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Notre Histoire de la Géologie, p. 396.
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nouvellement créée. En 1799, la mort de Daubenton lui laissa l’importante chaire d’Histoire naturelle au Collège de France, et en 1802 il devint, au Jardin des Plantes, professeur titulaire de la chaire de Mertrud, dont il était depuis 1795 le suppléant. Après la réorganisation de l’Institut, il fut, en 1803, à la presque unanimité des voix, nommé secrétaire perpétuel pour les sciences naturelles, et il présenta en cette qualité à Napoléon I1’1’ son mémorable Rapport sur les progrès des sciences naturelles depuis 1789. Nommé, en 1808, membre du conseil de l’Université, et maître des requêtes en 1813, il devint, sous la Restauration, conseiller d’État, président du comité de l’intérieur, chancelier de l’Instruction publique, enfin pair de France, en 1831, sous le règne de Louis-Philippe. Tontes les compagnies savantes s’empressèrent d’inscrire sur la liste de leurs membres le nom de celui qui appartenait à trois académies de l’Institut, l’Académie française, celle des Sciences, etcelle des Inscriptions et Belles-lettres.
Comblé de places et d’honneurs, Cuvier fut frappé des plus rudes coups dans ses affections intimes. Ayant épousé, à trente-quatre ans, Mme duVaucel, veuve d’un fermiergénéral, mort sur l’échafaud en 1794, il perdit ses deux premiers enfants à la fleur de l’âge ; le troisième, qui était un garçon, mourut à sept ans ; et toutes ses douleurs se renouvelèrent, quelques années plus tard, lorsqu’il perdit, en 1828, sa fille, âgée de vingt-deux ans, jeune personne de l’esprit le plus distingué. Il ne lui resta plus aucun enfant, et il s’éteignit bientôt lui-même, à la suite d’une courte maladie, le 13 mai 1832.
Travaux de G. Cuvier.
Les travaux de Cuvier, dont certains naturalistes, comme de Blainville, ont voulu diminuer l’importance, commen-
cent une ère nouvelle en zoologie. Il convient donc de nous y arrêter.
Youé dès sa première jeunesse à l’étude de l’anatornie comparée, c’est-à-dire des lois de l’organisation des animaux et des modifications que cette organisation éprouve dans les diverses espèces, Cuvier eut, ainsi qu’il le dit lui-même dans la Préface de son Règne animal , pour but constant de ses travaux de ramener la science à des règles générales, et à des propositions très-simples. «Mes premiers essais, dit-il, me firent bientôt apercevoir que je n’y parviendrais qu’ autant que les animaux dont j'aurais à faire connaître la structure, seraient distribués conformément à cette structure même, en sorte que l’on put embrasser sous un seul nom de classe, d’ordre, de genre, etc,, toutes les espèces qui auraient entre elles, dans leur conformation tant intérieure qu’extérieure, des rapports plus généraux ou plus particuliers. Or , c’est ce que la plupart des naturalistes n’avaient point cherché à faire, et ce que bien peu d’entre eux auraient pu faire quand ils l’eussent voulu, puisqu’une distribution pareille supposait une connaissance assez étendue des structures dont elle devait être en quelque sorte la représentation. »
Swammerdam, Redi, Monro, Pallas, Camper, Daubenton avaient, il est vrai, fourni déjà des faits d anatomie comparée, et indiqué quelques vues. Mais ces faits et ces vues avaient passé presque inaperçus aux yeux de leurs contemporains. Il existait aussi sur des classes particulières des travaux très-étendus, qui avaient fait connaître un très-grand nombre d’espèces nouvelles ; mais leurs auteurs n’avaient guère envisagé que les rapports extérieurs de ces espèces, et personne ne s était encore occupé d’établir les classes et les ordres d’après 1 ensemble de leur structure intime, anatomique. Par le défaut de cette étude, les caractères de plusieurs classes restaient faux ou incomplets ; plusieurs ordres étaient arbitraires;
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dans presque aucune de ces divisions les genres et les espèces n’étaient rapprochés et rangés conformément à la nature. Ainsi, en plaçant le lamantin dans le genre des morses, la sirène dans celui des anguilles, Grmelin avait rendu impossible toute proposition générale relative à l’organisation de ces genres ; de même qu’en réunissant dans la même classe, dans le même ordre, à côté l’un de l’autre la seiche et le polype à bras, il avait rendu impossible l’établissement de tout caractère général concernant la classe et l’ordre qui embrassaient des êtres si disparates. Ce sont là des exemples frappants; mais il en existait beaucoup d’autres qui, quoique moins sensibles au premier coup d’œil , n’avaient pas d’inconvénients moins réels. Que dire, par exemple, du tricliecus manatus de Gmelin, qui, sous un seul nom spécifique, comprend trois espèces et deux genres différents? Sous quel nom parler de la vélelle, qui y figure deux fois parmi les méduses et une fois parmi les holothuries? Gomment y rassembler les biphores, qui sont appelées les unes du nom de dagysa , le plus grand nombre de celui de salpa, et dont plusieurs sont rangées parmi les holothuria ? Il importait donc de tout revoir, jusqu’aux synonymes mêmes des espèces.
Tel était l’état de la science, lorsque Cuvier entreprit de faire marcher de front l’anatomie et la zoolpgie, les dissections et le classement, de faire ressortir de cette fécondation mutuelle des deux sciences l’une par l’autre, un système zoologique propre à servir de guide dans le champ de l’anatomie, et un corps de doctrine anatomique propre à servir de développement et d’explication au système zoologique. Les premiers résultats de ce double travail parurent en 1795, dans le mémoire déjà cité, Sur une nouvelle division des animaux à sang blanc; et une ébauche de leur application aux genres et aux sous-genres fit. l’objet du Tableau élémentaire des animaux, imprimé
en 1798, et amélioré dans les tables annexées au premier volume des Leçons d anatomie comporte, en 1800.
La considération de la défectuosité des ouvrages publiés jusqua présent sur la science porta peu à peu Cuvier à refaire complètement tout le système des animaux. « Une telle entreprise eût été, dit-il, inexécutable dans son entier pour tout homme isolé, même en lui supposant la plus longue vie et nulle autre occupation ; je n’aurais pas même été en état d’en préparer une simple esquisse, si j’avais été livré à mes seuls moyens. Mais les ressources de ma position me parurent pouvoir suppléer à ce qui me manquait de temps et de talent, ûhant au milieu de tant d’habiles naturalistes, puisant dans leurs ouvrages à mesure qu’ils paraissaient; usant avec autant de liberté qu’eux des collections rassemblées par leurs soins, en ayant moi-même formé une très-considerable spécialement appropriée à mon objet, une grande partie de mon travail ne devait consister que dans 1 emploi de tan
de riches matériaux. » , , . , f .
Cuvier se plaît à citer, comme ayant ete mis a prout pour son ouvrage, les travaux de Latreille sur les msectes les travaux de Lamarck sur les coquilles, ceux e Lacépède sur les poissons, la description des quadrupèdes par Geoffroy Saint-Hilaire, celle des oiseaux par Levailfant les préparations anatomiques de Blainville, d Appelles recherches de Duméril, de Frédéric Cuvier (frere de
Georges Cuvier), etc.
D’après les principes posés par lui, Cuvier trouva, pour nous servir de ses expressions, quatre formes principales, quatre plans généraux, d’après lesquels tous les animaux semblent avoir été modelés. Ces formes ou plans com^ prennent les quatre divisions ou embranchement* con nus sous les noms de Vertébrés, de Mollusques, d An- TtcüLÉs et de Zoopiiytes. En supprimant la grande division des Animaux non vertébrés, il rejeta e *\s em
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d’une échelle zoologique, allant par dégradations successives depuis les mammifères jusqu’aux zoophytes.
Les embranchements ainsi établis forment quatre plans distincts, nettement circonscrits1. Les Vertébrés ont seuls une moelle épinière, cl’où partent de chaque côté les filets nerveux , et qui s’épaissit à son extrémité antérieure (supérieure chez l’homme), pour former l’encéphale. Seuls ils ont un canal composé de vertèbres osseuses ou cartilagineuses ; seuls enfin ils ont un double système nerveux, celui de la moelle épinière et celui du grand sympathique (système ganglionnaire). Tous aussi ont cinq sens, deux mâchoires horizontales, le sang rouge, un cœur musculaire, un système de vaisseaux chilifères et absorbants, un foie, une veine-porte, une rate, un pancréas, des reins.
Les Mollusques n’ont plus de moelle épinière, par conséquent plus de vertèbres; ils ont encore un cerveau, mais réduit à un petit ganglion ; ils n’ont plus de grand sympathique, et leur unique système nerveux, au lieu d’être placé, comme dans les vertébrés, au-dessus du canal digestif, est toujours placé, sauf le ganglion qui représente le cerveau, au-dessous de ce canal, et relégué parmi les viscères. Aucun n’a les sens complets : l’organe de l’odorat manque à tous; celui de la vue à plusieurs; une seule famille possède l’organe de l’ouïe. Enfin ils n’ont ni vrai squelette, ni vaisseaux absorbants, ni pancréas, ni veine-porte, ni rate, ni reins. Mais ils ont tous un foie, les organes de la respiration, un système complet de circulation. Bref, si par l'appauvrissement du sys-
1. On pourrait, selon nous, considérer tous les êtres vivants comme embottés les uns dans les autres, a l’instar des tours d’une spirale, de manière que le tour le plus externe (le plus grand des cercles concentriques) représente le règne végétal, le plus nombreux en espèces, tandis que le tour ou cercle le plus interne, réduit presque à un point, représenterait l’unique espèce humaine. C’est une idée que nous nous propu: ons de développer ailleurs.
tème nerveux, les mollusques s’éloignent des vertébrés, ils s’en rapprochent par la richesse de leurs organes respiratoires et circulatoires, et semblent ainsi mériter de former la seconde grande division ou le second embranchement du règne animal.
