‹ Histoire de Léonard de VinciChapitre 57 sur 69 · L É 0 N A U Ü DE VINCI · texte numérisé non relu

L É 0 N A U Ü DE VINCI

csiirils [lassioiinéspour le génie de Léonard de Vinci.. Chacun des volumes qui sont à l’inslilula été marqué d’une lettre romaine, A, B, C, 1), E, F, G, H, 1, J, K, L; le troisième et le quatorzième volumes réunis forment le code atlantique de la bibliothèque Ambrosienne.

« !Si on publiait ces volumes, on répandrait une nouvelle lumière sur ce grand esprit, mais ce ne serait pas lui tout entier ; les matériaux jetes ça et la d’une encyclopédie ne constituent pas le mouvement. Léonard de Vinci a donné la masure de son intelligence universelle ; mais c’est l’artiste seul qui est impériss;d)le.

Francesco Melzi recueillit, dans l’héritage de son maître, ses dessins et ses manuscrits. 11 les porta en Italie et les garda pieusement Jusqu’à sa mort. 11 y a sur les manuscrits toute une histoire de Mazenla qu’il faut reproduire ici :

« Il y a presque ciiiquanlo ans qu’il me tomba eniic les mains treize volumes de I.^onard de Vinei, in-fol.et in-i ,éciils à rebours... Le hasard me les présenta de la manière suivante. J’étois .à l'isc pour étudier le droit, dans la société d Aide Ma-

* J.-A. Mazenta, mort en !6ô.a, s'inspira de Léonard de Vinci dans scs dessins pour tes forlilicalions de Livourne en Tuseaiie, et dans son étude sur la manière de rendre l'Addl navigalile.

iiiilce le jaune, grand amateur de livres. Un nommé Lélio Gavardi d’.Asola, prévôt de S. Zeno, à Pavie, parent très-proche d’Alde, vint chez nous; il avoit été instituteur de belles-lettres chez les Melzi, de Milan, qu’on appelle de Vavero, [>our les distinguer des autres familles du même nom dans la ville. Il avoit rencontré dans leur maison de campagne, à Vavero, plusieui's dessins, instruments et livres de Léonard... François .Meizo* s’étoit rapproché plus que personne de la manière de Vinci ; il travailla peu, parce qu’il étoit riche ; ses tableaux sont trèsfinis, on les confond avec ceux de son maître. F" mourant, il laissa les ouvrages de léonard dans sa maison de Vavero, à ses fils, qui, ayant des goûts et des emplois différents, négligèrent ces trésors et les dispersèrent bientôt. liClio.Gavardi en détourna ce qu'il voulut. 11 en porta treize volumes à Florence, espérant en retirer nu bon prix du grand-duc François, qui avoit de l’empressement pour ces sortes d’ouvrages, d’autant plus que Léonard étoit en grande réputation dans sa patrie. Mais ce prince mourut** aussitôt que Gavardi fut ariivé .à Florence; il vint donc à l'ise, chez Manuce. Je ne pus approuver son procédé, il en fut honteux ; mes études étant finies, je devois me rendi'e à Milan, il me donna les volumes de Vinci, me priant de les remettre aux Melzi. Je m'acquittai loyalement de la commission ; je rapportai tout au docteur Horace , chef de la maison Melzi, qui fut surpris de ce que j’avois voulu me donner cette peine; il me (il présent de ces livres, en me disant qu’il avoir encore, du môme auteur, Ijcaucoup de dessins négligés depuis longtemps dans les galetas de sa maison de campagne. Ainsi ces livres de-

* 11 éUiit l'héritier de L'onard, dont il avait rapiwrlc les écrits et les dessins de France il Milan.

•* Ce fut en 15S7.

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\iiireiil nia propriété, ol cn-uite trlle de mes frères* Ceux-ci ayant fait trop de f<arade de cette acquisilion et de la facilité avec laquelle j'y étois parvenu, excitèrent l’envie d’autres amateurs, qui se portèrent chez le docteur Horace, et en tirèrent des dessins, des figures, des pièces d’anatomie et d'autres restes précieux du cabinet de Léonard. Un de ces escroqueurs des ouvrages de Vinci fut Pompée Arétin, fds du card. Leoni, jadis élève de Bonarroti, et qui étoit auprès de Philippe 11, roi d’Ksitagiie, pour lequel il a fait tous les bronzes qui sont à l’Escurial. Poml»ée s’engagea de procurer au docteur Melzi uii emploi au sénat de Milan, s’il réussissait à recouvrer les treize livres, les voulant offrir au roi Philippe, amateur de telles curiosités. Flatté de cette espérance, Melzi alla chez mon frère; il le pria à genoux de lui restituer son présent; cetoit un collègue, un ami, un bienfaiteur; on lui rendit sept volumes**. Des six autres qui restèrent à la famille Mazenta, un fut présenté au cardinal Frédéric Borroméc , pour la Bibliolhcqne ambrosienne ***... Mon l'rère en donna un second à Ambroise Figini, |)cintre célèbre de son temps, qui le laissa à son héritier Hercule Bianclii, avec le reste de son cabinet. Pressé par le duc de Savoie, je lui en ai procuré un troisième. Parla suite, mou frère étant décédé hors de .Milan ****, les volumes restansparvinrertt aussi dans les mains

■ J.-Anil). Mazenta sc fil Barnnhilo en lotlO.

