DÉCOUPAGE ET GOUTUHE DES VETEMENTS
SC composent de deux lames accouplées par une de leurs extrémités faisant ressort. Cette disposition les rendait imparfaits et peu maniables. Nos ciseaux modernes, à axe médian et munis d’anneaux où s’engagent les doigts, sont une petite invention de très grande utilité, faite, croit-on, à Venise vers la fin du xv° siècle*. Leur emploi qui facilite beaucoup le travail du découpage et lui donne plus de précision, s’est rapidement généralisé. Les peuples civilisés en font universellement usage.
Après avoir coupé, il fallait coudre, assembler les pièces distinctes d’un même vêtement et les rendre solidaires. Si simple que nous semble maintenant l’o2)ération de la couture, elle a sûrement exigé au début un effort d’ingéniosité. Cet artifice n’est cependant pas au-dessus de l’instinct animal, car on connaît plusieurs espèces d’oiseaux ÇV Orllioloiniis longicaula le Cisticola schœnicola, etc.) qui savent percer de trous et rejoindre par un filament les bords des feuilles où ils font leur nid^ L’homme fut longtemps avant de pouvoir effectuer le même travail par la voie du raisonnement. On cite des populations qui, allant à peu près nues et se contentant de pagnes élémentaires, n’ont aucune idée de la couture. Néanmoins, la nécessité de joindre et d’unir des lambeaux de peau ou d’étoffe, pour s’en faire un vêtement, était si pressante que cet artifice dut etre un des premiers imaginés. 11 remonte incontestablement aux jdus lointaines origines de la civilisation. Peut-être même la couture a-t-elle précédé, non seulement le tissage, mais meme la filature, car, dans le principe-, alors que les textiles n étaient pas encore usités, on pouvait rattacher l’un à l’autre des fragments de peaux à l’aide de lanières, de tendons ou de boyaux desséchés. Les Esquimaux et les Samoyèdes, réduits à celte ressource, cousent ainsi les pièces de leur hahillement. Chez les Grecs du cycle homérique, Hésiode conseille de coudre, a 1 approche de l’iiiver, des peaux de houe avec des nerfs de bœuf, ce qui constitue, à son avis, un vêlement très
1. V. Les forces de l induslrie, outils, p. 53. ü. t. lloussay. Les industries des animaux, p.