aVoir pu mettre la dernière main à ses manuscrits1, qui furent mis en ordre et publiés par Linné sous le titre de Ichthyologia sive Opéra omnia de piscibus : Leyde, 1738, in-4°. Cet ouvrage, magnifiquement imprimé, écrit dans un style net et concis, est divisé en quatre parties, dont chacune porte un titre spécial : 1° Bibliolheca ichtliyologica ; 2° Philosophia ichthyologica ; 3° Généra piscium ; 4° Synonymia piscium. La quatrième

1. Pierre Artedi , né en 1705 dans l’Ingermanland, province septentrionale de la Suède, renonça à la carrière ecclésiastique pour suivre son penchant pour l’histoire naturelle. Il se lia intimement avec Linné, qui, avant son départ pour la Laponie, l’institua héritier de tous ses manuscrits. Artedi en fit de même pour Linné, au moment de son départ pour l’Angleterre et la Hollande. Mais il ne revit plus le sol natal. En sortant un soir de chez le célèbre pharmacien Seba, il s’égara dans les rues d’Amsterdam, et se noya malheureusement dans un canal. Linné a consacré à son ami le genre artedia, de la famille des ombellifères. * 1

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partie a été publiée séparément par G. Schneider ( Syno nymia piscium græca et lalina , Leipz., 1789,in-4°).

Artedi posa les véritables, fondements de l’ichthyologie, ei créa la nomenclature qu’on suit encore, en grande partie, de nos jours. Il divisa les poissons en deux classes : lu en poissons à queue verticale , et 2° en poissons à queue horizontale. Cette dernière classe, comprenant les baleines, les cachalots, les dauphins, etc., fut plus tard complètement rayée du rang des poissons et transportée, sous le nom de Cétacés , dans la division des mammifères. Les ordres des Malacoptérygiens , des Acanlhoptérygiens , des Branchiosléges et des Chondroptérygiens , établis par Artedi dans sa première classe, ont été conservés dans la science.

Linné, partageant les poissons en quarante-six genres, développa le système d’Artedi, en le modifiant. Klein, qui s^était déclaré l’antagoniste de Linné , imagina une classification particulière, dans laquelle les poissons forment deux classes, fondées sur l'apparence des organes respiratoires : 1° poissons à branchies invisibles ; 2° poissons à branchies visibles. Cette classification n’a pas été adoptée. x L. Théodore Gronovius, mort en 1777, petit-fils du célèbie philosophe néerlandais Jacques Gronovius, classa les poissons d’après la présence ou l’absence des nageoires, d après leur nombre et leur nature, et il établit plusieurs génies nouveaux dans son Muséum ichthyologicum , seu de 'nalurali piscium historia; Leyde, 1754-1756, 2 vol. in-fol. oon autorité contrebalança quelque temps celle de Linné.

, Briumich etGouan publièrent, en 1770 et 1772, un systeme icbthjologique où ils essayèrent de combiner les subdivisions de Linné avec celles d’Artedi.

En 1777 Scopoli, dans son Introduction à ï histoire naturelle, voulut suivre une nouvelle route, en choisissant pour point de départ la position de l’anus, qui est, ou voisin de la tète, ou voisin de la queue, ou à égale distance une et de 1 autre. Les caractères secondaires, il les

tirait, comme Grronovius, du nombre des nageoires dorsales, et les caractères tertiaires, il les tirait, comme Linné, de la position des nageoires centrales relativement aux pectorales.

Bloch (né à Anspach en 1723, mort en 1799) fit faire un grand pas à l’ichthyologie par son magnifique ouvrage sur les poissons étrangers [Naturgeschichte ausldndischer Fische; Berlin, 1785 et suiv. 12 vol. in-4°, avec planches), qui a été traduit en français par Lavaux. Mais il fut dépassé par Lacépède, l’ami et le continuateur de Buffon.

