CHAPITRE III
COIFFURES
La nature n’avait coiffé l’homme que de cheveux. Il se contenta longtemps de ce couvre-chef qui avait sur les autres plus lard inventés l’avantage de ne rien coûter et qui se prêtait à une multitude d’arrangements. Le nombre est petit des sauvages qui laissent croître leurs cheveux en liberté sans en prendre soin. Cette négligence ne se rencontre qu’au plus bas degré d’inculture, chez des pojiulations voisines de l’animalité native, telles que les Fuégiens, les Boschimans et les Australiens. La plupart des peuples non civilisés sont au contraire soigneux de leur chevelure et en tirent parfois leur principal motif d’ornementation. Les Peaux-Rouges de l’Amérique du Nord se contentaient de relever leur cheveux en touffe au sommet de la tête, comme laisaient les Germains. Le goût des coiffures bizarres est surtout commun en Alrique. Chez les tribus nègres, les cheveux sont disposés de la façon la plus capricieuse, suivant les usages locaux ou la fantaisie des individus. On en fait des tresses, des boiuTelets, des cornes, des boucles, des nœuds, des cordons, des papillotes ; on les arrange en forme de casques, de toupets, d aigrettes, d’auréole, etc. ‘. Les coiffures de quelques Polynésiens sont extrêmement compliquées. Aux îles Viti, les chefs ont leurs coiffeurs attitrés qui, chaque jour, passent plusieurs heures a leur attiler des chevelures monumentales mesurant jusqu’à trois et meme cinq pieds anglais (i"',65) de circonférence.