‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 133 sur 232 · De Morlillct, Le Tréltislorique, i883, p. /|00-.'|0i · texte numérisé non relu

De Morlillct, Le Tréltislorique, i883, p. /|00-.'|0i

DÉCOI'PAGE ET COL'TUHE DES VÈTEMEATS

plusieurs peuples sauvages de nos jours, mais qui avaieril le double inconvénient d’être aussi malaisées à faire que faciles à briser, la civilisation a substitué, à partir de l’àge du bronze, des aiguilles de métal, plus effilées et moins fragiles. Les plus vieu.v peuples policés en ont connu de pareilles. On en a exbumé des nécropoles de l’Egypte, et la philologie comparée constate que, dans les langues aryennes, les termes relatifs à la coulure offrent une remarquable concordance', signe de la généralité de l’usage avant la dispersion des tribus. Rendus irréüécbis par l’habitude, nous n’apprécions plus à sa réelle valeur l’utilité trop vulgaire de ce petit engin ; mais les peuples qui ne disposent pas encore de bonnes aiguilles de métal nous renseignent mieux sur son prix. C’est un des outils dont les populations non civilisées font le plus de cas. Bartb, dans la relation de son voyage à l’intérieur de l’Afrique, dit qu’un de ses plus puissants moyens d’inlluence parmi les tribus nègres qu’il visita, fut la distribution d’un ballot d’aiguilles k coudre, et M“® Ida PléilTer raconte qu’elle excita souvent l’admiration des sauvages par son adresse d’Européenne à manier l’aiguille et à faire des reprises.

Le dé à coudre dut suivre de près la fabrication des aiguilles de métal, car ce moyen de protection était nécessaire pour éviter de se blesser en poussant du doigt le léger outil. L’invention en est fort ancienne. On a des dés égyptiens. Les Crecques se servaient aussi de dés ainsi que les

lloniaincs (digitale). On n’en connaît guère de mention au moyen âge avant le xiv" siècle- ; mais, comme le dé a un nom dans toutes les langues dérivées du latin", on ne peut guère douter de la continuité de l’usage.

La confection des aiguilles s’est longtemps faite à la main, en étirant et en façonnant le métal sous le marteau, sauf à acbever l’outil sur la meule. Ainsi devaient encore opérer les

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