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CHAPITRE XVI

PKINTURK —RAPHAËL

§ II. Raphaël sous le Pkrugin.

Raphaël part pour Pérouse. — Pierre Vanucd, siiniominé le Pérugin, donne dcii leçons à Raphaël. ~~ Progrèd de l'écolier. — Rapbaei retourne à Urbtn , put» part pourriuà di Castello. — Raphaël à Florence, nù 11 étudie lea œurrcs de Masacclo. — Influence de Léonard de Vinci aur la manière de l'Urblnate. ~ Le symbolisme de Dante. — CBuvresque Rupbaël peint à Florence. «--Castlcllone. — SrnUromt i-hréticn répandu dans toutes les créations de Sanzln.

Vers la fin de 1500, im enfant descendait la grand'rue dUrbin , et prenait le chemin de Pérouse. Si quelques peintres de Tépoque, Luca Signorelli ou Timothée Yitti, avaient rencontré le voyageur de quinze ans aux cheveux bouclés , k Fœil noir, au front éblouissant de blancheur, k la tête coiffée d'une petite casquette coquettement rabattue surToreille, aux épaules négligemment couvertes d'un manteau de drap <ie Venise , présent de son bon oncle Giarla , peut-être auraient-ils demandé la permission au serviteur qui l'accompagnait de prendre un croquis de cette figura d'ange; mais assurément ni l'un ni l'autre ne se seraient doutés que l'enfant portail dans sa valise le pinceau qui devait bientôt doter le monde du Mariage de Marie, de la Vierge k la Chaise, de l'Héliodore du Vatican, et delà Transfiguration .

Raphaël, donc, avait quitté sa ville natale, et s'ache* minait k pied vers Pérouse, ou vivait Pierre Vanucci dellk Pieve, pour prendre des leçons de ce maître illustre. Ce fut

une heureuse inspiration que le choix du Pérugin par Simon Ciaria , Fonde maternel du fils de Jean Sauti. A cette jiature d'enfant, douce, rêveuse, il fallait un maître comme Yanucci. La gloire de ce peintre était grande dans TOmbrie. A cette époque, on citait de lui trois tableaux presque aussi beaux d'expression que de coloris , qu'il avait tout récemment achevés : son Christ sur la croix , que possède l'église Saint-Jean de la Calza de Florence ; Jésus au tombeau, qui appartient au palais Pitti, et l'Ascension, que Vasari regarde comme le cheM'œuvre du maître , et qui , de Saint-Pierre de Pérouse, vint, en 1815, décorer le musée de Lyon : magnifique témoignage de reconnaissance de Pie YII ^vers la cité qui l'avait si pieusement accueilli (1).

U y avait dans le talent de Yanucci quelque chose de tendre qui devait séduire l'imagination de Raphaël. Le Pérugin avait fait une étude approfondie des anciens peintres, et s'était approprié l'expression de douceur céleste qu'ils avaient su donnera leurs physionomies bibliques. SaYlerge est souvent divine, et ses têtes d'apôtres, soit qu'elles regardent le ciel , soit qu'elles nagent dans un limbe lumineux autour de Marie et de son Fils, soient qu'elles contemplent le mystère de la croix , sont des créations idéalisées. U paraît que ces figures de bienheureux , d'anges et d'enfants surtout, que Yanucci excellait k peindre, charmèrent Raphaël. Dans la sacristie de Saint-Pierre, k Pérouse,

(1) Ce tableau , donné en 1815 par Pie Vil comme un témoignage d'amour du souverain pontife envers les habitants de cette ville, s'élevait au-dessus du maitre-aulel à Pérouse, et de chaque côté du ehœur le peintre avait représenté dans d'autres tableaux la Vierge , les apôtres, etc. D'après le contrat, qui existe encore, le Pérugin avait reçu du chapitre la somme de 500 ducats d'or pour exécuter ces divers travaux. ^6. Orsini , Vita, Etogio e Memorie dell' eg. pittore Pletro Perugino. Perugia , 1804 , p. 140.

