LA BENDE DES ARBALESTRIERS
Après marcha la bende aux arbaleslriers , Entremeslés de grans joueurs d'espées , Gens adiiarnez au sang comme loudiers , Par lesquels sont maintes gorges coppées.
Et pour donner bauffrée et lippées , Autant exprès que Ton ne saiche point; Tous accoutrés en chausse et en pourpoint , D'une parure et des couleurs royalles , Ijesquelles bendes pour en parler à pcrint»
Ont vers le roy toujours esté loyalles.
A son costé chascun le courte dague De fin drap d'or , chaulses , escarteléés , La chayne au col , et au bonnet la bague , Les grans perruques jusqu'au dos avallées , Neyves plumes de paillettes feuillées , Et sur leurs bras devises de perles ,
434 PIÈCES JUSTIFIGiLTIVES.
A beaulx oyseaulx comme pigeons et merles , D'orpbaverie à roleaux enlacez, Et aultres choses singulières et belles Sur leurs personnes ils portoient assez.
LES GAPITATNES.
En tel estât passèrent bien six mille , Tous deux à deux et à grans pas divers ; Desquels fut chief comme le plus habille Monsieur de Cleves et conte de Nevers , Escartelé de tort et de travers , De fin drap d'or semé de pierreries , A grosse houppes de fine orphaverie , Marchant à pied aussi droit comme ung jon , Avecques lui Tescuyer d'escuyrie , Lorney aussi , le bailly de Dyjon.
LES ARCOTERS d'oRDONHANCES.
Après ceulx-cy les archiers d'ordonnances Vindrent soudain à tout leurs arcs bendés, La belle trousse à flesches de deffences , Hommes bien pris , bien formés, bien fondés , Tous deux à deux en bel ordre guydés , A leurs costés les espées moult fines , Beaulx gorgerins , dorées brigantines , A soustenir en escousse ou defferre.
A mon advis bien suffisans et dignes Pour estre gens vertueux à la guerre.
LES HOHBTES D'âRMES.
Incontinent vindrent les hommes d'armes Sur grans coursiers, sur genests et destriers,
Comme beaulx dieux reluysans en leurs armes , La bride au poing et le pied aux estriers , Tous habillés non pas comme peaultriers , Mais comme roys , princes ou empereui*s , Et pour monstrer qu'ils estoient empareurs D'honneur mondain à grans sanix et ruades , Sur le pavé sans estre en rien paoureux , Devant les dames firent mille pennades.
Sur leurs chevaulx d'or et d'argent clochettes , Orphaveries par despil mesurées , Chanfrains dorés , plumes à grans brochettes , De pailles d'or assez desmesurées , D'azur dacre grans bardes asurées , Estincelantes au soleil radieux ; Et parmy eulx clairons mélodieux , Trompes , cornets , et tambourins de guerre.
Brief il sembloit que déesses ou dieux Fussent des cieulx descendus sur la terre.
LB NOMBRE OES HOMIIBS b'aRBIES.
Ils estoient bien en nombre huyl cens lances.
Montez , bardez ainsi comme dit est ,
Tous gentils hommes dignes de grans vaillances
Pour tost avoir d'ung pays le conquest ,
Sans regarder au gain ou à Taquest ,
Mais aux honneurs et aux louenges famées ,
Ainsi que gens de maisons renommées ,
Progéediez plains de noble vouloir ,
Qui ont toujours les provinces aymées
Où guerre gist pour eulx faire valoir.
436 PIÈCES JVStlFIGATIVES.
LA BBNDE DES DEUX CENTS ARBALESTHIEBS.
Ces buyt cens lances en tel estât passées, Trop mieulx en point que je ne dis le tiers , Des ordonnances frisqnement compassées , Vindrent après deux cens arbalestriers , Hardis , vaillans , coaraigeux , et entiers , Dessus le col Talbalestre bendée Qui n'estoit pas de foiblesse fardée , Mais par raison , grosse , puissante et forte , Et le garrot ou la vire fondée Pour trespercer uug demy pied de porte.
A leur costé Tespée longue et large , La courte dague pour son homme aborder , Le grant bauldrier avecqties le guindage/ Pour à deux coups Tarbalestre bender, Et pour à point plusieurs coups debender La grosse trousse de garrots et de vires.
Pareils à ceulx qu'on voit en les navires.
Le plus souvent user àvolunté.
Il n'en est point en ce monde de pires , Pour en narrer la pure vérité.
Petits cbappeaulx , déchiquetés , coppés , Trouez , percez , f retaillez , entrouverts , Par aucuns lieux de soie enveloppés.
Et de robens rouges , blancs, noirs et vers , Grosses taillades de tort et de travers , Petits plumars de faisans et d'ayrons , Bien enrichis par tous les environs , De perleries et de belles paillettes; Et si estoient leurs pourpoints et sayons Tous attachez à fer d'or d'e&guillettes.
LA BEROE DBS ABCHIEBS DE LA GARDE DD ROT.
Après vindrent les archiers de la garde , Graos et puissans , bien croisés , bien fendus, Qui ne portoient picqne ne hallebarde.
Fors que leurs arcs gorrièrement tendus , Leurs bracelets aux pongnets estendns , Bien attachés à grans chaynes d'argent, Autour du col le gorgerin bien gent , De cramoisy le plantureux pourpoint Assez propre fusse pour ung régent , On grand duc aconstré bien à point.
Dessus le chief la bien clere sallade , A doux dorés fournis de pierrerie.
Dessus le dos le hocqueton fort sade , Tout sursemé de fine orphaverie , La courte dague , l'espée bien fourbie , La gaye trousse à custode vermeille , Le pied en Tair , aux escoutes Toreille.
Brief on disoit tout veu et regardé , Quo este my pare ou ne grande merveille , Et son miraio, par le sang que de de.
Quant les archiers en leur pompes haultaines Furent passésf trois à trois, quatre à quatre , Pied à pied vindrent leurs nobles capitaines , Qui ne sont pas gens pour cropir en lastre.
Gomme Cresol , et Glande de La Ghastre , Avec son fils dit monsieur Quoquebourne , En ordonnance chevalereuse et bonne , Par excellence habillés richement.
Brief pour planter des grans gorres la bonne, C'esloit je crby suffisant parement.