Les Articulés diffèrent autant des mollusques que ceux- ci diffèrent des vertébrés. Leur squelette n’est pas intérieur' , comme celui des vertébrés , mais il n est pas non plus toujours nul comme dans les mollusques. Les anneaux articulés qui entourent re corps et souvent les membres, en tiennent lieu, et, comme ils sont presque toujours assez durs, ils peuvent prêter au mouvement tous les points d’appui nécessaires, en sorte qu on retrouve ici, comme parmi les vertébrés,, la marche, la course, le saut, la natation et le vol. Il n’y a que les familles dépourvues de pieds, ou dont les pieds n ont que des articles membraneux et mous, qui soient bornés à la reptation. Cette position extérieure des parties dures, et celle des muscles dans leur intérieur, réduit chaque article à la forme d’un étui, et ne lui permet que deux genres de mouvements. Lorsqu’il tient à l’article voisin par une jointure ferme, comme il arrive dans les membres, il \ est fixé par deux points, et ne peut se mouvoir que par ginglyme, c’est-à-dire dans un seul plan, ce qui exige des articulations plus nombreuses pour produire une même variété de mouvements. Il en résulte aussi une plus grande perte de force dans les muscles, et par conséquent plus de faiblesse générale dans chaque animal a proportion de sa grandeur. Mais les articles qui composent le corps n’ont pas toujours ce genre d’articulation ; e plus souvent ils sont unis seulement par des membranes flexibles, ou bien ils s’emboîtent 1 un dans 1 autre, et a ois
leurs mouvements sont plus variés, mais destitues e orce.
Telles sont les considérations qui ont décide , uv îer a donner le nom à' Articulés aux animaux du troisième embranchement.
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Le système par lequel les fmimaux articulés se ressemblent le plus, c’est celui des nerfs. Leur cerveau est réduit à un ganglion, comme chez les mollusques, et il est placé de même sur l’œsophage. Mais ils ont, ce qui manque aux mollusques, une sorte de moelle épinière, composée de deux cordons, qui régnent le long du ventre et s’y unissent d’espace en espace par des nœuds, d’où partent des nerfs. Notons que cette sorte de moelle épinière, qui les éloigne des mollusques, ne les rapproche pas des vertébrés ; car elle est toujours placée au-dessous du canal digestif, et non pas au-dessus, comme dans ceux-ci; et par une inversion analogue, le cœur, qui, dans les vertébrés, est placé au-dessous de ce canal, l’est au-dessus dans les articulés. Dans aucun de ces animaux, on n’a découvert d’organe distinct de l’odorat. Quant aux organes de l’ouïe et de la vue, de la respiration, de la circulation, et de la génération, et jusqu’à la couleur du sang, il y a tant de variétés chez les animaux articulés, qu’il faut les étudier dans leurs diverses subdivisions.
Les animaux rayonnés ou zoopiiYTES, qui composent le quatrième embranchement, se distinguent des autres par deux caractères bien tranchés. Le premier de ces caractères est que toutes les parties y sont disposées autour d’un centre commun, comme les rayons d’un cercle. Cette disposition se remarque chez les vers intestinaux euxmêmes : deux lignes tendineuses ou deux filets nerveux partent d’un collier entourant la bouche de ces vers. Plusieurs d’entre eux ont quatre suçoirs autour d’une proéminence en forme de trompe ; en un mot, malgré quelques irrégularités, on retrouve toujours des traces de la forme rayonnante , très-marquée dans le plus grand nombre de ces animaux, tels que les étoiles de mer, les oursins, les polypes. Le système nerveux y est fort obscurément dessiné ; et là où l’on croit en voir des traces , il atlecte constamment la disposition radiaire. Le second caractère tient à ce que les animaux rayonnés se rappro-
rhent par la simplicité de leur organisation, le plus des niantes1* ce qui justifie le nom de zoophytes ou amrnauxnlantes' Chez beaucoup de ces espèces, la disposition rayonnante de leurs organes rappelle les pétales des fleurs. Mais les zoophytes jouissent de la sensibili e veinent volontaire, ils se nourrissent, de matières qu’ils avalent ou qu ils sucent et quils .(h gèrent dans une cavité intérieure. Ce sont donc, égards, des animaux.
En i étant un coup d’œil sur les caractères des quatre srandfs divisions zoologiques, dont chacune représente tn type on remarque que le système dominant, qui de- Jm’rmne'la forme dl tout animal, c’est le système nerveux, i P les autres systèmes, circulatoire et respiratoire,
Lai les modifications des organes de la circulation e * S respiration, subordonnées au système nerveux, don-
■nnt les nremières subdivisions ou les classes. C . Xns l’établissement des subdivisions ou des classes que f Méthode de Cuvier, principalement fondée sur la structure interne, anatomique, se montre dans tout son
*Cllinsi, chez les vertébrés, la quantité du ^ng qui suffit •l’action vivifiante de l’oxygène de 1 air, dépend de la dis pSion des organes de la respiration ceux de la
Lorsque la circulation est double, mais que les organes respiratoires doivent fonctionner par l’intermédiaire de l’eau, et que le sang n’est révivifié que par la portion d’oxygène dissoute, nous aurons le cas des poissons. Ailleurs, la circulation double peut se combiner avec une respiration aérienne simple, c’est-à-dire ne s’opérant que dans les poumons ; c’est ce qui a lieu dans les mammifères. Leur quantité de respiration est donc supérieure à celle des reptiles à cause de la forme de leur organe cii*culatoire, et à celle des poissons, à cause de leur élément ambiant. Mais chez les oiseaux la quantité de respiration est encore supérieure à celle des mammifères, parce que non-seulement ils ont une circulation double et une respiration aérienne, mais encore parce qu’ils respirent par beaucoup d’autres cavités que les poumons, l’air pénétrant par tout leur corps, et baignant les rameaux de l’aorte aussi bien que ceux de l’artère pulmonaire.
Les modifications circulatoires et respiratoires citées déterminent le genre ou la forme des mouvements. Les mammifères, où la quantité de respiration est modérée, sont généralement faits pour marcher et courir en développant de la force. Les oiseaux, où cette quantité est plus grande, ont la légèreté et la vigueur nécessaires pour le vol. Les reptiles, où elle est plus faible, sont condamnés à ramper, et beaucoup d’entre eux passent leur vie dans une sorte d’engourdissement. Les poissons enfin ont besoin, pour exécuter leurs mouvements, d’être soutenus dans un liquide spécifiquement presque aussi pesant qu’eux.
Voilà comment a été justifié l’établissement des quatre classes de vertébrés, comprenant les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poi sons.
Les combinaisons des organes circulatoires avec les organes respiratoires ne sont pas moins variées dans le second embranchement du règne animal. Ainsi, il y a des mollusques qui ont trois cœurs, d’autres en ont deux,
d’autres encore n’en ont qu’un. De ces cœurs il y en a ■qui n’ont qu’un seul ventricule et qu’une seule oreillette; d’autres ont un seul ventricule et deux oreillettes: d autres, un seul ventricule, sans oreillette, etc. Il y a. de même, des mollusques qui respirent par une cavité pulmonaire ; d’autres, par des branchies comme les poissons, etc.
De cette organisation intérieure dépend la forme générale du corps des mollusques.
Les uns ont le corps ouvert par devant en forme de sac renfermant les branchies, d où sortune tête bien de\eloppée., couronnée par des productions charnues, fortes et allongées, au moyen desquelles ces animaux marchent et saisissent les objets ; c’est ce que Cuvier a nommé les Céphalopodes, comme qui dirait des animaux qui ont les pieds à la tête.
Les autres ont le corps fermé; la tête manque d’appendices, ou elle n’en a que de très-petits; les principaux 01ganes du mouvement sont deux ailes ou nageoires membraneuses, situées aux côtés du col, et sur lesquelles est souvent inséré le tissu branchial ou respiratoire. Ce sont les Ptèropodes ou mollusques à ailes-pieds .
Il y en a qui rampent sur un disque charnu de leur ventre, rarement comprimé ,en nageoire, et qui ont presque toujours, en avant, une tête distincte. Ces mollusques ont reçu de Cuvier le nom de Gastéropodes , ou animaux à ventre-pieds.
Chez d’autres, la bouche reste cachée dans le fond du manteau, qui contient aussi les branchies et les viscèies, et s’ouvre sur toute sa longueur, soit à ses deux bouts, soit à une seule extrémité. Ce sont les Acéphales mollusques sans tête) de Cuvier.
D’autres encore, également renfermés dans un manteau ont la bouche en avant, entourée de deux longs bras charnus et ciliés, qu’ils peuvent faire sortir pour saisir leur proie. Ces mollusques ont été appelés par Limer Brachiododes ou bras-pieds.
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Enfin il en est qui, semblables aux autres mollusques par les branchies, le înanteau, etc., en diffèrent par des membres nombreux, cornés, articulés, et par un système nerveux plus voisin de celui des animaux articulés. Cuvier en a fait, sous le nom de Cirrhopodes, emprunté à Lamarck, la dernière classe des mollusques.
Les six classes de l’embranchement des mollusques, ainsi déterminée^ et en grande partie dénommées par Cuvier, ont été depuis universellement adoptées.
Le troisième embranchement du règne animal, comprenant les Articulés, est subdivisé en quatre classes : les Annèlides (nom donné par Lamarck) ou Vers à sang rouge (nom donné par Cuvier), les Crustacés, les Arachnides et les Insectes. Voici comment est justifié l’établissement de ces quatre formes principales des Articulés.
Les Annèlides respirent par des organes, qui tantôt se développent en dehors, en saillie, tantôt ne s’élèvent pas au-dessus de la surface de la peau. Leur sang, coloré comme celui des animaux vertébrés, circule dans un système double, clos d’artères et de veines, sans cœurs ou ventricules charnus bien marqués. Leur corps, plus ou moins allongé, est toujours divisé en anneaux nombreux, dont le premier, qui se nomme la tête, diffère à peine des autres, si ce n’est par la présence de labouche et des principaux organes des sens. Au lieu de pieds, ils ont, pour la plupart, des soies ou des faisceaux de soies raides ët mobiles. Ils sont tous hermaphrodites. Leurs sens extérieurs consistent en tentacules charnus, quelquefois articulés, et en quelques points noirâtres que l’on regarde comme des yeux.
