‹ Histoire de la zoologieChapitre 41 sur 132 · Hérodote, vu, 125 et · texte numérisé non relu

Hérodote, vu, 125 et

4. Le pays compris entre l’Achéloüs qui traverse l'Êpire, et le Nestus, qui a son embouchure près d’Abdère, contenait, du temps

à l’époque où écrivait Dion Chrysostome, c’est-à-dire vers la fin du premier siècle de notre ère. Aujourd’hui les lions à l’état de liberté sont non-seulement inconnus en Europe, mais ils ont abandonné certaines régions de l’Afrique et de l’Asie, telles que l’Égypte, la Palestine et la Syrie, où ils abondaient autrefois. La principale cause de cette disparition vient de l’homme : de même que la civilisation extermine les races humaines qui lui lont obstacle, elle finit par détruire ou par refouler devant elle les grandes espèces animales qu’elle a à combattre, ou quelle ne peut point asservir. Le peuple-roi, qui ne cessait de demander à ses chefs du pain et des jeux publics, panera et cir cerises, fit, pour son amusement, une terrible consommation de bêtes féroces. Sylla, Pompée, César immolèrent, pour le plaisir du peuple romain, plus de quatre cents lions, en moins de cinquante ans. Et si l’on pouvait compter tous ceux qui ont été tués dans les amphithéâtres de Rome, on arriverait à un chiffre incroyable. Heureusement ces grandes causes de destruction sont rares, et ne s’appliquent pas à toutes les espèces ; autrement il n’existerait bientôt plus du règne animal que les ossements.

De tous les carnassiers digitigrades , c’est-à-dire qui marchent sur des pattes divisées en doigts, le lion est, après le chien et le chat, celui qui s’attache le plus facilement à l’homme. En tout temps on a raconté des exemples de cet attachement. Le plus touchant est celui que rapporte Aulu-Gelle , d’après le témoignage oculaire d’Appien, auteur perdu du premier siècle de notre ère. Voici ce récit : « Un jour on donnait au peùple romain, dans le Grand Cirque, un spectacle d’animaux féroces. On y admirait particulièrement une troupe de lions énor-

d’Hérodote, d’autres animaux féroces, tels que le taureau sauvage [Yaurochs) . aux cornes d’une grandeur démesurée. Cette espèce y a disparu avec le lion.

mes, parmi lesquels un entre tous frappait d’étonnement les spectateurs par sa force, par sa taille, par ses bonds et ses rugissements. Au nombre des malheureux condamnés à disputer leur vie contre ces animaux, se trouvait l’esclave d’un personnage consulaire. Cet esclave se nommait Androclus. A peine le lion l’a-t-il aperçu de loin, qu’il s’arrête comme saisi de surprise ; puis il s’avance à pas lents et doucement vers l’homme comme pour mieux le reconnaître ; arrivé près de lui, il agite la queue d un air soumis et caressant ; à la manière des chiens qui flattent leur maître, il se frotte le corps contre celui de l’esclave, et lèche doucement les jambes et les mains de celui qui était à demi mort de frayeur. Au milieu de ces caresses, Androclus reprend peu à peu ses sens, et il ose jeter ses yeux sur le lion. Alors on vit 1 homme et 1 animal, comme s’ils se fussent mutuellement reconnus, se donner les marques de la joie et de la tendresse la plus vive. A ce spectacle étrange, tout le peuple éclate en applaudissements. César. (Caligula) fait approcher Androclus et lui demande pourquoi il avait été seul épargné par ce terrible lion. Ce fut alors qu’ Androclus raconta son histoire vraiment merveilleuse. J’étais, dit-il, attaché au service du proconsul qui gouvernait la province d Afrique ; les mauvais traitements et les coups dont j étais journellement accablé, me déterminèrent à prendre la fuite, et, pour échapper plus sûrement aux poursuites d’un maître tout-puissant dans le pays, je cherchais une retraite dans les déserts de sable, résolu à me donner la mort, si je venais à manquer de nourriture. Marchant au milieu des chaleurs d’un soleil ardent, je rencontre un antre isolé; j’y pénètre et m’y cache. Peu de temps après je vis arriver dans le même autre ce lion, boitant et ayant une patte tonte sanglante ; il poussait des gémissements affreux, causés par la douleur de sa blessure. La vue du lion se tournant de. mon côté me glaça d abord de terreur. Mais dès qu’il m’eut aperçu au fond de 1 antre, qui sans

