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ïoil un cxi‘ni|)laire à Home, dans la galerie Borglièsc ; un autre a été gravé à Paris, par Leroux, en IHô.’i. »
Malgré l'assertion positive de M. Passavant, la Léda debout ne me parait pas être de Haptuiitl. Peut-être le peintre d’L'rbin aura-t-il fait ce dessin original qu'on voit ii Londres, sur une composition de Léonard? Ou sait que llapliaél, dans sa jeunesse, étudia plus d'une fois les carions de Lé-onard et de Michel-Ange.
A propos de Michel-Ange, il faudrait lui restituer, selon M. Passavant, le carton de la Léda (|ui était à Fontainebleau et dont parle Loinaizo. Cette dernière opinion de M. Passavant peut être plus vraisemblable. Ce carton, qui est actuellement A Berlin, porte, en effet, bien plus la marque de Michel-Ange que celle de Léonard.
JÉSUS poHTAKT SA CHOIX. (Musée do Nantes, n" 198.) — Le livret attribue ce tableau, qu'il déclare admirable, è Léonard de Vinci. Il représente Jésus portant sa croix, entouré de ses bourreaux. Il est peint sur bois, et n'est pas tenniné.
La Viekge et l'Exfaxt Jésus, de Sourdis. — M. G. de Moulins, propriétaire de ce tableau, a publié en 1818 une brochure: Sur Vüluslre Léonard de l'inri, tégislaleur de la pcinliire et sur ses immortelles œuvres, pour nous apprendre qu'il avait ce tableau cliei lui, et qu'il était prêt à le céder, moyennant un bon prix. U affirmait, dans sa brochure, que ce tabIc.TU n'avait jamais quitté sa famille, depuis l'époque où il avait été donné à François de Moulins, mort en 1535, grand aumônier de France, et ancien précepteur de François 1". 11 ne donnait d'ailleurs d'autre indication de ce fait que cette phrase de Félibien : « Il y a encore de lui, dans le cabinet de M. le marquis de Sourdis, une Vierge tenant un petit Jésus entre ses bras. • M. de Sourdis était proche parent et ami de la famille de Moulins.
C'est un tableau sur Imis, dont les figures sont plus grandes que demi-nature. La Vierge appuie sa joue contre la tèle de l'Enfant qu’elle tient dans ses bras. Elle est vêtue d’une robe rouge, un manteau bleu céleste, doublé de soie orange, tombe de ses épaules. L’Enfant est nu.
La Vierge et l’Exf.vrt Jésus. — Sur l’inventaire de la Restauration, on trouve indiqué un tableau de l’école de Li'onard de Vinci, rejirésenlant la Vierge et l’Enfant Jésus {l“,33dehaut. sur 1",85 delarg.). Ce tableau a été concédé à l'église de Marcelcavc (Somme) par nne décision du 30 août 1890.
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Saikt Sébastiex. (Portrait allégorique). — M. Charles Diane a raconte l'historique de ce tableau dans la Gax-etle des beaux-arls (ISjanvier 1801).
« Ce fut, dit-il. le fameux marchand Dubois qui acheta ce portrait à Turin vers le cominenecinent de reinpirc. Chargé de composer un noyau du galerie à un prince ibiien, il lui vendit pour un million do tableaux, et dans le nombre il comprit pour ccnl mille francs le Saint Sebastien qu'il déclarait être un l.éonard de Vinci. •
l.e prince italien étant mort très-jeune, s:i galerie fut vendue, et le Saint Sebastien fut adjugé au chevalier Bistoli. Celui-ci livra, longtemps après, son tableau en nantissement, et le préteur, après la mort du chevalier Bistoli, revendit le tableau è M. Wolséy-Morcau, qui l'exposa quelque temps à Paris, où des négociations furent entamées jiour le faire entrer au Louvre. La grande-duebesse Marie, dans un de scs voyages à Paris, en 1860, vit le Saint St'bastien, et le Gt acheter soixante mille francs par l'empereur de Russie, pour le musée de l'Ënnitagc.
Le saint, attaché à un arbre au moyen de rubans noir cl carmin, monti'c, de In main gauche, une flèche qui lui a |iercé le cœur, cl de la main droite il indique une inscription.
C'est évidemment comme le fait remarquer M. Charles Blanc, lu portr.ùt emblématique de quelque grand seigneur de Mdan.
L'n marchand d'estampes, Giuseppe Vallardi, qui vint en France vers 1858 pour vendre au Louvre une collection de dessins oi igiiiaux de Léonard (collection qui fut achetée trente mille francs), ayant vu le Saint Si'bastien chez M. Moreau, montra à ce dernier un dessin à la sanguine d'une Ggurc qui rap|>clle le Faune à la panthère, cl qui, suivant lui, avait servi à la composition du portrait mystique.
