‹ Histoire de Léon X et de son siècleChapitre 3 sur 61 · G0KG1LE 0E LATRAN · texte numérisé non relu

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concile de Latran oii à chaque page le sang de rHomme- Dieu est glorifié » invoqué, adoré? Ouvrons-les, et vous verrez le pape, les archevêques, les évèques, les prélats , les abbés, s'incliner k ce nom , et répéter ces belles paroles de l'Apôtre : c II n'est d'autre fondement que celui qui a été posé , et ce fondement c'est Jésus-Christ. > 1 Cor., ch. 111 , V. XL U a visité l'Italie tout récemment, et il n'a pas vu les symboles nombreux de la foi romaine au Christ rédempteur sculptés ou peints sur les murailles des églises : ces calices suspendus sur presque toutes les chaires de prédicateur; ces croix élevées k presque chaque coin de rue; ces bons pasteurs placés sur la façade des maisons , et emportant sur leurs épaules les brebis égarées ; tous ces hymnes en pierre , en marbre , en bois , qui chantent le sang du Golgotba! Raphaël venait de peindre le miracle de Bolsena, et Luther ne l'a pas vu ! Qui donc lui a dit qu'on ne croyait pas k Rome au sang du Christ? Une épigramme peut^tre qu'il emporte dans son bréviaire.

A Naples et k Florence, il est une secte poétique qui des anciens écrivains n'a étudié que les satiriques. Elle formule, quand elle parle latin , un arrêt historique en deux ïambes. Ce n'est pas k des têtes obscures qu'elle s*attaque, mais k tout ce qui a fait du bruit dans ce monde : tiare , diadème , toge, hermine. Elle se prend avec une sorte de volupté .k tout ce qui se distingue du vulgaire par la naissance , la réputation, la fortune ou les dignités. A cette époque, chaque jour se produit une gloire nouvelle ; nul ne veut aider k l'autre k faire son chemin; un succès littéraire est une offense pour qui ne l'a point obtenu, et une épigramme le châtiment infligé ordinairement au coupable. Ce qu'il y a de

' es hat zuvor Niemand gewusst , was das Evangelium , was Christus..., was ein Christ , was Kreuz sey. — Luthers Werke . Jen., t. v , fol. 306, Nuremb., t. vu , f. 288.

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malheareux , c'est que l'histoire , quand elle a voulu citei k son tribunal quelque royaiAd intellectuelle ou mondaine » est allée puiser dans cette urne de calomnies pour éérire son jugement. 11 y a des poètes comme Pontano qui font Fëpitaphe d'une femme vingt ans avant qu'elle soit descendue dans la tombe (i). D y a des historiens qui ramassent Tanachronisme et s'en servent pour frapper cette femme. Vous en verrez d'autres accuser un chanoine tel que Politien, qui a prêché un carême (2) dans l'église de Santa Maria dd Fiore, c de n'avoir jamais lu l'Écriture ; > et des hommes graves k l'instar de Mélanchthon enregistreront cette facétie comme une vérité révélée (3). Reuchlin, Ulrich de Hutten , Luther, Érasme, R. Agricola, en traversant l'Italie, recueillaient ces contes, et, de retour dans leur patrie, les répétaient h leurs amis et les reproduisaient dans leurs écrits. Un jour on était tout étonné de voir Tépigramme encadrée dans un tableau de la société italienne : le peuple prenait le livre , jurait sur la parole écrite , et la boutade devenait de l'histoire.

La papauté devait empêcher les désordres de la presse , et c'est ce qu'elle fit , comme nous le verrons bientôt.

Cette parole dont elle voulait, avec raison, enchaîner la licence , ne s'attaquait qu'à l'intelligence , tandis que Tusure tarissait dans sa source la vie matérielle du peuple ; c'était une plaie sociale , entretenue par les guerres civiles, que Léon X voulait fermer. L'ouvrier réduit à la misère était obligé de recourir au juif , le lombard de ce temps-Ik , dont la pitié homicide tuait lentement le pauvre qui venait

(1) Roscoê , t. 1 , p. 366.

(3} MeJanchthon ait semei i^olûm sacras litteras leglsse dixissnquc Bulhim se tempus pejus collocasse. — Vossius , de Poet. latinis , p. 80. (3) Angel. Pol. epist. x, lib. iv , ad Joannem Gottium Ragusanum.

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rimplorer. L'établissement des inoiits-de-{Hété est one pensée toute catholique , que Léon fit adopter au concile de Latran.

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