A P P E N II I C E
hôte royal. Vasari a été le preniier à le dire, bien d'autres Tout répété après lui. Mais où était le roi t'raiiçois quand Léonard de Vinci rendait le dernier soupir à Amboise le 9 niai 1519'.*
f L'église de Saint-Florentin, priinitiveinent dédiée à Notre-Dame, recevait dans son clinmr ou dans le cimetière du cbapilrc attenant au ( loitre les sépultures des principaux personnages du chiteau; comme bote du roi, Léonanl avait tous les droits de demander qu’elle reçût aussi ses dépouilles mortelles. Les guerres de religion l'ont dévastée et ont violé ses tombes. Avant la révolution, il no restait plus trace de ses tombeaux ; desfragmenis de sculpture, des dalles brisi’cs, avec des inscriptions, des armoiries et des ligures jetées çà et là dans le jardin, indiquent asseï avec quel vandalisme avaient été traitées ces tombes seigneuriales. En 1802, l’église S.iint-Florenlin fut démolie sous la si'iiatorie de Itogcr-üucos : les cercueils de plomb furent fondus, et on abandonnait aux enfants ce qui avait été mis à jour des dépouilles liumaines. Sur remplacement de l'église s'étaient rapidement élevés des massifs d'arbres touffus dont les racines poussaient vivaces dans cette terre des morts.
« Quand M. Arsène lloussaye sc mit à rechercher avec un soin pii'UX le tombeau de LéonarvF, il sc rendit, guidé par le plan d'Androiiet Ducerceau, dans cette partie du jardin dessiné sur l'cmplaconicnt de l'église Saint-Florentin.
« Il fallut retrouver les murs de l'église sous un sol surélevé de trois mètres |iour les plantations. Bientôt appanirent les pans do mur, des fragments de dallage, des débris de chapiteaux ; puis sous des briques disjoinb;s un ossuaire, plus profondément des tombeaux, un caveau, des squelettes Fn dirigeant les fouilles vers le chœur do l'église on découvrit un scpielette; la tète était appuyée sur la main. « Nous avions depuis quinze jours, dit >1. Arsène lloussaye, réveillé bien des morts dans leurs tombeaux, mois nous n'avions pas encore vu de tête si magistralement dessinée pour ou par l’inlelligencc. » Vous sentez la conclusion : Ce squelette, c'est celui de Léonard ; ce crâne au pur contour (Jui fait songer à ce portrait que Léonard de Vinci lit de lui à son départ pour la France, et qui rappelle le dessin harmonieux de cette tête aux cheveux rares, c'est le sien. C'est aller vile en besogne; la découverte aurait-elle été bien concluante si les fouilles n'avaieiit amené rien de plus dans cette recherche du tombeau de Léonard? Mais elle devait être plus heureuse : près de celte tombe ouverte on recueillit des morceaux de dalle luniulain^ sur lesquels s'apercevaient encore quelques lettres à demi effaci*es.On retourna les ib rombres. Sur trois fragmenls do pierre, pris dans des arabesques
(lu plus pur dessin du seizième siècle, on lui ces mots ou plulôl ces fragments de mots : f.o dv.s ïikc, inscription brisée, mais dont il était facile de remplir les lacunes, et que la pensée rend rapidement à son intégrité première : lkossrdvs vincivs.
< Ouc ce squelette qui mesure cinq pieds cinq pouces, et rappelle la taille de Léonard, que ce rréne devant lequel on se souvient de celle télé si pure dessinée !i la sanguine par Léonard de Vinci, peu d’années avant, de ce portrait qu’il lit de lui-même, aient appartenu au peintre de la Ci'ne, c'est une conclusion dont nous laissons la responsabilité i M. Arsène Iloussaye. Mais pour nous, après avoir vu l’inscription, cl en examinant les lieux où elle a été trouvée, nous nous rangions à l’avis de M. Arsène lloussasc, nous nous rappelions en effet que sur remplacement de ce jardin que nous avions sous les jeux s’élevait il y a soixante ans l'église Saint Florentin, celle qui avait reçu selon les vneux du Vinci sa dépouille mortelle; comme h M. Iloussaye les témoignages nous parlaient bien haut de Léonard, et nous félicitions l’inspecteur général des Itcaux-Arts de celle heureuse découverte.
« Si donc, disions-nous en nous-mème, ce désir qu’exprimait limidomenl Venturi il y a plus d’un demi-siècle que la France, élevât un monument àla’onard de Vinci, doit un jour se réaliser, c’est là que se dressera celle statue, sur celle place même où il a été enterré, dans ce château d’Amboise où se sont passées ses dernières années et auquel le glorieux exilé lais.sa sa dépouille mortelle en échange d'une royale hospitalité. >
Depuis qui' ces lignes sont écrites, M. le comte Nieuwerkerke a commandé le monument à élever à lé-onard de Vinci. On a marqué la place où ce grand maître a été enterré et bientôt on pourm lire sur le socle de la statue que la France est hospitalière jusque dans la niorl.