‹ Histoire de Léon X et de son siècleChapitre 28 sur 53 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

CHUTE DES MÉDICIS. 1474149a.

Les priDces Italiens fàTorisent rcxpédltion de Chtrles VJII. — Alexandre VI fait de Tains efforts poar arrêter le monarque françaU. — L'armée française se met en marche , arrive à Lyon « à Turin , à IHse. — Pierre de Médlcls Ta traiter avee le roi. -^ Irritation des esprits à Florence en apprenant la convention signée par Pierre. — Retonr de Pierre à Florence.— Insurrrcllon. — Le cardinal essaye en vain d'apaiser le peuple. — Il est obligé de fuir. — Le couvent de Salot-Mare

lui ferme ses portes Pillage du palais des Médlcls. — Bntrée de Charles Vlll à

Florenoe. ^ Pierre à Bologne. — Le cardinal à Castrllo.

C'est un triste spectacle qu'offrent, k la veille de l'invasion française, les princes qui régnent en Italie sous le nom de monarques ou de ducs ; au lieu de s'unir contre l'ennemi commun , ils cherchent h le gagner sourdement. Us avaient k la limite de la Péninsule un magnifique boulevard de rocs , de neige et de glace oii ils pouvaient attendre de pied ferme Charles YIII ; mais ils préfèrent rester dans leurs palais. Pas un qui mette sa confiance en Dieu ou dans l'épée que Dieu lui donna; c'est la peur, la jalousie ou l'ambition qui les mène. Sforce, le duc de Milan (1), est prêt h reconnaître les droits de Charles YIII sur le royaume de Naples , si le monarque lui laisse l'hermine ducale qu'il a dérobée k son neveu Galéas, et qu'il voudrait emporter dans la tombe. Le roi de Naples redoute l'ascendant de la puissance papale; s'il pouvait, sans trop déboute , acheter le repos au

(1) Persuaso (Carolo} da alcuni principl napolitani e da Lodovico Sfona, daca dl Milano. — Historié di Messer Marco Guauo, ove si contengono la venota e partita di Carlo Ottavo re di Franza.— la Venetia, 1547, ia-8o, p. 5.

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prix d'une alliance avec le roi de France, il la signerait demain. Gênes a de vieilles rancunes contre Venise, sa rivale, et, par vengeance , elle prépare dans les palais Spinola et Doria des logements magnifiques pour la suite du roi (1). Le duc de Ferrare, Hercule, par hs^ine pour Alexandre YI (2), s'apprête à saluer la première bannière française qu'il verra flotter en deçà des monts. Laurent et Jean de Médicis, fils de Pierre-François de Médicis et petit-fils de Laurent l'ancien , frère de Cosme (3) , jaloux de l'autorité de Pierre, leur cousin , ont promis au monarque une forte somme d'argent s'il vient en Italie. La trahison était si manifeste, que Pierre fut obligé de les faire arrêter; ce crime devait être lavé dans le sang : le tribunal condamna les deux frères a tenir les arrêts. Nulle garde pour les surveiller; aussi se sauvèrent-ils en France, oii l'un d'eux était maître d'hôtel de Sa Majesté. Quelques cardinaux (4), de la Révère entre autres ; un évêque , Gentile d'Arezzo ; un noble florentin , Pierre Soderini (5), garantissaient au monarque, quand il aurait mis le pied en Italie , de prompts secours d'hommes et d'argent. Ainsi , .tout poussait a cette funeste expédition le malheureux Charles : son âge , sa vanité , ses courtisans , ses ennemis eux-mêmes; comment résister? On lui faisait lire des signes dans le ciel, et maître Guilloche, de Bordeaux, prophète et poète, écrivait d'avance l'odyssée du prince qui subjuguerait les Italiens, passerait les mers, relèverait le royaume de la Grèce et entrerait en triomphateur a Jérusalem.

(1) Ph. de Ségur, Hist. de Charles VIII. Paris, în-8o, l. i, p. 278.

(2) Benedetii , Fatto d'arme del Taro.

(3) Roscoe, t. I, p. 163 et 164.— Nardî, Hist. Fior., 1. i, p. 10.

(4) Anche fu molto sollicilato dalla venuta d' alcuni cardinal! , fra quai era San Pietro in Tincu la.— Marco Guazzo, I. c.

(5) Âmmirato , Istorie Florentine, t. m, p. 190.

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