** » Los dessins et les livres de Vinci sont parvenus la plupart dans les mains du l’onipée Lcuni, qui les a obtenus du lils de français Meizo ; il y a aussi quelquc.s-uns de ces livres chez Gui Mazenta. s iMmazxu Tempio delà pillura. in-4”, Milano, l.'iOO, p. 17.

*** C'est le volume C; on y a imprimé en or : « moi nazl.xta i'.mkiin MEUIOU.VEXSIS UBERAUTAIK, AM. 1003. »

**"" 11 mourut en lülê.

de l’oinpée Arélin ; il eu lasscnilila nicme d'autres, il eu sépara les l'euillcs pour lormer uu gros volume*, (pii [lassa à sou hérilicr l’olidorc Calclii,et fut vendu ensuite à Galcaz Arcouati. Cet lioniinc généreux le garde aujourd'hui dans sa riche bihlio- Ihèquc; il l'a refusé au duc de Savoie et à d’autres pj iiices qui le reclierchcnt. »

Howard, comte d'Aruudcl , fit de vains clforls pour obtenir ce gros volume ; il olfrit jusqu’à G0,0fi0 francs au nom du roi d’Angleterre. Arconali ne voulut jamais céder sou trésor, 11 acheta même onze autres livres de Vinci, ipii provenaient, diton, de Leoni. En 1657, il fit don de cette collection à la bihliothè([uc Ambi'osjennc, qui possédait déjà le volume C de Mazenta ; la bibliothèque Ambrosienne reçut ensuite 1e volume K d'Horace Archinto, en 1671.

Voilà l’iiisloirc fidèle de tous les maiiuscfils de liéonard de Vinci qui soient venus en France. Ils sont au nombre de quatorze, parce que le volume B contient un apjicndice de dix-liuit feuilles, qu’on peut séparer et considérer comme le quatorzième volume.

Dans le catalogue imprimé de la bibliothèque de Turin, le manuscrit que Mazenta donna au duc de Savoie n’est pas indiqué ; il a donc disparu. Cependant ne serait-ce pas celui qu'un Anglais, tous les

■ Cesl le vol. N à la Uibliothéquc nationale. Il cslcncinlré in-fol., grand forniat, de 592 feuilles, il porte, sur le carton, le titre suivant imprimé en or : « disegm di m.vccuisf. belle .vkti secreti et altre COSE 01 EEO.NARDO DA venu RACCOLTE Ii.V FOBPEO LEO.M. v

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riclics Anglais sont des dilcUanlcs, — lit copier à Fraïujois Ducci , bibliolhwairc à Florence, cl dont une copie est rcslceà Florence même?

La famille Trivuice, à Milan, possède aussi un manuscrit de Léonard ; ce n’csl en grande jtarlie qu’un vocabulaire. Leonard était loujours un créateur et un maître à la fois.

Analysons rapidement les œuvres écrites de Léonard de Vinci :

\ . Delta tliscesa de' (Iruvi comhinetu colla rolaziotie délia terra . — I)e la cliute des coqis combinés avec la rulatioii de la terre. — Upinion de Vinci en 1510, et de tous les savants scs conteni|)orains. Copernic n'a formulé celte loi de la gravilaliuti et de la rotation (pic quarante ans |ilus tard.

il. Délia terra falta in peai. — Vinci supjxisc ipie des fragments de la terre (le globe), tombant du b.aut de l'atmospbèrc, arriveraient au centre où ils oscilleraient comme une pierre .suspendue à un lil, et ne produiraient leur mouvement cpie très-lenleuient.

3 Délia terra e délia liina. — Il reeonnait que le scintillement de l'étoile n'est pas dans l'étoile meme, mais dans notre u'il; Kejder n’a donc vu que par l'œil de Léonard. Il reconnaît ensuite que la terre, rece\ant la lumière du soleil, est une terre pour la lune elle-même, et qu’elle en a à peuprès les mêmes phases, et si les premiers jours de la nouvelle lune nous en voyons la partie obscure, cela vient, dit-il, de ce que la terre réfléchit les rayons solaires, découveite que l’on attribua à .Maztliu un siècle plus tard.

ENCYCLOPÉDISTE

4. Deir azionedel sole suif Ocemio. — Léonard pense que par suite de celte action le niveau de l'océan équinoxial s’élève, et que les eaux, retunibanl des deux côlésdu pôle, rétablissent l’équilibre. A la fin du dix-septième siècle, Halley applique ce princijie aux mouvements de l’atmosphère et aux vents alisés ou ivguliers.

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