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b. Métamorphoses complètes. L’animal se meut pendant toute sa vie ; d’abord sans ailes, il en acquiert les rudiments pendant l’état de nymphe; tels sont les sauterelles, les perce- oreilles, etc.
Dans cette classification, les mouches (diptères) forment une division particulière où l’animal à l’état de nymphe n’a ni mouvement, ni membres distincts.
Lister, dans son édition de Goedart en 1685, suivit la classification de Swammerdam, des insectes en inlransmutabilia (sans métamorphoses), et en transmutahilia (à métamorphoses) ; il la perfectionna dans l’ouvrage de J. Ray (1710). Ses subdivisions sont tirées de la forme des œufs, des larves, de la présence ou de l’absence des pieds, des élytres, des ailes.
Vallisnieri, médecin et naturaliste de Padoue, fit connaître , dans ses Esperienze e osservazioni inlorno ail' origine, sviluppi e coslumi di varii inselti (Padoue, 1713, in-4°), le développement de beaucoup d’espèces qui avaient échappé aux observateurs antérieurs à lui. Les insectes qu’il a le ruieui décrits, et pour la première fois, sont : le fourmilion, l’ichneumon, le xylocope ou guêpe menuisière, l’œstre hémorrhoïdal, le criocère rouge du lis, la mouche à scie ou l’hylotome du rosier, le kermès, le charançon.
Personne ne contribua autant que Réaumur au progrès de l’entomologie h Son ouvrage, intitulé Mémoires pour
1. Ferchaull de ttéaumur, né à la Rochelle en 1683, passa ses premières années aux bords de la mer , ce qui lui donna l’occasion d’étudier, entre autres, les coquillages qui fournissent la pourpre. Plus tard, il se livra aux travaux les plus variés, comme le montrent ses écrits sur la géométrie, sur la fabrication du fer et de l’acier, sur l’incubation artificielle, sur la construction des thermomètres, sur la chimie, la physique, la minéralogie, l’histoire naturelle, etc. L’un des membres les plus laborieux de l’Académie des sciences, il mourut en 1757 d’une chute de cheval, à sa terre de Bermondière (Maine). Il avait égue à l’Académie ses collections et ses manuscrits, où Brisson puisa les matériaux de ses ouvrages sur les quadrupèdes et les oiseaux.
servir à l'histoire des insectes (Amsterdam, 1737-1748, 12 tomes in-12, réunis en 6 volumes, dont chacun est divisé en deux parties, avec 267 planches), est devenu classique. Le premier et le second volumes traitent des chenilles, des chrysalides et des papillons. L’auteur y fait surtout ressortir l’action de la chaleur sur le développement des insectes ou de leurs larves, ainsi que le jeu de leurs organes et de leurs fonctions vitales. Le troisième volume contient l’histoire des insectes dits mineurs, logés dans l’épaisseur des feuilles, l’histoire des teignes qui rongent les laines et les pelleteries, celle des pucerons et des insectes qui produisent la galle. Le quatrième volume contient l’histoire des gallinsectes, à laquelle il faut ajouter celle des mouches ou diptères, et celle des cousins. Le cinquième volume traite des tipules, des mouches à quatre ailes (tétraptères), des cigales et des abeilles. Le sixième volume donne l’histoire des abeilles en y joignant celle des bourdons, des guêpes, des frelons et du fourmilion. Cet important ouvrage, plein de détails intéressants sur les organes des insectes, a donné à plus d’un lecteur le goût de l’histoire naturelle. C’est le meilleur éloge qu on puisse en faire. Il est à regretter que l’auteur n’ait pas abordé l’étude des coléoptères, et qu’il ait dédaigné toute méthode de classification.
Quand parut l’ouvrage de Réaumur, Linné n’avait pas ■ encore publié son Système delà Nature , où les insectes ont fini par être classés dans l’ordre qui a été, à l’exception des Aptères , définitivement introduit dans la science.
Parmi les entomologistes observateurs, il faudra citer encore : Rœsel, auteur d’un recueil mensuel, commencé en 1746 et fini en 1761, sous le titre de Inscclen-Belusligung (amusement sur les insectes) ; Pierre Lyonnet (né en 1707, à Maestricht, mort à La Haye en 1789), célèbre par sou Traité anatomique de la chenille du saule (La Haye, 1760, in-4°), l’un des plus remarquables ouvrages qui aient paru sur l’anatomie des animaux inférieurs ; E. Louis
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Geoffroy (né à Paris en 1725, mort en 1810), auteur de Y Histoire abrégée des insectes des environs de Paris (2 vol. in-4°, 1764, avec 22 planches;, excellente et première faune locale qui ait été publiée. Geoffroy, qui eut le premier l’idée de classer les insectes par le nombre des tarses (articles du pied), fut imité par Gh. Schæfer, qui publia, en 1769, les Insectes des environs de Ratisbonne (3 vol. composés de 280 planches) ; par Schranck, qui fit paraître, en 1781, Env/meratio insectorum Auslriæ indigenarum (3 vol. in-3«, avec 3 planches) ; par Laicharting, qui décrivit les Insectes du Tyrol (Zurich, 2 vol. in-8°) et par Clairville, qui donna Y Entomologie helvétique (2 vol. in-8°, 1798 et 1806). Nous ne devons pas oublier d’ajouter à la liste de ces observateurs Charles Bonnet, dont nous parlerons plus Iras avec plus de détails, ainsi que François et Pierre Huber, père et fils, qui se sont rendus célèbres, le premier par ses Observations sur les abeilles , le second par ses Recherches sur les mœurs des fourmis indigènes (Paris, 1810, in-8°).