Lacépède, qui dès 1788 s’était fait connaître par son Histoire des Reptiles , publia, de 1798 à 1803, une Histoire naturelle des Poissons (6 vol. in-4° ou 11 vol. in-12 , souvent réimprimée comme Suite à Buffon. Rédigeant cet ouvrage pendant la guerre , il ne put prendre pour sujet de ses observations que les individus conservés au Cabi-

1 Étienne de la Ville de Lacéjiède, né à Agen en 1756, a une famille noble se passionna d’abord pour la musique, et prit ensuite Buffon pour maître et modèle. A la Révolution, qu’d accepta sans peine, il devint administrateur du département de la Seine, et, en 1791, president de l'Assemblée législative. Il y montra des opinions moderees Pendant la Terreur, il resta à la campagne, sur le conseil meme de Robespierre Après la réorganisation du Muséum, il reçut la chaire affectee a l’histoire naturelle des reptiles et des poissons. Il parait qu’à cette époque l’illustre naturaliste n’était pas encore bien connu, puisqu un ministre du Directoire, venant de faire sa visite officielle au Muséum, et, interrogé s’il avait vu Lacépède , répondit, dit-on « qu’on ne Hui avait montré que la girafe. » Sous l’Empire, Lacépède fut comblé de faveurs. Grand chancelier de la Légion d'honneur, president du scnat, il eut l’occasion de haranguer Napoléon dans des circonstances so e nelles Ses discours adulateurs exercèrent la verve satirique de Chateaubriand. Après la chute de Napoléon, il servit les Bourbon. i, entra le 4 iuin 1814 à la Chambre des pairs, se rallia, pendant les cent Jours, à l’empereur, et fut, en 1819, sous le ministère du duc Decaze rétabli dans son siège à la Chambre des pairs. Un jour en -e rend a t à l’Institut, il rencontra Duméril (professeur à l’Ecole d® depuis 1804), qui venait de soigner des malades atteints P

vérole. Ils se serrèrent les mains. Le lendemain . Lacépède fut atteint

de cette maladie et mourut, à Epinay près Saint-Denis, .c O oc o bre 1825.

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net du Roi et ceux du Cabinet du Stathouder, qui fut apporté à Paris lors de la conquête de la Hollande. Parmi les auteurs qui l’avaient précédé il consulta surtout Bloch, puis Gmelin dans son édition du Système de Linné. Les dessins et les descriptions manuscrites de Commerson et les peintures faites par Aubri sur les dessins de Plumier étaient à peu près les seules sources inédites où il lui fût permis de puiser ; néanmoins, avec ces matériaux, il porta à plus de quinze cents les poissons dont il traça l’histoire. Gmeiin n’en avait décrit que huit cents. « Ces nombres paraîtront encore assez faibles, disait déjà Cuviçr, a ceux qui. sauront qu 'aujourd’hui le seul Cabinet du Roi possède plus de quatre mille espèces de poissons ; mais telle a été dans le monde entier depuis la paix maritime l’activité scientifique, que toutes les collections ont doublé et triplé1. » Aujourd’hui elles ont au moins quintuplé.

Parmi les voyageurs naturalistes qui ont fait les premiers connaître des espèces de poissons, la plupart fort singulières, nous citerons Hasselquist,Broussonet, Forster, Pallas, F. de Laroche, P. Russel, Forskael, Shaw, Thunberg, Tilesius, etc. 2.

Animaux inférieurs.

L’étude des mollusques, la malacologie , paraît avoir attire tort peu 1 attention des anciens. Aristote, Pline et leurs abréviateurs les réunirent sous la dénomination generale d exaanguia , correspondant aux animaux à sang

1. G. Cuvier, Éloge historique du comte de Lacépède lu à l’Arirlz

mie des sciences le 5 juin 1826. P ’ 1 Acade-

2. Le Dictionnaire des sciences naturelles, publié par [evranlt

ComMéte des P't48G 61 Suiv')’à la fin de 1,arlicle Ichthyologie, la liste Klogie rS qU‘ °n‘ Partl0ullerement traité cette branche de

blanc de Linné, et à la division des animaux non vertébrés des zoologistes plus récents. Ils se bornèrent a les subdiviser en Mollusques 1 et en Testacés ($<rrpw), et turent suivis en cela par Belon, Aldrovande, Jonston, etc.

