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ttoe lettre d'Érasine; une autre fois, un voyageur qui passe h Sion lui remet une belle ëi longue épttre de Sadolet ; un soir, c'est un hàmaniste qui« en traversapt les Alpes/coàime L(»igueîl (Longolius), est déralisé, et auquel il donne généreuseïïK^t sa bourse. Mais le plus grand bonheur qu'ii ait éprouvé do sa vie, e'est quand le paîpe revient h lui, ^ qu'il peut reprendre sa crcSx et sa cuirasse. Les montagnes de T Appenzell , les^eux My thea et le lac dô Wallenstadt retentissent du bruit du cor alpestre. C'est un ap-' pd, le dernier qu'il fait a ses montagnards , et les Suisses accourent en foule. Les soldats qu'il improvise traversent le. Pcmtrdu-Diab}e> rUf nerloch, d arrivent dans feModénais. Déjà Prosper ColonAe en compte iiass son! anuîée plus de dix mille (1). . , . .7
Mais Lautrecën avaità lui seul près deâO,000 qui sennf- Uaient devoir lui rester fidèles (â); car là diète* bdvétrque; en rappelàut ses soldats dans leurs foyers ^ menaçait de châtiments ceux qui violeraient leur serment, en se. battant contre les Français. Le cardinal n'a pas peur de la diète; qu'elle arrache du sol valaisan jusqu'à la dernière pierre dé ee château ëpkscopal qu'a renversé Supersax, que lui importe, s'il peut chasser les Français de lltâlie, rétabliras Sferce, et rendre à TÉglise Parme et Plaisance? C'est la ^puse cette fois qu^tl emploie. 11 a des émissaires qur se glissent dans l'armée de Lautrec, qui parlent aux Sàisses, excitent kur^ d^ances , leurs jalousies fleurs colères, et piiitrvietiiient k: les sédmïe. La désertion se met bientôt dans les rangs 4ie ces soldats mercenaires qui accusent le généra) de teii^ur , d'incapadiéy d'orgueil , et de parjure : il leur avait {n^omé; une sdlde arriérée de plusieurs mois, l'argent n^irrlvait
(1) Simonde Sisraondi , Rép..it., t. xiv,p. 482.
(2) Léo . Hist. d'Italie , t, i , p. A75.
pas (1). Mais ce n'était pas la faute du général français, qui pressait iautilement renvoi des 30,000 ducats qu'il avait demandés, et que la duchesse d'AngouIéme , mère de François I*'^ , avait reçus et dépensés. Alors les Suisses , malgré les? protestations de Lautrec, quittent le camp français, et passent avec armes et bagages dans le camp des alliés, oii les cardinaux de Sion etde Médicis, légats du saint^^ége, les attendaient^ la crosse en main^ insigne de feur dignité (3).
U. n'y avait. pour Lautrec, compromis par une seittblà)Ie défection , qu'un parti k preâdte : c'était de se retirer derrière l'Adda, afin de couvrir l^lan, que les alliés voudvaiéRt enlever,. C'est ce qu'il fit résolument. Il est difiiciië d'expfiquer comment il se laissa tromper par Prosper Gbloiibe, (pii passa b rivière sans coup férir. Au moins ^uràit*il dâ s*avancer av^ toutes ses forces pour bsqrceler et inquiéter l'^inemi^ s'il n'avait pu l'eoipêeh^ de traverser l'Adda ; mais il reste l'arme au bras dans son cmpi et &e contente de détacher Lesoun, son frère, qui, âvecun misérable corps d'infanterie, quatre cents lances et datq k six pièces d^e canon, Va tenter d'arrêter les confédérés dans leur marche sur Milan; La partie n'était pas égale , et Lescun, malgré toute sa bravoure, devait succomber. Après d'inutiles prodige, de valeur^ il fut forcé d'opérer sa r^raite sur Cassano.
Lautrec, ayant appris par ses coureurs la défaite de son frère , se hâta de regagner Milan k marches forcées. Pour effrayer les habitants, il livra au bourreau un vieiliard, Christophe Pallavicini , dont il s'était emparé quelques mois auparavant, et que Léon X avait vainement réclamé, en promettant en échange un chapeau de cardhial a l'une des
(1) SimondcSismondi, l.c, t. xiv, p. 484.
(2) Roscoê,t. IV, p. 338.
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créatures de Lautree : imprudence ou cruauté qu'un histonen français de cette époque a justemeni flétrie (t).
Milan , du reste , était fatigué de la domination française; a la première sommation des alliés, il se rendit , sans même essayer de se défendre. Depuis Texpédition de Chaiies VIII , l'esprit national italien avait fait de grands progrès ; le joug de l'étranger, qu'on subissait d'abord avec joie, était devenu dur et pesant : Jules U commençait k être compris.
U faut bien avouer que cette haine pour l'étranger est due k la planté , qui , depuis Alexandre VI , travaille k rendre odieux aux Italiens tout ce qui porte le nom de Barbare. Réduite k ses seules forces, il est certain que la papauté n'aurait pas pu opérer la dâivranoe du sol : aussi s'aDie-t-^eHe k Charl^^uint pour refouler les Français au ddk des Alpes ; mais avec une arrière-pensée , qu'on a taxée de ruse et qui n'est que du patriotisme, celle de tourner ses armes, avec la grande confédération italique , contre les Espagnols , dont elle se servait pour instrument ; puisque , comme l'a remarqué s^ustement M. Ubri, rasservbsement de l'Italie devenait inévitable le jour oii François I^ et Charies-Quint la choisiraient pour champ de bataille (2).