Malgré ces rapprochements etréloqucnt plaidoyer dont M. Charles Blanc les appuie pour prouver raulhentlcité du Saint Sèlmsticn, — et bien que cette page soit des plus belles de toutes celles que nous devons 6 l'école milanaise, — je doute qu'elle appartienne à Léonard car je n'y retrouve ]>as le génie cl la science du maître.
Pourtant Amoretti et N. Charles Clément parlent d'une figuro allégorique de Louis le Maure, qui aurait été faite vers 1104, et qui parait perdue. — Serait-ce donc le Saint Sebastien allégorique ?
La CoLoaniBE ou Flore. — Ce tableau a fait partie du cabinet de Marie de Hédicis ; il passa dans la galerie du duc d'Ürléans, cl il fut acheté, à la vente de cette galerie, par M. Cdiicy, qui le revendit a la
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f>:ilcrie du roi des Pays-Bas. Il doit encore être dans la galerie de la Haye.
C’est une peinture terminée avec le soin qu’on apjtorle i un portrait; aussi a-l-on cru pendant longtemps et non sans raison que cette Flore était le portrait de Diane de Poitiers, ou d'une des maîtresses de François I”. Aujourd'hui les Hollandais, qui touchent de près aux Allemands, ont donné é cette figure les noms de Frivolité' ou Vanité. Pour savoir pourquoi, il faudrait l’explication philosophique d’un Allemand professeur d’esthétique.
Cette ligure est tout simplement une charmante jeune femme, qui tient une llciir, et qui a le sein droit découvert.
Dans le calalogue du roi Charles I" d’Angleterre, il est parlé d'une peinture, de demi-grandeur naturelle, représentant une femme riant et tenant une fleur. Cette ligure était atirihuce h un élève de Léonard.
M. Passavant cite i une ancienne copie, mais où la figure est toute nue, • qui se conserve h Stralton, chez sir Th. Caring. Il pense que c’est le tableau indiqué par le catalogue de Charles 1". Pourquoi ? — Il y a à Londres Une autre figure de femme tenant une fleur, dont parle M. AVaagen. Cette figure est encore attribuée à Léonard.
Elle est vêtue d'un manteau bleu et d’une robe d’un blanc bleuâtre ; elle tient la fleur de la main gauche. Le geste est charmant; la tète rappelle les plus belles figures de Léonard; l'exécution est d'une grande pureté. — t Mais, dit M. Waagcn, les traits du visage ont ici une finesse toute particulière : le ton délicat et jaunâtre des chairs, et surtout la manière dont les couleurs sont fondues, doivent faire attribuer cet ouvrage â .André Solario. s
Pourquoi cette dernière Flore ne serait-elle pas la demi-figure riante que mentionne le calalogue du roi d’Angleterre? — Elle est à Staffordhouse, dans l'hôtel du duc do Sutherland.
Il y a encore une Flore, attribuée à François Helzi, — mais dont le dessin serait de Léonard.
Elle était, il y a peu d’années, chez M. Lancelloti, â Naples.
Lacre Eustociiia. — Roger do Beauvoir qui, lui aussi, a étudié l’art italien, a parlé d'une Laura Euslochia, mère de César d’Este, représentée couchée, entourée d'une draperie verte, ayant aux pieds un petit chien griffon.
Ce tableau, trouvé sous une couche de peinture à la colle, lors do la vente du domaine privé de la famille d'Orléans, était envelop|>c de nuages faits au frottement de la brosse. On croit, dit Roger de Beau-
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voir, que co aurait été demandé à Léonard par le duc
Alphonse, pendant qu'il cl.iit encore le mari de Luccezia Borgia.
M. Charles Clément indique aussi une rcinme nue (1500-1524) ; « Figure de femme nue, couchée, sur bois, grandeur naturelle, achetée par M. Moreau h la rente du roi Louis-Philippe. Maintenant chez lord Wald. •
ViEBr.e AVgc IBS deux ekfants qui jodeet auprès d'elle. — Sous ce titre M. Clément indique un tableau, de 0,58 sur 0,50 appartenant h M. Ilia de Lasalle, h Paris, et dont « l'authenticité lui parait incontestable, s bien qu'il ait subi de maladroites restaurations. Ce tableau devrait, suivant M. Clément, être rapporté h la dernière partie de la carrière de Léonard.