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on conserve comme une relique un petit cadre ou, sur fond d'or, il a reproduit l'enfant Jésus et le petit saint Jean qu'on trouve dans le tableau que Yanucci avait peint pour Santa-Maria des Fossi de la même ville. Il est impossible de copier avec un goût plus pur la manière d'un professeur. Vanucci dut sourire en se voyant ainsi revivre dans l'œuvre de son élève (4).

Raphaël , comme les séraphins de son maftre , avait des ailes et ne pouvait rester longtemps emprisonné dans les langes d'une imitation plastique. Il faut rendre cette justice à Yanucci , qu'il donna bien vite la clef des champs k ce captif volontaire : il le choisit pour second. C'est Raphaël qui a dessiné la tête de saint Joseph dans la Nativité que le Pérugin exécuta pour l'église des Minori Riformati délia Spineta , près de Lodi , et qui se trouve aujourd'hui dans la galerie du Yatican. Cet essai était quelque chose d'heureux ;. Pierre en fut si content, qu'il lui laissa la direction d'une Résurrection destinée a l'église des Franciscains de Pérouse. Les deux gardes endormis, les deux autres qui s enfuient quand le Christ secoue la pierre du tombeau , sont de Raphaël. Le dessin de ce double groupe, de la main de l'adolescent , appartenait kla collection de sir Thomas Lawrence. Ce sont des études où l'influence de l'école ombrienne se fait visiblement sentir, mais oii l'écolier a laissé des traces de son individualité : une transparence de tons peu familière k son maître ; un soin attentif de la forme , trop négligée jusqu'alors ; une attention plus sérieuse donnée aux lignes et aux contours. Ce qui prouve la déférence du professeur pour l'élève , c'est que , dans son tableau , le Pérugin a laissé le modèle avec les vêtements inventés par Raphaël, tandis que,

(I) L'Académie de Venise possède un livre d'esquisses où, sous les n«« 6, 7, 43, 44 , on trouve des études de David, d'Isaïc, de saint Sébastien, faites par Raphaël d'après le Pérugin.

dans son carton , i[ donnail aux figures un costume tout historique.

Raphaël paya sa bienvenue en mettant le maître et l'écolier dans le même tableau. Le garde endormi, dans la force de l'âge , c'est te maître ; l'autre garde qui sommeille, mais dans toute la fleur de la jeunesse, c'est l'écolier.

Au moment où tout souriait k l'enfant , oii professeurs et disciples le choyaient k Tenvi , ou il inscrivait son nom dans des œuvres que Yanucci plaçait dans l'endroit le plus apparent du temple catholique , au-dessus du maître-autel, une fkcheuse nouvelle vint l'arracher k ce qu'il y a de plus doux pour un artiste en cette vie, la gloire. Le trouble s'était glissé dans sa famille ; sa belle-mère allait manquer de pain ; on disputait k la veuve de Santi une portion de l'héritage qu'il lui avait laissé en mourant (t).

Raphaël embrasse son maître, dit adieu k ses camarades, quitte Pérouse , et prend te chemin de sa ville natale , oii bientôt Bernardina put vivre k l'abri du besoin , grâces aux 26 florins qu'on dut lui payer, en outre de sa pension ordinaire.

Ces affaires domestiques réglées, il se remit en route, non plus pour Pérouse , que le Pérugin avait quittée momentanément, mais pour Gittk di Gastello, où, le lendemain de

(1) Pungileoni , Motizie , etc. On lit dans la minute du notaire Federico dl Paolo, di Monte Guiduccio d'Urbino, le 17 juin 1495 : Condemnamusdictum D. Bartbolomseuni... ad dandospannicelioa... pro aastentatlone pueils Eiisabethœ, obligando dictum D. Bartholomacum ad aiimentandum dictam donnam Berardinam, ut possit in domo mariti stare juita testamentom.

