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Chapitre royal de Saint-Florentin, de la ville d'Amboise. Registre A

Fut inliumddans le cloistre de celle église M. L'onard de Finci, noble miltanois, premier peintre et ingénieur et archileele du Roy, meschanischien d'estal, et anckien directeur de peinture du duc de Milan.

Ce fulfaict le doue" jour d'aousHblD.

• Cet acte m'a été communiqué tel que je le transcris, par un des « einpiojé.s des archives de l’bétel de ville avec qui mes recherches IC à l'état civil m’ont mis en rebtion. D'oii lui vient-il? Proha- 1 hlemeiit de quelque fureteur :'i qui il aura eu occasion de rendre « service.

« Recevez mes meilleurs compliments

O IImiduix. •

Le rédacteur, M. Eugène Piot, explique ainsi ce document:

« U:s titres, ingénieur el architecte du roi, mécanicien d'F.lat, n qu'il contient, .sont nouve.iux et en même temps naturels. Il servira « peut-être à faire retrouver ce registre .A, du ch.ipitrc roval deSaint- « Floientin, que l'on crojait perdu vers la fin du .siècle dernier, lors- « que le conseiller de Pagage fil demander è Amhoisc Pacte de décès

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On (Iccouvril le squelellc avec un fîrand respect. Du côté (les pieds tout était reste dans l’ordre immuable de la mort ; mais vers la Icte des racines de cerisier et de vernis du Japon avaient pénétre et renversé le vase à charbon.

• de Léonard de Vinci. Sa d.ile présente une diOicullé. Une lellrc du « t9 juin 1510, que Fmncesco Jlelzi écrivait aux frères de Léonard O pour leur annoncer sa mort, dit en propres termes : Esso passd « dalla présente vilaalli'i di maqijio cou tutti liordini dcllasanta « madré Chiesa t bendisposto. Itien ne saurait prévaloir contre ce

• document; nous pouvons cepcmdant faire observer que. dans lamio nute du testament publié par Carlo Ainorctti, Léonard ei|irimc le a désir d'ètre inhumé dans l'églisede Saint-Florentin, et qu'il esltrèsa possible qti 'après avoir Mtisfait momentanément 5 ce vœu, on ait a été obligé, pardes raisons qui nous sont inconnues, de transporter « plus tard dans le cloître lesrestcsdcl’artiste. Le document nouveau

• ne serait plus alors que l'acte constatant cette translation, et non s l’acte de décès, et, en effet, il ne contient pas la date précise de la ■I mort, qui se trouve d'ordinaire placée à côté de celle de Finbuma- > tion dans ces sortes de documents. »

Ce document nouveau, qui prouverait une fois déplus que Léonard fut enterré au cbàlcau d'Amboisc,doil être accepté avec la plusgrande réserve. Si lercgis'rc A aétéperdu, comment a-t-on conservé ces sept lignes qui constatent l’inlimnation de Léonard de Vinci î Si le registre A est retrouvé, comment celui qui le possède ne s'empresse-t-il point de le restituer ii l'histôiro'.'

Toutefois, à première vue, la rédaction de ces quatre lignes me semble appartenir presque mot h mot au style du seizième siècle, dans le diocèse de Tours, ii part la di’rnièro ligne.

J’ai passé plusieurs journées à faire des fouilles dans les arclnves

Après avoir délourné quelques poignées de terre et quelques racines, nous vîmes une grande physionomie dans la majesté de la mort. Le dessin pris par M. Franz Verliaz en donne fidèlement l’idée. La tète était appuyée sur la main, comme pendant le

de l'iiôlel de ville Lrfi registres des décès ou inhumations ne datent fjue de 155H. llssonl réiligés dans la méinc formule. Lemaire d"Amboisc, le secrétaire de la mairie, rorchiprêlrc, le savant archiviste Cartier, n'ont jamai.s trouvé d'autres docunu'uls. D'où vient alors celui de M. llarduin*? Si ce n'est qu'une copie, ne peut-on pas supposer que le copiste a écrit» le cloître de l'église » pour « lechœur de l'église. » Mais comment admettre que le mois de mai soit rem* place par le mois d'rtow^ ?

Depuis que M. llarduin, par la voix des journaux, a été prié do produire son docunu'iit il n'a pas donné signe de vie.

Par son testament, Leonard de Vinci a voulu élro enterré dans

' Les plus anciennes pitTCS sont les cahiers des délibérations de la ville d’Aniboise de ! Vül à 1478, et une lettre de François l*', du 1*^ janvier lai t, contirmanl des privilèges.

J'ai pareilicnient étudié les archives de niùtcUDieu et des églises.