Dans le catalogue de léonard de Vinci, dressé par Gault de Saint- Germain, je trouve les indications suivantes ;
Une Vierge accompagnée de sainte Élisabeth et de saint Jean, figures comme nature, hauteur cinq pieds quatre pouces sur trois pieds et demi, peint sur bois, d'une grande beauté, a besoin d'être réparé. Musée de Paris.
Vierge tenant te petit Jésus , au-devant duquel parait un homme i genoux, et sur le fond un Saint Michel. — Demi-nature, sur bois. Musée de Paris,
Sainte-Famille, avec Saint-Michel, figures de deux pieds. Était h Versailles, cabinet des médailles. A appartenu b M. de Charmois,
Joseph fuyant] la femme de Putiphar, appartenant aussi b M. de Charmois.
Deux petits tableaux chez les Turini de Pescia ; un était déjb en mauvais état du temps de Vasari, l'autre pourrait être celui de la galerie de Dusseldorf, dit Venturi, mais on n'indique pas le sujet de ces doux petits tableaux.
Une llérodiade, que Venturi regarde comme étant bien un original do Vinci. Gravée par Troycn.
Au Cabinet impérial.
Vierge et son enfant, non fini, cit»‘e par Venturi; Galerie de l'archevêque de Milan.
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Un porlrait, clicï Nicolini, !i Florence, cité également par Venturi.
Une Vierge, Jésus, Sainl-Jean et un ange, autrefois dans la chapelle de la Conception, dans l'église Saint-François, à Milan ; ce ta- Idcau, passé en Angleterre, est cité par Lomazzo comme nn des chefs-d'œuvre de U'unard et un des plus excellents modèles pour la distribution du clair obscur.
Deux enfants monstrueux, faits d'imagination, dont l’un é double tète, rite par Lomazzo.
Groupe de deux cavaliers, dont l'un veut arracher un drapeau h l'antre, fait pour le roi de France. — Venturi suppose que ce n'était qu’une partie du grand tableau de la salle de Florence.
La Circoncision de Jésus-Christ. (Leltere pittoriche.)1
Une Vierge et deux têtes de femmes en profil, chez l’électeur Palatin. (Lettere piltoriche.)!
Deu.r éludes de draperies, d.ans la galerie de Florence, gravés par Midinari. '
Enfin, quelques des.sins signalés en 1808 :
Le chef de Saint Jean, élude au crayon noir et lavé.
Cinq têtes de figures âgé-cs, dessinées à la plume.
Un homme assis, rasseiiddant les rayons du soleil dans un miroir ardent, dont il se sert pour faire périr un dragon qui se bat contre un lion, une licorne et autres animaux féroces.
Tête dejeune homme, profil à la plume.
Tête de vieillard, trois quarts, à la sanguine.
La Cène, dessin h la plume et lavé très-douteux.
Im Cène, autre dessin b la plume et lavé au bistre. Ce dernier a été attribué aussi au Titien, et par d'autres, au Tintoret.
Portrait de Li’onard, prolil li la sanguine. Ce dessin n'est-il pas celui qui se trouve actuellement ii l'Aiuhrosienne.
Ces huit derniers étaient exposés au musée rentrai de.s arts, dans la galerie d'Apollon.
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Gault de Saint-Germain cite en outre :
Une tète en terre qui représentait Jésus-Christ dans sa jeunesse ;
l-cs trois statues du portail du Baptistère de la cathédrale, exécutées parRustici, sous la direction de Vinci, à Florence.
Un haut-relief. Saint Jérôme, aussi i Florence.
Une tète, enlevée à l'Ambrosienne de Milan pour être envoyée à Paris, où elle n’est jamais arrivée. On a supposé qu'elle avait été volée ù Coni, lorsque les caisses des objels recueillis è Parme, Plaisance cl dans la Lombardie ont été déposées.
Quelques mots sur les tableaux perdus.
Adam ut Ève. (Carton perdu.) — Vasari le mentionne comme appartenant de sou temps il Oltavicn de Médicis.
C'était une page de la jeunesse de Léonard de Vinci, qui avait dessiné en grisaille et il la brosse Adam et Ève dans le Paradis terrestre. C'était pour une tapisserie destinée au roi de Portugal.
La Nativité de Notre-Seicnecr- (Probablement un tableau d'autel.) — Le duc de Milan, Louis Sforza, l'offrit il l'empereur Maximilien, en 1493. Ce fut l'un des plus beaux joyaux que l’empereur trouva dans la corlieille de mariage de sa fiancée Blanche-Marie Sforza, nièce du duc.
Urf, figdre d'Amge. — D'après Vasari, le duc Cosme de Médicis possédait une figure d’ange peinte par Léonard de Vinci. « L'ange, dit-il, venait en avant, le bras élevé ; il offrait un admirable raccourci du coude il l'épaule. >
Qu’est devenu cet ange, qui était probablement un Saint-Michel ?