Les enveloppes calcaires de ces animaux, si variées de formes, furent de bonne heure recherchées comme objets de curiosité. On oublia l’animal pour ne s’occuper que de sa coquille, conformément à la tendance naturelle de 1 esprit humain, qui préfère, au principal l’accessoire brillant. La distinction qu Aristote avait faite des coquilles en univalves ( monothyra ) et en bivalves [dilhyra , lut uni versellement adoptée. Bien que le nombre des amateurs de collections de coquillages s’accrut considérablement ce ne fut que vers la fin du dix-septième siecle que Daniel Major établit un véritable système conchyliologique-. U 5 introduisit la division des multivalves , comprenant celles des bivalves. Plus tard, Greiv, Lister, Bumph Lange, Breynius , d’Argenville, Da Costa, Bruguières et beaucoup d’autres s’occupèrent spécialement de conchyliologie. En vain F. Colonna, Willis, Swammerdam, etc., avaient-ils donné l’anatomie de plusieurs animaux mollusques, on lut encore longtemps sans fonder la classification de ces am-v maux sur leur structure intime. Dans un mémoire presen e, en 1756, à l’Académie des sciences, Guettard fit le premier ressortir la nécessité de classer les coquilles d apres es animaux qu’elles renferment, et il caractérisa tres-bien les genres limace (hélice), buccin [maillot t de Lamarck), limafon terrestre à opercule [cy clostome de Lara.), planorhe, nérite patelle, aplysie- [Icpus mannus des anciens etc. Adanson appliqua ces principes, plus étendus, auxmollus-

t- ^ nom de mollusques d’; Le ut

SÏÏiS Ù»' «Y »“ 1“ ”ais le

tronc lisse d’un arbre [Uist. nat., xvi, b Kiel, 1675, placée à

iïrcsïs* p^pA.0»»».

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ques conchylifères dans le premier et seul volume qu’il ait publié (en 1757) de son Voyage au Sénégal. En 1766, Geoffroi, médecin de Paris, donna, dans son petit Traité' des coquilles terrestres et fluviatiles des environs de Paris la description des animaux qui les portent ; les caractères des genres y sont également tirés de l’animal et de la coquille. Linné, Müller, auteur de la Faune danoise, Bruguières Pallas, Lamarck suivirent la voie indiquée par Guettard et Adanson. F

Au nombre des animaux exsangues, les anciens avaient range depuis Aristote, les vers, vermes des Latins â'Autv^c des Grecs; et par là ils entendaient, non-seulement' les vers terrestres et les vers intestinaux, mais les larves ou chenilles, les scolopendres, les millepattes, les sangsues enfin tous les animaux non vertébrés, à corps mou allonge doue de mouvements tortueux, comme l’indique déjà la racine scohos, tortu, d’où vient scolex , ver mot souvent employé par Aristote et Élien. Le nom de Vers vei-mes, prit bientôt tant d’extension, que Linné dés piait encore par là tous les animaux,’ l l’exception de^ e Ubres, des insectes et des crustacés.

1 allas, dans ses Miscellanea zoologica (1766 in-4°l fit

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d'une enveloppe* colorS'™'"),:, ‘ne^Sait „Ts ''“'“T” cer, dans deux ordres différents des PasPoufPla-

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^P»n.,rilW,lo,Lu“„î;;7teS| “Uï' "“”d*d'î '»">oo

aïkal, etc. Voy. plus haut, p. 208.

distinct, qui fasse le passage aux zoophytes et auquel on pourrait, ajoute-t-il, réunir les lombrics, les sangsues, les ascarides, les gordius, les ténias. Cette observation, reprise et développée par la plupart des naturalistes, conduisit Cuvier à l’établissement de la classe des Annêli Jes.