Parmi les entomologistes de la fin du dix-huitième siècle et du commencement du dix-neuvième, Degeer, Fabrice18: Panzer, Olivier et Latreille méritent une mention spéciale, tout à la fois comme classificateurs et comme descripteurs. Ln mot sur chacun de ces naturalistes.
Degeer ou De Geer (né en 1 720 , mort à Stockholm en 1 7 78) employa son temps et sa fortune au progrès de sa science de prédilection. Ses Mémoires pour servir à Y histoire des insectes (Stockholm, 1752-1778, 7 parties en 8 vol. in-4), écrits en français, lui méritentle surnom d oRèaupnur suédois. Lepremier volume, paru en 1752, contient seize mémoires sur les chenilles et un dix-septième sur les ennemis des chenilles et en particulier sur les ichneumons. Le second volume ne parut qu’en 1771, parce que l’auteur, n’ayant pas placé le premier volume comme il l’espérait, ne fit tirer les volumes suivants qu’à un très-petit nombre d’exemplaires, qu ü envoya en présent à ceux qui avaient acheté le pre-
mier. On y trouve beaucoup de détails curieux sur la demeure, la nourriture, la génération et la métamorphose des insectes. Le dernier volume parut, après la, mort de l’auteur, par les soins de Retzius. Degeer l’emporte sur Réaumur par la concision du style et en ce qu’il était à la fois anatomiste et physiologiste. Sa classification est inférieure à celle de Linné. 11 a rapporté les 1446 espèces qu’il connaissait à 100 genres, correspondant à 14 sousordres et à 2 sous-classes principales, les insectes ailés et les aptères.
Fabricius, dont nous avons déjà indiqué les travaux, transporta dans le domaine des insectes l’idée qu’eut Linné, son maître, de classer les mammifères d’après les organes de la manducation. Cette idée présentait d’immenses difficultés dans son exécution, non-seulement parce que les insectes présentent à cet égard plus de variations qu aucune autre classe d’animaux, mais à cause delà petitesse, souvent microscopique, des parties à observer. Fabricius la poursuivit dans son Systema enlomologiæ ’ , avec un zèle infatigable, et parvint à découvrir dans les organes de la bouche (mâchoires, labres, palpes, etc.) jusqu’aux caractères des genres1 2.
Fr. Panzer (né en 1755, mort en 1829), fils du célèbre bibliographe Panzer, popularisa l’entomologie par une collection de petits fascicules in-32, de feuilles détachées, dont chacune représente un insecte gravé et enluminé, avec la description en regard, de manière que chaque figure, avec sa description, peut être rangée suivant une méthode de classification quelconque. Les premiers fascicules de cette collection, qui a pour titre Fauna inseclorum Germanise, parurent en 1793, et ont continué à paraître jus-
1. Cet,ouvrage, paru en 1775, fut successivement perfectionné. La dernière édition est de Copenhague, 1792-94, 4 vol. in-S. >1 en parut un Supplément en 1798.
2. Sur la valeur de ce système, voy. Lacordaire. Introduction a ’ entomologie , t. II, p. G50 et suiv. (Nouvelles Suites à Buffon.)
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qu’en 1814; il y en avait alors 112, ce qui porte le nombre total des insectes décrits et figurés à 2688. Dans cet ouvrage, aussi curieux que précieux, la synonymie est t-rès-soignée et les gravures sont très-exactes.
Olivier, célèbre par son Voyage dans l'Empire Ottoman (de 1795 à 1798), a rédigé pour l’Encyclopédie méthodique la partie des Insectes (4 vol. in-4° avec planches), ou il essaya, comme l’avait déjà fait Illiger, de combiner le système de Fabricius avec celui de Linné. Son principal travail a pour objet V Histoire naturelle des Coléoptères (Paris, 1789-1809, 6 vol. gr. in- 4°).
Latreille est un des principaux fondateurs de l’entomoloqie moderne1. Son Généra Crustaceorum et Insectorum (Paris, 1806, 4 vol. in-8°) restera son plus beau titre de gloire.' Les insectes de Linné y sont partagés en deux groupes égaux, les Crustacés et les Insectes. Ces derniers sont ensuite divisés en ordres et en familles, d après la méthode naturelle, pressentie par Scopoli 2 et appliquée en 1789 par Laurent de Jussieu au règne végétal. Nous en parlerons plus loin à l’occasion de l’analyse du Règne animal de Cuvier, pour lequel Latreille rédigea la partie des Insectes.
1. Pierre-André Latreille naquit à Brives en 1762. Abandonné de ses parents, il dut son éducation à des personnes étrangères. Ordonné prêtre à l’àge de vingt-quatre ans, il consacra à l’étude des insectes tout le temps que lui laissaient les devoirs de sa profession. A la Révolution il fut arrêté, conduit à Bordeaux, et condamné comme prêtre à la déportation. La découverte d’un insecte, qu’il nomma necrobia ruficollis, devint la cause de sa délivrance en lui procurant la protection de Bory de Saint-Vincent et de Dargelas, naturalistes de Bordeaux. Arrivé à Paris en 1798, il obtint un emploi au Muséum d’histoire naturelle, et succéda, en 1814, à son ami Olivier, à l’Académie des sciences, et ce ne fut qu’en 1829 qu’il obtint une chaire de zoologie. Il avait alors soixante-sept ans. « On me donne, disait-il, du pain, quand je n’ai plus de dents. » 11 mourut en 1833. Ses ouvrages et mémoires, qui sont fort nombreux, ont presque tous pour objet l’entomologie.