(1) Fama est Lconem Palavîcino affloem fiiîsse , certè pro eo interceMlsse eo anlmo ut rem suam agi dieeret, Dec cessasse galeruai porpureum offerreMeaaIâo,queingratiâ multùm valere sciebat apud Laatrecuni , modo ex reis extmeret Palavicinum ; fuisse Lautrecum , ut nemo nascitur vitionim expers , naturà acerbiorem , et qui aegrè i suseeptA seatentiA diveUiretur. Itaqoe spretis pontifielis promissis in renm lege agi jussisse , unde io Gallos pontifex inexpiabileodiiun couciperet. — Arnoldi Feroni , regii consiliarii , de Rébus gestis Gallorum librl IX, Lot., 1550, in-folio, p. 64.
(3) Hist. des scienees mathématiques, t. m, p. 3. — Gloriosum illum quidem fuisset liberare Italiam eiternis dominis , ad quod avertendum periculum omnes cogitaiiones , omnes curs et omnia sludia Lanrentii patris tantà cum nominis sui faraâ spectârunt. — - Fabreoi, Vfta Léon. X, p. 159.
Léon X était à sa maison de campagne de la Maf^iàna , quand un courrier vint lui apporter la nouvelle de la restitution au domaine de TEgiise de Parme et de Plaisance , ces deux bras de Texarchat de Ravenne , sdon Texpressîon de Jules II (1). Que dieu accorde encore quelques jours de vie au pontife » et dans toute l'Italie il ne restera pas une lance étrangère !
Il partit le 25 novembre de la Magliana pour Rome , où il avait hâte de remercier le ciel , au pied des autels, du triomphe que venait dobtenir le ssdnt-siége. Le peuple l'attendait aux portes de la ville , des couronnes d'olivier à la main. Partout , sur son passage , éclataient des transports d'amour. De grandes réjouissances eurent lieu pendant trois jours. Paris de Grassis vint demander k Sa Sainteté si elle jugeait c(HivenabIe de rendre k Dieu de solennelles actions de grâce, c Que vous en semble? » dit le pape, c Trèssaint-père, répondit le mattre des cérémonies, quand la guerre éclate entre des princes chrétiens, l'Église n'a pas coutume de câébrer la défaite du vaincu , k moins toutefois que l'Eglise n'en retire quelque avantage. > Le pape sourit, et répondit: c J'ai recouvré un beau trésor! — Alors, répliqua Paris, nous remercierons Dieu (S). » Le pape convoqua le consistoire pour le mercredi 27, et , se trouvant incommodé, se retira dans sa chambre k coucher.
Les médecins furent appelés , mais l'indisposition leur parut sans danger : c'était un catarrhe , que l'humidité de la villa Magliana avait développé, et qui bientôt prit un caractère funèbre. Le pape avait de la peine k respirer , il se mit au lit ; la nuit fut mauvaise et agitée. Le dimanche matin,
(1) Campi, Stor. eccl. di Piaeen., t. i , lib. vi , p. 189. — Ragloni délia gede apost. sopra il ducatodi Parma et Placenza , da M. Antonelli segreiario del S. Gollegto.
(2) Parid. de Grassis, Diarium îDeditum. |
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1®^ déeeinbie IMi , on le vit lever les yeux au cid, joÎBdre les mains , muristtrer quelques oiots d'une prière ardente , puis retomber sur son oreiller et mourir ( 1 ) : le catarrhe l'avait suffoqué. U aehevait saqi^urante-sixième année ; il avait régné huit ans huit mois et dix-neuf jours.
Jamais la mort d'un pape n'avait encore excité d'aussi Vifs regrets. Le peuple se jeta, dans les premiers transports de $(on av^i^Ie colère , sur Téchanson de Sa Sainteté ,■ Barnabe Malespioa, qu'il accusait d'avoir empoisonné le pape dans une coupe de. vin (2). On le traina au château S»nt-Ange ; mais Taixivée du cardinal de Médicis ren^t la liberté an malheureux échmison. On avait dierché des preuves, et oti n'avait tilouvé que des rtHBôars populaires^ Lesfuoéeafflesidtt* pontife lurent sugples et modestes: Antoine de Spello prononça l'oraison funèbre ; mm les pleurs du peu^e furent plus éloqueiUs que les paroles du camàrier.
Au bruit de cette mort si soudaine , Ërasme écrivit d'Angleterre:
c La chrétienté vient de perdre un de sq3 plus beaux orn^uents. â î .
Quatre siècles parmi lès soixante qui se sont àx)ulés depuis que Dieu» créa le monde ont reçu le nom d'un hoQuioe.
• Cet homme s'appela Péridès , Auguste , Léon X et Louis XIV.
(1) Paul Jove, Vie de Léon X. In-12, p. 372.
(2) Paul Jovc , ibid.