lieruin gestarum, XV, la
IIISTOIHE nu COSTUME
reste guère, comme vêtement d’intérieur, que nos rolies de chambre. Déjà pourtant, sous l’inlluence des croisades, le- costume occidental, dans la classe aristocratique, s’était modifié par l’imilalion des modes orientales, par le goût nouveau des soieries et des couleurs éclatantes. 11 s’clTorça d’être original et ne réussit qu’à être souvent bi/arre. Au.x xin” et xiv® siècles, une ostentation de magnificence fil exagérer les dimensions des vêtements bien au delà de ce qu’aurait exigé la commodité. « Les nobles, dit Saint-Foix, imaginèrent qu’en y faisant faire une longue queue, ils auraient un prétexte pour avoir à leur suite un homme chargé de la porter, cl que l’avilisscmenL de cet homme donnerait un relief et un air de distinction an maître*. » Ce sot usage s’est continué jusqu’à nous dans les manteaux de cour et les robes à traîne des femmes. .\u xvi“ siècle, ces robes avaient une longueur proportionnée au rang des personnes. Lors de l’entrée à Paris d’Elisabeth d’Autriche, en ibyi, les princesses de sa suite avaient des queues, soutenues par des écuyers, de 5 à 7 aunes de long et celle de la jeune princesse ne mesurait pas moins de 20 aunes®.
Les sermonnaires du moyen âge ont [)rodigué leurs objurgations contre le luxe des vêtements. Déjà, au ix” siècle, le moine Abbon, racontant le Sibtje de Paris par les Normands, attribuait celle épreuve à la colère divine, provoquée par le luxe désordonné des Parisiennes**. Le rédacteur de la Chronûjue de Saint-Denis donne plus lard une ex[)lication analogue à la défaite de Grécy, qui est, selon lui, une punition inlligée par le ciel pour la « desbonnestelé des babils qui couraient par le royaume, car les uns avaient robes si courtes qu’elles ne leur venaient que aux fesses, et, quand ils se baissaient pour servir un seigneur, ils montraient leurs braies à ceux qui estaient derrière eux. El pareillement, elles estaient si estroiles qu’il leur fallait aide j)our les veslir et les despouiller, et semblait que on