M. le docteur Rigollot'dit qu’après avoir été peut-être relégué dans quelque villa, sous la régence des deux grandes-duchesses de Toscane, il fut vendu à la criée è un brocanteur, il y a peu d’années, avec les mauvais ouvrages qui avaient été relégués dans les greniers du palais Pitti ; le brocanteur le restaura et le revendit ii un Rus.se ou à un Anglais. D'après les notes manuscrites de N. Passavant, « le grand-
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duc de Toscane, ayant appris ce qui s’éliit passé, demanda à racheter ce tableau, mais on lui en fit un prix si exorbitant qu’il ne voulut plus en entendre parler. »
Decx Kxfa:<ts joiiant avec vu Agneau. — C'est ainsi que Raphaël Mengs, dans une de ses lettres, intitule un tableau < qui n'est pas termine mais qui est bien du meilleur style de U'onard. Outre le mérite du clair-obscur, il y règne dans les mouvements agréables et gais des figures une grSlce qui a servi an Corrége. » Conca en fait mention : « C’est une belle chose de Monard, » dit-il.
Mengs avait vu ces deux enfants qui jouent avec un agneau dans le cabinet de la princesse des Asturies, et Conca dit qu'ils étaient dans le palais du roi, !i Madrid. Ne serait-ce pas le tableau de la galerie Aguado, ainsi catalogué : «N* 5A1. Deux enfants jouent mr une pelouse émaillée de (leurs »? Ce tableau a été acheté 4,000 francs i la vente de cette galerie, en 1843. Hais qui l'a acheté?
CoKCEFTioN DE LA ViERCE. — Celte CoHception se trouvait, d'après Lomazzo, A San-Francesco de Milan; on admirait surtout le • caractère céleste de virginité » de la tête de Marie. Cette toile est, dit-on, en Angleterre. Le professeur Musai avait le carton original de cette tête de vieige ; il était au crayon noir, retouché au pinceau et relevé avec des lumières. (P. 225 et 230, Leonardo da Vinci, von Hugo Grafen, von Gallemberg.)
Luini, l’un des meilleurs élèves de Léonard et celui dont les tableaux sont le plus souvent attribués à son maître, est peut-être le peintre de cette Conception dont Mussi avait le carton original. Yasari s'y est bien trompé plus d'une fois, à plus forte raison Lomazzo.
Vierge aluitant L’EsrANT-Jésus. — Dans l'édition de Vasari publiée è Sienne en 1791-1794, il est dit dans une note de G. délia Valle :
t II se trouvait une Vierge allaitant de Léonard dans l'église de la Madonna di Campagna, è Piacenza. Elle fut achetée par le prince de Belgiojoso. Elle est actuellement à Milan, dans la collection du duc Litta Visconti Aresi. > « L'exécution et la manière de ce tableau, dit H. Ihissavant, qui rappelle cette note, est celle de l'école de Jean VanEyck, qui parait avoir en quelque influenec sur Léonard pendant son séjour A Milan. Le tableau a souffert et a été retouché en partie. Il a été gravé, en 1828, par Jacopo Bernardi. »
L'abbé Lanzi parle d'une madone du palais Belgiojoso d'Este, i qui
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était ccrtaincrm'nl de la main de Léonard. » Est-ce la Madone allaitant dont parle Valle? Est-ce la même que mentionne l'Anonyme de Morelli «qui a vu, en 1543, chez Hichiel Contarini, à Venise, une Madone allaitant de Léonard de Vinci ? » Est-elle à Milan?
H. Waagen dit qu'il y a en Angleterre, ao chüteau de VIenheim, résidence du duc de llalhorough, un petit tableau ovale qui a pour sujet la Vierge donnant le sein li l'Enfant-Jésus. • La Vierge a une expression triste, mais pleine de noblesse. Cet ouvrage, traité avec finesse, et qui a beaucoup souffert, est- attribué 5 Léonard; mais je pense qu’il est de A. BeltralTio. > {K. und K. England, t. IL)
La Rotelu. — Vasari raconte que Léonard, étant encore jeune, avait peint sur une rondache (rotella) • des reptiles et des animaux hideux dont reffet était effrayant. > l.e duc de Milan l'avait achetée 300 ducats.
* Cette rondache illustrée ne se retrouve plus.
Le Neptune. — Vasari dit aussi que do son temps messer Giovanni Gaddi possédait on dessin de Léonard représentant Neptune entouré des divinités marines. Ce dessin avait été fait pour Antonio Segni ; il parait également perdu.