1499, juin 3. Conventio inter Da. Berardinâm.... D. Barthoiomsum et Raphaelem oiHsasione legati facti per Joannem Sanctls super alimenl'ii « victu et vestilu dict» Do. Berardinee... Venerunt ad Infra seriptam transactionem... dare et solvere floreno» viginti sex , etc..

UAPHAEL. â9()

son arrivée, il se mettait k peindre; car peindre, c'était vivre pour Raphaël. L'église de la Sainte-Trinité avait besoin d'une bannière; il s'en chargea. D'un côté de la toile, il peignit la sainte Trinité; de Vautre , la création de l'homme. L'artiste, dans cette double composition, s'est inspiré de son maître et de son père ; presque toutes les figures principales sont dans la manière du Pérugin , tandis c[ue deux petits anges, l'un qui regarde le ciel, l'autre qui regarde la terre, sont une réminiscence de Santi. Ce qui appartient k Raphaël, dans cette étude, c'est une pensée toute philosophique, qui dénote déjà le peintre des chambres du Vatican. Adam est plongé dans le sommeil; derrièœ notre premier père se dressent des rochers qui projettent des ombres épaisses autour des personnages , symbole de la chute qui bientôt obscurcira l'œuvre du Créateur.

Ce tableau, que Raphaël signa de ses initiales, fit du bruit dans la ville. Les augustins vinrent demander au pdntre un tableau dont ils avaient fixé le sujet. Ils voulaient un saint Nicolas de Tolentino debout au milieu des nuages, et couronné des mains de Dieu et de la Vierge; Satan , sous les pieds du thaumaturge, entre deux anges , faisant flotter un rouleau de papyrus ou seraient écrites en lettres d'or les vertus du bienheureux. L'idée est poétique assurément et fait honneur aux moines; Texécution fut digne du sujet. Le tableau n'existe plus malheureusement.

Bien n'égale la fécondité de notre peintre : partout où il passe il laisse quelque glorieux souvenir. Presque toutes les œuvres de ce maître de dix*huit ans sont de véritaUes merveilles : c'est, par exemple, le Mariage de la Vierge, ce Sposalizio, auquel le musée de Brera, k Milan, n'a rien k comparer; chrf-d'œuvre de grâce, de chasteté et d'expression , dont le graveur Loughi a su reproduire en partie l'inefi'able beauté; c'est une petite Vierge, bijou

inestimable , que possède le musée de Paris ; c'est le Couronnement de Marie, si souvent repris par les peintres d'Urbin , et toujours avec un nouvel amour , et qu'on admire an Vatican; c'est la Vierge de StafFa, devant ^aquelle tout amateur qui traverse Pérouse doit aller s'agenouiller, daus la maison du comte dont elle porte le nom ; ce sont des esquisses , des caprices , des arabesques , mille fantaisies d'artiste, qu'il laissait tomber, avec autant de grâce que d'insouciance, partout oîi il séjournait quelques heures, et que Lawrence, qui en possédait plusieurs, n'aurait pas échangées, comme il le disait souvent, contre la couronne d'Angleterre.

Avouons aussi , avec Schelling, que Raphaël vint k une époque heureuse où l'amour de l'art exalte toutes les imaginations. Grâces aux Médicis, l'apparition d'une œuvre de Masaccio est un événement dans Florence , oii Léonard de Vinci est traité royalement , comme Charles VIII , et où les lettrés n'éprouvent pas plus de joie a la découverte d'une sylve inédile de Politien que Pomponio Leto en trouvant, dans les ruines de Rome , une belle inscription lapidaire. Ce ^^gï mouvement intellectuel a gagné l'Italie tout entière. A chaque ■•^Ui vierge nouvelle que produit Raphaël , c'est un murmure nouveau d'admiration , aussi nécessaire, ajoute le philosophe allemand , k la vie de l'artiste que le souffle du printemps a la plante (1).

