‹ Histoire de la zoologieChapitre 40 sur 132 · Pausanias, Descrvpt. grxc., îx · texte numérisé non relu

Pausanias, Descrvpt. grxc., îx

clion le rhinocéros n’est pas aussi stupidement féroce ’ qu’on l’a dépeint. On parvient à le dresser; il se montre soumis à son gardien et obéit à ses commandements ; il est très-sensible à ses caresses, et le plus léger attouchement d’une cravache sur sa peau, en apparence si rude, le fait tressaillir.

Buffon avait dit que « dans l’acte de copulation, le maie ne couvre pas la femelle, mais qu ils s accouplent ci oupe à croupe. » C’était une erreur. Les rhinocéros s accouplent à la manière des autres quadrupèdes.

Un examen plus attentif des dents a permis de mieux distinguer le rhinocéros indien du rhinocéros africain. L’un et l’autre ont vingt-huit mâclielières, sept de chaque côté à chaque mâchoire. Mais, tandis que le rhinocéros unicorne a huit incisives qui persistent, le rhinocéros bicorne n’en a que six, deux a la mâchoire supeneuie ei quatre à l’inférieure, qui tombent toutes de trèsbonne heure. Les rhinocéros bicornes habitent presque tous l’Afrique australe, principalement la colonie du Cap, où les voyageurs Kolbe et Sparrman les ont les premiers signalés.

Lion. — Ce roi des carnassiers, qui tient moins du chien que du chat ([dis leo, L.), était connu de tout temps dans les contrées de l’Orient, antique siège de notre civilisation. Il a toujours été l’emblème de la force et de la noblesse. Homère le compare à ses plus grands héros, à Ajax et à Achille. Ainsi, devant l’impétuosité de, l’attaque d’Hector, Ajax recule avec prudence, et regardant autour de lui ; le poète ajoute :

Tel est \alion ()itov) puissant, que de l’étable

Écartent les chiens et les hommes des champs : *

Pour l'empêcher de s’emparer des bœufs gras,

lisse tiennent toute la nuit sur pied. Avide de chair,

11 ne fait qu’un bond (iOOu) ; mais rien n’y fait :

des javelots serrés Sont lancés h l’encontre par des mains téméraires;

Surexcité, il ne recule avec horreur que devant

des torches allumées.

Au lever de l’aurore, il s’éloigne avec une âme attristée

Plus loin, Homère représente Ajax comme un lion redoutable, qu’une troupe de chasseurs s’apprête à tuer :

Le lion d’abord s'avance avec un fier dédain;

Mais lorsqu’il se sent frappé par 1S javelot d'un jeune audacieux.

Il se dispose à bondir, montre les dents En écumant, pousse un profond rugissement,

Se fouette avec la queue les deux flancs.

Et s’excite ainsi lui-même au combat1 2.

Ces passages montrent combien le poète avait étudié les mœurs du lion, qui était anciennement beaucoup plus répandu qu’il ne l’est aujourd’hui. Du temps d’Homère et longtemps après sa mort, il y avait encore des lions en Europe. Hérodote raconte que, pendant le passage de l’armée deXerxès en Macédoine, des lions attaquèrent les chameaux qui portaient les bagages. « Durant la nuit, ils sortaient, dit-il, fréquemment de leurs repaires habituels, mais, ne couraient ni sur les hommes, ni sur les chevaux de trait ; ils ne se jetaient que sur les chameaux.... Ces contrées abondent en lions,... Les limites des lieux habités par ces animaux sont le Nestus, fleuve qui traverse la ville d’Abdère, et l’Achéloüs, qui arrose l’Acarnanie ; car il est certain qu’à l’orient du Nestus personne n a jamais vu de lions en Europe, ni dans le reste du continent au couchant de l’Achéloüs. Mais il s’en trouve dans l’espace compris entre ces deux fleuves3 4. » Aristote confirme le témoignage d’Hérodote*. Les lions disparurent bientôt de la Macédoine ; il n’v en avait plus

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