PoNONE. — D'après Iximazzo, il y avait à Fontainebleau une Pomone peinte par Léonard. Elle fut renommée, surtout pour l'exécution du triple voile dont elle était couverte. On ne sait ce qu'elle est devenue; on n'en retrouve aucune mention dans les catalogues des galeries royales de France.
Carton de la rataille d'Anghiari. — La bataille d’Anghiari fut livrée près de Florence, en 1440, contre Niccolo Piccinino. Elle fut bien peu terrible, puisqu'il n'y eut qu'un homme de tué ; encore cela fut-il de sa faute, puisqu'il fut foulé aux pieds des chevaux. Un décret spécial de la république avait charge Lionard de peindre en grand cette petite babille dans la salle du Conseil. Léonard commença son r.Trton dans la salle du Pape, ï Saintc-Maric-Nouvelle, et il lui donna de sj grandes dimensions qu'il fut obligé d'appeler h son aide sa science d'ingénieur pour imaginer une machine qui l'élevât ou l'abaissât facilement.
Vasari parle de ce carton avec enthousiasme; il décrit surtout un groupe de cavaliers qui se disputent un drapeau; mais il dit qu'on fut obligé de renoncer â l'exécution â l'huile de ce carton, â cause de la mauvaise préparation des couleurs. Dans le Carteggio inedito
A P P R N fi I C E
d'arlisli dei secolo XIV, AT, XVI du docteur flaye, on lit qu’en 1503 ou 1504 on commença de peindre quelques parties de ce carton ; que Léonard était aidé par ilafacllo d'Antonio di Biago et par Ferrando, l'Espagnol, et que le peu (jui avait été fait se voyait encore en 1513.
Le carton original de’ Léonard paraît perdu ; M. Passavant dit « que le groupe de cavaliers gravé par Edelink sur un dessin de Rubens, et le groupe reproduit dans la planche XXXIX, t. I de l'Elruria Pit- Irice, ii'onl pas été pris sur le carton original, qui n'ciiste plus, mais d’après une copie eu petit que l’on croit être du Bronzino, ou il’apri's un dessin qui est dans le palais Riiccellai, k Florence. >
Vierge de Parme. — L’abbé de Ijnzl dit que ce tableau, qui se voyait è Parme chez le comte Sauvitali, était marqué du chiffre LV.
D’après Gallemberg, on y lisait :
Leonardo Vinci fcce, 1492.
Il représentait la Vierge, l'Enfant, saint Jean et saint Michel archange.
Qu’est devenue cette oeuvre, dont l’authenticité paraissait certaine?
Portrait de Cécilia Gaueram. — Cétait encore une maili-csse du duc l.ouis le Maure. Elle épousa le comte Pergamino, mais l’histoire ou la chronique dit que le duc ne cessa pas pour cela de l'aimer. Léonard fit le jiortrait de Cécilia, lorsqu'il éUiit à la cour do Milan ; les poètes filent des sonnets eu l’honneur du duc, en l’honneur de sa maîtresse, en l’honneur du peintre surtout. Le Florentin Bernard Bellincioui se distingua entre tous par ses louanges poétiques. De tout cela il n’est rien resié que des copies douteuses du portrait et le sonnet de Bellincioni.
On dit que le portrait original de la belle Cécilia était, le siècle dernier, chez le marquis Bonesane, ii Milan. Où est-il maintenant?
Il y en avaiit une copie ancienne à l’Ambrosienne; il y a encore une Mule Cécile, habillée de velours rouge, i la Pinacothèque de Munich. Est-ce la Sainte Cécile qui élait chez le professeur Franchi, et qni passait jiour être une copie, par un élève de Léonard, du portrait de la très-mondaine Cécilia Gallerani?
On conservait aussi, chez les Pallavicini de San-Calocero, un second portrait original de Cécilia, peint dans tout l’éclat de sa Iwauté.
Où oc second portrait a-t-il rejoint le premier?
Digitizeo i . GoCJgle
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Madose a la Rose. — Ce fut pour l.i maîtresse de Louis le More que Léonard peignit cette Madone. La Vierge fait bénir une rose par l'Enfant-Jésus, qu’elle tient dans ses bras. Élait-ce une allégorie, un madrigal en peinture? Celte rose était-elle reuiblènie de la belle Cécilia? Pourquoi pas! Au temps du duc Louis, le sacre et le profane allaient de concert ; on se rappelait souvent la femme adultère et la Madeleine pécheresse de l'Évangile.
Cette madone se vopil à Milan, chez un marchand de vin, Joseph Radici. Comment, du palais des ducs, était-elle allée au-dessus du comptoir? A quelle époque? Et jusqu'où est-elle allée maintenant?
