‹ Histoire de Léonard de VinciChapitre 65 sur 69 · A I- I* E N II I C E · texte numérisé non relu

A I- I* E N II I C E

Itanalli (Firancesco)- Considerazioni inlano a L. da Vinci. Furenza, 1843, in-8.

Marx (C.-F.-.4). Ubcr Marco .\ntonio délia Torro und L, da Vinci, die Bcgriendcr dcr beldliclien anatomie, (lait, 18111, in-4,

Comme j’ai cité plus d'une fois cette pensée de Voltaire : « L'bistoirc n'est jamais faite, on la fait toujours, > i|ueb|ues critiques ont bien voulu m’accorder beaucoup d'imagination pour se convaincre, sinon |iour me convaincre, que j'étais un historien romanesque.

Je n'ai pas tant d'imagination que cela. Un grand respect pour la Vérité m'a toujours empéebé de violer l'Histoire. J'ai promené avec sollicitude la lampe du chercheur dans les régions nocturnes du passé. Je n'ai écrit mes trouvailles qu'après avoir vu et touché les choses. Mon seul tort — tort irréparable — c'est d'avoir écrit, c'est d'écrire avec un sentiment trop personnel peut-être, dans la haine que j'ai pour les phrases toutes faites qui seront toujours le triomphe du penseur dans ce beau pays de France, où l'on aime que ce qu'on connaît, où l'on admire que ce qu'on a lu déjà.

Les critiques ne trouveront pas ici une seule page qui ne soit trois fois historique. Depuis longtemps je me suis passionné pour celte grande figure du Vinci qui est le symbole le plus radieux du la Kenaissancu. Je me suis snrlout évertué à recueillir des documents pour son histoire, désirant effacer l'historien devant cette vie si éloquente et si diverse. Ce n’est pas un livre de plus que je voulais écrire c'est un culte que je voulais vouer à ce dieu de la peinture qui a dépassé les anciens et qui est resté le plus grand parmi les nouveaux. L’artiste est toujours fils de son siècle et de son pays. Léonard de Vinci s'affranchit de cette loi. Il est fils de tous les siècles et de tous les pays. Il est l'artiste et le citoyen du monde.

Sous ce titre — le Tombeau de Lt'onard de Finci — et sous la signature de Henri Lavoix, le Moniteur a publié un grand article sur les fouilles d'Amboise, d'où nous détaclwns ces pages ;

« La locomotive nous entraînait il y a quelques jours sur la ligne

APPENDICE

4âS

de Paris Ii Uordcaux, lorsqu'en voyant dans le lointain le château d'Ainboisc s'élever sur les blocs de rochers qui dominent la Loire, un article que nous avions lu dans la Presse nous revint en mémoire. Nous nous rajipelàmes un compte rendu que M. Arsène lloussayc avait donne dans ce journal du résultat de ses fouilles dans le jardin du château. L'année dernière, dans la partie qui s'abrite derrière les massifs d'arbres de l'esplanade, la pioche des ouvriers avait mis à jour une tombe, celle de Léonard de Vinci. Le grand nom de Léonard nous attirait vers ce tombeau oublié, perdu pendant si longtemps, heureusement retrouvé de nos jours; nous descendîmes donc è la station d'Ainboise.

n Parmi ces grands personnages dont chaque partie du château évoque le souvenir, celui vers lequel sc repoi lait particulièrement notre pensée c'élait l'hôte glorieux de François 1" dans cetle demeure royale ; aussi de cette longue terrasse qui s'étend au midi depuis l'élégante chapelle jusqu'à la tour de Charles Vlll, nos regards se portaient-ils sur les coteaux qui longent la vallée de la Masse en cherchant ce Clos-Lucé i|ue le roi avait donné au peintre de la Cène. Il est là à quelques centaines de pas, conservant encore un peu de sa physionomie du seizième siècle avec son toit aigu, ses portes basses, ses fenêtres sculptées, ses briques cncailrées de pierres ; le royal château le regarde et semble encore lui continuer cette protection que le roi François I" étendait sur son maître. Une maison, des jardins, des prairies, un vivier, une saulaie, trois arpents do terre et de bois, voilà ce dont sc composait ce Clos-Lucé : Léonard vécut ses dernières années dans ce petit fief octroyé par un roi. François Melzi, un gentilhouune milanais qui dès sa jeunesse avait voué sa vie au grand artiste et qui devait lui fermer 1rs yeux. Salai et Baptiste Villanis, scs domestiques, plus lard ses héritiers, l'avaient accompagné dans cet exil volontaire et l'entretenaient de la patrie absente : n'oublions pas, dans cette famille de serviteurs, cette Matburine dont Léonard récompensait dans son testament lus bons services.

* Mais si la maison était petite, souvent elle ébll visitée par les grands seigneurs de la Cour, et plus d'une fois sans doute elle eut cet honneur de recevoir le roi de France. François I", qui avait appelé I.éonard en France, qui l'avait rapproché de lui en lui donnant un château aux pieds d'une des plus aimées de ses demeures royales, allait au Clos-Lucé s'entretenir avec le Vinci, son premier ingénieur, de travaux de canalisation à faire dans la Touraine et dans la Sologne. La légende s'est emparée de cette amitié, l'honneur du roi, l'honneur de Léonard. Kilo veut que Léonard soit mort dans les bras de son

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