‹ Histoire de Léonard de VinciChapitre 19 sur 69 · V 0 Y A G E EN K II A N C E · texte numérisé non relu

V 0 Y A G E EN K II A N C E

Léonard, pointrc philosophe et peintre chrétien, — peintre modci nc, — ne chcrcliait pas le beau dans les ligures de l’Olympe déjà retrouvé. Il était l’homme de son temps, l’homme de demain et non d’hier. En scs heures de distraction, la caricature était un de ses moyens de critique, elle lui servait à ramener les hommes à l’idéal. Pascal n’a écrit ses Provinciales que parce que Dieu seul est grand de vanl les hommes comme devant lui-même.

I-e Beau de Léonard de Vinci c’était celui de Platon; la divinité tenait ces deux mains divines. Au siècle de ÏA'onard, Platon fût resté Platon ; mais il aurait reconnu que si Léonard était universel comme le philosophe Aristote, il voyait et entendait comme Socrate.

Léonard n’a vu ni Phryné ni Laïs dans scs madones et ses vierges; Léda môme est une chrétienne et une

glicanistncs. On serait mal venu de dire que Bossuet n'est pas un l’crc de l'Église.

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évangélique, lanl l’arlisle songeait à son senlimcnl et riiommc à son Évangile. On dirait que les figures de femmes de Vinci s’a|i|iellent toutes Marie ou Marie- Madeleine. Moins tenté que Raphaël, Léonard n’a pas peuplé son eiel de l’éternelle Fornarina. Et d’ailleurs quand les Fornarina et les Joconde vous ramènent à la grèce, on peut dire en souriant que c'est à la grâce de Dieu *.

Le testament tout chrétien, tout catholique de Léonard de Vinci, retrouvé seulement au siècle dernier, est venu donner un démenti à tous ceux qui, jusque-là, l’accusaient sinon d’athéisme au moins de panthéisme, comme si son amour de la nature eât pris toute son âme.

Vasari et les autres n’ont pas compris que ce chercheur obstine avait pu écouter battre le cœur de la terre, la vieille Cyhèle, sans pour cela nier un seul instant les mystères de la Divinité. Tout clairvoyant qu’il fût par les yeux de cette intelligence surlni-

* « Si la dévotion entra dansféme de Léonard, elle dut y revêtir un grand caractère, parce que nul artiste ne comprit jamais mieux, ni peut-être aussi bien que lui, l'affinité qui existe entre l'idéal chevaleresque etfidéal esthétique; de même on peut dire que si la dévotion était entrée ou plutôt était restée dans l'ême de Ilaphacl, elle y aurait revêtu, eu se développant, un caractère mystique analogue à la tournure natureilcdc son imagination. ■ Rio.

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niaiiic qui plongeait à tous les horizons, il sentait bien que les astres memes ne lui diraient pas le secret de Dieu. Grand devant la nature, il s’inclinait rcligicuscmi'iit devant les cieux.

Vasari, dans sa première édition, le signalait comme « tellement nourri de notions hérétiques, qu’il ne croyait à aucune e.sptH:e de religion, et qu’il mettait la philosophie bien au-dessus du christianisme. » Quelle philosophie? .le ne sache pas de philosophie qui puisse être mise « bien au-dessus du christianisme. » Je ne sache pas que, dans tout l'œuvre et que dans toutes les actions de Léonard, on puisse trouver la synthèse d’une philosophie. G’t^ tait un .sage qui avait appris la langue de la nature, mais sans jamais briser avec ses dieux. Philosophe, oui, mais philosophe chrétien.

On a dit aussi qu’il n’était revenu à Dieu que par les secousses et les frayeurs de la mort. Telle n’est point l'idée que donne son testament. C’est l'œuvie d’une âme sereine, déjà toute en Dieu. C’est l’o'uvre d’un artiste qui a fini sa journée; d’un savant qui a reconnu la force et la misère de l’homme dans la grandeur de Dieu*; c’est le trait d’union de la terre au ciel.

* Voici le» deux pages les plus incriminées du manuscrit de Lcoiiai-d. Sans doute elles proux'ent que Léonard marchait en pliilosoplie,

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FiCS historiens qui ont compnré Michel cl FFaphncl à I.conard de Vinci pour faire descendre de son piédestal le peintre du Cénacle, n’ont pas compris que ce grand homme était tout à la fois Michel-Ange et llaphaël; Michel-Ange par la force, Itaphaël par la

mais clics ne |irniivcnt pas que cette hardiesse le menait â l'abiincdu néant.