Ce tableau passe pour un des tableaux de Léonard le plus merveilleusement exécutés. Le cadre portait cette inscription : Per Cecilia quai le orna lauda e adora el luo unico figlioto, o heala Yirgine exora.
Un chanoine de Milan, nommé Foglia, possédait une copie de cette madone.
Rio dit qu’un portrait de Cécilia en sainte Cécile se voyait b Milan chez le professeur Fanchi, et qu’un autre se conservait, disait-on, chez les Pallavicini de San-Cidocero.
Tableau ue 10 figures. Vieillard et Vieille. D'apres ,M. E. Soulié; — Un inventaire manuscrit, fait en 1709 et 1710, par Bailly, garde des tableaux du roi, indique, outre les tableaux mentionnés par la'picié, I un tableau de Léonard do Vinci rcpi ésentanl huit ligures d'hommes et de femmes à mi-corps, entre lesquels un vieillard qui parait caresser une vieille, figures de demi-nature ayant de hauteur Si centimètres sur 00 centimètres de large, peint sur bois dans sa bordure dorée. »
Ce tableau ne se retrouve plus au musée.
Buste de Saixt. — C’est M. de Cliennevièrcs, qui nous a fait connaitre que «dans le catalogue des tableaux de M. Crozal, baron de Thiers, qui furent vendus à l'impératrice Catherine de Russie, il est fait mention d'un Buste de saint attribué à Léonard. >
Mamse della Caraffa. — Cette Madone à la Carafe est connue par l'éloge qu'en fait Vasari. 11 parle surtout avec enthousiasme de la carafe, qui contenait des fleurs couvertes de rosée « tellement fraîches qu'on pouvait les croire l'œnvre de la nature. •
Ce tableau était de la jeunesse de Léonard, avant qu’il n'ait quitté
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Florence. La Madone delta Carnffa a appartenu i Clément VII ; elle a fait partie de la galerie Borghèse, à Rome, d'où elle en a disparu depuis 1846. D'Argenville, dans sa Vie des peintres, dit qu'elle était au Vatican.
Li ViKRGE ET Jésus. — G'est ainsi qu'on désigne, dans le «catalogue hisloriijue et chronologique des peintures et tableaui réunis au DépAt national des monuments français, par Alexandre Lenoir, > un tableau de Léonard de Vinci. Ce tableau est inscrit au n* 7 du catalogue adressé au Comité d'instruction publique. Voici comment il est annoté :
« Venant des dominicains, depuis a été porté ad Muséum ; il représente la Vierge et Jésus. II est peint sur cuirre argenté avec une préparation usitée par plusieurs artistes de l'école florentine, et qui avait deux inconvénients : le premier de faire écailler la peinture au bout d'un certain laps de temps, et le second de pousser au noir, ainsi que le prouve le tableau dont on parle. ■
Où est ce bbleau?
MiDOKEs. — D'après Gave et Bottari, Léonard aurait fait, étant il Florence, deux madones qui étaient presque achevées en 1507. Ces deux madones paraissent perdues.
Dans le rapport envoyé par Bonaparte avec les chefs-d'iruvre I recueillis • en Italie par les Français, qui imitaient Molière en prenant leur bien où ils le trouvaient, il est question d'une tête de femme par « Leonardo Devinci. •
Qu'était cette tête, et qu'est-ello devenue?
Il serait injuste de ne pas rechercher Léonard au delà de son oeuvre. Les arbalétriers français ont réduit le sculpteur en pou.ssière. !.« peintre ne se montre que dans les oeuvres rarissimes ; son chefd'œuvre, le Cénacle, n'est plus qu'un majestueux souvenir. Ses livres sont indéchiffrables. On sent que, quelle que soit l'æurTe, l'bonime était plus grand que l'œuvre. Mais ce qu'on ne saurait méconnaître, c'est que sa main pleine de génie était pleine de lumière ; il l'ouvrait tout autour de lui pour illuminer tous ces jeunes fronts, que les ombres du moyen âge assombrissaient encore; il se préoccupait moins de bien faire que d'appeler les autres à bien faire. Voilà pourquoi il est sans cesse penché sur ses secrets.
Ce ne serait pas trop d'un autre volume pour s’attarder à l'étude des details dans celte œuvre extra-humaine. Il faudrait indiquer dans quelle copie de la Cènt Se retrouve le sentiment du maitre , dans quelle gravure, dans quelle imitation? Un chapitre sur les disciples et leurs tableaux. Un chapitre sur l'influence du style et de l'école jusqu'aujourd'hui. Un chapitre sur les historiens et sur les critiques. — Quel chef-d'œuvre n’a eu son détracteur : la Cène a été abîmée par les critiques comme par les retoucheurs.