Les Crustacés ont des membres articulés, attachés aux côtés du corps. Leur sang est blanc; il circule par le moyen d’un cœur ou ventricule charnu, placé dans le dos. Le cœur ou ventricule dorsal , qui, dans les dernières espèces, s’allonge en canal, distribue le sang à des branchies situées sur les côtés du corps, ou sous sa partie pos-
térieure, d’où il revient dans le canal ventral. Ils ont tous des antennes on filaments articulé^, attachés au devant de la tête, le plus souvent au nombre de quatre; ils ont plusieurs mâchoires transversales, et deux yeux composés. Dans quelques espèces on trouve un organe auditif distinct.
Les Arachnides ressemblent aux autres articulés par la tête et le thorax (poitrine) réunis en une seule pièce et par leurs membres articulés ; mais ils en diffèrent par leurs viscères, qui sont contenus dans un abdomen, attaché en arrière du thorax. Leur tête est dépourvue d'antennes et porte des yeux simples, en nombre variable. Leur bouche est garnie de mâchoires. Leur circulation s’effectue par un vaisseau dorsal, qui envoie des branches artérielles, et en reçoit des branches veineuses. Leur respiration varie : elle se fait, chez les uns, par de vrais organes pulmonaires s’ouvrant aux côtés de 1 abdomen : chez les autres, par des trachées. Tous ont des ouvertures latérales, de vrais stigmates.
Les InsecLes forment la classe la plus nombreuse de tout le règne animal. A l’exception de quelques genres ;les myriapodes), où le corps se trouve divisé en un assez grand nombre d’articles à peu près égaux, ils ont le corps partagé en trois parties: la tète, garnie des antennes, des yeux et de la bouche ; le thorax ou corselet, auquel s'insèrent, quand il y en a, les ailes et les pieds ; et 1 abdomen qui, placé en arrière du thorax, renferme les principaux viscères. Ceux qui ont des ailes passent souvent, après leur naissance, par deux formes différentes, avant d’arriver à l’état ailé parfait (insectes à métamorphoses I. Dans tous leurs états, transitoires ou non, ils respirent par des trachées, c’est-à-dire par des vaisseaux élastiques, qui reçoivent l’air par des ouvertures (stigmates) percées sur les côtés, et le distribuent, en se ramifiant, dans tous les points du corps. Le cœur est représenté par un vaisseau attaché le long du dos et éprouvant des contractions
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alternatives. « On n’a pu, dit Cuvier, lui découvrir de branches ; en sorte que l’on doit croire que la nutrition des parties se fait par imbibition. C’est probablement cette sorte de nutrition qui a nécessité l’espèce de respiration propre aux insectes, parce que le fluide nourricier qui n’était point contenu dans des vaisseaux ne pouvant être dirigé vers des organes pulmonaires circonscrits pour y chercher l’air, il a fallu que l’air se répandît par tout le corps pour y atteindre ce fluide. C’est aussi pourquoi les insectes n’ont point de glandes sécrétoires, mais seulement de longs vaisseaux spongieux qui paraissent absorber, par leur grande surface, dans la masse du fluide nourricier, les sucs propres qu’ils doivent produire. »
Les Insectes , qui avant Lamarck et Cuvier , étaient réunis avec les Crustacés et les Arachnides, varient à l’infini par les formes de leurs organes de la bouche et de la digestion, ainsi que par leur industrie et leurs mœurs. Ils ont constamment leurs sexes, séparés.
La grande division des Articulés, dont nous venons d’esquisser les classes, représente tout à la feus le passage des animaux qui ont une circulation à ceux qui n’en ont point, et le passage de ceux qui respirent par des branchies circonscrites à ceux où les trachées distribuent l’air à toutes les parties du corps.
La grande division des Zoophytes ou Rayonnés, quatrième et- dernier embranchement du l’ègne animal, est caractérisée par la disparition graduelle ou par la fusion successive de tous les organes de la vie dans la masse générale du corps.
Quelques-uns de ces animaux ont encore un intestin distinct, flottant dans une grande cavité, et accompagné de plusieurs autres organes, destinés à la génération, à la respiration et à une circulation partielle. Ils forment la première classe des Zoophytes, comprenant les oursins et les astéries, auxquels les épines qui d’ordinaire les
garnissent ont fait donner, par Bruguières, le nom d’A-
chinodermes 1 .
Les Vers intestinaux, qui composent la seconde classe des Zoophytes, n’ont ni organes de respiration, ni vaisseaux, pas même pour une circulation partielle. Leur corps est, en général, allongé ou déprimé, et leurs organes disposés longitudinalement. Les uns ont un canal digestif distinct, qui manque dans d’autres.
Les Acalèphcs ou Orties de mer, formant la troisième classe des Zoophytes, n’ont ni vaisseaux vraiment circulatoires, ni organes de la respiration; leur forme est radiaire, et leur bouche tient lieu d anus. « Les aca èphes hydrostatiques , que nous laissons, dit Cuvier, à la lin de cette classe, en donneront peut-être un jour une séparée, quand elles seront mieux connues; mais ce n est encoie que par conjecture que l’on juge des fonctions de leurs singuliers organes. ■» C’était là une invitation à 1 adresse des observateurs futurs.
Les Polypes , quatrième classe des Zoophytes, ont le tissu de leurs organes encore moins développe que les Acalèphes. Ce sont de tout petits animaux gélatineux, dont la bouche, entourée de tentacules, conduit à un estomac, tantôt simple, tantôt suivi d intestins en foime de vaisseaux. Ces tiges fixes et solides, que l’on a longtemps regardées comme des plantes marines, sont les habitation? et l’œuvre d’innombrables polypes.
Les Infusoires, cinquième classe des Zoophytes, sont ces petits êtres qui n’ont commencé à être connus que depuis l’invention du microscope. Ils fourmillent dans les liquides infusés et dans les eaux dormantes. « La plupart
1. Jean-GuillaumeBntÿttiércs (né à Montpellier en 1 < 49, mon à Pa. i? en 1199) fit partie de l’expédition de découvertes, envoyée, en 1 < id, sous e? ordres de Kerguelen, dans les mers du Sud, se livra particulièrement à l’étude des mollusques testacés, accompagna Olivier dans son v j g en Perse, et publia, dans 1 Encyclopédie méthodique, l Histoire naturelle des vers.
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ne montrent, dit Cuvier, qu'un corps gélatineux sans viscères; cependant on laisse à leur tête des espèces plus composées, possédant des organes visibles de mouvement et un estomac ; on en' fera aussi peut-être quelque jour une classe à part. » Ce cadre a été depuis singulièrement élargi .
Les différentes classes des quatre embranchements du Règne animal sont ensuite divisées en ordres , et les ordres sont subdivisés en familles et les familles en tribus ; enfin les dernières de ces subdivisions comprennent les genres, et les genres renferment les espèces. Mais la caractéristique ne repose plus ici, comme pour l’établissement des embranchements et des classes, sur des modifications primordiales, typiques des systèmes nerveux, respiratoire et circulatoire ; elle porte sur des modifications, de plus en plus subordonnées aux premières, d’organes delà manducation, de la digestion, de la locomotion, du tact, etc. L’incertitude du classificateur même augmente à mesuré qu’il avance dans son travail, si bien qu’il hésite souvent s’il faut donner à un groupe de genres le nom d’ordre ou de famille , de division ou de subdivision, etc. Cuvier s’est souvent trouvé dans cet embarras, et il eut la franchise de le reconnaître, comme le montrera l’analyse que nous allons poursuivre.
L’étude des organes du toucher, d’où dépend plus ou moins d’adresse, et des organes de la manducation, qui déterminent le régime ou le genre d’alimentation, a fait diviser la classe des Vertébrés en huit ordres : les Bimanes. les Quadrumanes , les Carnassiers , les Rongeurs , les Edentés , les Pachydermes , les Ruminants et les Cétacés.
Les Bimanes sont principalement caractérisés par la faculté qu’ils ont d’opposer le pouce aux autres doigts pour saisir les plus petits objets, ce qui constitue la main proprement dite. Les Bimanes ne forment qu’un seul ordre, qu’une seule famille, qu'une seule tribu, qu’un seul
genre, qu’une seule espèce, l’Homme. 11 n’y a là que des variétés ou des races, dont trois surtout paraissent éminemment distinctes : la race blanche ou caucasique (aryenne), la race jaune ou mongolique et la race nègre ou èlhio pique. Mais cette division est incomplète : elle laisse en dehors les Malais, les Papouas, les Polynésiens, les indigènes de l’Amérique, les Esquimaux, etc.
Les Quadrumanes , divisés en singes (de l’Ancien et du Nouveau-Monde) et en makis (propres à l’ile de Madagascar), ont aux extrémités de leurs quatre membres le pouce opposable aux autres doigts, ils ont quatre mailla. Cette organisation leur donne l’avantage' de grimper aux arbres avec lacilité ; mais ils ne se tiennent et ne mai— client debout qu’avec peine : leur pied ne pose alors que sur le tranchant extérieur, et leur bassin étroit ne favorise point l’équilibre. Le singe ( simia ) proprement dit a à chaque mâchoire quatre dents incisives droites, et des ongles plats à tous les doigts, deux caractères qui le rapprochent particulièrement de l’homme. Les makis (i lemur , L.) ont six incisives en bas, inclinées en avant, et quatre en haut, droites ; un ongle pointu à 1 index des membres postérieurs.