Maiovorrei vocaboli chemi EorvessonoabiasimarequcIlichcTolIonlaudarcpiù l'adorare li nmini chc il sole. Non Tcdendo ncU' universocorpo dimaj.'pior magnitudineCTirlù diqiicllo, e ilsuo liime allumina tutti li corpi celcsti chc per l'univcrsosicoinportano.Tutte l’anime desccndon da lui perché il caido ch'é nclli animali vivi vicn daU'anima o ncssun altro caido né hune c nell’ unirci^o corne mostrci à nel i‘ libro. E certo costnro chc hanno volulo adorarc nomini per iddci corne Giovc, Saturno, Marte e simili bail fatto grandissimo errorercdendo che ancora che l'oino fusse grande quanto il nostro mondo, chc parrehbe similc a una niinima Stella la quale parc un punto nell' universo e ancora vedeudo cssi omini mortali e pulridi e corruttihili nella lor .scpoltura e moiti fecer hottega con inganni e niiraculi flnti ingannando la slolta mollitudine, c sc nessuno si scopria conoscilorc de' loro inganni cssi li puniano. Forsc Kpicuro vide le ombre delle wloimc ripcrcossc nelliaiitiposli inuriesscre eguali al diamctro délia colonna dondc si partia talc ombra, cssendo dunque il concorso dell'

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Sî.-.

grâce. Si Raphaël a trouvé clans son âme la figure de la Vierge, l’adoration des chrétiens depuis trois siècles, Léonard de Vinci n’a-t-il pas trouvé la figure du Christ. Quel autre avait donné à Jésus ce caractère divin de l’IIomme-Dieu, cette beauté idéale de Celui qui va marier sous son amour la terre au ciel ?

Les peintres qui, depuis trois siècles, ont abordé ces figures de Jésus et de la Vierge, n’ont pu, quel que soit leur génie, altérer le type consacré par Ijéonard et Raphaël. Et tant que vivra le monde de.s chrétiens, Jésus et Marie seront adorés sous la figure peinte par ces deux maîtres souverains. Telle est la grandeur

ombra parallcla dal suo nascimento al suo fine H parve giudicarc il sole ancora lui fusse fronte di tal pnraletio e per consequenza non essere pifi grosso di tal entonna, c non s'avride cbe tal diminuzione d'oinbra era insensibile per la lunga distanza del sole, .<e il sole fusse minore délia terra, le Stella di gran parle del noslro cinisperio sarebber sanza lume, corne a Ëpicuro chc dice lanto k grande il solo qu.anto e’pare. {Mss. de Léonard de Vinci, roi. F, f. 5).

Non puo essor voce dove non è movinienlo o («rcussione d'arui : non pu6 esscr percussione d'essa aria dore non c strumenio ^ non pub essere strumento incorporée. Essendo cosi uno spirilo non pub avere né voce, nè forma, nè forza, c se piglicrà corpo non poirà penetr.irc nè entrare dove gli usci son serrai! ; e se alcunn dicesse per aria rongregata e ristretta insieme lu spirilo piglia i ciirpi di varie forme, c per qnello strumento parla c iiiovc con forza, a qiiesto parle dico cbe dove non è nervi e ossa, non puo esscr forza operala in nessun niovimenlu fatto dagi'immaginali spirili. (iiss. de Léonard de Vinci, vol. H, f. 4).

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de l'arl : s’il ne croc pas les religions, il inonlre les dieux,

Miclicl-Angc n’a crée que le démon.

La nn'de onction do Léonaid est peinte dans tous ses tableaux; la loi de Vinci est d’autant plus sensible qu’elle part d’un esprit superbe, qui aurait pu être un esprit dangereux : en ce temps-là, on passait lacilemcnt du camp des croisés au camp des infidèles, de la flamme catholitpie au feu huguenot Léonard de Vinci ne s’est pas brûlé vif à la nouvelle lumière; la philosophie ne l’a pas emporte loin d^s régions sereines et célestes, qui lui étaient plus naturelles encore que le naturalisme; il avait toute l’étoffe d’un grand penseur, mais tout le cœur d’un grand croyant. La nature ne lui a pas masqué les derniers symboles delà grandeur de Dieu. \ force de s’éloigner de Dieu, on y rcvieiiL Les tableaux de I.«onard sont ses confessions. Son testament a été pour Dieu. On a parlé de son repentir à riietirc dernière; je voudrais connaître les péchés du Vinci ^

Ce ne sont pas scs tableaux. Quand il y mesurait l’idéîe de Dieu, c’était par la grandeur et la soumission, comme dans le Cénacle. 11 a pour parler de Dieu le recueillement et la majesté ; la ferveur est moins divine dans l’enthousiasme que dans la rnédi-

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