' M. Paris, rarchiviste, m'écrivait, à propos de l'acte donne par H. llarduin :

« M. llarduin n'csl pas connu à Aniboise, cl n’a jamais eu de relations avec les omploytVide la mairie décollé ville; si le document qu’il produit émane des archives de rHôkl-<ie-YilIc de Paris, il vous sera facile de vous faire représenter l’original et d'en c(Hilrôlcr raulhcnlicité, à moins que le révélateur de celle pièce ne soit un être imaginaire ou un pseudonyme insaisis.s^iblc. El pourtant le texte a un cachet de vérité incontestable, à l’exception cc|>endant des mots metchanichien et anchien, qui ne sont pas de Pépoque.

a Quel intérel a donc M. Hardiiin à dérober è la publicité un titre aussi précieux, ot qui a été l’objet de recherches aussi persévérantes, s’il en est l'heureux possesseur, ou s’il en connaît réellement le dépositaire? Pourquoi dénoncer celte découverte sous le voile de l'anonyme? Si l’acte

I, E TOMBEAU

sommeil. C’est le seul squelette retrouvé dans celte position qu’on ne donne jamais aux morts, et qui semble familière à un penseur falipué par l’élude. Le l)eau front semblait encore habité par la méditation.

Nous avions depuis quinze jours réveillé bien des morts dans leur tombeau, mais nous n’avions pas encore vu de tête si magistralement dessinée pour l’intelligence ou plutôt par rintelligence. J’avais rapporté

l'église. Si François t" lui a élevé un inoniimont, ou s'il a voulu seulement par une inscription consacrer le souvenir île cette grande mémoire, c'est dans l'église même, selon la coutume du seizième siècle.

Il m'est impos.sible de croire avec le rédacteur du Cabinet de l'Amateur, que Léon.ird, inhumé d’ahorddims l'église, ait ététransporté ensuite dans le cluilre duchapiire, oiiJ’on n'enterrait personne, puisque l'ordre des religieux avait son cimetière particulier entre l'église et le cloitrc* . Si c'eût éléiiourl'enterrer sous un monument, il en serait resté quelques traces, soit par le monument, soit par l'histoire; mais poiirquoilui eût-on élevé un monument dans un cloitre, h celui qui a voulu, sur son testament, avoir sa place dans l'église?

de décès est vrai, on ne peut expliquer la réserve de M. Ilarduin que |iar la crainte de eompromellre les mains infidèles qui le loi auront confié. Il est évident pour moi que la ville a perdu une partie des vieux manuscrits qui eorictiissaicnl scs archives ; mais malheureusement, il est impossible aujourd'hui de combler les trop regrettables lacunes que ces détournements ont laissées. »

* On peut, à ce sujet, consulter les dessins de Du Cerceau. Ce qu’on appelait le cloitre était une galerie à double étage liAtie |>our les habitations des prêtres et des religieux. Les fouilles pratiquées là oir fut dite galerie n'ont amené nul vestige de sépulture. Mais contre le chevet de l'église j'ai dée.iuvert un tombeau, le crâne du sipieh tte m'a paru digne d’èlro étudié devant le [wrtrail de 1/onard. Il a quelque ressemblance avec l'auti-e crâne. Une grand inlelligeiice aussi a passé par là .

(!o Milan un dessin du porlrail de Léonard de Vinci à son départ pour la Franœ, quand lescheveux plus rares pcrmcUaicnl au regard de suivre ri<!:oureusement le dessin de sa lèle ; or, le crâne qui venait de sortir du tombeau offrait les memes signes exactement *. l’insieurs médecins l’ont vu et ont affirmé que c’était la tète d’un septuagénaire. Huit dents sont encore aux mâchoires, quatre en haut, quatre en bas. Comme le crâne de Raphaël, celui-ci est harmonieux et indique la perfection, mais il est plus puissant. On y voit mieux l’homme qui tient des mondes dans son cerveau. Le front s’avance sur les yeux, large et haut,

* Après avoir vu Léonard de Vinci dans le périrait qui le représente jeune, liéroïque, dans l'écbl du la beauté virile, il faut le regarder encore dans le dessin de lu collection du roi d'Italie. Celle tète sublime n'a nullement fléchi : aucun de scs traits n'a perdu son caractère de volonlé et d'énergie. Son front s’est dégarni, et la barbe et la noble clievelure sont devenues blanches, mais la bouche est aussi hère, aussi ferme, cl te regard a un peu perdu de son éclat, mais non de sa certitude. Yisiblcmeiit, c'e.stlc grand ouvrier qui, sans remords, sans hésitation, sans défaillance, a bien .accompli s;i journée de travail. Initiateur, ila préparé des matériaux cl des modèles, un enseignement et un exemple pour les ouvriers qui doivent venir après lui, cl ces ouvriers SC nomincnt Micliel-Aiigc, ltaph.aël cl Corrége! Il a conçu en lui, ébauché et assuré tout l'avenir; aussi no vous étonnez pas do voir ce calme olympien empreint sur sa face vénérable ; ce travailleur, qui ne fut jamais las, sont que sa lèche est finie et qu'il va pouvoir se reposer, et d'un œil plein de sérénité, voit les palmes tendues pour lui dans les mains des anges.