Les Carnassiers ont, comme l’Homme et les Quadrumanes, les trois sortes de dents (incisives, canines et molaires)’, et les doigts mobiles, garnis d’ongles; ils sont, en un mot, onguiculés. Mais ces caractères ont subi des modifications importantes, qui ont fait diviser les Carnassiers en plusieurs familles et tribus. Dans les Chéiroptères, première famille des Carnassiers, les quatre pieds et leurs doigts, devenus très-longs, sont réunis par des memhianes, de manière à les rendre propres au vol. Tels sont les chauves-souris et les galéopithèques ou chats plants des îles de la Sonde. Les Insectivores, deuxième famille des Carnassiers, ont les pieds courts, sans membrane intcrdio-itale- ils mènent, comme les Chéiroptères, une vie nocturne ’ et se nourrissent principalement d’insectes ; tels
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sont les hérissons, les musaraignes, les tanrecs, les desmans, les taupes. Ils forment deux petites tribus distinguées par la position et la grandeur relatives de leurs incisives et de leurs canines. Les molaires sont faibles et hérissées de pointes coniques. Ces mêmes dents, devenues plus fortes, et hérissées, au lieu de simples pointes coniques, de parties plus ou moins tranchantes , forment le principal caractère des Carnivores , troisième famille des Carnassiers. A ce caractère se joignent quatre grosses et longues canines écartées, entre lesquelles sont six incisives à chaque mâchoire, indice d’appétits sanguinaires. Il y a des Carnivores qui appuient, comme les Chéiroptères et les Insectivores, la plante entière du pied sur la terre ; d’autres, en plus grand nombre, ne marchent que sur le bout des doigts en relevant tout le tarse. De là la division des Carnivores en deux tribus : les Plantigrades , tels que les ours, les ratons, les blaireaux, les gloutons; et les •Digitigrades, tels que les martes, les chiens, les civettes, les hyènes, les chats, etc. Tous ces animaux manquent de cæcum (appendice du gros intestin), et n’ont pour toute clavicule qu’un rudiment osseux, suspendu dans les chairs. A la fin des Carnivores digitigrades Cuvier a placé, comme troisième et dernière petite tribu, les Amphibies. Leurs pieds courts et enveloppés dans la peau ne leur peuvent servir sur terre qu’à ramper; mais les membranes qui remplissent les intervalles de leurs doigts sont des rames éminemment propres à la natation. Aussi les Amphibies passent-ils la plus grande partie de leur vie dans la mer, et ils ne viennent à terre que pour se reposer au soleil et allaiter leurs petits. Tels sont les phoques et les morses.
Dans la première édition de son Règne animal (1817), que nous analysons, Cuvier a rangé les Marsupiaux à la fin des Carnassiers, comme une quatrième famille de ce grand ordre. Mais il émettait un doute sur l’exactitude de ce classement, et il se demandait en même temps
s’il n’aurait pas mieux valu en faire un ordre à part. Aujourd’hui les zoologistes ne sont plus indécis : ils admettent que les Marsupiaux forment un ordre distinct, au même titre que les Quadrumanes et les Carnassiers.
Les Marsupiaux sont caractérisés par la naissance prématurée de leurs petits, qui se montrent dans un état de développement à peine comparable à celui des fœtus ordinaires quelques jours après la conception. Incapables de mouvement, offrant à peine les germes des membres et d’autres organes extérieurs, ces petits s’attachent aux mamelles de leur mère, et y restent fixés, dans un repli de la peau de l’abdomen disposé en forme de -poche, sorte de seconde matrice, jusqu’à ce qu’ils soient assez développés pour pouvoir se détacher de leur mère; et même, longtemps après qu’ils ont commencé à marcher, ils reviennent souvent s’y abriter, à l’approche d’un danger. Cette poche protectrice, marsupium , est attachée au pubis (partie antérieure du bassin) par deux os particuliers, interposés dans les muscles de l’abdomen. Au contraire de tous les autres quadrupèdes, les mâles ont la bourse pendante en avant de la verge. Enfin l’organisation des marsupiaux est si singulière, qu’on dirait une classe distincte, parallèle à celle des mammifères ordinaires, et divisible en ordres semblables. Malgré la ressemblance générale de leurs espèces entre elles, tellement frappante que Linné n’en avait fait qu’un seul genre, son genre didelphis (mot qui signifie double matrice ), elles diffèrent si fort par les dents, par les organes de la digestion et par les pieds que l’on pourrait partir de là pour en faire des ordres particuliers. Aussi Cuvier a-t-il fait des Marsupiaux six subdivisions, dont la première , comprenant les sai’igues ( clidelphis , L.), les dasyures, les péramèles, est caractérisée par de longues mains et de petites incisives aux deux mâchoires, par des arrière-molaires hérissées de pointes, rappelant le système dentaire des Carnassiers insectivores. La deuxième subdivision est composée des
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ph (dangers , ainsi nommés parce que les deux doigts qui suivent le pouce, presque isolé et dirigé en arrière comme chez les oiseaux, sont réunis par la peau jusqu’à la dernière phalange ; 'leurs canines inférieures sont si petites qu’elles, sont souvent cachées par la gencive. La troisième subdivision, formée des kangurous-rats (hypsiprymnus , Illiger), diffère de la précédente en ce qu’elle manque de pouces postérieurs et de canines inférieures. La quatrième subdivision comprend les kangurous (halmaturus , Illiger), qui diffèrent des kangurous-rats en ce qu’ils n’ont pas de canines du tout. Enfin les koaldas et les phascolômes composent la cinquième et la sixième subdivision ; ces animaux , originaires de l’Australie , étaient encore peu connus à l’époque de Cuvier.
Les Rongeurs, quatrième ordre des mammifères, sont caractérisés par deux grandes incisives à chaque mâchoire, séparées des molaires par un intervalle vide, marquant la place des canines qui dans les phascolômes n’existaient déjà plus qu’à l’état rudimentaire. Impropres à saisir .une proie vivante ou à déchirer de la chair, leurs incisives, taillées en biseau, ne servent qu’à limer en quelque sorte leurs aliments, plutôt qu’à les ronger. Leur train de derrière surpassant celui de devant, les rongeurs sont organisés plutôt pour le saut que pour la marche. Leurs intestins sont fort longs et leur cæcum est souvent très-volumineux. Leur cerveau est presque lisse et sans circonvolutions. Cuvier en a fait deux divisions : la première, caractérisée par de fortes clavicules et par la faculté de se servir de leurs pieds de devant pour porter leurs aliments à leur bouche, comprend les castors, les rats, les rats-taupes, les marmottes, les écureuils ; la seconde division renferme les porcs-épics, les lièvres, les lapins, les cabiais, les agoutis, les pacas, qui tous n’ont que dos rudiments de clavicules.
Les Edenlés, cinquième ordre des mammifères, terminent la série des ammaux onguiculés. Par leurs gros on-
gles, qui embrassent l’extrémité des doigts, ils se rapprochent des animaux à sabot. Les uns, comme les aïs ou paresseux, ont des canines et des molaires, et, par suite d’une structure vraiment hétéroclite de leurs membres, leurs mouvements sont si lents que « la nature, dit Cuvier. semble avoir voulu s’amuser à produire quelque chose d’imparfait et de grotesque. » Ils forment la tribu des Tardigrades. Les autres, comme les tatous et les oryctéropes, n’ont plus que des molaires, ou ils n’ont plus, comme les fourmiliers et les pangolins, aucune espèce de dents. Ils composent la tribu des Édentés proprement dits. Une troisième tribu renferme les Monotrèmes, ainsi nommés par E. Geoffroy Saint-Hilaire parce qu’ils n'ont qu’une seule ouverture pour l’émission de la matière prolifique, de l’urine et des autres excréments. Cuvier a place les ornithorhinques, anim aux à ongles et à bec de canard, à la fin des Edentés. Ces animaux, ainsi que les Monotrèmes, sont exclusivement propres à laNouvelle-Hollande.
Les Pachydermes , sixième ordre des mammifères, commencent la série des animaux à sabots. Se servant de bras uniquement comme de soutiens, ils n ont jamais de clavicules ; leurs avant-bras restent constamment dans l’état de pronation, et ils sont réduits à paître les vege taux. Leurs formes et leur genre de vie oflrent beaucoup moins de variétés que chez les animaux onguiculés. Cuvier a divisé les Pachydermes en trois famille* . 1 es
Proboscidiens ou Pachydermes à défenses, tels que es t e
pliants, les mastodontes (espèces éteintes); 2° les Pachydermes ordinaires, comprenant les hippopotames, les cochons, les anoplothériums (espèces éteintes), es i nuo cèros, les damans, les paléothériums (espèces éteintes) et les tapirs; 3» les Solipèdes, qui n’ont qu’un doigt apparent et un seul sabot à chaque pied; tels sont es c îe
vaux, les hémiones, les zèbres.
Les Ruminants forment le septième ordre le plus naturel, des mammifères. A l’exception des chameaux, ils
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ont tous l’air d’être construits sur le même modèle. Ainsi, i 1s n’ont d’incisives qu’à la mâchoire inférieure; les molaires,, presque toujours au nombre de six, ont leurs couronnes marquées de deux doubles croissants, dont la convexité est tournée en dedans dans les supérieures, et en dehors dans les inférieures. Entre les incisives et les canines est un espace vide, où se trouvent, seulement dans quelques genres, une ou deux canines. Les quatre pieds sont terminés chacun par deux doigts et par deux sabots, qui se regardent par une face aplatie, en sorte qu’ils ont l’air d’un sabot unique, qui aurait été fendu , d’où vient à ces animaux le nom de bisulques ou de pieds fourchus. Les deux os du métacarpe et du métatarse sont réunis en un seul, appelé canon. Le nom de ruminants indique la propriété singulière qu’ont ces animaux de mâcher une seconde lois les aliments, qu’ils ramènent dans la bouche après une première déglutition, propriété qui tient à la structure de leurs estomacs. Ils en ont quatre. Le premier' estomac et le plus grand se nomme panse ; il reçoit les herbes grossièrement divisées par une première mastication ; elles se rendent de là dans le second, appelé bonnet, dont les parois sont formées de lames semblables à des rayons d abeilles. Ce second estomac, petit et globuleux, comprime 1 herbe en petites pelotes qui remontent ensuite successivement à la bouche pour y être remâchées. Les aliments, ainsi icmaches, descendent directement dans le troisième estomac, nomme feuillet, parce que ses parois sont composées de lames longitudinales, semblables aux feuillets d un livre, et de là ils passent dans le quatrième estomac, ou caillette, dont les parois n’ont que des rides très-marquées^ et qui est le véritable organe de la digestion, analogue à 1 estomac simple des autres animaux. Pendant la période où les Ruminants tettent et ne vivent que de lait, la caillette est le plus grand de leurs estomacs1.