L’étude des Crustacés, la malacoslrologie , est restée stationnaire depuis Aristote jusqu’au milieu du dix-huitième siècle. Les Grecs donnaient le nom de malacostres, p.aXaxôaxpotxoi, à tous les animaux aquatiques, exsangues, dont l’enveloppe externe , beaucoup moins solide que le têt des mollusques à coquille, l’est bien plus que la peau des mollusques nus, et dont les crabes et les écrevisses réalisent le type. Les Romains traduisaient k dénomination grecque par crustata ou crustacea,e t c’est de là que vient le nom de Crustacés , aujourd’hui universellement adopté. Aristote bornant ses descriptions aux langoustes, aux karis (homards ?), aux crabes et aux écrevisses, plaçait ces animaux entre les poissons et les mollusques. Pline et ses abréviateurs ne firent que reproduire les observations d’Aristote, et les naturalistes du seizième et du dix-septième siècle, tels que Rondelet, Belon, Gesner, Aldrovande, Jonston, Ray, ont fort peu ajouté à la connaissance exacte de ces animaux.

Linné s’écarta de ces données primitives. Dans la première édition (17 35) et dans les éditions subséquentes de son Système de la Nature , il rangea tous les Crustacés parmi les Insectes aptères (dépourvus d’ailes), sous les genres monocle ( monoculus ), crabes ( cancer ) et cloporte (oniscus . Ce fut là pour ainsi dire le signal d’une véritable deiiandade parmi les classificateurs. Brisson, dans son Bcgne animal, plaça les Crustacés, avec les millepattes et les araignées, entre les poissons et les insectes. Fabncius , dans

i Jean-Chrétien Fabricius (né en 1743 dans le duché de Schlesivig, mort en 1807), élève de Linné, s’appliqua spécialement à 1 étude des

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son Systema entomologiæ (1775), divisa ces animaux en deux classes. La première était celle des Syngnata , comprenant les monocles et les cloportes, réunis à de véritables insectes, tels cpie les tenthrèdes, les friganfcs, les podures. La seconde classe, celle des Agonata, renfermait les genres crabe, pagure, scyllare, homard et crevette, auxque s était joint le genre scorpion. Avant Fabricius, Millier, en 1772, appelant les Crustacés des Insectes à têt, Enlomoslraca , les avait partagés en deux classes : 1° les Monocles, comprenant les genres amymone et nauplius (univalves), cypris, cylhere et daphnia (bivalves), cyclops et polyphemus (crustacés) ; 2° les Binocles, comprenant les genres argalus , caligus , limulus (umvalves) et lynceus (bivalve) *.

Latreille , dans son Précis des caractères des insectes ,1796), considère les Crustacés comme formant trois ordres d’insectes, les Enlomostracés de Millier; les Crustacés, comprenant les crabes, les pagures, etc., et les Myriapodes, ordre dans lequel les myriapodes proprement dits étaient réunis aux aselles, aux cloportes, etc.

Cuvier, dans son Tableau élémentaire d’ histoire naturelle des animaux (1797), classa les Crustacés avec les Insectes, les arachnides et les myriapodes, sous la catégorie à’ Insectes pourvus de mâchoires et sans ailes. Mais bientôt, guidé par les données anatomiques, il fit de ces animaux une

insectes , fut professeur à Kiel, et publia en 1775 son Systema entomologiæ, bientôt suivi de sa Philosophia bolanica. On a aussi de lui un intéressant Voyage enNorwége (Hamb., 1779, in-8).

1. Othon-Frédéric Millier (né à Copenhague en 1730, mort en 1784), fils d’un pauvre trompette, se livra, par suite d’un riche mariage, à son goût pour l’histoire naturelle. 11 se livra surtout à l’étude des animaux inférieurs, particulièrement des insectes, des vers et des infusoires. Parmi ses nombreux ouvrages, on distingue Zoologia danica, 1779-1784, 2 vol. in-8; — llydrachnæ in aquis Daniæ palustribus dc- Uclx ; — Animalcula infusoria, flumatilia et marina; Copenli.. 1785, in-4. Muller a publié aussi les deux derniers volumes de la magnifique Flora danica, commencée par Œdcr.

classe particulière d’Articulés, sous le nom général de Ci ustacès. Lamarck et Bosc furent les premiers à adopter cette classification, tandis que d’autres, comme Duméril et

lamville, imaginèrent des divisions particulières qui n’ont pas été généralement admises.