Peu de gravures contemporaines d'apris Léonard. Dans la Vierge au Uas-I\elief, M. Forslera passé par dessus le tableau pour donner un air du maitre, car il gravait d'après une copie ou d'après un apocryphe. Admirable gravure,, d'ailleurs, de ce grand talent.
H. Martinet, digne disciple d'un tel maître, devenu maître à son tour, adore Léonard de Vinci, mais il est le graveur de Raphaël.
L’art a sa grammaire, mais trop souvent par la grammaire on fait des livres avec des livres, des tableaux avec des tableaux.
Les Préceptes de la Peinture de Léonard ne sont pas l'œuvre d'un vague théoricien qui s'écoute dans les nuages; c'est la parole d'un grand maitre qui parle dans son atelier'. Voilï {wurquoi Annibal Carrache disait des observations de Léonard de Vinci : <■ Quel dommage que je ne les aie pas connues plutôt; elles m'eussent épaigne vingt ans de travail, s Vingt ans ! c'est l'emphase italienne qui parle.
Le vrai titre du traité de Léonard serait plutôt la Grammaire du Peintre; c'est celui que donnerait Léonard lui-niémc à scs remarques. C'est, en effet, la vraie grammaire, avec ses règles absolues. Nous n'avons pas voulu, toutefois, substituer ce litre à celui que le temps a consacré.
Un Italien passionné pour les grands noms de son pays, M. Raphaël Podestat, a étudié avec moi les manuscrits de Léonard de Vinci. Nous avons ainsi pu retrouver des pensées perdues du grand maitre
’ H. Gatloaux, de l'Académie des beau.v-arLs, m’a communiqué le manuscrit des Préceptes de la peinture enriclii de dessins originaux <tu Poussin. Ce manuscrit est uiw merveille parmi les merveilles de ce cabinet, où le scuJpteur-gravuur étudie toujours.
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pour sou Traité de la l’einlure. Nous avons dû pour plus de lumière refondre les anciennes edilions en les simplifiant par plus de précision cl |)lus de mélliode, et en les complétant par un grand nombre de maiimes inédites ; par exemple, le livre sur les Jours et les Ombres Ce livre est le bréviaire des peintres. Aujourd'hui que Charles blanc a doté le monde des arts do son éloquente grammaire, il faut relire encore les préceptes du grand artiste. Charles blanc parle à tous les artistes; Léonard de Vinci parle surtout au peintre.
Ce grand artiste pas.sait curieusement du tvpc iuelTahIc i la carir.aturc, aussi profond dessinateur ici que lè. Un critique l’a dit fort justement; Qui s'imaginerait qlie ce beau Léonard, si noble, si rare, si exquis, [lossédâl au suprême degré le don de la caricature? En ce genre, comme en tout antre, il a du premier coup atteint la perfection. Mec quelle force comique, quelle raillerie magistrale, quelle puissance grotesque il découvre l’angle singulier, le détail caractéristique, le côté exorbitant, le tic ini|iérieHX de chaque physionomie I Comme il fait sortir le monstre caché dans tout homme, et comme d’un coup de crayon pareil à un coup de griffe il détache le visage pour laisser voir le masque caché dessous. Il amène les passions, les vices, les folies, les ridicules è la peau et les fait saibir par quelque prodigieuse exagération anatomique. Scs caricatures, qu’il ramassait dans les rues de Milan sur un calepin, ou qu’il griffonnait de mémoire sur les marges de ses manuscrits, ont été recueillies et gravées par Carlo Giuseppe Gerli : elles ont un caractère bicarré cl grandiose, une sorte de jovialité terrible ; un peu plus, ces mascarons burlesques seraient effrayants, tant les os, les muscles, les veines, s’accentuent avec une puissante difformité.
Ilollar a gravé un grand nombre de ces caricatures en 1C45-1G50, avec d'autres dessins de Léonard de Vinci, pris la plupart de la collection d'Arundel. Les Caricatures d'Iiollard ont été regravees en Angleterre sous le titre suivant; Cliaruraluras by Leonardo da
' La nouvelle traduction du Traite de la peinture sera publiée en un seul numéro de l'Artiste.
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l'ÏHfi from (Irawing by II'. Ihllard oui of Ihc Portland muséum. 1780, i«-4“ {pl. 16, télés 61).