1. L’acide contenu dans la caillette, la présure de veau, est de lempsv
Les Ruminants, dont le canal intestinal est très-long comparativement à celui des Carnassiers, sont de tous les animaux les plus utiles à l’homme. A 1 exception des chameaux et des chevrotains, ils ont tous, au moins dans le sexe mâle, deux cornes, proéminences plus ou moins longues de l’os frontal. Mais les uns, comme les cerfs, ont les cornes (bois) sujettes à des changemen s périodiques1; les autres, comme les antilopes, les chèvres, les moutons, les bœufs, les ont creuses
Les Cétacés , longtemps confondus avec les poissons, sont des mammifères, (huitième ordre), qui manquen de pieds de derrière et dont les pieds de devant sont réduits I de véritables nageoires par la membrane tendineuse qui les enveloppe; leur tronc, semblable a celui d un poisson, se termine par une nageoire cartilagineuse, orizontale. Ils ont le sang chaud, et les mamelles situées près de l’anus. Les uns, comme les lamantins ou manates les dugongs et les stellères, sont herbivores, le> autres comme les dauphins, les marsouins, sont carnassiers À l’exception des herbivores, tous les autres Cetacesont souffleurs, c’est-à-dire qu’à l’aide d un appared particulier ils avalent, avec leur proie, de grands volumes d’eau ' qu’ils rejettent par les narines au moyen d une disposition particulière du voüe du palais Tels sont, particulièrement, les narvals, les cachalots les bal^ncJ- Les cavités crâniennes de ces dernières renferment 1 huile concrète connue sous le nom de sperma celi ou blanc de
'“Comme pour les mammifères, la distrilmtion des Oiseaux eu classes est fondée sur les organes de la mandu-
Immémorial .mplojé, daa, la .S
cailler le lait (séparer le petit lait du caséum), de la sans
le nom de caillette. Arralement recouvertes, comme
, & — * -<■ - tombent jamais.
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cation, tel que le bec, et sur les organes de la préhension. Ainsi, les Oiseaux de proie, premier ordre des Oiseaux, ont le bec crochu, les pieds armés d’ongles vigoureux, et les narines percées dans une membrane, appelée cire, qui revêt toute la base du bec. Vivant de chair, ils sont parmi les oiseaux ce que sont les Carnassiers parmi les quadrupèdes. Ils se divisent en deux familles. La première comprend les Oiseaux de proie diurnes, caractérisés par des yeux dirigés latéralement et un vol puissant; tels sont les vautours, les faucons1, etc. La seconde famille se compose des oiseaux de proie nocturnes, qui, tels que les hiboux, les chouettes, sont caractérisés par une grosse tête, par de grands yeux dirigés en avant, et par le doigt externe, capable de se diriger, à volonté, en avant ou en arrière. Leur vol est silencieux et relativement faible.
Les Passereaux, deuxième ordre des Oiseaux, sont les plus nombreux de toute la classe. Distingués des autres oiseaux par des caractères purement négatifs, ils se divisent (lre division) en ceux dont le doigt externe est réuni à l’interne, seulement par une ou deux phalanges, et en ceux (2e division) où le doigt externe, presque aussi long que celui du milieu, lui est uni jusqu’à l’avant-dernière articulation. La première division comprend quatre familles : 1° les Denliroslres , dont le bec est échancré aux côtés de la pointe; tels sont les pies-grièches, les gobemouches, les merles, les chocards, les loriots, les becsrins, les fauvettes, etc.; 2° les Fissirostres , tous insectivores, dont le bec court, aplati, légèrement crochu, sans échancrure, est fendu très^profondément; tels sont les hirondelles, les engoulevents; 3° les Coniroslres, tous granis vores, comprenant les genres d’un bec fort, plus ou moinconique, sans échancrure, tels que les alouettes, les mésanges, les bruants, les moineaux, les gros-becs, les becs-
1. La ^nielle des faucons est, en général, d’un tiers plus grande <jue le male. C est pourquoi on la désigne sous le nom de tiercelet.
croisés, les étourneaux, les corbeaux, etc.; 4« les Ténuiroslres , comprenant les genres d’un bec grêle, allongé, plus ou moins arqué, sans échancrure, tels que les huppes, les grimpereaux et les colibris. La deuxième division ne renferme qu’une seule famille, celle des Syndaclyles , comprenant les guêpiers, les martins-pêcheurs, les calaos.
Les Grimpeurs . troisième ordre des Oiseaux, sont bien caractérisés par la disposition du doigt externe, qui se dirige en arrière vers le pouce, d’où il résulte pour eux un appui solide, que plusieurs genres mettent à profit pour se cramponner au tronc des arbres et y grimper ; tels sont les pics, les torcols, les perroquets. D’autres genres, bien qu’ils aient la même disposition, n’en profitent pas pour grimper; tels sont les coucous, les toucans, les touracos et les musophages. Ces deux derniers genres, originaires d’Afrique, se rapprochent, d’après Cuvier, des Gallinacés plutôt que des Grimpeurs.
Les Gallinacés , quatrième ordre des Oiseaux, ressemblent plus ou moins à la poule ou au coq domestique Igallus). Ils ont, comme celui-ci, généralement les doigts antérieurs réunis à leur base par une courte membrane, les narines percées dans un large espace membraneux de la base du bec , recouvertes par une écaille cartilagineuse, les ailes courtes, le vol lourd, le sternum osseux, diminué par deux échancrures si profondes et si larges qu elles occupent presque tous ses côtés. Chaque mâle a ordinairement plusieurs femelles, et ne se mêle pas du nid, ru du soin des petits. Les Gallinacés fournissent la plupart de nos oiseaux de basse-cour et beaucoup d’excellent gibier. Leur division en genres, tels que les paons, les dindons, les faisans, les pintades, les tétras, les pigeons, etc., n a été fondée que sur des caractères peu importants, tire*
de quelques appendices de la tête. ... ,
" Les Échassiers [gralliæ de Linné), du cinquième ordre des Oiseaux, se reconnaissent à la nudité du bas de leurs ambes et à la hauteur de leur tarse, deux caractères qui
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leur permettent d’entrer dans l’eau jusqu’à une certaine profondeur sans se mouiller les plumes, d’y marcher à gué et d’y pêcher au moyen de leur cou et de leur hec, dont la longueur est proportionnée à celle des jambes. Leurs ailes et leur bec les ont tait diviser en plusieurs familles et tribus. La famille des Br empennes comprend les autruches et les casoars, tous impropres au vol, à cause de la brièveté de leurs ailes. La famille des Pressiroslres , composée des outardes, des pluviers, des vanneaux, des huîtriers, a le bec relativement faible, mais assez lort pour percer le sol et y chercher des vers. La lamille des Cultriroslres , facile à reconnaître à son bec gros, long et fort, souvent tranchant et pointu comme un couteau ( culter ), comprend les grues, les hérons, les cigognes, qui forment autant de tribus particulières. La famille des Longirostres, caractérisée par un bec grêle, long et faible, renferme les bécasses, les ibis, les courlis, les chevaliers. La famille des Macrodactyles , ainsi nommés à cause des doigts de pieds fort longs et propres à marcher sur les herbes des marais, comprend les jacunas et les râles, qui forment deux tribus distinctes. A la suite des échassiers, Cuvier a placé les perdrix de mer et les flamants, qu’il considère comme formant deux petites familles.
Les Palmipèdes , sixième et dernier ordre des Oiseaux, ont les pieds plantés en arrière du corps, portés sur des tarses courts, et palmés entre les doigts, le plumage serré, lustré, imbibé d’un suc huileux; en un mot, ils sont faits pour la natation. Ils se divisent en quatre familles : 1° les Bracliyptères ou Plongeurs, caractérisés par la brièveté de leurs ailes, impropres au vol, et servant en quelque sorte de nageoires ; tels sont les plongeons, les pin gouins, les manchots; 2° les Lonyipennes ou grands voiliers, oiseaux de haute mer, reconnaissables à leurs longues ailes et à leur bec crochu ou pointu, sans dentelures; tels sont les pétrels, les albatros, les goélands, les
mouettes, les hirondelles de mer; 3° les Totipalmes. remarquables en ce que leur pouce est réuni aux autres doigts par une seule membrane et en ce que, à peu près seuls parmi les Palmipèdes, ils se perchent sur les arbres; tels sont les pélicans, les cormorans, les paille-en-queue ; 4° les Lamellirostres, caractérisés par les bords dun bec épais, garni de lames ou de petites dents, comprennent les canards, les oies, les macreuses, les millouins, les tadornes, les liarles.
Pour la classe des Reptiles, Cuvier a adopté la division d’Alex. Brongniart1, partageant ces animaux en quatre ordres, à savoir : 1° Les Chéloniens (tortues), dont le cœur a deux oreillettes, et dont le corps, muni de quatre pieds, est enveloppé de deux plaques ou boucliers, formés par les côtes et le sternum. Le bouclier supérieur, formé par les côtes, s’appelle carapace , et le bouclier inférieur, composé des pièces du sternum, se nomme plastron. Les tortues n’ont point de dents; leurs mâchoires sont, comme celles des oiseaux, revêtues de cornes ou garnies de peau, comme dans les chélydes. Elles ont été divisées en tortues de terre, en tortues à boites , en tortues de mer, en tortues à gueule ou chersydes, et en tortues molles. — 2° Les Sauriens (lézards) ont le cœur composé de deux oreillettes, comme celui des Clieloniens, les cotes distinctes, la hou chc armée de dents, quatre pieds, les doigts souvent munis d’ongles, et la peau revêtue d’écailles. Ils sont représentés par la famille des Crocodiliens. par celle des Lacertiens (monitors, lézards), par celle des Iguaniens (stellions, agames, dragons, iguanes), par la famille des Geckotiens, par celles des Caméléons et des Scineoïdiens.
3» Les Ophidiens (serpents), reptiles sans pieds, ont le
cœur à deux oreillettes, comme les Sauriens et les Clieloniens, le corps très-allongé, se mouvant au moyen de-
1. Al. Brongniart, Essai d’une classification naturelle des reptiles,
Paris, 1805.
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replis qu’ils font sur le sol. Ils sont divisés en trois familles : les anguis (orvets), les vrais serpents (amphisbènes, typhlops, boas, couleuvres, les hydres, les vipères, les crotales), et les serpents nus (céciles). — 4° Les Batraciens ont le cœur composé d’une seule oreillette et d’un seul ventricule, et subissent généralement des métamorphoses ; dans le premier âge, ils respirent, comme les poissons, par des branchies, qu ils perdent à 1 âge parfait, à l’exception des sirènes et des protées, qui les conservent toute leur vie. Ils sont représentés par les grenouilles, les crapauds, les salamandres, etc.
