‹ Histoire de l̕habillement et de la parureChapitre 154 sur 232 · Propter vilium Iriplexquo piaculum · texte numérisé non relu

Propter vilium Iriplexquo piaculum

Quippe supercilium, veneris quoquo fœda venuslas,

Ac vestis prcliosic clalio, te libi lollunl. »

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DU COSTUME 2O7

les escorchait quand on les despouillait... Et pour ce n est merveille si Dieu voulut corriger les excès des François par son fléau le roi d’Angleterre. »

Enfin, à la Renaissance, par l’ellct du cliangcment profond qui s’opère dans les mœurs, les occupations et le genre de vie, on voit s’arrêter les traits essentiels du costume moderne, qui, plus dégagé, mieux adapté au corps, en épouse la forme sans gêner ses mouvements. Alors que la draperie caractérisait le vêtement des anciens, elle n’a plus dans le notre qu un rôle restreint, et l’on n’en trouve un équivalent que dans la cape des Espagnols, le burnous des Arabes, le plaid des Ecossais et naguère le cbùle des dames. Les babits longs du moyen âge, abandonnés un moment sous Louis XI, puis repris sous Louis Xll, furent rejetés sans retour à partir de b rançois En meme temps, une augmentation rapide de richesse facilita l’étalage d’un luxe supérieur à celui des âges précédents. La recberche devint extrême en fait de vêlements, et les hommes rivalisèrent avec les' femmes en ruineuses prodigalités. .V l’entrevue du Camp du Drap d’Or (1620), entre François P'' et Henri XIIl, Martin du Bellay, qui en décrit la pompe, dit que « maints seigneurs y portèrent leurs moulins, leurs forêts et leurs prés sur leurs épaules* ». — « Un homme de cour n’est pas estimé riche, écrivait un peu plus taixl un ambassadeur vénitien, s’il n’a pas vingt-cinq h trente habillements de dilférentes façons, et il doit en changer tous les jours » Certains de ces vêtements revenaient à des prix inouïs. Bassompierre parle d’habits brodés de perles qui coûtaient à de jeunes seigneurs jusqu’à 4o 000 livres”. La reine ElLsabetb, vieille et libertine coquette, que Shakespeare appelle une « vestale assise sur le trône de l’Occident », ne possédait pas moins de 3 000 robes, dont beaucoup étaient d’une royale somptuosité *. Lors de l’entrée solen-

1. Plaute disait de meme des élégantes de son temps qui ruinaient leurs maris, qu’elles étaient « fundis exonialx » (Epidicus) .

2. Belalions des ambassadeurs vénitiens, 1677, t. II, p. 555.

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