‹ Histoire de Léon X et de son siècleChapitre 51 sur 61 · II · texte numérisé non relu

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lui demandait dans une supplique écrite en termes pressants une faveur que les canons faisaient un devoir au pontife de refuser. — £t si j'accordais le transfert du bénéfice, dit-ii au solliciteur , qu'est-ce que cela vous rendrait? — Deux cents écus d'or » répondit le serviteur. — Eh bien! reprit le pape, les voilà; et il déchira la supplique (1).

Une autrefois on lui parlait d'un pq^te qui faisait admirablement les vers latins et qui mourait de faim. — C!omment donc, dit en riant le pape, moi qui, dans ma vie, ai secouru tant de piètres rimeurs , j'aurais pu oublier ce chantre divin? Tenez , tenez , voilk pour le poète ; et il donnait sans compter.

 Rome, dans les Ëtats de l'Église et dans d'autres provinces italiennes , Léon X nourrissait un grand nombre de prêtres , de religieuses , de vieux militaires et d'exilés (â).

En montant sur le trône , il trouva sa capitale remplie de mendiants que les guerres avec l'étranger avaient réduits au plus affreux dénûment, et qui souvent tombaient morts de faim au coin d'une borne; son cœur se sentit ému de pitié, et il fonda l'hospice des incurables de Sainte-Marie (3) , destiné k recevoir les infirmes et les malades atteints d'affections que l'art regardait comme inguérissables. Par ses ordres , des hommes de confiance étaient chargés de parcourir la ville, d'aller k la découverte des pauvres et des malades, qui trouvaient dans cette léproserie tous les secours de l'art et de la charité (4).

(1} Aug.Old., 1. c, t. m, p. 327. *

(2) Augusti Oldoini, ad Clac, 1. c, t. m, p. 326.

(3) Hospitalig B. Maris de popalo et S. JacoU in Augastfi de orbe erectio in archi-hospitale paupernm infirmorum incurabilium , corn privilegiorumlargitione» 1. 1.— Magnum buUariam Roman am , Lnxemburgi , in-fol. 1727, p. 661 .

(4) B. P. Natalis Alexand. Historia ecclesiastlca veteris et novl testament! , 1714 , In-fol., t. VIII , p. 54.

l'homme intime. 4(37

On lui doil rétablissement d'un ihonastère sous le vocable de sainte Marie-Madeleine (i) , asile ouvert aux filles repenties qui , voulant pleurer les désordres d'une vie passée dans le libertinage, s'amendaient , et , réconciliées avec Dieu et la société , trouvaient dans cet hospice les soins de l'àme et du corps, le pardon de leurs fautes , et l'oubli du passé. Le monastère était administré par les frères de l'Archi-eharité y entretenu par les dons du souverain , les aumônes des fidèles , les quêtes faites dans les églises , et les biens des matrones mortes sans tester.

Cette confrérie de l'Archi-charké avait été instituée par le cardiuâ^l Jules de Médicis , pour venir au secours des pauvres bonteui et des débiteurs insolvables , dont le nombre était si grand k Rome (â). Des visiteurs choisis par le conseil d'administration avaient pour charge de fouiller les greniers, afin d'y découvrir quelque pauvre àme honteuse de sa misère, et qui, n'osant tendre la main aux passants et révéler sa gêne au curé de la paroisse , était exposée k mourir de désespoir ; ou bien encore l'ouvrier jeté en prison par un créancier qu'il ne pouvait payer, même au prix d'un travail de nuit et de jour. La confrérie veillait aussi sur les morts. Il arrivait souvent qu'on promenait de porte en porte le cadavre d'un indigent , afin de recueillir quelques pièces de monnaie destinées a l'ensevelir. Dans les temps de maladie épidémique , la charité et la pitié, trop souvent sollicitées , avaient fini par ne plus s'émouvoir ; alors te corps était conduit au cimetière sans croix ni flambeau. Léon X vint au secours de l'institution par des dons et d'utiles règlements ,

(t) BuUarium , 1. c, 1. 1 , p. 607.

(2) Âpprobatio archiconfraternitatischarltatis nuper in urbe instituts ad pauperum mendicare erubescentium carceratorumque subventionem, ac morlaorum sepulturam. — Bullariura , I. c, 1. 1 , p. 600.

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