° La classe des Poissons est, suivant Cuvier, la plus difficile à diviser en ordres, d’après des caractères bien déterminés. Elle a été partagée en deux séries distinctes, celle des Chondroptèrygiens , et celle des Poissons proprement dits. La série des Chondroptèrygiens, caractérisés par un squelette essentiellement cartilagineux, et par l’absence des os intermaxillaires, remplacés par des os analogues aux palatins, est subdivisée en trois ordres . 1° les Cyclostomes (lamproies), dont les mâchoires sont soudées en un anneau immobile et les branchies ouveites par des trous nombreux ; 2° les Sélaciens,^ qui ont les branchies des précédents, mais non leurs mâchoires , tels sont les squales, les raies, les chimères ; 3° les Sturomens, qui ont les branchies libres, tandis que les Sélaciens et les Cyclostomes les ont fixes.
La seconde série, comprenant les Poissons osseux, offrait d’abord une première division dans ceux où l’os maxillaire et l’arcade palatine sont engrenés au crâne. Cuvier en lit l’ordre des Peclognathes , divisé en deux familles: les Gymnodontes (diodons, tétrodons, poissons-lunes), remarquables en ce qu’ils ont les mâchoires garnies d’une sorte d'ivoire, partagées intérieurement en lames,, dont l’ensemble figure un bec de perroquet, et en ce qu ils sont capables de se gonller comme des ballons en avalant del’aireten en remplissant leur estomac; les Sclérodermes-
(balistes, coffres), faciles à distinguer par leur museau conique, prolongé depuis les yeux et aboutissant à une petite bouche armée de dents distinctes, et par leur peau rude ou revêtue d’écailles dures.
Cuvier a rangé ensuite dans un ordre particulier le quatrième des Poissons), sous le nom de Lophobranches , les poissons remarquables par leurs branchies, qui, au lieu •d’avoir la forme de dents de peigne, se divisent en petites houppes rondes, disposées par paires le long des arcs branchiaux, et sont enfermées sous un grand opercule, attaché de toute part par une membrane qui ne laisse qu’un petit orifice pour la sortie de l’eau ; tels sont les anguilles de mer, les hippocampes, les pégases.
Mais cette classification laissait en dehors une quantité innombrable de poissons, auxquels on ne pouvait plus assigner d’autres caractères que ceux des organes extérieurs du mouvement. « Après de longues recherches, dit Cuvier, j’ai trouvé que le moins mauvais de ces caractères est encore celui qu’ont employé Ray et Artedi, tiré de la nature des premiers rayons de la nageoire dorsale et de la nageoire anale. » C’est ainsi que les autres poissons ont été également divisés en deux séries : les ilalncnptèrygiens (de ua/.ctxôç, mou, et impu Ç, aile ou rayon), qui tous, à l’exception de quelques genres, ont les rayons mous; et les Acantlioptérygiens (de axavôoç, plante-épine), qui ont toujours la première portion de la dorsale, ou la première dorsale, quand il y en a deux, soutenue par des rayons épineux, et où l’anale en a aussi quelques-uns et les ventrales au moins chacune un. Les premiers ont été subdivisés d’après leurs nageoires ventrales, tantôt situées en arrière de l’abdomen , — malacoptérygiens abdominaux, — tantôt adhérentes à l’appareil de l’épaule, — malacoptérygiens subbrancliùns, — ou manquant tout à fait, — malacoptérygiens apodes. Chacun de ces ordres est partagé en plusieurs familles. Ainsi, les malacoptérygiens abdominaux comprennent les saumons, les harengs,
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les brochets, les carpes, les silures, genres qui sont chacun le type d’une famille. Les malacoptéj'ygiens subbranchiens, dont les genres, tels que les morues, les plies, les cycloptères, les échénéis, sont autant de types de familles. Les malacoplérygiens apodes forment seuls une famille naturelle, comprenant les anguilles, les murènes, les gymnotes.
Quant à la série des Âcanthoptêrygiens , ils ont entre eux des rapports si multipliés, qu’il a été impossible de les subdiviser en ordres. Il a fallu se contenter de prendre les principaux genres, tels que les régalées,, les gobies, les labres, les perches, les baudroies, les maquereaux, les choetodons, les fistulaires, pour des types de familles.
Au reste, la classification des poissons exercera toujours l’esprit des naturalistes. « On ne peut, dit Cuvier, assigner aux familles des poissons des rangs aussi marqués qu a celles des mammifères, par exemple. Ainsi, les Chondroptérygiens tiennent d’une paî t aux reptiles par les organes des sens et même par ceux de la génération; ils tiennent aux mollusques par l’imperfection du squelette de quelques-uns. Quant aux poissons ordinaires (osseux), si quelques organes se trouvent plus développés dans les uns que dans les autres, il n’en résulte aucune prééminence assez marquée, ni assez influente sur l’ensemble pour qu’on soit obligé de la consulter dans un arrangement méthodique. »
A mesure qu’on s’éloigne des vertébrés, les difficultés classificatrices augmentent. Dans les Mollusques, second embranchement du règne animal, où la disposition symétrique commence à disparaître, on avait depuis longtemps admis la division des Teslacès. Cuvier la supprima, par la raison que la distinction des mollusques nus et des mollusques à coquilles n’est point fondée sur la nature.
« Dans 1 épaisseur du manteau charnu ou simplement membraneux des mollusques nus, il se forme le plus
souvent, dit-il, une ou plusieurs lames de substance plus ou moins dure, qui s’y déposent par couches, et qui s’accroissent.... Lorsque cette substance reste cachée dans l’épaisseur du manteau, l’usage laisse encore aux animaux qui l’ont, le titre de mollusques nus. Mais le plus souvent elle prend une grosseur et un développement tel, que l’animal peut se contracter sous son abri : on lui donne alors le nom de coquille , et à 1 animal celui de testacè; l'épiderme qui la recouvre est mince et desséchée . il s’appelle communément drap marin.. ..Mais il y a des passages si insensibles des mollusques nus aux testacés, que cette distinction ne peut plus subsister. Il y a d ailleurs plusieurs testacés qui ne sont pas des mollusques.»
Nous avons montré comment les Mollusques ont été divisés en six classes. Il nous reste à indiquer sommairement leur subdivisions.
Les Céphalopodes , première classe des Mollusques, ne forment qu’un ordre, partagé en genres d’après la nature de leur coquille; tels sont les seiches, les poulpes, les nautiles, les bélemnites (espèces fossiles), les ammonites
(espèces fossiles), les argonautes.
Les Plèropodes, deuxième classe des Mollusques, nacrent comme les Céphalopodes, dans les eaux de la mer, mais ne peuvent s’y fixer, ni ramper, faute de pieds : leurs organes de locomotion sont des nageoires, placées, comme des ailes, aux deux côtés de la bouche; d ou leur nom de Ptéropodes. Ces animaux se rapportent a deux formes principales, représentées l’une par les clios et es pneumodermes, ayant une tète distincte 1 autre par les hvales, n’ayant pas de tète distincte. .
Les Gastéropodes , troisième classe des Mollusques, trèsnombreux, rampent, comme la limace et le coimaçon, sur un disque charnu placé sous le ventre (d ou leur nom de ventre-pieds, en grec, gastéropodes). La tete, rétractile sous le manteau, a des yeux presque imperceptibles, et est généralement garnie, au-dessus de la bouche, de
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deux à six tentacules. Le dos est recouvert par le manteau, de forme variée, produisant des coquilles, dans le plus grand nombre des genres. Ces coquilles sont, les unes symétriques , composées d’une ou de plusieurs pièces ; les autres, asymétriques, se composent de tours de spire; lorsque ceux-ci sont enroulés sur le même plan, ils forment les coquilles discoïdes , et les coquilles turbinées lorsqu’ils se développent en cône depuis le sommet (ombilic) de la columelle (pièce sur laquelle est roulé le cône). La spire, quand elle est saillante, se dirige, dans presque toutes les espèces, obliquement à droite, du côté opposé au cœur. Les organes de la respiration occupent toujours le dernier tour de la coquille, qui se ferme ordinairement par une pièce cornée ou calcaire (opercule), fixée sur la partie postérieure du pied de l’animal.
Les Gastéropodes ont été divisés par Cuvier en sept ordres, à savoir : 1° les Nudibrnnches , tous hermaphrodites et marins, n’ayant ni coquille, ni cavité pulmonaire ; leurs organes respiratoires (branchies) sont à nu sur quelque partie du dos; tels sont les tritonies, les scyllées, les téthys ; — 2° les Jnfêi'obranches ont, comme les phyllides, leurs branchies placées des deux côtés du corps sous le rebord avancé du manteau ; — 3° les T eclibr anches, qui ont leurs branchies, dorsales ou latérales, couvertes par une lame du manteau, contenant presque toujours une petite coquille: tels sont les aplysies, les bulles: — 4° les Pulmonès respirent l’air par une ouverture contractile, située sous le rebord de leur manteau, et produisent, pour la plupart, des coquilles turbinées, sans opercules; tels sont, parmi les Pulmonès terrestres, les limaces, les escargots, les maillots, les clausilies; et, parmi les Pulmonès aquatiques, les planorbes, les auricules, les actéons; — 5° les P eclinibr anches comprennent presque toutes les coquilles univalves en spirale ; leurs branchies sont composées de nombreux feuillets, rangés comme les dents d’un peigne, sur une, deux ou trois lignes, au fond
de la cavité pulmonaire*. Leurs sexes sont séparés, et ont les organes de la génération attachés au côté du cou : d’après les formes de leurs coquilles ils ont été divisés en plusieurs familles, comprenant : les Trochoïdes (sabots, cyclostomes, toupies, janthines, nérites) ; les Buccinoïdes (cornets, porcelaines, volutes, mitres, buccins, murex); les Sigarets ; — 6° les Scutibranches ont les coquilles trèsouvertes, sans opercule, de manière à couvrir ces animaux, et surtout leurs branchies, comme ferait un bouclier : d’où leur nom ; leurs sexes sont réunis de façon qu’ils se fécondent eux-mêmes sans accouplement; ils sont représentés par les halyotis, les fissurelles, les carinaires; — 7° les Cyclobranches , hermaphrodites comme les -précédents, ont leurs branchies attachées autour de leur pied, sous les rebords de leur manteau; tels sont les patelles, les oscabrions.