A partir du milieu du dix-huitième siècle, l’étude des Ciustaces devint très-sensiblement progressive. Les trois genres de Linné furent, en 1775, portés à sept par Fabricius. Plus tard, en 1793, ce même naturaliste éleva ce nombre à douze, et, en 1798, profitant des travaux de Daldorf, il le fit monter à trente-deux. Lamarck comptait, en 1801 , trente-six genres de Crustacés, que Latreille éleva, en 1806, à soixante-quatre. Enfin, en 1823, Desniai est, mettant à profit les travaux de Leacb, donna, dans le Dictionnaire des sciences naturelles de Levrault, la liste de trois cent vingt-six genres de Crustacés, ce qui porte le nombre des espèces à près de mille, en ne comptant que trois espèces par genre. Nous voilà bien loin delà demidouzaine décrite par Aristote.

Les araignées, en tout temps confondues avec les insectes,commencèrent à former une classe distincte depuis Brisson, qui sépara le premier les insectes à six pieds des insectes proprement dits, de ceux qui ont plus de six pieds (hyperhexapes) . De là à l’établissement définitif de la classe des Arachnides par Lamarck il n’y avait qu’un pas.

Les observations si intéressantes et si originales d’Aristote sur les araignées ne furent reprises qu’après un intervalle de plus de deux mille ans par' Lyonnet, Degeer. Réaumur, et, plus récemment, par Savigny, Dufour et Walkenaër. Lyonnet et Degeer ont fait connaître des détails curieux sur les mœurs des araignées, sur leur accouplement, où le mâle est obligé de bien se tenir sur ses gardes pour n’être pas dévoré par la femelle, sur les soins que la femelle donne à sa progéniture, sur les précautions qu’elle prend pour la sûreté de ses œufs et le développement des petits qui en éclosent. Réaumur a décrit le premier exac-

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ternent les glandes qui paraissent être destinées à élaborer la soie de l’araignée'.

L’étude des insectes proprement dits, Y entomologie, à part quelques données fort incomplètes des écrivains de l’antiquité et du moyen âge, ne date que du dix-septième siècle. Le traité d’Aldrovande, De unimalibus inseclis libri Vil (Bologne, 1602, in-fol.), le livre de Thomas Moufet, fait d’après les papiers de G. Gesncr, Insectorum sim minimorum animdlium theatrum , et publie par Théodore de Mayerne (Londres, 1634, petit in-fol.); les gravures de J. Hoefnagel, Diversæ insectorum volatilium icônes ad vivum depictæ (Anvers, 1630 et 1646), attirèrent l’attention des naturalistes. Marcgraf et Pison, dans leur Histoire naturelle du Brésil, décrivirent et figurèrent les premiers insectes exotiques. Mais l’impulsion véritablement scientifique donnée à l’entomologie ne commence qu avec les travaux de Goedart, de Malpighi, de Redi, et surtout de Swammerdam, de Lister, de Vallisnieri et de Réaumur. Un mot sur les travaux entomologiques de ces savants.

Goedart, dont nous avons déjà parlé1 2, nous apprend dans la Préface de son Histoire des insectes, qu il a passé vingt-cinq ans à observer ces animaux, et que tout ce qu’il avance est le résultat de ses propres recherches. « Afin d’en pouvoir écrire avec exactitude, j’ai enfermé, dit-il, dans des verres les chenilles et les autres insectes dont j’ai voulu parler ; je les ai nourris avec l’aliment que je leur ai jugé propre, et avant qu’ils se disposassent à se transformer, je les ai peints selon leur constitution première et naturelle; j’en ai remarqué avec soin le temps et la manière du changement, et j’ai représenté leur nouvelle production avec ses couleurs naturelles. » A la fin du t. I" de l’ouvrage de Goedart se trouvent les-Remar-

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