LE T O M n E A II

L’arc occipital est ample et pur. Tout a dominé, rien n’a prédominé. Le savant a servi l’artiste, l’ingénieur a consulté l’archilecle, le philosophe a éclairé le chercheur, le poète a écoulé le musicien.

Je dois dire un mot du vase îi charbon el de la sébile.

On avait, à n’en pas douter, mis des parfums dans i le vase, car à la chaleur du feu le charbon reprend une odeur de myrrhe et d’encens*.

Ainsi que je l’indique par le tlessin, le potier a pratiqué dans la sébile une ouverture presque imperceptible; nous avions espéré y trouver une pièce de monnaie nous donnant une date, mais ce petit vase n’a sans doute renfermé que des parfums.

I/js monnaies trouvées étaient éjiarses sur la pierre, quoique la sébile fût encore debout. Nous y

* Voici ce qu’on lit dnns le linlionnle diriiiorum Officioriim, n .1. /}. I). Gulielmo Diirnmto (Lvon, Kit2). « Dcindc j oniliir in s|xî- « lunca, in qiia, qiiilnisilain locis, pnnitur aqiia bcncdicla el |>riin,'c n ciiin lurt'.. Aqna bcnedicla, ne d.cinones, qui muUuin ram liment,

• ad rorpus accédant. Soient nainqiie dcsœviro in corpora inortiio- « runi, lit nequieriinl in cita, tallein post inorteni agant. Tbiis ve.roibi

• ponitiir peupler brlorem corporis reino\endnm ; .«eu ut defiinctiis « Creaturi suo acceptabilein bonormn operiim odorcinintelligalur ub- « tulirsc ; seu ad n^tcndenduin qiiud defunctis prosil aiiiiliiim ora- « tioni.'). Carbones, in tcsliinuniinnquain lerra ilia ad coninnines tisus « ainpliusrcdigi non potest plus eniin durai carbo in terra qnanialiiid.»

Di.j ' jC "’I-

DE I. É 0 N A li D DE VINCI

avons reconnu un ccu d’argent à l’effigie de François F' sans barbe — c’est-à-dire du François I" du temps de Leonard. — M. Paul Lacroix attache un grand jirix historique à ces monnaies : Léonard de Vinci voulait honorer son protecteur jus(|ue dans le tombeau. On a égaré deux pièces rouillées et indécbirTrables *. On a cru y voir des pièces italiennes. Mais les monnaies italiennes ne prouvent rien ici, puisqu’à cette époque l’Italie était un peu française, et que plus d’un gentilhomme de la cour avait pu demander à être enterré avec quelque effigie rapportée au jour des conquêtes.

On recueillit près de la tête des cheveux ou de la barbe couleur blanche jaunie, et quelques débris de laine brune.

Aux pieds on reconnut des fragments de sandales gardant encore la forme des doigts. Peut-on y voir la sandale du voyageur venu de loin qui se couche après avoir bien rempli sa journée? '

Tous ceux qui regardaient avaient la foi; mais

^ ■ Nous n'aïions pas voulu déUuher un alomc des précieuses Irou-

vailtes. Tout fut picusuiiient porté dans une salle du château, mais on f ne prit pas assez garde h la curiosité impatiente. Ix! lendemain les deux pièces de monnaie avaient disparu. On avait pris aussi comme clique jusqu'à des parcelles de cliarbon.

LE TOMBEAU

|iourlanl nul n’os.iildirc : Ici fut Leonard de Vinci. On recueillit avec j)iclc les ossements, les vases, les monnaies, les cheveux ou la barbe, ce qui restait de la robe et des sandales, après quoi on chercha dans les décombres voisins si la terre avare, qui cache souvent une page d’histoire pour la restituer, ne donnerait pas un mot pour appuyer notre foi.

Ce fut le jardinier du château qui le premier découvrit, mais un peu plus loin, un fragment de dalle tunuilaire avec quelques lettres à demi effacées. A première vue, on retrouvait â peine deux lettres : NC

On lava la pierre, et on vit bientôt un I avant l’N. Ces trois lettres u’appartenaient-clles pas à l’inscription de Leonard de vl N Ci ?

On chercha encore. On retourna les décombres déjà deux fois remués. Cette fois on découvrit deux fragments de pierres gravées, mais plus profondément, l’une avec le nom de saint Luc et l'autre avec le bœuf symbolique. Faut-il voir là des armes parlantes données par Mclzi au tombeau de son maître? Mais c’était une autre pierre et une autre gravure.

On chercha en s’éloignant du tombeau ; ce fut alors qu'à deux mètres do là on trouva parmi d’autres fragments un morceau de dalle avec ce mot LEO.

l’our moi ces (rois leUrcs disaient presque LEONARD de vINCi

Un peu {>lus loin, on découvrit trois fragments de pierre plus tendre et plus Idnnchc, jiareille à celle où j’avais lu le nom do saint Luc. J’y lus en lettres ornées d’aralicsqucs d’un merveilleux dessin pres«[ue les mêmes mots iléjà trouvés :

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