doute lui servait de repaire, il s’avança d’un air doux et soumis, et, levant la patte, il me la présenta comme pour me demander du secours. Alors je lui arraclie une grosse épine de la plante du pied, je presse la plaie pour en faire sortir la sérosité ; de plus en plus rassuré, je lave et panse la plaie. Ainsi soulagé, le lion se coucha et s’endormit la patte posée dans mes mains. A partir de ce jour je partageai avec lui, pendant trois ans, son antre et sa nourriture. Le lion m’apportait les meilleurs morceaux des bêtes qu’il prenait à la chasse, et comme je manquais de feu, je les faisais cuire aux rayons du soleil. Cependantje commençais à m’ennuyer do cette vie sauvage ; profitant du moment où le lion était à la chasse, je quittai la retraite, et après trois jours de marche, je fus arrêté par des soldats et envoyé à Rome. Là mon maître me condamna à être livré aux bêtes féroces. Je pense que ce lion a été pris peu après notre séparation ; il témoigne maintenant sa reconnaissance des soins que je lui ai prodigués. Dès que cette aventure fut connue des spectateurs, César, sur la demande du peuple, fit grâce à l’esclave. On vit celui-ci longtemps se promener dans les rues de Rome avec son lion ; on donnait de l’argent à l’homme et on jetait des fleurs à l’animal L

Aristote et Pline, qui ont donné de si nombreuses particularités sur l’animal en question, paraissaient avoir ignoié que le lion a crinière ( leo jubatus ) est non pas rne iace spéciale, mais tout simplement le mâle de .'espèce léonine.

ligre. Le léopard et la panthère ont été souvent confondus sous le nom général de tigres. Le vrai -igre, le tigre royal (felis tigris , L . ) , était encore inconnu lu temps d Aristote; car il ne se trouve point compris

1. Àulu-Gelle, Nocles alticæ,v, 14. M.Lenz,dans son Histoire natu- ' eJ c Vopulaire (t. I, p. 294 et suiv.), a réuni un certain nombre de ails semblables pour montrer combien le lion est capable de carder e souvenir des bienfaits.

parmi les animaux féroces qu’ Alexandre rencontra dans

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parmi les animaux i^umcAauun, x

l’Inde, patrie du tigre royal, que Buffon dépeint comme «bassement féroce et cruel sans justice ». Mégasthène, cité par Strabon, parle le premier du tigre comme habitant une province de l’Inde (Bengale), traversée par le Gange1. Pompée montra aux Romains les premiers tigres qu’ils eussent vus. Pline signale l’Hyrcame et 1 Inde comme le séjour naturel du tigre, qu il appelle un animal d’une effroyable vélocité, iremendæ velocitatis animal, et il donne à entendre que de son temps il était bien plus

rare que la panthère2. . . .

Le vrai tigre, le tigre rayé, appartient exclusivement a

l’Asie. C’est par erreur qu’il a été signalé comme habitant aussi l’Afrique. Ses lieux d’élection sont la côte de Malabar, le Bengale, l’île de Java, le royaume de Siam ; de là il a pénétré jusque vers le nord de la Chine .

Panthère, once et léopard. - Il règne une grande incertitude relativement à la détermination exacte (les noms de irâpSaRç (pardalis) , ™pSoç (pardus , ravôr.p (; panthera ), Xsô™pSoÇ ( leopardus ), qu’on rencontre chez les auteurs grets et latins. Du reste, encore aujourd hui rien n’est moins établi que les limites spécifiques de ces trois grands chats au pelage tacheté, à savoir : la panthère (felis par dus, L.), l’once [felis uncia , Gmel.), le léopard [felis leopardus , L.). Buffon s’est trompe en confondant le jaguar ou tigre du Nouveau-Monde avec la panthère de l’Ancien Continent, et il n’a pas bien distingue la panthère du léopard.

La pardalis dont parle Aristote dans differents endroits de son Histoire des animaux (i, 1; ii, 1 ; vin, M), paraît être la panthère que Cuvier a ainsi caractérisée : « Fauve dessus , blanche dessous, avec six ou sept ran-

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