Miirielle ,i possédé une collection nrigiiiole de ces léles, peul-êlrc la même que celle de Eovino; elle passa au cardinal Valenli, à Rome; Oiylus l’a gravée, et MaricUe l'a publiée, avec sa Icllrc sur Vinci, sous le titre de Hccueil de têtes de caractères et de charges, dessinées par Léonard de Vinci florentin , et gravées par le comte Cayltts, 1750, tn-4* (planche 59).
l'ne grande collection des dessins originaux de Vinci a été publiée à Milan, sous ce titre : Disegni di Leonardo da Vinci incisi e publicnli da Carlo Giuseppe Gerli Milanese fol Milano , 1 784 (60 plancbea.)
Quarante-deux de ces planches ont été tirées de la bibliothèque Ambrosicnne, et des manuscrils de Léonard ; les seize dernières, du cabinet du conseiller Pagave, qui a recueilli avec beaucoup de soin tout ce qui appartenait à Vinci ; celles-ci paiTiisscnt être aussi vraies et originales que les premières.
Léonard de Vinci a-t-il été graveur?
A cette question, Oltley, Wilson, Waagen, Duplessis, Passavant et Renouvier, répondent oui, avec plus ou moins de certitude ; — quelques-uns ont été jusqu'à dire que Léonard avait introduit la gravure à Milan. Mais les incunables milanais contiennent des gravures sur bois; le Monte Sancto di Dio (1477), un livre de fra l’aciOco Novarese, intitulé : Sumula overo sumeta de pacifica eonscientia (1 179), et le hante de Nicholo di Lorenzo délia Magna (1481), sont ornés de gravures en taille-douce.
D’un autre côté, les plus anciens ' biographes de Léonard, et tous les historiens de la gravure, sont muets à cet égard.
Il résulte pourtant du travail que M. Cirolano d’Adda a publié dans la Gazette des Beaux-Arts (août 1868), qu’un porlrnit de. jeune femme en profil, « qui parait être Monna Eisa del Giocondo (n* 1 de Passavant, volume V, page 180) dont l’unique exemplaire connu est au musée Britannique, et qui avait appartenu successivement aux collections Storck et Majeno de Milan, Sykes et de Wilson, est bien du maître, en admettant qu'il ait jamais gravé sur cuivre. C’était aussi l’opinron d’üttley.
• Tout nous confirme, dit M. d’.Vdda, que nous avons sous les yeux un véritable Léonard, jusqu'à l’évidente inexpérience d'un burin qui s'échappe par moments hors de la ligne à tracer. La fermeté des contours, le costume, la coiffure, et surtout l’expression vivante de la physionomie traliissent la griffe du lion. >
APPENDICE
Il est impossible d'indiquer tous les dessins de Leonard. Il y en a partout. Voici ceux que j'admire au Louvre.
Télé de jeune homme vu de profil el coiffé d'une calotte. A gauche, troi» autres indications de figures. Ce dessin très-terminé est b la plumo et lavé d’encre ; grave par Caylus, cl en fac-similc par M. Chenay.
Tile d'enfant, vue de profil el tournée à gauche; au crayon d’argent et rehausse de blanc sur papier teinté de vert pâle. Cette étude a servi pour l’Enfant-Jésus de la composition connue sous le nom do la Vierge aux Rochers, dont l’original, acquis par François 1", fait partie du musée du Louvre.
Télé de jeune homme vu de profil cl lourné vers la droite; une couronne de feuilles de chêne est méléeà sa chevelure. Dessin terminé au crayon d'argent et b la pierre noire sur papier préparé.
Tête d'homme âgé, vu de trois quarts el se tournant vers la gauche. A la sanguine ; gravé par Caylus.
Jeune homme vu en busle et de trois quarts, tourné vers la droite. Chevelure opulente. A b s.angijine.
Tête de femme vue presque de face, le regard dirigé vers la gauche. Dans le haut, à droite, profil de jeune homme. Au crayon d'argent, sur papier teinté de bleu pâle.
Busle de femme vue de face; le regard est dirigé vers la droite. Une draperie entoure la tête el forme, en retombant, un nœud de chaque côté. A la mine d'argent, lave et rehaussé de blanc sur papier teinté de vert de mer.
Étude trés-arrêtée d'une ample draperie enveloppant te bas du corps d'un personnage assis. Peint de noir el do blanc sur une toile One.
Selon Vasari, Léonard lit souvent dans sa jeunesse des éludes de ce genre : Studio assai in ritrar di naturale, e qualche volta in ar modelli di figure di terra ; o a do.'so a quelli metteva cenci molli interrali, c poi' con paiicnza si metteva a ritrargli sopra a ccrle tele sottilissime di rensa o di panni lini adoperati, e gli lavorava di ncro e bianco cxm la punta del penncllo, cbe cra cosa miracolosa ;
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