N'oublions pas que dans cette Ombrie, où Raphaël peint en ce moment, Platon accoutuma les esprits k chercher le principe divin dans l'harmonie matérielle de la création, comme Dante leur enseigna l'emploi du symbolisme dans la manifestation de l'art : philosophe et poëte sont donc les auxiliaires , les instniments et les commentateurs des succès

(0 Uebcr das Verhàltniss dei* bildenden Kùnslc zu der Naliir.

(lu peinlre; car s*it a dérobé k Platon sa grâce , soo rêve et sa poésie , h Dante il a pris sa figure de femme emblématique. Nous verrons bientôt, dans les loges du Vatican, comment Raphaël a su faire usage du mythe antique. Si , en quelques-unes de ses peintures sacrées, il introduit la mythologie des Grecs ou des Romains , ce n'est pas par un penchant classique pour, les divinités de la fable, mais parce qu'kTexemple de Dante, la figure païenne est un ^symbole sensuel k l'aide duquel il a mis en relief quelque chaste enseignement du christianisme.

Toutefois jusqu'alors les œuvres de Raphaël sont encore humaines , parce qu'en général la spontanéité leur manque ; c'est de la lumière, mais dont la source est dans le cerveau du Pérugin. Même dans les traits k la plume et au crayon que l'artiste éparpille sur le papier, et que Venise a recueillis si dévotement , vous reconnaissez la main du professeur. On dirait que l'écolier veut suivre le précepte de Virgile, en s'attachant aux traces de son maître ou de son Dieu. Et ce n'est pas seulement le sujet qu'il emprunte, mais la disposition des groupes, le jeu des ombres, l'horizon , le feuillage, le ciel. Cette imitation est telle, que, placé devant une œuvre de l'enfance de Raphaël , on se met k murmurer le nom du Pérugin. Ce n'est qu'après un examen plus réfléchi, a quelque rayon transparent qui illumine l'œil, les lèvres ou le front de la Vierge , qu'on reconnaît l'erreur. Du reste , ce rayon divin s'arrête tout juste au cou de la madone; la vie s'est réfugiée tout entière dans la figure de Marie, et le corps , sous ses draperies diverses, n'accuse presque pas do forme. On voit que l'écolier n'a pas encore contemplé le nu; que la statue antique, au défaut du modèle vivant, n'a pas posé devant lui. Plus tard, il comprendra, k Florence et k Rome , la nécessité d'étudier les types matériels. Raphaël, comme tout esprit d'élite , sent bien qu'il doit échapper au

cette fleur de carnation et de coloris que l'âge ne (h qu'épanouir .

Santi ne quittait pas un seul montent sou bien-aimé. Lui commandait-on au dehors quelque tableau d'église, alors la petite famille se mettait eu chemin , dans une voilure couverte^ s'arrêtani h chaque église qu'elle trouvait sur sa route, pour aher passer quelques instants en contemplation devant un tableau de vieux maître. Santi expliquait k son enfant le sujet du cadre , le procédé mécanique du peintre , sa pensée intime, ses défauts ou ses qualités.

Si vous traversez l'Ombrie , interrogez la première jeune fille que vous trouverez, et demandez-lui si elle connaît Dante Àlighieri, Torquato, Tasso, Lodovico Ariosto, Niccolb Machiavelli , Micael-Àngelo ; elle hochera la tète en signe d'ignorance : prononcez ensuite le nom de Raphaël , vous la verrez sourire : un seul souvenir des gloires de l'Italie est resté dans toutes les intelligences, celui du peintre d'Urbin. Dans l'Ombrie , c'est quelque chose de plus qu'un artiste : c'est un être inspiré, une sorte de génie céleste, comme un ange qui conâmuniquait avec ses semblables à l'aide de la couleur. La , il n'est pas d'église de village , pas de presbytère, pas de maison noble qui ne se vante, bien souvent k tort , de posséder au moins un dessin de cet adolescent merveilleux. Un jour son père , qui avait une vive foi k Marie, voulut consacrer k la Mère des anges la maison qu'ail habitait.. Jamais il ne fut mieux inspiré ; sa madone, peinte k fresque,, était si belle, si pure de dessin et si suave d'expression , que , Jean étant mort , on dit hautement que Raphaël avait aidé son père dans cette œuvre magistrale (1). Pourquoi pas? l'enfance du grand homme

