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ZOOLOGISTES VOYAGEURS

B. de Tudcle. Rubruquis.

Les croisades firent naître le désir de visiter les régions lointaines de l’Orient. Mais les voyageurs d’alors n’avaient guère l’esprit tourné vers les sciences d’observation. Benjamin de Tudèle, juif espagnol, parcourut, vers ' la fin du douzième siècle, le midi de l’Europe, la Palestine, l’Égypte, l’Éthiopie, etc. ; mais il ne parle le plus souvent, dans son Itinéraire (imprimé en latin en 1575 à Anvers), que par ouï-dire, ce qui peut faire douter, en partie, de la réalité de son voyage. Il a parlé l’un des premiers de l’animal qui fournit le musc, comme étant propre au Tibet.

Le moine Rubruquis , qui adressa à saint Louis une relation de son voyage en Tartarie, fit connaître le bœuf grognant, aux longues cornes et à la double crinière (l’une au cou et l’autre sous le ventre), ainsi que les chevaux sauvages qui habitent par troupes les steppes de l’Asie.

MOYEN ÂGE

Marco Polo.

Marco Polo, désireux de voir le « pays du grand Khan », parcourut la Perse, la Tartarie, le Tibet, longea les cotes de la Chine, passa le détroit de Malacca, vit Sumatra et Cevlan doubla le cap Comorin, côtoya le Malabar aborda à Ormus dans le golfe Persique, passa par Trebizonde, par Constantinople, et revint à Venise, en 1295, apres une absence de vingt-quatre ans. Dans ce long et singulier voyage, plus utile au commerce qu’à la science, celui que Malte-Brun a surnommé le Hurnboldt du treizième siècle, dit avoir rencontré des bœufs dont le dos était surmonte d’une énorme bosse, et des moutons de la taille d un âne, dont la queue pesait jusqu’à trente livres. Il est évidemment question là, comme le remarque judicieusement M. Pouchet1, du zébu et de la race des moutons à grosse queue qu’on élève encore aujourd’hui dans l’Asie Mineure. Marco Polo parle aussi des tigres qui suivent à la chasse lesprincesde l’Asie. Le fait de ces tigres chasseurs, .qui n’étaient autres que des guépards (espèce de chats tachetés), a été confirmé par les récits de voyageurs plus récents, tels que Tavernier, Chardin et Bernier. Les antiques monuments de l’Égypte portent aussi, suivant Champollion-Figeac, des preuves irrécusables de la domestication de ces tigres chasseurs.

En visitant la côte orientale de l’Afrique et de l’île de Madagascar, Marco Polo entendit parler du roc comme d’un oiseau tellement puissant qu’il pouvait enlever un •éléphant dans l’air. Par une coïncidence étrange, c'est dans ces mêmes parages qu’on a découvert, il y a une vingtaine d’années, les ossements et les œufs d’un oiseau

i. Histoire des sciences naturelles au moyen âge, p. 597 •

gigantesque, 1 ’epiornis maximus , qui avait environ six fois la grosseur de l’autruche

Quant aux voyages du franciscain Oderic de Portenau en Tartarie, de Jean de Mandeville en Asie et en Afrique, au quatorzième siècle, de Gonzalès Clavigo, envoyé en 1403 par le roi d’Espagne en ambassade auprès de Tamerlan, de Josaphat Barbaro, député par la république de Venise vers le roi de Perse, ils n’offrent presque aucun intérêt pour l’histoire de la zoologie.

1. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, dans les Comptes rendus de l’Acad. des sciences, année 1851.

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