Les Acéphales, quatrième classe des mollusques, tous aquatiques, se suffisent eux-mêmes pour se féconder ; ils ont pour pied une masse charnue qui se meut par des muscles disposés comme ceux de la langue des mammifères. et se subdivisent en deux ordres : 1° les Acéphales leslacés , ou à coquilles bivalves, tels que les huîtres, les peignes, les marteaux, les pétoncles, les moules, les bénitiers, les bucardes, les vénus, les pholades, etc; 2° les Acéphales sans coquilles, tels que les ascidies, les polyclinium, etc.
Les Brachiopodes et les Girrhopodes, formant la cinquième et la sixième classe des mollusques, ne comprennent qu’un petit nombre de genres. Les Brachiopodes, revêtus de coquilles bivalves, dépourvus de locomotion, ne sont représentés que par les lingules, les térébratules
1. Le seul genre des cyclostomes a, au lieu de branchies, un réseau vasculaire tapissant le fond de la cavité du dernier tour de la coquille; ils sont les seuls qui respirent l’air gazeux; tous les autres le respirent dissous dans l’eau.
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et les orbicules. Les Cirrhopodes, animaux fixés, ayant le ventre garni de filets nombreux ( cirrhi ), disposés par paires, ne renferment que les anatifes et les glands de mer.
Les divisions des quatre classes des articulés (troisième embranchement du règne animal) présentent encore plus de difficultés que celles des Mollusques. Les Annélides, première classe des Articulés, établie par Cuvier en 1 802 *, ont été subdivisés entrois ordres : 1° les Tubicoles, dont les uns forment, avec le produit de leur transsudation, un tube calcaire, homogène ; les autres se le construisent en agglutinant des grains de sable, des fragments de coquilles, des parcelles de vase; d’autres enfin ont le tube entièrement corné ou membraneux; ils sont représentés par trois genres principaux : les serpules, les térébelles et les amphitrites ; — 2° les Dorsibr anches, qui ont leurs branchies disposées à peu près également le long de tout leur corps, comprennent les néréides, les aphrodites, les amphinomes, les arénicoles; — 3° les Abrauches , qui n’ont aucun organe de respiration apparent et paraissent respirer par toute la surface du corps, renferment les lombrics, les naïdes, les sangsues.
Les trois classes suivantes, comprenant les Crustacés, les Arachnides et les Insectes, animaux que Linné Rivait confondus sous le nom général à’ Insectes, remplissent tout le troisième volume du règne animal. Ce volume a été, il est bon de le noter, presque entièrement rédigé par Latreille, en partie d’après ses propres travaux, et en partie avec les données anatomiques fournies par Cuvier.
Les Crustacés, deuxième classe des Articulés, ont été divisés en cinq ordres : 1° les Décapodes, reconnaissables à leurs yeux composés, placés au bout d’un pédicule mobile, à leur tête unie au corselet, dont les bords se re-
1. Dans un mémoire lu à l’Institut, et publié dans le Bulletin des ences, messidor, an x.
plient pour envelopper les branchies, et dont le dessous (thorax) porte cinq paires de pieds bien développés; le reste du corps, composé de plusieurs articulations, forme une sorte de queue, garnie en dessous d’autres pieds en forme de nageoires; les crabes, les homards, les langoustes, les écrevisses, etc., en représentent les formes principales; ceux qui ont la queue plus courte que le tronc composent la famille des décapodes brachyures, et ceux qui l’ont au moins aussi longue que le tronc, forment la famille des décapodes macroures; — 2° les Stomapodes , tels que les mantes de mer ou squilles, ont la tête distincte du tronc, et les branchies en forme de panaches, suspendues sous la queue ; — 3° les Amphipodes composent, avec les Décapodes et les Stomapodes, le genre cancer de Linné : ils ont les yeux immobiles, et des lames membraneuses, près de la base intérieure des pieds, à l’exception de celle de la paire antérieure: ils ont pour représentants les chevrettes ; — 4° les Isopodes ont des mandibules sans palpe, et la bouche toujours composée de plusieurs mâchoires, dont les deux inférieures représentent toute une lèvre avec deux palpes , ils comprennent les cloportes, les clievrolles, etc; 5° les Brancliiopodes ou Monocles de Linné ont le corps le plus souvent recouvert d’un test corné ou membraneux sur lequél les yeux sont implantés et immobiles ; ils subissent divers changements de peau, et ce n est guère qu’à la cinquième ou sixième mue qu ils deviennent capables de se reproduire ; tels sont les monocles, les caliges, les cyclopes, les polyphèmes.
Les Arachnides, troisième classe des Articulés, se partagent naturellement en deux ordres : 1° en ceux qui ont pour organes respiratoires six à huit yeux lLses, des sacs pulmonaires, un cœur bien marqué et des laisseaux distincts; ce sont les arachnides pulmonaires, telles que les araignées proprement dites, les argyronètes, les épéires, les mygales, etc., composant la famille des Fdcu-
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ses; puis les tarentules, les scorpions, formant la famille des Pédipalpes , à palpes très-grandes, en forme de bras terminés en pince ou en griffe ; 2° en ceux qui respirent par des trachées et n’ont pas d’organes de circulation aussi apparents ; ce sont les Arachnides trachéennes : tels sont les galéodes, les pinces, composant la famille des Faux scorpions; les pycnogonons, les phoxichies, les nymplions, formant la famille des Pycnogonides ; les phalangiens, les faucheurs, les acarides, les ixodes, les leptes, etc., composant la famille des Holètres.
Les Insectes, formant la quatrième classe des animaux articulés, ont été divisés par Latreille en douze ordres, dont les trois premiers conservent toute leur vie la forme qu’ils ont en naissant. Ces trois ordres sont : 1° les Myriapodes; ils ont plus de six pattes (24 et au delà) disposées dans toute la longueur du corps, sur une suite d’anneaux qui en portent chacun une ou deux paires et dont la première fait partie de la bouche; tels sont les iules, type de la famille de Chilognalhes (ainsi nommés à cause de leur bouche composée de deux mandibules et d’une lèvre couronnée par quelques appendices tuberculeux) , et les scolopendres, type de la famille des Chilopodes , courant beaucoup plus vite que les iules ; les Myriapodes montrent une ébauche de métamorphose en ce qu’ils n ont d abord que six pieds, les autres se développant avec l’àge ; — 2° les Thysanoures ont six pieds, et l’abdomen garni latéralement de pièces mobiles, en forme de fausses pattes ou terminées par des appendices (sorte de queue), propres pour le saut; tels sont les lépismes et les podurelles, deux genres çlont chacun est le type d’une petite famille; — 3° les Parasites ont également six pieds, et leur bouche consiste dans un museau, renfermant un suçoir rétractile, ou dans une lente située entre deux lèvres, avec deux mandibules en crochet; tels sont les poux et les ricins.
Les neuf ordres suivants, savoir les Suceurs, les Go-
léoptères, les Orthoptères, les Hémiptères, les Névroptères, les Hyménoptères, les Lépidoptères, les Rhipiptères et les Diptères, ont, comme les Thysanoures et les Parasites, six pieds ; tous ont deux ou quatre ailes, et subissent des métamorphoses. — Les Suceurs, quatrième ordre des insectes, ayant leur bouche composée d’un suçoir contenu dans une gaine cylindrique, ne comprennent que le genre puce. Les Coléoptères, cinquième ordre des insectes, sont caractérisés par des mandibules et des mâchoires pour la mastication, et par leurs quatre ailes, dont les deux inférieures pliées en travers, protégées par des étuis crustacés. C’est l’ordre le plus nombreux en espèces. Latreille l’a divisé en cinq sections, d après le nombre de tarses (partie antérieure du pied). La première comprend les Pentamères, ou ceux dont les tarses ont cinq articles ; la- deuxième, les Hètèromères, ou ceux qui ont cinq articles aux quatre premiers tarses et un de moins aux deux derniers ; la troisième, les Tèlrameres (quatre articles à tous les tarses) ; la quatrième, les Trimères (trois articles à tous les tarses) ; la cinquième, les Dimères, dont les tarses n’ont que deux articles.
Ces cinq sections, à l’exception de la dernière qui ne comprend que les pselaphes et les clavigères, ont été subdivisées en familles et en tribus nombreuses, dom il serait trop long d’énumérer ici les caractères. Bornonsnous à l’indication de quelques genres, types de quelques familles. Ainsi, dans les coléoptères Pentamères, lescicindèles,les carabes, les dytiques, les gyrins, sont les principaux genres des carnassiers, les deux premiers de la tribu ü es carnassiers terrestres, les deux derniers des carnassiers aquatiques. Los staphylins sont le type de la famille des P entamer es-Brachèly 1res, ayant les élytres plus courts qui* le corps. Les buprestes, caractérisés par les antennes filiformes, sont le type de la famille des Serricornes, les escarbots représentent la famille des Clavicornes ; fi s hydrophiles, celle des Palpicornes , caractérisée par la
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longueur des palpes maxillaires ; les bousiers et les hannetons, celle des Lamellicornes , dont les antennes sont composées de lames s’ouvrant comme les feuillets d’un livre.
Dans la section des Coléoptères hétéromères, les ténébrions représentent la famille des Mélasomes , dont le corps est presque toujours noir; les diapères représentent la famille des Taxicornes , dont les antennes vont grossissant vers l’extrémité; les cistèles, la famille des Sténèlytres ; les cantharides, la famille des Trachèlides , dont la tête, triangulaire, est séparée du corselet par un rétrécissement brusque, en forme de cou. — Dans la section des Coléoptères tétramères, les bruches et charançons représentent la famille des Bhinchophores , faciles à reconnaître au prolongement antérieur de la tête formant une sorte de museau; les bostriches et les mycétopbages représentent la famille des Xylophages , vivant presque tous dans le bois ; les capricornes et les sténocores, la famille des Longicomes, remarquables par la longueur de leurs antennes filiformes ; les chrysomèles et les altises, la famille des Cycliques, distingués par leur corps arrondi. — Dans la section des Coléoptères trimères, les coccinelles ont servi à former la famille des Aphidipliages ou mangeurs de pucerons ; les andomyques, la famille des Fungicoles ou habitants de champignons.