(1) On lit dans le journal du pape Clément X, attribué à Origo et Lancisl , au sujet de leur entrée à Urbin en 1703 : Alla pendice detta Contradadel Monte vedranno la casa dove nacque il gran Raffaelo. En*

est presque toujours prodigieuse. Mozart, ce Raphaël delà musique, a dix ans quittait ses compagnons de jeu pour courir au piano et improviser des mélodies qui arrachaient des larmes de joie k son vieux père.

Raphaël eut le malheur, bien jeune encore, de perdre son père. Jean mourut dans les plus tendres sentiments depiëtë, le l®"^ août 4494, 'et fut enseveli dans Pëglise de Saint- François, qu'il avait dotée de si beaux ouvrages ; regretté de tous ceux qui Tavaient connu , et pleuré surtout de son fils bien-aimé, et de son élève fidèle, Ëvangelista da Piano di Melilo (1). Magia Ciarla, sa première femme, était dëcédëe trois ans auparavant. Il institua dans un testament , fait deux jours avant son décès, en présence de maître Ambroise Barocci, sculpteur et lapidaire de Milan, de son élève Evangelista, et de Tomasso di maestro Trojano Alberti, pour héritiers universels , Barthélémy son frère , et Raphaël son fils. A Bemardina , qu'il avait épousée en secondes noces , il laissa , jure resdtutionis , les 60 florins qu'elle avait apportés pour douaire dans la communauté , quelques bijoux de prix et une partie de sa garde-robe.

Que si maintenant nous voulons apprécier comme artiste Jean Santi, nous trouverons eu lui un digne représentant des peintres qui fleurirent vers la fin du quinzième siècle ; systématique dans l'ordonnance de ses tableaux, ainsi que ses

treraoïiai» detta casa e vi ossetvcrano una piccoJa imagine dipinta nei muro da Raffaelo aliora gioTinetto.

Dans rÂlmanacco de! Metaoro» Âocona, 1813, la madone est regardée comme l'oeuvre de Santl. L'imagine di una madonna a fresca ben Gooservata che dicesi opéra dei padre di Haffaelo e ricorda la forza deU' anlica scuola.

La fresque a beaucoup souiïert depuis qu'on l'enleva du mur extérieur pour la transporter dans une chambre de la maison. De malheureuses retouches ont gâté l'œuvre du maître.

(I ) Pungileoni , Elogio storico di Giov. Santi , p. 1 36.

devanciers ; attaché aux formes traditionnelles léguées par l'école de Giotto , mais cherchant dans les détails a se rapprocher davantage de la nature, k reproduire plus fidèlement la vie réelle qu'on ne l'avait fait jusqu'alors. Il est aisé de s'apercevoir des efforts du maître , dans quelques-unes de ses compositions, pour se créer une personnalité, et quitter la voie d'imitation oii tous ses rivaux s'étaient engagés , et marchaient avec plus ou moins de gloire. Santi lutte , et souvent avec bonheur, pour s'affranchir du joug de ces types que les peintres se lèguent comme un héritage. C'est un homme de réaction , qui n'avait pas assez de génie pour être complètement réformateur. Il est grave , sévère , touchant. Ce qu'il exprime avec le plus de bonheur, c'est la figure de l'enfant : comme dessinateur, il est loin d'égaler JMantegua, plus loin encore , comme peintre d'expression , de François Francia. Vous ne trouve? point en lui le jet si hardi de Luca Signorelii, ni le ton solennel de son ami Melozzo de Forli. Toutefois son nom ne saurait périr : d'abord , parce qu'il fat le père de Raphaël; ensuite, parce que , comme artiste, il a laissé des œuvres remarquables de sentiment religieux et de style.

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