Les Orthoptères, en partie confondus par Linné avec les Hémiptères , réunis par Geoffroy aux Coléoptères, ont servi à Latreille pour établir le sixième ordre des insectes, dont la métamorphose se réduit au développement des élytres et des ailes, marquées dans le même sens par des nervures membraneuses. Ils ont été divisés en deux familles, celle des Coureurs , qui ont, comme les perceoreilles et les blattes, les pieds semblables et uniquement propres à la course, et celle des Sauteurs , qui ont, comme les sauterelles et les grillons, les cuisses de la paire postérieure beaucoup plus grandes que celles des autres.
Le septième ordre des insectes, les Hémiptères, qui, au lieu de mandibules et de mâchoires, ont une sorte de suçoir, a été divisé en deux sections, savoir les Hélèropt'eres, ayant le premier segment du tronc beaucoup plus grand que les autres, et les Homoptères , dont les femelles sont armées d’une tarière écailleuse. Ils comprennent les cigales, type de la famille des Cicadaires ; les psylles, type de la famille des Apliidiens ou Pucerons : les cochenilles, type de la famille des Gnllinsecles.
Les Névroptères, huitième ordre des insectes, caractérisés par leurs quatre ailes membraneuses, nues, transparentes, comprennent les éphémères et les demoiselles, type de la famille des Subulicornes ; les fourmilions, type de la famille des Planipennes ; les friganes, type de la famille des Plicipennes , dont les ailes intérieures, plus larges que les supérieures, sont plissées dans toute leur longueur.
Les Hyménoptères, neuvième ordre des insectes, sont caractérisés par quatre ailes membraneuses et nues, dont les supérieures, toujours plus grandes, ont moins de nervures que celles des Névroptères : elles ne sont que veinées ; les femelles ont l’abdomen terminé par une tarière ou un aiguillon. Les Hyménoptères ont été divisés par Latreille en deux sections : la première est celle des Ténébranls , dont les femelles sont munies d’une tarière ; les femelles dont la tarière est en forme de scie, servant à préparer la place qui doit recevoir les œufs, forment le t\pe de la famille des Porte-scie , tels que les tentlirèdes (mouches à scie) et les sirex (ichneumons-bourdons) ; les individus dont l’abdomen est attaché au corselet pai un tiispetit pédicule, et dont les femelles ont une tarière servant d’oviducte, composent la famille des Ichneiimonides ; tels sont les ichneumons, les cynips, les chrysis. La seconde section comprend les Porte-Aiguillon , où la tarière est remnlacée par un aiguillon, caché et rétractile, ou par un appareil éjaculatoire d’un acide. Telles sont les fourmis, type
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de la famille des Bètèrogynes; les sphex ou guêpes-ichneumons, type de la famille des Fouisseurs ; les guêpes type de la famille des Diploptères , qui ont les ailes supérieures doublées longitudinalement dans leur repos ; les abeilles type de la famille des Mellifères ou Porte-miel.
Les Lépidoptères, dixième ordre des insectes, sont caractérisés par leurs ailes couvertes de petites écailles qui s enlevant sous lorme dépoussiéré farineuse, et par la tonne de leurs nymphes ou chrysalides, emmaillottées comme des momies. Latreille a divisé cet ordre en trois amitiés, correspondant aux trois genres dont il se compose dans le système de Linné. Ces genres comprennent les papillons diurnes, qui ne se montrent que le jour- les papillons crépusculaires , qui ne sortent que le soir ou le matin, et les papillons nocturnes (phalènes), crui ne se montrent ordinairement que la nuit.
Un zoologiste anglais, Ivirby, avait établi, sur des insectes tres-singuliers par leurs formes anomales et leurs habitudes, 1 ordre des Slrepsitères (ailes torses). Latreille trouvant cette dénomination vicieuse, l’a changée en celle de Rhipiptèm (ailes en éventail). Cet ordre d’insectes peu connus onzième de la classe, ne comprend que deux genres, celui des xenos, établi par Rossi, et cllui des stylops, créé par Kirby. ’ ues
Le douzième et dernier ordre des insectes comprend les Dipteres, caractérisés par deux ailes membraneuses étendues, accompagnées de deux corps mobiles, en formé de balanciers (ailerons), situés en arrière des ailés. Il a “té f en cincl familles, qui sont : r° les Némocères antennes composées de plusieurs articles : tels sont les cou sim, et les tipules; 2° les Tanystomes , trompe saillante hors de sa cavité : tels sont les taons et les bibions ■ 3° les Notacamfies ou Stratiomydes, dont le suçoir n’est corn-
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y es, etc. , 4 les Anthenceres (et non pas Athéricères ,
nom adopte par erreur), antennes à aigrettes, sont re présentés par les conops, les volucelles, les syrphes, les mouches proprement dites; 5° les Pupipares, caractérisés par la forme de leur trompe, qui consiste en un suçoir composé de deux pièces réunies en un filet délié naissant d’un petit hulbe, situé dans la cavité buccale de la tete. , Ils sont représentés par les hippohosques , les meiopha-
geLestcinq classes des Zoophytes composent la partie qui présente le plus de lacunes dans le Règne animal de
ÜULes Échinodermes, première classe des Zoophytes, ont été divisés en deux ordres : ceux qui ont des pieds ou des organes vésiculaires qui en tiennent lieu, et ceux qui en manquent. Les Échinodermes pedicelles avaient ete subdivisés entrois genres par Linné: les astenes (aslerias L. , les oursins [ecliinus L.), et les holothuries [hololhurm L
Ces genres reniement des espèces assez variées pour avoir
servi à en faire plusieurs familles distinctes^ Mais Cuvier sc contenta de cette simple indication. Les Echinodermes sans pieds dont l’organisation intérieure n’est pas encore Scie sur tous les points, offrent de grands rapports avec les holothuries ; vivant dans la mer, comme les autres ils ont été subdivisés en molpadies, en mmiades , e priapules et siponcles , genres établis par Cuvier, Lamarck
Gt Lm Intestinaux ou Entozoaires, deuxième classe des Zoophytes, sont caractérisés par leur séjour dans 1 intérieur du corps des autres animaux. Considérés anciennemen comme des produits de génération spontanée, ds ont ete reconnus pour se propager comme les autres animaux p des œufs (germes), ou par des petits vivants Dépourvus de tout organe de la respiration ainsi
circulatoire ils n’offrent que des vestiges de neils, assez obscurs pour que plusieurs naturalistes en aient mis îwencePen doute. Ils ont été divisés en deux ordres :
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les Intestinaux cavitaires, qui ont une cavité abdominale distincte, une bouche et un anus ; et les Intestinaux parenchymateux, dont le corps renferme, dans son parenchyme, des viscères mal déterminés. Au premier ordre appartiennent les blaires, les trichocéphales, les ascarides, etc. ; au second, les échinorhinques, les douves, les ténias, les ligules, quatre genres dont chacun est le type d’une famille (familles des Acanthocêphales , des Trèmatoïdes, des Tènioïdes et des Cestoïdes).
Les Acalèphes, troisième classe des Zoophytes, ont été divisés en deux ordres : 1° les Acalèphes fixes ou orties de mer, animaux charnus, qui peuvent se bxer par leur base et s’en détacher, mais dont les mouvements 'se bornent d’ordinaire à épanouir l’ouverture de leur bouche, entourée de tentacules, bouche qui aboutit à un estomac en cul-de-sac, qui leur sert aussi d’anus; les actinies en forment le genre type; 2° les Acalèphes libres , masses gélatineuses, avec übres apparentes, quoique susceptibles de contraction et de dilatation, nageant à leur gré ; les méduses en sont le genre type. Suivant Cuvier, les propites et les vélelles de Lamarck, ainsi que les physalies et les physophores (Acalèphes hydrostatiques), pourraient servir à l’établissement de deux familles particulières.
Les Polypes, quatrième classe des Zoophytes, ainsi nommés parce que les tentacules qui entourent la bouche les font ressembler au poulpe, polypus des Anciens, ont été divisés en polypes nus et en polypes à polypiers. Les polypes nus, c’est-à-dire qui ne sont revêtus d’aucune enveloppe dure et qui ne produisent pas non plus, dans l’intérieur de leur réunion, un axe de substance ligneuse, charnue ou cornée, ont pour type les hydres de Linné (polypes à bras). Les polypes à polypiers forment ces nombreuses espèces qu’on a regardées longtemps comme des plantes marines : les individus, réunis en grand nombre, sont tous liés entre eux par un corps commun, en
communauté de nutrition, en sorte que ce que l’un mange profite au corps général. Ils sont même en communauté de volonté et de travail; ce sont ces espèces, telles que les pennatules, que l’on voit nager par le mouvement combiné de tous les individus du polypier. Les habitations qui forment le lien commun de ces animaux, ont donné lieu à l’établissement de trois familles : 1° les Polypes à tuyaux , dont le corps gélatineux commun forme l’axe des tubes qui sont ouverts au sommet ou latéralement pour laisser passer les polypes : tels sont les tubipores, les tubulaires, les sertulaires; 2° les Polypes à cpllules , remarquables en ce que chaque polype est fixé dans une cellule cornée ou calcaire à parois minces, et ne communique avec les autres que par une tunique extérieure très-mince : tels sont les cellulaires, les flustres, les cellépores et les tubulipores ; 3° les Polypes corticaux, qui se tiennent tous par une substance commune, comprennent les antipathes (gorgones), les madrépores (coraux), les pennatules, les alcyons (éponges), genres dont chacun est le type d’une tribu (cératophytes, lithopbytes, polypes nageurs, alcyonides). — Il y a dans la mer beaucoup d’autres corps assez semblables aux polypiers, mais d’une nature si douteuse que beaucoup de naturalistes les ont regardés comme des plantes.
Les Infusoires, cinquième et dernière classe des Zoophytes et de tout le règne animal, sont des êtres microscopiques, d’un corps gélatineux, que 0. Muller et Lamarck avaient les premiers essayé de classer scientifiquement. Cuvier en a fait deux ordres, dont le premier ( infusoires complexes ) comprend les rotifères, les tubicolaires, les brachions, et le second ( infusoires homogènes ou simples ) les vibrions, lesprotées, les monades, les vol-
voces. .
En somme, le nombre des animaux, qui ont servi a la caractéristique générale, ci-dessus exposée dans le Règne
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animal de Cuvier, est relativement fort restreint. Il se compose de 5636 espèces, réparties de la manière suivante :